LE PETIT COTE
caserne, — on prétend qu'il a trois cent soixante-cinq fenêtres, — et surtout le palais Wallenstein qui abrita jadis le fameux condottiere. Après la bataille de la Montagne Blanche qui ruina tant d'illustres familles Wallenstein acquit à fort bas prix, vu la misère générale, une bonne partie du terrain qui s'étend entre la colline et la rivière. Il appela pour construire
tglisc Sainl-Roch au nionastcie de Strahov.
son palais des artistes italiens, néerlandais, allemands. La masse de l'édifice est imposante, mais en somme assez lourde.
Les contemporains célèbrent avec enthousiasme la splendeur des salles somptueuses, de celles notamment où le duc de Friedland — ainsi s'appelait Wallenstein — se plaisait à étudier les mystères de l'astrologie, des écuries dont les mangeoires étaient d'or. Cinquante hommes d'armes montaient la garde dans les appartements et autour du palais. La grande salle des fêtes est décorée d'une fresque qui représente le fameux gêné-
rai sur un char de triomphe : une délicieuse loggia décore le jardin. Que de jardins dans ces replis pittoresques de la colline, que de palais encore, palais Furstenberg, palais Auesberg, palais Schwarzenberg, palais Palff}- ! J'en passe et des meilleurs; tous ne sont pas également abordables.
Tout au sommet de la colline, s'élève le monastère des Prémontrés connu sous le nom de Strahov, et aussi jadis sous celui de Sion. Ses origines sont fort anciennes il a eu tour à tour à supporter les ravages des Hussites, des .Suédois et des Français (en 1742). Sous la forme actuelle il date du xviT et du xviii'" siècle. Il possède deux églises, celle del'Assomption et celle de Saint-Roch. Elles offrent cette richesse d'ornementation qui caractérise le style barocco. L'église de l'Assomption possède le tombeau de saint Norbert, fondateur de l'œuvre des Prémontrés et les plus grandes orgues du ro3'aume. Ce qu'il y a de plus remarquable dans le monastère c'est la riche bibliothèque qui comprend plus de cent mille volumes et qui est magnifiquement logée. Des fresques allégoriques courent le long du plafond. Elles sont l'œuvre de Maulpertsch, un peintre assez oublié aujourd'hui, et datent de l'année 1783 ; de nombreux portraits rappellent la mémoire des membres illustres de l'ordre des Prémontrés,
Le couvent renferme également un certain nombre de tableaux de maîtres, des Corrèges, des Rubans, des Durer [La fête du Rosaire), des Lucas Chranach, des (iuido Reni, des collections de médailles, d'armes, de précieux manuscrits et des collections minéralogiques. De certaines fenêtres on embrasse une fort belle vue. Le monastère est presque au point le plus élevé de Prague.
Palais Schwarzenberg.
Le iielvêder