‹ PragueChapitre 17 sur 33 · T.A CATIIKDRAI.K DI-: SAINT-VIT · texte numérisé non relu

T.A CATIIKDRAI.K DI-: SAINT-VIT

rouge soutenu par cinq anges surmonte lo monument qui est en somme de

L'Oratoire roval.

mauvais goût, qui détonne avec le style de Saint-Vit, mais qui est de nature à frapper l'imagination populaire.

8o PRAGUE

La chapelle dite de Saxe doit son nom à un Électeur de Saxe, gendre de Charles IV. Elle renferme des reliques qui furent naguère conservées au château de Karlstein et les tombeaux des rois Premysl Otakar I" (1230) et Premysl Otakar II (1278) qui furent transférés ici par Charles IV. Ces tombeaux sont surmontés des figures des deux rois. Le premier est l'œuvre de Pierre Parler et date de 1377.

La chapelle de la Vierge au chevetde la cathédrale a été récemment décorée de nouveaux vitraux et de fresques de Sequens consacrés à des épisodes de la vie de la Vierge et à la glorification de saint Vit. L'autel moderne ja été établi sur les plans de Mocker ; deux tombeaux archaïques conservent la dépouille de Bretislav I (mort en 1055) et de Spitihnev II (mort en 106 1). En face de la chapelle est le reliquaire de saint Vit et sa statue, œuvre de Joseph Max.

La chapelle Saint-Jean-Baptiste s'appelle aussi chapelle Ernest de Pardubitz, en mémoire du premier archevêque de Prague qui la fit ériger. Dans cette chapelle sont ensevelis les princes Bretislav II (i 100) et Borivoy II (i 124).

A la droite de l'autel on montre un candélabre dont le piédestal fut rapporté en 1 162 par les Tchèques qui avaient accompagné l'empereur dans une de ses expéditions d'Italie. C'est probablement un travail du Vlir siècle de l'ère chrétienne. Au moyen âge on racontait qu'il provenait du temple de Salomon. Les statues des apôtres Cyrille et Méthode sont dues à M. Josef Myslbek qui est aujourd'hui le grand maître de la sculpture en Bohème.

La chapelle archiépiscopale renferme la dépouille des archevêques depuis la fin du xviir siècle. Devant cette chapelle entièrement restaurée se dresse dans l'attitude de la prière la statue en bronze du cardinal Schwarzenberg, œuvre du sculpteur Myslbek. Si mes souvenirs sont exacts la maquette de cette statue a figuré à notre exposition de iqoo et a valu à son auteur la médaille d'or.

En face, contre la clôture du chœur, un bas-relief en bois exécuté par Gaétan Bendl pour Ferdinand II, représente la fuite durai d'hiver, Frédéric le Palatin après la bataille de la Montagne Blanche. Cette œuvre est particulièrement curieuse au point de vue de l'histoire de Prague. Elle complète en quelque sorte les gravures du Néerlandais Sadeler.

La chapelle de Sainte-Anne ou de Nostiz a été restaurée de 1878 à 1880 par la Société des patriotes amis des arts; dans l'autel est incrusté un fragment de reliquaire en argent mêlé d'or qui provient de l'église Saint-Matias de Trêves à laquelle il fut dérobé pendant la Révolution. Le comte Joseph Nostiz l'acheta en 1846 à un brocanteur et en fit don à

LA CATHl' DKALIC DK SAINT-VIT

la chapelle qui conserve les dépouilles de sa famille. La décoration moderne de la chapelle est due au peintre Swerts. Dans la chapelle de Saint-Sigis-

Tombeau de saint Jean Ncpomuccnc.

mond ou des Czernin, sont enterrés les membres de cette famille et le dernier voévode de Transylvanie, Sigismond Bathory.

Notre visite n'est pas encore terminée ; le trésor de la cathédrale est assurément l'un des plus riches de l'Europe; s'il a été pillé au temps des Hussites, ce que j'ignore, il a eu le temps de se reconstituer.

Il renferme notamment une épée de saint Etienne roi de Hongrie, une épée de saint Vacslav, la couronne de la princesse Ludmila, des reliques de la Passion, une croix en or don de Charles II qui figurait lors de la cérémonie du couronnement, de précieux manuscrits, un remarquable ostensoir et des reliques fort rares, notamment celles de saint Méthode, apôtre des Slaves, trois cents mitres ou chasubles, la plupart d'une extrême richesse. Ce trésor est l'un des plus importants de l'Europe.

Saint-Vit est tout ensemble le Saint-Denis et le Panthéon de la Bohême. Les rois, les prélats, les hommes d'état dorment sous les dalles de la noble basilique. Une série de notices sur tous les illustres personnages qui reposent ici constituerait une histoire presque complète de la Bohême depuis les origines chrétiennes jusqu'au XVIII" siècle. Les artistes les plus renommés de la Bohême, de l'Allemagne, de l'Italie, de la Néerlandeont attaché leur nom à la décoration de la cathédrale. Durant des siècles elle a vu s'accomplir à chaque avènement le couronnement du roi. L'archevêque de Prague présidait la cérémonie. Le roi jurait de défendre l'Église, d'observer la justice. Oint de l'huile sainte il recevait les insignes de sa dignité et rarchevêque lui posait la couronne sur la tête.

Deux souverains seulement, Joseph II et l'empereur actuel, n'ont point consenti à se faire couronner.

En 1851, une société s'est constituée pour l'achèvement de .Saint-Vit; elle a réuni, elle continue à réunir des subventions officielles ou des contributions volontaires. Trois architectes ont déjà attaché leur nom à cette œuvre considérable: Kramer(i8oi-i87i) Mocker (1835-1899) et M. Hibbert qui aura peut-être l'honneur de l'achever. Dès maintenant on peut juger de l'ensemble du majestueux édifice qui pourra rivaliser avec les sanctuaires de Cologne et de Vienne.

A l'est de la cathédrale gothique de Saint-Vit, nous rencontrons la plus ancienne église romane de Prague, la basilique de Saint-Georges. Elle remonte au début du x' siècle ; récemment en faisant des fouilles on a découvert des restes de l'abside primitive. Sous sa forme actuelle elle date du xil° siècle. C'est iine basilique à trois nefs défigurées malheureusement par des remaniements de toutes les époques. Elle renferme les tombes des princes Vratislav I et Boleslav II et les reliques de lagrande sainte la princesse Ludmila. La partie la plus ancienne est la crypte. L'église est le spécimen le plus complet du style roman à Prague. Les autres spécimens sont les trois chapelles circulaires auxquelles j'ai déjà fait allusion (Sainte-Croix, Saint-Longin et Saint-31artin au Vysehrad).

L'église Saint-Georges est actuellement en restauration. Lors d'un

LA CATHÉDRALE DE SAINT-VIT

séjourque j'ai fait récemment à Prague (juillet 1906), je n'ai pu la visiter. Cette église appartenait autrefois à un monastèrede bénédictines etplusieurs d'entre elles sont ensevelies dans la crypte. Le monastère fut supprimé

en 1782 sous Joseph II et converti en caserne. La sacristie possède une curieuse sculpture du xiii' siècle ; la Vierge avec l'Enfant Jésus bénissant, couronnée par deux chérubins.

Le vieux pont.

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