‹ Pratique de l'art de construire; maçonnerie, terrasse et platrerieChapitre 12 sur 145 · DIRECTION ET SURVEILLANCE DES TRATACX · texte numérisé non relu

DIRECTION ET SURVEILLANCE DES TRATACX

Le trarail d'un maître garçon exigeant plus (Inintelligence et de soin que celui des garçons ordinaires, il est toujours mieux rétribué. 14. Maçon. Cet ouvrier, désigné a Paris sous le nom de maçon îimoHfin^ ou simplement de limousin^ est le manœuvre, garçon ou maître garçon qui, après avoir servi les compagnons pendant un certain temps, fait preuve de bonne volonté et d'adresse, et se met lai même à maçonner. Avec le consetitement du patron ou du maître compagnon, et s'étant muni des outils nécessaires, tels que truelle en fer ou en cuivre, bachette, marteau, plomb, niveau, auges, etc., il commence à limousiner, c'est-à-dire à faire de grosses maçonneries en matériaux bruts, comme des massifs de fondations et autres. Il doit apprendre k bien ébousiner les moellons, à en préparer les lits, eten ^miller et piquer les parements. Quant à la pose, il s'exerce en prenant les moellons, à bien en reconnaître les lits de carrière, afin de ne pas les poser en délit; \eslits se distinguent par le bousin^ on partie tendre qui les recouvre, et par une suite de veines qui s'étendent dans les moellons parallèlement aux lits.

Pour exécuter sa maçonnerie, le maçon doit apporter tous ses soins à disposer, autant que possible, les assises de niveau, et k bien liaisonner les moellons entre eux, en alternant les plus courts avec ceux qui ont une grande queue. Quand il a préparé quelques moellons d'après la place qu'ils doivent occuper, il les pose sur un lit de mortier, et il tasse chacun d'eux en le frappant de quelques coups de la tête de sa hachette, jusqu'k ce que le mortier souffle de toutes parts.

L'emploi du plâtre ou du mortier doit être fait avec économie, afin que Tentrepreneur n'éprouve aucune perte, mais de manière qu'il ne reste aucun vide entre les moellons et garnis, c'esWi-dire que les matériaux soient, comme Ton dit, hourdés à bain de plâtre ou de moriier; car, s'il en était autrement, il se produirait bientôt dans les murs des fissures et des déchirures qui enlèveraient toute solidité k la construction, et dont les vides provenant de la négligence apporportée au hourdissage pourraient être l'unique cause. Si les défauts que nous signalons existaient dans les travaux hydrauliques, tels que réservoirs, aqueducs, etc., les maçonneries ne tiendraient pas Teau, laquelle, en s'infiltrant dans Tintérieur des murs, en amènerait promptement la ruine.

Lorsque Tapprenti maçon aura déjà acquis quelque expérience dans rexéention des travaux de massifs, il pourra commencer k élever des murs en faisant usage, 'Soit de mortier, soit de plâtre. Dans ce dernier cas, il lui faudra quelque habitude pour demander k son garçon la quantité de plâtre qui lui sera nécessaire, ainsi qu'une grande agilité pour employer ce plâtre et poser les moellons avant qa'il y ait prise dans Tauge. Il devra s'exercer k se servir de ses lignes

OU cordeaux pour dresser les parements des murs, de manière à éviter les Haches et les bosses ; ainsi, il devra avoir soin de bien aligner le cordeau supérieur, qui est placé à la hauteur de son menton, avec la partie de parement déjà faite on avec un cordeau inférieur qui se trouve k la hauteur de ses pieds, et de bien observer le jour de la lignes c*est^-dire la distance de la ligne au parement du mur en construction : cette distance est ordinairement d'un centimètre pour les maçonneries brutes ou destinées à recevoir un enduit, et de cinq millimètres pour celles en pierre de taille, moellons, meulières, briques, etc., à parements dressés. L'apprenti doit s'habituer k planter lui-même ses broches (on appelle ainsi les voliges ou les planches que le maçon cloue sur des poteaux ou scelle le long â*un mur au moyen de patins en plfttre, pour y fixer ses lignes, dans de petites encoches faites an droit de Talign^ment du mur), h tendre ses lignes, à prendre ses aplombs, à observer les retraites k faire et les fruits k donner aux parements des murs, à se conformer exactement, en un mot, aux tracés et aux indications du chef de chantier.

C'est quand Tapprenti est arrivé k faire ces diverses opérations avec succès, qu'il commence a être lui-même maçon. Alors, il doit apporter le plus grand soin à Texécation des nouveaux travaux qu'on lui confie, tels que les rejointoiements en plâtre ou en mortier des parements en maçonneries de moelloni», meulières, etc., les rocail-* lages en éclats de meulière pour orner les parements ou les dresser avant Tapplicatlon de Tenduit ; il doit mettre tonte son attention à bien faire les end^jits en mortier, les crépis en plâtre, les enduits de chaperons de murs de clôture, et les pâtés en plâtre devant servir a établir des voûtes de caves ou autres, quand il y a impossibilité de poser des cintres en charpente; la bonne exécution de ces massifs n'est pas sans influence sur la solidité des voûtes*

Un bon maçon a dû s'exercer à poser et couler la pierre de taille; mais ces opérations demandant beaucoup d'habitude et d'adresse, il y a des maçons qui, sous la dénomination de poseurs^ se livrent particulièrement a leur exécution. Il est urgent qu'il sache aussi poser et couler une pierre par incmstement, un dallage de cuisine, de couloir ou autre.

Un maçon, pour bien connaître sa profession, doit savoir assez convenablement tailler la pierre pour pouvoir se dispenser d'appeler un ouvrier spécial, quand il a à faire un lit ou un joint et même un parement pour une pierre posée en réparation, ainsi que quand îl s*agit de faire un trou de scellement ou une entaille dans la pierre, rogner une dalle et, en général, exécuter tous les travaux peu im* portants de cette nature. U est urgent aussi qu'il sache bien poser use pierre,

lis. Maçcm à pléUre. Ftâtrier <m pUtf<mnewr, Foiew de cimeni.

DIBECTION ET SORVEILLANCE DES TRAVAUX. 11

i* Maçon à plâtre. A Paris et dans tontes les localités où Ton fait un grand usage du plâtre, lorsque les maçons limousins ont élevé les murs d'un bâtiment, on fait les travaux de plâtrerie, désignes plus particulièrement sous le nom de légers ouvrages. Le maçon à plaire est Touvrier qui exécute ces travaux minutieux, qui demandent une grande habitude et une adresse toute particulière.

Pour faire son apprentissage, le maçon k plâtre, qui a presque toujours été garçon maçon et maçon limousin pour les travaux de bâtiment, commence, après avoir obtenu le consentement de Fentrepreneur ou ^u maître compagnon, h faire les gros travaux de plâtrerie, tels que lattis et hourdis de paru de bois et de cloismis lé^ ffères, aires et augets pour plafonds, raccords dans les bâtiments en réparation, etc. Pour Texécution de ces travaux, il doit joindre quelques nouveaux outils, tels que petite hacftette, truelle bretée, riftardj etc., k ceux qu'il avait pour limousiner (14).

Quand il est arrivé a faire ces travaux préparatoires avec intelligence, le chef du chantier le place k côté de maçons expérimentés pour exécuter les ravalements extérieurs et intérieurs du bâtiment, et c'est près d'eux qa'il apprend k faire tous les travaux que comprennent les légers ouvrages, comme le» recouvrements de murs et de pans de bois, lefc crépis, enduits, rejointoiements, feuillures et arêtes; les cloisons en briques, les plafbnds droits ou en voussures; les moulures pour entablements, chambranles, frontons, conronnements de plafonds; les pigeonnages de tuyaux de cheminées, les fours et fourneaux de cuisine, les cheminées, tous les scellement» et calfeutrements, et en général tous les ouvrages en plâtre qui se font au moyen de règles et de calibres, et qui contribuent k romementatioa intérieure ou extérieure des bâtiments.

Le maçon k plâtre est pour l'entrepreneur qui l'occupe un ouvrier très-précieux, surtout quand il sait k propos le mettre k exécuter les travaux où il est le plus exercé ; car, comme dans tous les autres corps d'état, les maçons, malgré les connaissances qu'ils peuvent avoir dan» toutes lés parties de leur profession, exécutent un travail avec d'autant plus de rapidité et de jperfection, qu'ils ont plus souvent occasion de le faire.

T Plâtrier ou plafonneur. C'est le nom qu'on donne à l'ouvrier qui emploie le plâtre dans les localités où le prix élevé de cette matière en rend Tnsage très-restreint.

Le travail du plâtrier diffère beaucoup de celui du maçon k plâtre, k cause des soins plus grands qu'il est obligé de prendre pour économiser la matière qu'il emploie, et avec laquelle il fait également les plafonds, corniches, enduits, scellements, etc.

Le prix du plâtre est tellement élevé dans quelques contrées de la France, que cette matière n'y est employée que pour faire les scelle-

12 rREUIÈRE PAnTlE. — MAÇONNERIE ET TERRASSE.

ments principaux ; on lui substitue le blanc en bourre^ mélange de chaux, de sable et de bourre, ou de chaux, d'argile douce et de bourre. Les ouvriers qui emploient cette matière sont désignés particulièrement sous le nom de plafonneurs ; ils en font des plafonds, enduits, cor^ niches, etc., dont la perfection de l'exécution ne laisse rien à désirer.

3* Maçon poseur de ciment. Depuis plusieurs années, il y a des maçons qui se livrent plus spécialement k Texécution des ouvrages en mortier de ciment romain, ce qui leur a fait donner le nom de 7na>çon poseur de ciment. Les précieuses propriétés de ces travaux dépendant en grande partie des soins apportés à leur exécution, un ouvrier qui se livre à cette spécialité doit d'abord apprendre k bien gâcher le ciment, c'est-à-dire à le mélanger au sable et à Feau suivant les proportions qui lui sont indiquées pour chaque espèce d'ouvrage, et à triturer le tout à force de bras, au moyen de grandes truelles en fer, dans des auges disposées à cet effet. Devenu bon gâcheur, il commence h employer le ciment, opération qui réclame les soins les plus minutieux. Pour cela, il doit mouiller et nettoyer parfaitement les pierres qu'il emploie, ainsi que les places où il doit appliquer son mortier; car, s'il restait des matières non adhérentes, telles que plâtre, vase, terre, pierre tombant en détritus, etc., le ciment, bien que durcissant également, finirait, faute d*une complète adhérence aux maçonneries, par s'en détacher entièrement, et ne donnerait jamais qu'un mauvais U*avail.

A mesure que l'ouvrier acquiert plus d'expérience, il fkit des travaux de plus en plus minutieux, tels que les rejointoiements des maçonneries neuves ou vieilles de pierre de taille,' de meulières, de moellons, de briques, etc.; les étanchements de sources, les enduits de fosses, citernes et réservoirs ; les restaurations de monuments publics et, en général, de tous les bâtiments en pierre de taille ; il fait également les maçonneries de toutes natures hourdées en mortier de ciment. Nous devons ajouter que ces travaux étant ponr la plupart exécutés par des entrepreneurs spéciaux expérimentés, la tâche de l'ouvrier se réduit, en généra!, à suivre exactement les indications qui lui sont données en vue d'une bonne exécution.

16. Tailleur de pierre. On désigne ainsi l'ouvrier occupé à façonner ou tailler les pierres, lorsqu'elles ont été tracées par l'appareilleur, de manière à leur donner les formes et les dimensions que réclament les emplacements qu'elles doivent occuper dans la construction.

Il doit pouvoir bien exécuter les diverses espèces de tailles que réclame la mise en œuvre des pierres : tailles préparatoires^ taille rusiiquèe, taille bouchardée^ taille de ravalement.

On désigne généralement sous le nom de tailles préparatoires, celles qui consistent à préparer les fauxparem^nts nécessaires pour l'application des panneaux et pour le tracé, ou à faire droits, d'une manière

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