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LA VIEILLE-VILLE. LE VYSEHRAD

La Vieille-Ville, dont je parle ici, est ce quartier de Prague qui a pour centre l'Hôtel de Ville et qui forme une sorte de losange compris entre la Vltava d'une part et, de l'autre, une ligne brisée qui, parla rue Ferdinand, la rue du Fossé et la rue Elisabeth, va du pont Palacky au pont François-Joseph, comme chez nous, à Paris, le boulevard Saint-Germain va du pont Saint-Germain au pont de la Concorde.

Entre ces grandes rues et la rivière se déploie un véritable labyrinthe de rues et de ruelles, qui se croisent sous tous les angles et qui se rejoignent par des passages mystérieux à travers les cours des maisons. L'indigène s'engage sans sourciller dans ces labyrinthes ; mais l'étranger a toutes les chances possibles de ne pas s'y retrouver. Dans ce quartier, grouille une vie intense, surtout les jours de marché ; Prague n'a encore qu'une halle couverte et je suis tenté de l'en féliciter. J'aime ces étalages flamboyants de fruits, de légumes et de fleurs.

La promenade classique du Pragois en veine de flânerie, celle qui

correspond à notre tournée des boulevards, c'est le trajet qui, par la rue Ferdinand et la rue du Fossé, va du Théâtre national à la Tour poudrière. C'est le Corso. C'est là que le beau monde défile entre quatre et six heures, c'est là que l'observateur qui se pique d'anthropologie peut s'appliquer à observer ou à déchiffrer les types, slaves, allemands, Israélites, qui se confondent sous l'uniformité des modes actuelles; c'est là que s'étalent les somptueuses devantures des magasins renommés.

Le palais Piccolomini (aujourd'hui Sylva Tarouca) sur le Fossé.

Dans la rue du Fossé, se trouvait naguère le Musée national; la maison qu'il occupait a été détruite et remplacée par la Banque foncière du Royaume. C'est, parmi les œuvres de l'architecture moderne, celle dont les Pragois sont les plus fiers. Elle est construite dans ce style de la Renaissance dénommé en Bohème style Vladislav, qui rapi^elle une époque d'épanouissement artistique. Sur les murailles, se développent des fresques de Nicolas Aies et de Schvabinsky ; les lampadaires sont de Schnirch. Mais ce qui mérite surtout l'attention, c'est la belle tour, dite Tour poudrière, qui s'élève à l'extrémité de la rue du Fossé. C'est

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