I.A CATHEDRAl.K OE S Al XT VIT
supporte un chandelier. Cette œuvre d'art dont une copie se trouve au musée germanique de Nuremberg a été fondue dans cette ville — peutêtre par Pierre Fischer. C'est un ex-voto offert en 1532 par la Corporation des brasseurs pour remercier le ciel tl'avoir protégé la cathédrale contre les ravages des Hussites. Une lampe en or suspendue à la voûte delachapelle est un don de la grande-duchesse Alexandra de Russie. Saint Vacslav est considéré par les Russes comme un des saints de leur Fglise
l'oiuheau des souverains dans la cathcdr.ile de Sauu-Vit.
et sa légende figure dans les textes de leur ancienne littérature C'est dans la chapelle de Saint- Vacslav que, naguère, lors du couronnement, le nouveau souverain armait quelques seigneurs chevaliers de l'ordre de Saint- Vacslav. Cette chapelle communique avec la chambre dite de la Couronne où sont gardés les insignes royaux sous sept clefs qui sont aux mains de sept dignitaires du royaume : le lieutenant ro3'al, le viceprésident du gouvernement, le grand maréchal du royaume, le président du comité permanent de la diète, l'archevêque, le chapitre de Saint-Vit, le maire de Prague. Charles IV avait prescrit que en dehors des circonstances solennelles où le roi devait la porter, la couronne reposerait éternellement sur le chef du saint Patron de la Bohême, saint Vacslav ; c'est
pourquoi la couronne de Bohême s'appelle couronne de Saint- Vacslav. Elle date du règne de Charles IV ; les autres insignes sont le sceptre, l'épée, le globe surmonté d'une croix, un huilier et un reliquaire. Ces trésors ont été autrefois conservés au château de Karlstein.
Statue de saint Vacslav.
A l'entrée de la chapelle de Saint- Vacslav, un monument funéraire représente Georges Popel de Lobkovitz, président du tribunal suprême, agenouillé dans son armure (1690) ; un autre monument qui date de 1723 est l'œuvre du sculpteur Braun et appartient au style dit barocco; c'est celui du grand chancelier Léopold Schlick; c'est un obélisque portant le buste du défunt flanqué de Mars, de Minerve et de la Renommée; ces
LA CATHEDRALE DE SAINT-VIT
divinités païennes semblent un peu effarées de se rencontrer sous des voûtes si augustes en si sainte compagnie.
La chapelle Saint-André s'appelle aussi chapelle Martinitz, du nom d'une illustre famille dont quelques membres reposent sous les dalles.
ta chapelle de Saint-Vacslav.
Les vitraux et l'autel datent des vingt dernières années du xix' siècle. La chapelle de Sainte-Croix renferme encore un souvenir de Charles IV; c'est une Sainte Face exécutée à Rome en 1369 et dont le cadre porte les figures des patrons de la Bohème, et un buste de saint Jean Népomucène, dont nous allons voir tout à l'heure le reliquaire. Entre la chapelle
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de Sainte-Croix et celle dite de Waldstein plane l'oratoire royal qui est relié au château par un corridor. Il est supporté par deux arceaux gothiques dont la clef de voûte est assurément l'une des œuvres les plus étonnantes du style gothique à son déclin. Les nervures présentent un réseau très fouillé de branches entrelacées. Les armes de Bohême, de Moravie, de Silésie, de Haute et Basse Lusace, de Hongrie et de Pologne décorent la tribune et rappellent quel rôle international la Bohème a joué jadis dans l'Europe centrale. Cet oratoire fut dévasté en 1757 par l'artillerie prussienne. Il a été restauré par la Société de Saint-Vit. Une grenade suspendue par une chaîne à un pilier voisin rappelle cet épisode. On sait le nom de l'artiste qui, au début du xvi' siècle a conçu et exécuta cette œuvre délicate. Il s'appelait Benes autrement dit Benoit de Louny. Il mourut en 1538.
La chapelle dite de Waldstein (où est enseveli l'archevêque Frédéric de Waldstein) n'offre qu'un détail intéressant : c'est un bas-relief sculpté sur bois par ordre de Ferdinand II, qui représente l'église de Saint-Vit dévastée sous le règne de Frédéric le Palatin (1619). Nous rencontrerons un peu plus loin d'autres bas-reliefs du même type.
La chapelle naguère consacrée à saint Erhard et à sainte Odile est aujourd'hui disputée par deux saints nationaux, saint Vojtech, plus connu sous le nom de saint Adalbert, et saint Jean Népomucène.
L'autel est flanqué des bustes en argent de quatre des patrons de la Bohême : saint Vit, saint Vacslav, saint Adalbert et saint Cyrille; ils datent de la fin du xvir siècle; sous l'autel reposent les reliques de saint Adalbert; elles ne sont pas toutes ici ; la ville de Gniezno dans la Pologne prussienne, prétend les posséder aussi. Au mur de la chapelle est suspendu un portrait de saint Jean Népomucène attribué à Skreta. En face de cette chapelle, dans le déambulatoire, se dresse accoté à un autel, le somptueux reliquaire du grand saint de Prague, saint Jean Népomucène, si populaire en Bohême depuis que les jésuites ont mis son culte en faveur. Martyr du secret de la confession auriculaire, il aurait été noyé dans la Vltava par ordre du roi Vacslav IV l'Ivrogne, et l'on montre encore sur le vieux pont de pierre l'endroit précis où le meurtre s'est accompli.
Le 16 mai, les pèlerins viennent en foule à Prague vénérer les reliques du martyr. La châsse d'argent qui les renferme fut fondue à Vienne par un célèbre argentier I. Wurtl.vers 1740; on estime à plus de 500.000 francs la valeur seule de l'argent employé. La statue du saint se dresse dans une attitude peu naturelle sur un sarcophage soutenu par deux anges. Aux quatre angles de l'autel des statues allégoriques. Un baldaquin de soie