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LE THÉÂTRE NATIONAL TCHÈQUE

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musique bohémienne et des maîtres qui s'y' sont le plus distingués.

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Les Allemands n"ont pas voulu rester en arrière de leurs compatriotes tchèques. Ils avaient déjà à leur disposition le théâtre des Etats qui fut jadis commun aux deux nations. Sur l'emplacement des anciens bastions, non loin du Musée national, ils ont construit un théâtre qui fait vraiment bonne figure. Il est l'œuvre de M. Hellner et Fellner; comme le théâtre national tchèque, il joue la comédie et l'opéra et il offre l'hospitalité à des artistes renommés de l'Autriche et de l'Allemagne. Il a sur le théâtre tchèque l'avantage de s'élever à côté d'un vaste jardin restaurant. Dans ces pays où les représentations finissent avant dix heures la joie du souper en plein air est en été l'épilogue obligatoire d'une soirée consacrée à l'art dramatique.

L'étranger de passage à Prague est naturellement plus familier avec l'allemand qu'avec le tchèque et s'il a une soirée de libre il sera tenté de la consacrer au théâtre allemand. Mais la musique et la danse sont des langues internationales et les soirs d'opéra je ne saurais trop engager les amateurs à se diriger du côté du théâtre national. De son côté le théâtre tchèque ferait bien d'adresser quelques avances aux étrangers en rédigeant à leur intention des affiches en français, en publiant en français de brefs sommaires des opéras nationaux auxquels un étranger peut et doit s'intéresser.

Quelques mots sur l'histoire de la musique en Bohême ne seront pas ici hors de propos.

« Ce que le rossignol est parmi les oiseaux, a dit un poète tchèque, le Slave l'est parmi les nations. » Un proverbe national ajoute que tout Bohémien naît avec un violon dans la main. Il est bien difficile en Autriche, dans la Péninsule balkanique, en Pologne, en Russie, de rencontrer un orchestre civil ou militaire où ne figure quelque exécutant originaire delà Bohême. Au temps jadis, lorsque nous avions à Paris un théâtre italien le chef d'orchestre fut pendant plusieurs années un Tchèque nommé Skoczdopole. Ce nom semblait fort rébarbatif aux artistes et aux abonnés qui l'appelaient Sébastopol.

Le touriste qui traverse seulement un pays en s'arrêtant dans les hôtels des grandes villes n'a guère l'occasion de pénétrer dans les milieux populaires, de vivre de la vie rurale. Il ne saurait soupçonner le trésor de mélodie et de poésie que renferment les chansons et les danses populaires du paysan bohémien. J'en ai donné il y a tantôt quarante ans un recueil {Chants héroïques et chansons populaires des Slaves de Bohême Paris 1866) à propos duquel Paul de Saint-Victor écrivit l'un de ses feuilletons les plus lyriques.

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