‹ Pratique de l'art de construire; maçonnerie, terrasse et platrerieChapitre 14 sur 145 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

28. Considérations générales. La connaissance de la nature des matériaux et la juste appréciation de leurs qualités et de leurs défauts exigent une grande pratique, soit de Tagent qui en fait le choix» soit même de l'ouvrier qui les met en œuvre, si Ton veut obtenir de bons travaux. Quoique la mission de Touvrier soit le plus souvent limitée à la mise en œuvre des matériaux que son patron fait approvisionner, il n'en doit pas moins faire ses eiflforts pour arriver à distinguer les bons des mauvais ; ce n'est qu'avec cette connaissance qu'il pourra les employer avec discernement. De plus, il peut devenir chef d'atelier, commis ou même entrepreneur, et alors l'appréciation exacte des propriétés des matériaux lui sera indispensable pour choisir les plus convenables pour chaque espèce d'ouvrage, et pour en déterminer la valeur.

Souvent le mauvais choix des matériaux, tout en produisant des travaux défectueux, attire a l'entrepreneur des reproches et même des procès, que sa part de responsabilité lui fait toujours un devoir d'éviter.

La pratique est indispensable pour faire un bon choix de matériaux, et il convient de venir à son aide par une bonne division de ces matériaux d'après leur composition minéralogique, composition de laquelle dépendent, en général, les propriétés qui les rendent plus ou moins propres à tels ou tels travaux.

24. Les matériaux les plus employés en France dans les ouvrages de maçonnerie sont les granits, les trachyles, les basaltes, les laves ^ les grèsj les silex, cailloux et poudings, les meulières, les calcaires, les briques et poteries, les chaux, pouzzolanes et ciments, le plâtre, les mortiers, les bétons, les mastics et bitumes, les carreaux de terre et de plâtre, les plâtras, les lattes, les bardeaux^ les clous à lattes ou à bateaux, et les rappointis^

11 est aussi quelques matériaux, tels que le&irapps, les laitiers, les

scories et autres produits volcaniques, que nous n'avons pas voulu

classer avec les précédents, ces matériaux étant des accidents de la

^ nature et ne se trouvant que dans quelques localités. Comme nos

' meilleurs ciments, ces produits volcaniques unis à la chaux lai

communiquent la propriété de durcir sous l'eau et de produire d*ex-

matAriaux kmplotés dans les constructions. 17

celleDts bétons, mais ils sont d'un prix trop élevé dans les localités qui ne les contiennent pas.

^. Le granit, qui constitue la plus grand partie du terrain primitif, est formé par ragglomération de trois minéraux : le feldspath, le mica et le quartz. 11 présente différentes nuances, qui sont dues k ce que ces minéraux sont souvent colorés parla présence d'une petite quantité d'oxyde de fer ou de manganèse La proportion des trois minéraux varie d'un granit à l'autre. Lorsque le feldspath domine beaucoup, la roche prend le nom de granit porphyroïde.

Les porphyres sont des granits dans lesquels le quartz et le mica manquent entièrement : ils sont composés d'une pâte feldspathique, dans laquelle se sont formés des cristaux de feldspath.

La dureté du porphyre étant plus grande encore que celle du granit, elle ne permet pas de le tailler; mais, dans quelques contrées, on emploie cette pierre en moellons.

Les lames de mica disséminées dans le granit sont quelquefois disposées parallèlement k un même plan, et donnent ainsi un aspect schisteux ou rubané à la roche. Celle-ci prend le nom de gneiss.

Les trachytes sont des produits volcaniques, d'une époque ancienne, qui paraissent ne pas avoir toujours coulé ; ils se sont fréquemment élevés du sein de la terre à l'état pâteux, et ont formé des montagnes arrondies; d'autres fois, ils se sont répandus sur un sol horizontal, sous forme de nappes épaisses. La pâte des trachytes est du feldspath; elle renferme beaucoup de cristaux de feldspath, qui ont souvent pris un grand développement et présentent des faces cristallines très-nettes.-

Dans quelques localités de la province de Constantine (Algérie), on emploie un porphyre trachytîque comme pierre a bâtir.

Les basaltes sont des éruptions volcaniques plus modernes que les trachytes. Ils sont composés de pyroxène (silicate de magnésie et de de fer) et de labrador (espèce de feldspath à base d'alumine, de chaux et de soude). Ces cristaux sont d'une extrême ténuité, ce qui donne a la roche une apparence de compacité.

Quelquefois le basalte s'est fait jour à travers les couches de sédiment, et s'est répandu en nappes horizontales h leur surface. Les basaltes forment ordinairement des prismes accolés, gigantesques, qui présentent une apparence de régularité. Cette circonstance tient à un fendillement qu'ils ont éprouvé pendant leur refroidissement. La disposition en colonnes prismatiques donne aux basaltes qui sont arrivés au jour un aspect particulier. .

Les basaltes sont trop durs pour être taillés; mais dans quelques localités on en fait des moellons.

Dans l'art des constructions, on désigne en général sous le nom de granit toutes les pierres provenant de roches feldspathiq^ies, dont la

grande dureté varie avec les proportiops des parties constituantes, et dont les grains, de différentes couleurs, sont fortement réunis par un ciment naturel. On les reconnaît facilement à leur composition de grains très durs et parfaitement adhérents, k leur cassure a angles trèsr aigus, et à leur poids minimum de 2700 kilogrammes par mètre cube.

La résistance que les granits offrent k tous les agents atmosphé^ riques rend leur emploi très-avantageux dans les constructions ; aussi, dans quelques localités, malgré ie prix élevé de leur taille, en fait-on usage comme pierre k bâtir, si toutefois leur exploitation n'est pas trop dispendieuse. 11 est du reste certaines conjrées où la composition géologique du sol motive Temploi des granits dans les constructions; c'est ainsi que dans certaines parties de la Bretagne, de la Normandie et des Vosges Tusage de cette pierre, qui fournit d'excellents moellops, est très-répandu. En France plusieurs ponts sont en granit, et en Angleterre c'est là seule pierre employée pour la construction des grands ponts, ceux de moindre importance sont en briques.

La grande durée et l'inaltérabilité des granits les rendent très-pi;*é* cièux pour certains travaux, et en ont fait adopter Tusage k de grandes distances des lieux d^extraction. Ainsi k Paris, pour dalles et bordures de trottoirs, bouches d'égôuts, marches d'escaliers très-fréquentés, bornes, auges, culières, etc.', on emploie des graniis, que Ton tire principalement des carrières de Normandie. Ceux que Ton préfère Sont gris, fortement micacés et k grain fin, et proviennent des bancs les plus durs des carrières de Saint-Brieuc et de divers lieux des environs de Vire (Calvados), tels que Saint-Pois, Coulouvray, Villedieù, Saint-Clair, et aussi de Sainfe-Honorine-la-Guillaume (Orne), pn trouve aussi d'excellents granits dans les carrières du bois du Gastt près Saint-Sever, et dans celles de Flamanyîfle, près Cherbourg.

Le granit de Flamanville offre un mélange de grains blancs, roses et gris; ceux de Vire et de l^ainte-Honorine sont un mélange gris foncé de grains bleuâtres et noirs.

Les granits de qualités inférieures ressemblent k un granit jaunâtre k grains peu adhérents de Reville, près Cherbourg, ou k un granit jaune-rougeâtre des environs de Vire et de Sainte-Honorine, ou encore k celui blanchâtre du Gast.

Dans les environs d'Àlençon, de Saint-Brieuc, Honnion, Trenier, Dinan et Saint-Malo, on trouve un granit d'une qualité inférieure ; sa couleur blanche et son aspect feuilleté le font facilement reconnaître.

En Bourgogne, on trouve aussi des granits d*une assez bonne qualité, quoique un peu plus tendres que ceux de Normandie ; leur couleur tire sur le rouge, et leur cassure est bien moins luisante que celle de ces derniers. Ce n'est que par suite d'une très-grande expé* rience que l'on parvient k distinguer les granits de ^urgognç ie ceux de Normandie.

UÂliRUtJl ^IIPLOYÉS DANS L^S GONSTRLGTIONS. 19

On trouve également le granit dans presque toutes les autres contrées de la France ; mais c'est surtout dans la Bretagne, TAuvergne» les Vosges, les Pyrénées et les Alpes qu'on le rencontre en grande abondance.

A cause de la grande distance de Paris aux lieux d'extraction du granit, les blocs qui y sont expédiés sont ordinairei^ent taillés aux carrières suivant les formes voulues, afin de réduire autant que possible les frais de transport, ainsi que ceux de ipain-d'œuvre, d'ébaucb^ et de taille. L'on gagne ainsi le transport de tous Ips résidus d'abattage et de taille, et la différence entre les prix de main-d'œuvre a Pans et en carrière; ce qui n*e$t pas s^ns importance, le prix du granit à Paris dépendant surtout du transport et de la taille.

L'exploitation des granits se fait généralement au moyen de coins, et ils se taillent avec des pics, des pointerolles et des marteaux. Leur prix de revient à Paris est de 180 à 250 francs le mètre cube pour les blocs destinés aux monuments, et de 1 60 a 180 francs le mètre cube pour les dalles à un parement, telles que celles de trottoirs par exemple. Le transport entre dans ces prix pour 60 à 65 francs ; mais 1} y a lieu d'espéref que cette dépense sera réduite lorsque le réseau des chemins de fer normands sera entièrement achevé.

Il y a quelques années on a commencé k appliquer un granit belge, dit porphyre de Lessines, au pavage des rues de Paris. Ces pavés ôni l'avantage de ne pas s'égrener comme le font certains grès, et ils résistent très-bien à l'air, aux chocs et à l'écrasemept ; mais, de même que toutes les roches feldspathiques employées au pavage, ils ont l'inconvénient de se polir par l'usure et de devenir très-glissants. On ne remédie à ce défaut qu'en leur donnant de petites dimensions ; les pieds des chevaux trouvent appui par la multiplicité des joints. On en fait de trois échantillons : le premier est à base rectangulaire de 0",40 et 0",16 pour côtés, la hauteur est ordinairement un peu inférieure à 0",16; le second est cubique et de O-jlS d'arête; le troisième est également cubique et a 0"',13 d'arcte. Le prix du mille de pavés premier choix, rendus dans les dépôts de Paris, est, pour le premier échantillon, toutsmillés, 355 francs; pour le deuxièmééchantillon, bruts, 316 francs, et pour le troisième, bruts, 267 francs. Pour les pavés de deuxième choix, ces prix sont réduits de 1/8.

Brisés en fragments, les bons granits, de mêpie que les porphyres, produisent d'excellents matériaux pour l'établissement des chaussées à la macadam. A Paris, les quarlzites (grès à grain fin et serré) employés qui ont donné les meilleurs résultats yiennent de Montsur et Voutré (Mayenne), et de Maubcuge.'0'"%73 k 0'»%80 de ces pierres correspondent k l'emploi de i mètre cube de très-bonne meu^ lière; mais comme elles reviennent a 30 francs environ le mètre cube et la meulière a 18 ou 20 francs, leur emploi n'est pas économique.

Les porphyres de Montsur et de Youtrè coûtent de 33 à 35 francs le mètre cube, et comme il en faut 0"",70 à 0"',75 pour obtenir les mêmes résultats qu'avec un mètre cube de bonne meulière, on voit que leur emploi, comme celui des quartzites, doit être limité aux chaussées des ponts et autres voies où les rechargements présentent le plus de gène à la circulation.

5116. On donne le nom de laves aux matières minérales liquides qui sont encore rejetées par nos volcans actuels ; elles s'étendent en nappes minces sur les flancs des volcans, où elles se solidifient en refroidissant.

Les laves éP Auvergne ont quelque analogie avec les granits {^^]; elles sont d'un grain plus fin, mais moins serré; leur couleur, d'un noir très-foncé, les fait facilement reconnaître. Les meilleures kves proviennent des bancs les plus durs et les plus compactes des carrières de Vol vie; leur grain serré et homogène les rend pesantes et très-convenables pour le dallage des trottoirs.

Recouvertes d'un émail appliqué à chaud, ou d'un bon vernis, les laves présentent de grands avantages sous le rapport de la propreté et de la salubrité, quand elles sont employées pour revêtir des soubassements humides ou des urinoirs. A Paris, cette application est généralement ordonnée par l'administration municipale.

Le département de l'Hérault fournit des laves fréquemment employées comme pierre à bâtir. La ville et le port d'Agde sont presque entièrement construits avec ces laves, soit en pierres de taille, soit en moellons. On en a fait usage sur une grande échelle pour les travaux du canal et des chemins de fer du Midi. L'un de nous, M. Laroque, a employé les laves d'Agde et de Rouquaute pour construire le pont canal, sur i'Orb, a Béziers, et le viaduc établi sur l'Aude, à Goursan, pour le passage du chemin de fer du Midi.

27. Le grès est une pierre composée de grains de sable quartzeux de dififérentes figures agglutinés par un ciment quartzeux ou calcaire. Quelquefois, les grains de quartz sont simplement soudés ensemble. De l'argile ou de l'argilite se mêle souvent au grès, qui est alors plus facile à tailler, mais plus friable.

Sous le rapport de la composition du ciment, les grès se divisent en grès siliceux^ grès calcaires et g7'ès argileux.

Les grès siliceux sont ordinairement très-durs et k grains fins fortement reliés par le ciment naturel; ils approchent du quartz gris. 11 en est cependant que l'on peut tailler et même sculpter : ainsi la belle cathédrale gothique de Cologne est en grès siliceux de Wurtemberg. Les grès siliceux ont sur les calcaires l'avantage de mieux résister à l'action destructive de l'atmosphère, et Ton peut presque dire que leur durée est indéfinie.

Les grès calcaires ont différents degrés de dureté, en raison de Ta-

XATÉaUUX EMPLOYÉS DANS LES CONSTRUCTIONS. %i

bondance et du plus ou moius de fermeté du gluten calcaire qui réunit leurs grains.

Les grès argileux se trouvent par couches comme les calcaires ; ils sont d'un usage très-répandu dans les provinces du sud-est de la France, où on les désigne ordinaireJoaent sous le nom de molasse. Lear couleur est grise. On les taille facilement au moment de Textractîon; mais àTairils acquièrent une dureté qui ne le cède guère a celle des pierres calcaires les plus résistantes.

Les grès se trouvent dans tous les terrains géologiques; mais ils sont surtout abondants dans les terrains secondaires. En général» les meilleurs grès sont ceux qui ont le grain le plus fin et le tissu le plus serré. La couleur gris-clair est un indice de bonne qualité; les grès rouges sont ordinairement les plus tendres et les moins résistants.

Il existe des grès tendres d'une formation trop récente pour qu'ils aient atteint leur degré de perfection. Ils s'écrasent si facilement, qu'on ne peut les employer comme pierre de construction ; ils ne servent qu'à Taffûtage des outils ou à faire du sablon.

Dans les pays où il n'y a pas de bonne pierre calcaire, on fait usage dans les constructions de grès dont la dureté convient à de bons moellons, et même k d'excellentes pierres de taille. Ainsi, des carrières situées près d'Âscain (Basses-Pyrénées) produisent de magnifiques blocs de grès, que Ton a employés avec avantage aux constructions du phare de Biarritz; du pont de Saint-Esprit-Bayonne, sur l'Adour; du pont Mayou sur laNive, à Bayonne, etc. De ces mêmes carrières, on tire aussi des quantités considérables de pavés pour les villes des Basses-Pyrénées et autres départements limitrophes. Dans plusieurs autres contrées de la •France, on emploie également les grès avec beaucoup de succès pour les constructions; des villes entières, telles que Garcassonne, Brives, etc., sont bâties avec cette pierre, qui a été employée dans une grande partie des ouvrages d'art du canal et du chemin de fer du Midi, ainsi que pour les ponts de Nevers et de Moulins, et aussi dans un grand nombre d'édifices publics et particuliers ; on en construit également des chaînes et des encoignures de bâtiments, des marches d'escaliers, des dalles, etc. Les montagnes des Vosges contiennent plusieurs espèces de grès employées dans les constructions; le soubassement du Palais de l'Industrie, à Paris, est en grès bigarré des environs de Phalsbourg, qui supporte la sculpture et dont on peut même faire des statues. Le grès bigarré des Voivres (Vosges) s'exploite en laves assez minces pour être employé à la couverture; les plus belles variétés se réduisent à Tépaisseur d'une forte ardoise. Ces laces ont l'inconvénient d'être cassantes et de donner des couvertures très-lourdes.

Les grès servent a faire des meules à aiguiser, et U en est de

22 PREMIÈRE PARtlC. — MAÇONNERIE ET TERRASSE.

très-dures, à gros grains, que Ton emploie pour faire des meules de moulins.

Il y a des grès qui sont tellement rèfractaîres, qu'on les emploie pour les revêtements intérieurs des hauts-fourneaux; c'esi ce qui a lieu pour quelques grès de Wurtemberg.

Les grès très-durs sont trop difficiles a tailler pour être employés comme pierre k bâtir; mais comme ils ont beaucoup de cohésion et qu'ils résistent bien aux chocs, on en fait un usage considérable comme pavés. ,

Ces grès sont généralement blancs, et leur grain est égal et fin ; ils se trouvent en bancs continus ou en grosses masses isolées au iiiilieu d'un sablon fln et mobile, qui prend, en s'agglutinant de plus cîn plus, la consistance des gtès les plus vifs et les plus tenaces. Ils ont l'avantage de réunir à une grande dureté, qui les rend capables de résister longtemps au frottement et arfx chocs des roues des voituras, la propriété de se laisser débiter facilement en masses de différentes formes et de toutes grandeurs.

Les belles carrières de grès des environs de Toulon fournissent les pavés employés au pavage de Marseille et des villes du Vir et départements voisins; on en emporte même jusqu'en Algérie.

n existe beaucoup de carrières k grès dans les environs de Paris; 6n distingue celles de Montbuisson, Palaiseau, Pontoise, Belloy, Sceaux, Bel-Air, Lozaire, Orsay, Lacave, Train, et celles si productives de la forêt de Fontainebleau.

Cette espèce de grès se divise en roche dure et en roche franche, La roche dure est très-propre au pavage des rues et des routés ; on la débite pour cela en cubes de 0",22 d'àrète, que Ton désigne sous le nom de gros pavés, ou de pavés d'èchatitillon ou de ville. La roche franche, au contraire, est employée le plus souvent ari pavage des cours et autres lieux intérieurs, à cause de la facilité avec laquelle on la refend en pavés de petits échantillons, que l'on obtient en divisant ceux de 0",22 en deux ou en trois sur lâhauteûr. Lès pavés de trois n'ont ainsi que O'-.O? environ d'épietisseur, et ceux de deux 0",H. Dans ces derniers, il y en a qui ont pour base un rectangle de 0",22 sur 0",43 environ ; c'est ce qui arrive lorsque, après avoir séparé un pavé de 0",07 d'épaisseur, le fendeur se trouve dans l'impossibilité de trouver deux autres pavés de ((",07; alors il retourne le bloc et le divise en deux dans l'autre sens, ce qui lui donne deux pavés ayant 0",il d'épaisseur, et une base de 0",22 sur 0",43 environ.

Aujourd'hui un grand nombre de départements peuvent fournir k Paris d'excellents pavés en grès, tels sont les Ardennes, la Mayenne, la Manche, la Moselle, TAisne, la Nièvre, etc.

On fait actuellement un gratld usage k Paris de pavés en grès à

MATÉRIAUX KMPLUTÉS DAMS LES CONSTRUCTIONS. 23

base rectangulaire et de divers échantillons, dont le plus répandu a 0",jO sur 0",16 pour côtés de la base. Ces pavés, venant de la Nièvre, coûtent, tout smillés, de 1*' choix et rendus dans les dépôts de Paris, 335 fr. le mille; il en entre 48, du prix de Î5''-,î)0, dans un mètre carré de pavage. L'échantillon de 0",13 sur 0",20 s'emploie aussi fréquemment. Eo général, la hauteur des pavés est a peu prés égale à la plus grande dimension de la base supérieure. . Le mille de pavés smillés de premier choix venant des carrières de Harcoussis coûtie : 705 fr. pour les pavés cubiques de 0",23 d'arête^ 575 fr. pour ceux de 0",2b d'arête, 540 fr. pour ceux rectangulaires de 0-,i6 sur 0-,23, et 275 fr- pour ceux dé 0",1Ô sur 0",16. Les pavés dé V choix coÇltcnt 1/8 de moins que ceux de r' choix. Le fendage des pavés est un travail très-pénible, et aussi dangereux que celui de la taille et du piquage des grès ; pour l'effectuer, à la force il faut joindre une grande adresse, et l'ouvrier^ malgré tous les soins qu'il peut apporter, évite difficilement les déchets occasionnés par les fils et par là mollesse de la matière, qui ^e brise P»ff- «• sous le fer. Ce travail se fait a la tâche,

@"~i et un ouvrier débite jusqu'à quatre

c — ' . . ■ I cents gros pavés par jour ; il s'effectue l — — : 1 j^ l'aide d'un couperet à deux tranchants LJ arrondis, Jlg. 4, pesant 25 kilogram-

mes, qui sert à diviser les blocs d'un seul coup^ et d'un portrait^ de même forme que le couperet, pesant 5 kilogrammes, qui sert à rèbarbage des pavés. Le premier de ces outils est ordinairement fourni par lé maître carriêf.

4S. Silex, Cailloux. Poudings. On nomme silex^ des rognons de différentes formes, d'une pierre très-dure, dite pierre àfeu^ que l'on rencontre dans les bancs de craie. Cette espèce de pierre n'est pas favorable pour les constructions, à cause des faibles dimensions et de là forme plutôt ronde que plate des morceaux sous lesquels elle se trouve, et aussi parce que sa surface lisse empêche le mortier d'y adhérer avec énergie ; cependant on emploie les plus gros blocs avec assez d'avantage dans les massifs de maçonnerie; on les taille même quelquefois pour faire des parements de murs ou des pavés.

On donne en général le nom de galets ou de cailloux aux fragments de pierre de grosseurs différentes, arrondis plus ou moins exactement, dont la couleur varie du )^run foncé au blanc laiteux, et qui font feu sous le choc de l'acier. Ils sont généralement formés par des débris de différentes roches que charrient les rivières des pays montagneux; aussi les trouve-t-on ordinairement dans les lits des fleuves et dans les terrains d'alluvion, le plus souvent à fleur du sol, mais quelquefois à des profondeurs immenses ; ils se présèh-

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