JOSEF SALOMO BEN ELIAS DEL MEDIGO DE CANDIA
Son histoire est un vrai roman d'aventures. Il est né en Crète; il a étudié à Palerme, il a été l'élève de Galilée, il a pratiqué la médecine dans son pays natal, il a vécu au Caire, à Constantinople, en Russie, en Lithuanie, en Pologne, où sa réputation lui a valu la clientèle des plus illustres magnats, à Amsterdam, enfin il est venu s'établir à Prague. Véritable Juif errant du xvir siècle, mais qui eut certainement plus de "' cinq sols dans sa bourse.
Les tombes du cimetière juif n'appartiennent pas toutes à un style traditionnel; certaines portent l'empreinte de l'époque à laquelle elles se rattachent. Telle d'entre elles est ornée de bas-reliefs symboliques, comme celui-ci, par exemple : une horde de bêtes sauvages déchaînées symbolise les mauvaises passions, tandis que la vertu est figurée par un rabbin en prières qui se réfugie sous l'cgide du Tout-Puissant.
Les bibliophiles et les hébraïsants saluent avec un respect tout particulier la tombe de David Oppenheim, qui avait réuni une admirable bibliothèque. Il n'osa point, par crainte de la censure, la laisser en Bohème. Elle fut transférée à Hanovre et, en 1810, elle a été acquise par la Bibliothèque bodleyenne d'Oxford.
Sur les tombes dont les dalles sont couchées, on rencontre fréquemment de menus cailloux, pieux hommages de coreligionnaires qui sont venus ici en pèlerinage. Il en est qui arrivent de fort loin; car le cimetière de Prague est renommé chez les Israélites du monde entier. D'où vient cette pieuse coutume qui consiste à déposer des cailloux sur les tombes? Un savant archéologue Israélite me donne l'explication suivante : le vivant a peur du mort; il a peur que le mort ne sorte de la tombe et il le surcharge le plus qu'il peut. Ce n'est pas évidemment ce sentiment qui fait agir aujourd'hui les dévots pèlerins ; mais il est une foule d'usages que nous pratiquons sans nous rendre compte de leur sens primitif.
Si j'en crois M. le D' Lubos Jerabek, un archéologue passionné, qui a consacré au cimetière juif une excellente monographie, c'est surtout aux premiers jours de juin, à l'époque où les lilas sont en fleurs, à l'heure où le soleil projette sur les dalles grises les flammes rouges du couchant qu'il convient de visiter ce mystérieux et poétique cimetière,
LE CIMETIKRE JUIF
qui nous donne comme une vision de l'Orient. C'est encore aux derniers jours d'octobre, au moment où les feuilles commencent à tomber et couvrent les pierres grises de leurs teintes rouges ou dorées.
Intérieur de la Synagogue.
Un pèlerinage au cimetière Israélite s'impose à tous ceux qui ont le culte du passé, le sens du pittoresque et qui savent comprendre le charme mélancolique de la mort.
Le Musée du royaume.