DIRECTION ET SURTEILLANCE PES TRAVAUX
épur€« suivant les dessins qui lui sont remis par le directeur des travaux.
Un bon appareilleur est un des agents les plus précieux pour Fentrepreneur, lequel, étant seul responsable du travail, pourrait éprouver des pertes considérables, si cet employé, par incapacité, par manque de soin, ou encore par connivence coupable avec les fournisseurs, recevait des matériaux de mauvaise nature ou de dî* mensions non appropriées à Vusage qu'on en veut faire.
Lorsque l'importance d'un travail est telle, que le temps est insuffisant à Tappareilleur pour une bonne direction, il se fait aider par un on plusieurs des ouvriers les plus intelligents du chantier, auxquels on donne le nom de souffleurs.
9. TâcheroTis. On désigne ainsi Touvrier ou l'employé auquel Feu» trepreneur cède une partie de son entreprise, ordinairement de la main*d*œuvre seulement» lorsqu'il lui a reconnu les capacités nécessaires.
Les travaux dont on donne habituellement la main-d'œuvre à exécuter a la tâche sont les maçonneries de béton, de meulières, de moellons, de briques, etc. On exécute aussi de cette manière la pose de la pierre, les tailles et les piquages des parements de meuiièrea ou de moellons, et les rejointoiements de toutes natures* Quand les murs d'un bâtiment sont élevés, très-souvent on fait exécuter à la tâche tous les légers ouvrages. La plupart des ouvrages de terraeM peuvent aussi se faire là la tâche.
n arrive quelquefois qu'un tâcheron a des ouvriers sous se» oi^ dres et à son compte. Dans ce cas, le bénéfice qu'il peut réaliser sur son travail dépend principalement de son aptitu^ à bien diriger ses compagnons, et du soin qu'il apporte à ce que les garçons ne les laissent manquer d'aucune espèce de matériaux.
10. Sous^iraiUinL C'est presque toujours après avoir suecessivtment rempli les fonctions d'ouvrier à commis, et réussi à fUre à la tâche quelques petites entreprises de travaux de main-d'œuvre, que l'ouvrier intelligent arrive à être lui^mén^ entrepreneur ; nouvelles fonctions qu'il commence presque toujours en Hms^traitani aux entrepreneurs généraux, moyennant une remise déterminée sur les prix de leur adjudication, une partie plus ou moins considérable de leur entreprise. Gomme il possède toutes les connaissances pratiques du métieri il peut être un habile constructeur et un exceUenl entrepreneur.
It. Atiribidions des àifférerde» classes d^ouoriers composant les chantiers de maçonnerie et de terrasse. Dans la profession de maçon» comme dans presque tous les corps d'état, il existe une hiérarchie qui découle du degré d'intelligence on d'habileté qu'exige Texécution des diverses parties des travaux k construire* Un nom particu-
lier a ètè donné à chaque ouvrier, selon ses capacités, ou plutôt d'après la nature de son travail; ainsi l'on distingue : 4* le manœuvre, auquel des fonctions spéciales font donner les noms de garçon maçon et de bardfiur; 2* le maître garçon; 3" le maçon, appelé limousin à Paris et dans ses environs, et que dans plusieurs localités du midi de la France on désigne sous le nom de maçon rouge ou de maçon blanc, selon qu'il met en œuvre la brique ou lesmoelloas, galets, etc. ; 4^ le maçon à 'plâtre, désigné dans plusieurs départements sous le nom de plâtrier ou de plafonneur; h"* le tailleur de pierre; 6* le poseur de pierre et le contre-poseur.
Pour les travaux de terrasse, on distingue aussi diverses catégories d'ouvriers, qui sont : 1° les piocheurs et dresseurs; ^ les mineurs; 3* les pelleurs^ routeurs et manceuvres.
Les chefs d'atelier prennent les noms de maître compagnon ou de chef terrassier selon qu'ils dirigent des maçons ou des terrassiers.
Nous allons passer en revue les fonctions de ces divers ouvriers.
42. Manoeuvre. Garçon maçon, Bardeur. C'est par les fonctions de manœuvre ou de garçon que l'ouvrier qui veut devenir maçon commence son apprentissage. Toutes les contrées delà France fournissent ces ouvriers, qui sont cependant plus particulièrement originaires des départements de la Haute-Vienne, de la Creuze et de la Corrèze, qui faisaient partie des anciennes provinces de la Marche et du Limousin ; ils quittent, jeunes encore, leur pays, où le salaire est trèsfaible, pour aller à Paris et dans les autres localités travailler sur les chantiers de travaux publics ou particuliers.
Le travail des manœuvres consiste k procurer Teau nécessaire pour éteindre la chaux, à approcher la chaux éteinte et le sable qui doivent entrer dans la composition du mortier, qu'ils fabriquent à Taide de rabots ou de machines, selon Timportance de la construction. Ils sont chargés également d'amener le mortier aux maçons à Taide de brouettes, lorsque les travaux ne s'élèvent pas au-dessus du sol, ou, s'il n'en est pas ainsi, à le leur apporter à l'aida d'oiseaux; ils approchent en outre, sous la main des maçons, les moellons, meulières, briques, garni», elc^ La fabrication du béton et sa mise en place rentrent aussi dans leurs attributions.
Lorsqu'un manœuvre a acquis quelque peu l'habitude des travaux» il peut trouver à faire partie de V équipe à' un poseur de pierre. Alors, sous le nom de bardeur, il est employé au bardnge ou transport de la pierre sur le chantier, à l'aide de chariots à deux roues ou de civières. 11 doit prendre les plus grandes précautions pour éviter de détériorer les pierres taillées; ainsi, quand il les transporte, les roule sur plabords, ou leur fait faire quartier, il doit placer dessous, et principalement sous leurs arêtes, des ronds ou des torches en pûlle.
DIAfiCTION ET SOUVEILLANCE DBS TftATAOZ. 7
Si l6 manœaTre sert directement le poseur, H procure à celui-ci les lattes et les cales pour mettre sous les pierres, et il apporte le plâtre ou le mortier nécessaire pour poser les pierres et ficher ou couJer les joints.
Quand un manœuvre est doué de plus d'adresse, il peut être chargé des deux travaux de pinçage et de brayage de la pierre. Le pinçage consiste à soulever un côté de la pierre à 1 aide d'une pince en fer pour en faciliter la manoeuvre ; il faut avoir soin de placer un petit morceau de bois entre la pince et la pierre, si l'on ne vent pas abîmer la surface ou écorner les arêtes de celle-ci. Le brayage consiste à relier la pierre au câble ou à raccrocher a la louve^ à la ree^ ^oir sur Téchafaud quand elle est élevée à son niveau, à la séparer du câble et à l'amener k l'endroit où elle doit être posée. Les diffî^ cultes de ces deux genres de travaux et les soins nombreux qu'ils exigent font que presque toujours on les confie à un maçon.
 Paris et dans ses environs, ainsi que dans toutes les localités où Fusage du plâtre est commun, les manœuvres employés aux travaux de bâtiments sont désignés sous le nom de garçon maçon, et, à part le service des poseurs, leur travail n'est pas tout à fait le même que sur les chantiers de travaux publics. L'on conçoit en effet que dans le bâtiment les maçons à plâtre étant chargés en général d'ouvrages moins grossiers que ceux des maçons limousins, il faut au garçon un peu plus d'intelligence et surtout d'habitude pour gâcher le plâtre selon laqnantité et de la manière qu'indique le maçon, d'après ses besoins. Chaque maçon appelle son garçon Touvrier spécialement chargé de le servir, en lui préparant et lui apportant tout ce qui est nécessaire a son travail, et le garçon l'appelle son compagnon.
Pour que chaque compagnon puisse iaeilement correspondre avec son garçon, quand le gâchoir est éloigné et qu'il craint que sa voix se confonde avec celles d'autres maçons» il le baptise d'un nom particulier Dacile à prononcer en criant, tels sont : la France^ la Roscj etc. Quelquefois les compagnons, au lieu d'appeler, ont un sifflet; mais Texpérienee prouve que ce moyen n'est pas celui qui réussit le mieux, il donne souvent lieu a quelque confusion.
▲ l'adresse* un garçon maçon doit toujours joindre beaucoup de force, soit pour monter aux échelles quand il a sur la tête une auge de plâtre pesant quelquefois 60 à 80 kilogrammes, soit pour faire la diaîne sur les échelles quand on monte les moellons, les briques ou les plâtras. Cette dernière partie du travail, qui est une des plus pénibles et des plus périlleuses, se trouve sensiblement améliorée dans les constructions un peu importantes par l'emploi des maehines, avec lesquelles trois ou quatre hommes peuvent élever, à toute hauteur, les matériaux nécessaires pour occuper vingt à vingt-cinq maçons.
9 PHEMIÈnE PAKTIE. — SIAÇONS'ERIE ET TERUASSE.
Le garçon maçon est encore obligé de passer le plâtre au sas ou au panier, de battre les mouchettes pour les écraser et de se procurer l'eau. Il doit tenir son gâchoir dans un état complet de propreté; jamais il ne doit laisser de plâtre répandu sous les auges, parce que ce plâtre se combinerait avec Teau qui se répand, soit quand on en verse dans les auges, soit quand on charge celles-ci sur la tête, et il serait complètement perdu. C'est à ce défaut de soin que sont dues les épaisses couches de plâtre qui se forment trèssouvent sur le sol des gâchoirs, et qui, tout en rendant le travail plus pénible, produisent encore une perte de matière pour Feutrepreneur.
Lorsqu'un compagnon va travailler en ville, le garçon porte ses auges et ses outils, et, outre le service qu'il aurait à faire sur un bâtiment neuf, il doit nettoyer parfaitement les pièces où se font les réparations, et les débarrasser des gravats, qu'il descend au moyen d'une hotte ou d'une auge.
Un garçon actif et intelligent est de la plus grande utilité au compagnon, et il ne contribue pas peu à la bonne et rapide exécution du travail.
15. Maître garçon. On désigne ainsi le garçon qui, après avoir travaillé pendant quelque temps, et fait preuve d'intelligence et d'exactitude, a été choisi par le chef d'atelier pour le remplacer dans dififérentes circonstances. Souvent aussi, lorsqu'un compagnon passe chef d'atelier, s'il est satisfait de son garçon, il le fait profiter de son avancement en le prenant pour son maître garçon. Ce dernier cas est le plus habituel, à cause de la liaison qui existe presque toujours entre le maçon et le garçon zélé.
Le maître garçon exerce une sorte de surveillance sur ses camarades ; il veille avec soin & ce qu'à la fin de chaque journée tous les outils appartenant k Fentrepreneur, tels que pinces, crics^ cordages^ têtvs, bouchardes^ règles, etc., soient rentrés dans le magasin. C'est aussi le maître garçon- qui distribue les lattes, les bardeaux, les clous et les rappointis, ainsi que les fers dont les maçons peuvent avoir besoin; de plus, il compte les sacs de plâtre lorsque les voitures sont déchargées, pour en rendre compte au maître-compagnon, et il fait bala]per l'intérieur des voitures, dans lesquelles il reste toujours du plâtre provenant de sacs percés ou ouverts.
Lorsque le chef d'atelier travaille, il est servi par le maître garçon, qui doit avoir bien soin de ramasser les outils, tels que plombs, niveaux, règles, etc., que le maître-compagnon laisse très-souvent anx endroits où il trace et érige quelque ouvrage.
Enfin, c'est sur le maître garçon que le chef d'atelier se repose pour différents objets de détail, dont ce premier doit s'acquitter avec zèle et probité,