‹ Pragmatisme et modernismeChapitre 7 sur 68 · LA PHILOSOPHIK DR MÉRIMÉE · texte numérisé non relu

LA PHILOSOPHIK DR MÉRIMÉE

géant, ne pas sacrifier les aiilres à soi, pouvoir s'eslinier soi-niènie, el au désiioniicur préférer la niorl.

Les plaisirs les plus solides de la \ie sont les \;iincs illusions et les frivolités délectables. H n'est rien de plus triste que d'en être dépouillé. La vieillesse de Mérimée, épicurien valétudinaire, entre ses deux amies anglaises qui le soignaient avec dcvouenicnl. fut d'une mélancolie profonde ; il aurait voulu adopter une jeune fille, et voir verdir et fleurir en elle les belles illusions de la jeunesse. Comblé d'honneurs, de dignités, de succès, écrivain classique, il n'eut pourtant pas voulu revivre sa vie, même avec le profit de l'expérience. En cet automne de 1870, tout s'effondrait autour de lui, il dépouillait le manteau philosophique et laissait saigner son cœur sur ces imbéciles de Français, qu'il avait toujours aimés en dépit de ses affectations de cosmopolite sans préjugés. Il voulut mourir en homme qui sait vivre. Selon ses dernières volontés, un ministre de la confession d'Augsbourg fut appelé par convenance à son enterrement. L'ne de ses dernières correspondantes, la comtesse P..., employa le produit d'un \olume de lettres inédites, indiscrètement publiées, à faire dire des messes pour le repos de son àme.

Quelque jugement que l'on porte sur le scepti- 1 isme de JMériméc, on ne saurait découvrir une seule défaillance dans sa fermeté d'esprit, une seule tache de caractère. Delescluze, le critique des Débals, disait de lui : C'est un lameux lapin. Tel était aussi,

presque dans les mêmes termes, le jugement de Ga'lhc : « Mérimée isl Ireilicli ein yanzer Kefl. » (Jo serait bien là, transposée en style funéraire, latin ou grec, Tcpitaphc qui conviendrait aux cendres de Mérimée.

30 avril 1907.

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