‹ Pratique de l'art de construire; maçonnerie, terrasse et platrerieChapitre 15 sur 145 · PREMIÈR]B PARTIE. — TERRASSE ET MAÇONNERIE · texte numérisé non relu

PREMIÈR]B PARTIE. — TERRASSE ET MAÇONNERIE

tcnt en grandes masses déposées depuis Tépoque actuelle jusqu*a celle des terrains stratifiés les plus anciens. Lorsqu'on extrait le sable de carrière en le passant à la claie, les cailloux roulent sur le devant de cette espèce de tamis incliné.

On emploie ordinairement les cailloux, sous des grosseurs qui ne dépassent pas 5 k 6 centimètres de plus grande dimension, à la construction des routes k la macadam et k la fabrication de la maçonnerie dite de béton. Dans plusieurs localités, les cailloux d*un plus grand volume, de 1 a 5 décimètres, et appelés plus particulièrement ^aZ^^, sont employés, en faisant choix de ceux dont la forme ovoïde est plus ou moins aplatie, pour le pavage des rues et même comme moellons. Les cailloux les plus convenables pour les maçonneries sont ceux qui proviennent des cours d'eau et des carrières d*où Ton tire du sable parfaitement dépourvu de matières grasses ou terreuses, et dont la surface est rugueuse et la forme irrégulîère. Ceux qui sont recouverts d'une légère enveloppe de craie qui leur sert de cangue font le mieux corps avec le mortier. Quand les cailloux proviennent de terrains argileux, il faut les laver avec soin pour en fabriquer du béton.

Dans les localités où le moellon fait défaut, on emploie généralement les galets concurremment avec la brique dans les constructions. Plusieurs villes du midi de la France sont construites en grande partie en maçonnerie mixte de galets et de briques : cette maçonnerie est excellente et économique.

Des villes très-importantes de la France sont pavées en galets : telles sont, par exemple, Strasbourg, Nancy, Toulouse, Montauban.

L'espèce de pierre que l'on appelle pouding ^ et vulgairement ^réson, est une réunion de petits cailloux agglutinés ensemble par un ciment siliceux. Cette roche présente souvent une consistance trèsgrande et une extrême dureté. On la trouve presque toujours à fleur du sol, en blocs de faibles volumes, déposés par petits bancs isolés, et affectant le plus souvent la forme d'un parallélipipcde un peu aplati, ce qui les rend très-propres k la construction des ouvrages de maçonnerie, surtout k cause des aspérités de leur surface, qui y font parfaitement adhérer le mortier. Cette pierre n'est pas employée a Paris, ni dans ses environs ; on la trouve ordinairement dans les localités où le sol est alumineux et quartzeux; on ne la rencontre presque jamais dans les terrains calcaires.

Les poudings, comme les cailloux, se livrent au mètre cube.

29. Meulière. Cette pierre est formée de débris quartzeux, de cliaux carbonatée, d'alumine et d'oxyde de fer, dans diverses proportions; sa masse est criblée de trous de formes indéterminées.

On distingue deux espèces de pierre meulière. L'une a la couleur ' grise blanchâtre des grès durs, et une masse pleine dont la dureté

MATÉRUUX KMPLOYÉS DANS LES CONSTRUCTIONS. 25

est è^e à celle du silex ; elle se trouve par bancs ou par blocs de

grandes dimensioas, et on remploie ordinairemeat pour faire des meules de moulins d*une seule pièce. Dans quelques localités, on trouve cependant de la pierre de cette espèce en petits morceaux isolés, dont on fait des meules de plusieurs pièces, et que Ton em* ploie quelquefois comme moellons dans les massifs de maçonnerie; mais son défaut d'adhérence avec le mortier, dû à sa cassure trèsunie, la rend peu propre à ce dernier usage. Cette variété de meulière se désigne sous le nom de caillasse; et, pour les constructions importantes, les devis spécifient presque toujours que son emploi sera irrévocablement proscrit.

La caillasse concassée a la grosseur de 5 à 6 centimètres est trèsestimée pour Tempierrement des chaussées ; aussi les devis de la ville de Paris prescrivent-ils cette pierre presque à Texclusion de toute autre (25).

L'autre espèce de meulière se trouve par petits morceaiix, en masse de peu dépaisseur et d'étendue, k une très-faible profondeur, et quelquefois même a la surface du sol. Sa couleur est d'un rouge jaunâtre; l'énorme quantité de trous dont elle est criblée, et les grandes irrégularités qui existent dans ses lits, en font d'excellents moellons, qui se relient bien entre eux, auxquels le mortier s'attache fortement en s'insinuant dans toutes les cavités, et qui résistent sans altération a toutes les influences atmosphériques.

On emploie beaucoup cette meulière dans les constructions hydrauliques. A Paris, une ordonnance de police prescrit son emploi pour rétablissement des murs des fosses d'aisances, et presque tous les ègouts de cette ville sont faits avec cette pierre. Les parements de plusieurs édifices publics sont exécutés en meulière rocaillée ; les parements de douelle des ponts Napoléon, d'Austerlitz, des Invar lides, de l'Aima et du Petit-Pont, nouvellement construits à Paris, sont en meulières piquées posées avec du ciment de Yassy; tous les parements vus de l'escarpe et de la contrescarpe des fortifications de Paris sont également construits avec ces matériaux, sur une épaisseur de 0",50.

L'emploi de la meulière brute hourdée en mortier de ciment a pris dans ces derniers temps, k Paris, une grande extension dans la construction des bâtiments et des édifices; devenant presque immédiatement incompressible sous de fortes charges, on la substitue dans beaucoup de constructions aux maçonneries de libages et de pierre détaille, qui étaient généralement employées pour les grosses fondations ; c'est ce que l'on a fait pour les massifs principaux des fondations des théâtres Lyrique et du Cirque impérial, ainsi que pour ceux du tribunal de Commerce.

Les meilleures meulières qui sont employées dans les travaux hy-

drauliqueâ de Paris proviennent le pins généralement des coteaux des vallées de la Seine et de la Marne ; elles arrivent par cheinin de fer ou par la haute Seine des carrières de Ponthiéry et d'Orgenoy situées àû-dfessus de Corbeil, et de celles de Ris et de Vîi^-Chfttillon situées entré Corbeil et Juvisy.

La haute Seine fournit encore des meulières tirées des carrières de Corbeil, Montgeron et Villeneuve-Saint-Geoi^es; mais qui sont d'un moins bon emploi que les précédentes, à cause de leur forme jlus ronde et dé leur qualité plus caillasse; on les emploie de préférence pour les chaussées k la macadam (25).

Les carrières de Mézières, près Mantes, et de Triel fournissent aussi d'assez bonnes meulières, qui viennent k Paris par la basse Seine.

Il arrive aussi & Parie; par voitures, dé bonnes meulières des carrières sises sur les bords de la Marne, dans la commune des Bordes, près la Queue-en-Brie, entré Chencvières et Viîlîers-sur-Màrne.

Les carrières de la Fërté-sous-Jouât'fe, d'Auzouer-le-Touljis, de Tdiiman, de Gresse, de Villepatour, etc., éipédîent aussi sur Paris leurs produits abondants et d'assez bonne qualité, par le chemin de fer de TEsten attendant (Jue la navigation de là Marne soit complète et fournisse un mode de transport beaucoup plus économique.

Il arrive aussi à Paris des meulières tendres des environs de Tersailleset dé Buch, ainsi que de Brunoy. On les extrait efa blocs de grandes dimensions, et on les taille fàcilemeht Cbiiime elles fournissent des parements d'une belle régularité, on les emploie souvent en remplacement de la pierre de taille ; le& parements des murs de quais que Ton construit aujourd'hui h Paris sont presque tous faits, sur une épaisseur de 0",35, avec des moellons de cette meulière, parfkitement dressés et piqués h vive arôte: Ces pierres ont cependant un grand inconvénient lorsqu'elles sont employées trop tendres eri parements, surtout si elles h'ontpas préalablement été nettoyées avec soin des terres rougeâtres qui en remplissent les cavités; quelques années après l'exécution, la surface des parements se recouvre d'une couche verdâtre et bien souvent de touffes d'herbes qui y ont pris racine; ce qui est d'un effet désagréable, et ne doit pas peu contribuer à amener la ruine de ces pkrements, en y entretenant l'humidité et en donnant prise aux effets destructeurs de l'atmosphère, de la gelée, par exemple, qui les fait éclater.

Les parements en meulière dure de Corbeil et de Chfttillon sont préférables à ceux faits de ces dernières, quand on les exécute avec soin.

Les résidus de pierre meulière faits à la carrière ou sur les chantiers sont cassés en petits morceaux, que l'on emploie pour Tempierrement des chaussées oU pour te fabrication du béton. Depuis le

UATÉRIAOX EMPLOYÉS DAlfS LES CONSTRUCTIONS. 27

macadamisage des principdes artères de la capitale, le prix de ces matériaux y a augmenté dans une notable proportion.

:so Calcaires. Ces pierres étant formées de carbonate de chaux, elles jouissent des propriétés générales de»cétte substance; ainsi elfes font effervescence avec les acides, elles se décomposent a une certaine fempérature, quoîqu'étant très-réfractaires, et elles ne produisent point d'étincelles sous le choc de Tacier. On en distingué dé plusieurs espèces, dont aucune n'est particulière k tel ou tel terrain.

L'espèce dite calcaire grossier fournit line grande partie des pierres ettiployées dans les constructions; elle est d'une texture terreuse, à graîn grossier, souvent lâche ; sa cassure est droite et quelquefois raboteuse, et sa couleur varie du jaune pur au blanc sale.

Cette espèce de roche est celle qui a fourni et qui donne encore la presque totalité dés pierres de construction de notre capitale, et c'est bien certainement en grande partie k sa présence, en masses énormes situées à une faible profondeur sur .les deux rives de la Seine, que Paris doit ses proportions colossales.

Sous le rapport de leur emploi dans les constructions, les pierres calcaires se divisent en deux classes principales: les pierres dures et les -pierres tendres,

SI. Pterrés calcaires dures. Ces pierre^ se débitent à la scie sans dent, comme le marbre (33), an moyen de Teau et du grès tendre rédaft en sable fin. Celles des environs de Paris sont le liais^ le clin quarts la roche et le banc-franc.

Lé Hais est d^nne formation moderne; il a l'avantage de ne contenir aucune empreinte de coquilles, ni de mer ni fluviatiles, et, en outre, de réunir toutes les qualités d'une bonne pierre de taille; il se taille âsse^ bien, et il résiste à tbutes les intempéries des saison^ quand il a été tiré de la carrière en temps convenable ; il est sujet à la gelée quand il est eniployè avant d'avoir essuyé son eau de carrière.

On distingue trois espèces de liais:

1* Le liais êur^ dont le grain est fin, et la texture compacte et uniforme; c'est une des plus belles pierres des environs de Paris. Les anciennes carrières de la barrière Saint-Jacques et du clos des Chartreux étaiit épuisées, on l'extrait maintenant des plaines dé Bagneux etd'Arcueil; on en tire aussi de Saint-Denis; les carrières de Clamart en fournissent également quelques beaux morceaux. La hauteur de son banc varie de 25 à 30 centimètres, et on en extrait des blocs qui ont de 3 k 4 mètres de longueur sur i",50 à % mètres de largeur. 11 est particulièrement erhployé pour les marches d'escaliers, les cimaises, les tabletteë et les aicrotères de balustrades; on en ftit aussi des chaiîibranles dé cheminées, des dalles et autres

oavrages analogues qui exigent de la beauté et peu d'épaisseur de banc.

2' Le liais Ferault ou faux liais^ qui est aussi dur que le précédent, mais d'un grain bien plus gros. Il se trouve quelquefois dans les mêmes carrières que le premier, sous nne hauteur d'appareil de 0",35à0",40. On remploie aux mêmes usages, mais surtout pour les ouvrages qui ont plus d'épaisseur.

3* Le liais rose^ qui est plus tendre que les deux variétés précédentes. Il se tire des carrières de Maison-Âlfort et de Greteil, où la hauteur de banc est de 0"*,25 à 0",30 ; on en extrait des carrières de rile-Adam dont la puissance varie de 0",30 à O'^iO. Ce liais s'emploie particulièrement pour faire les carreaux de salles à manger et d'antichambres ; on en construit aussi des tablettes et des chambranles de cheminées.

En général, on donne le nom de liais k toutes les pierres dures de bas appareil dont on fait usage à Paris.

Cliquart. On désigne ainsi une pierre d'un grain fin et égal, et de très-bon appareil, contenant peu de débris coquiUiers. Cette pierre est devenue rare, les carrières qui en fournissaient le plus étant presque toutes épuisées; ou en extrait cependant encore quelques blocs, de 0",30 II 0*,35 d'épaisseur, des carrières de Montrouge et de Vaugirard. On tire une pierre qui remplace le cliquart dans les plaines de Bagneux, de Glamart et de Yal-sous-Meudon.

La roche est une pierre très-dure et quelquefois coquilleuse; elle se trouve ordinairement en plusieurs bancs superposés. La meilleure se tire des carrières du fond de Bagneux, de Ghatillon et de la Butteaux-Cailles, près de Bièvre ; elle a généralement de 0'",45 a 0",70 de hauteur de banc, y compris très-souvent 0",10 k 0",i5 d'épaisseur d'une pierre très- coquilleuse. Les carrières d'Arcueil fournissent une roche qui est très-bonne, quand on a eu soin de bien ébousiner les lits, ce qui oblige de réduire la hauteur de banc de 0",40 ou 0*,45 à environ 0",35.

On extrait également des pierres de roche dans les plaines du Bel- Air, de Fleury, de Montrouge, etc.; mais il faut apporter beaucoup de soin dans leur choix ; elles contiennent parfois de nombreux fils, que les ouvriers carriers cachent au moyen d'une boue de la couleur jaunâtre des pierres. Les carrières d'Ivry fournissenl une roche assez fine, très-souvent coupée par des fils, et dont la hauteur de banc est d'environ 0'»,40 à 0",45. A Vitry (Seine), on trouve une roche, de 0*,30 k 0",3ô de hauteur et d'un grain très-fin, qui est recherchée à cause de la grande dimension de ses blocs; on l'emploie pour les, balcons et particulièrement pour les monuments funéraires ; quoiqu'elle paraisse en général très-saine, lorsqu'on l'emploie avant qu'elle ait jeté son eau de carrière, il se produit, après deux ou trois

MATAkIAUX employés dams les CONStRirCTIONS. 29

ans d*expositîoQ à Tair, une infinité de petits fils qui finissent parla détériorer entièrement; plusieurs tablettes recouvrant les murs d'escarpe de Fenceinte de Paris, faites de cette pierre tirée dans la mauvaise saison, se sont trouvées, après quelques années, dans un état complet de dégradation.

On emploie aussi à Paris et dans ses environs différentes autres espèces de pierres de roche dure qui sont très-estimées, et parmi lesquelles on distingue celle de Saillancourt, qui fournit des blocs de très-grandes dimensions, et que Ton a employée pour les parapets du pont de Neuilly ; celles de Saint-Nom, de nie-Âdam, de Silly, etc.; celles de Sainte-Marguerite et de Ghàteau-Landon, que Ton emploie depuis plusieurs années à la construction des monuments publics de la capitale ; on en a fait les bassins du Chàteau-d*Eau, boulevard Saint-Martin, une partie de Tare de triomphe de la barrière de TÉtoile, les parapets du pont des Tuileries et la fontaine Saint-Sulpice. Ces pierres sont très-dures et prennent le poli comme le marbre; mais elles ont Finconvénient d'avoir des moyes et des parties terreuses qui obligent de les nettoyer et de les remplir avec beaucoup de soin, sans quoi la gelée les ferait éclater; leur hauteur de banc est de O'.iS à (^,55, et comme leur homogénéité permet de les poser en délit, c'est-à-dire de mettre verticalement les lits de carrière, on peut obtenir la hauteur d'assise que Fon veut.

Les carrières de roche des environs de Paris commençant à s'épuiser, on fait venir cette pierre par eau et par chemins de fer de différentes localités éloignées, et particulièrement de la Bourgogne et de la Lorraine.

En Bourgogne, les meilleures carrières de pierre dure sont situées entre Montbart et Châtillon (Côte-d'Or), et dans le canton de Flsle (Yonne). C'est avec des pierres provenant de ces deux localités que Fon a fait, dans ces derniers temps, les voussoirs de tètes des ponts Notre-Dame, d'Austerlitz, des Invalides et de FÂlma, ainsi que le cordon du quai du Louvre. C'est avec la roche de ChàtiUon-sur-Seîne qu'on a construit le socle du nouveau ministère des affaires étrangères ; elle est tout aussi dure que celle de Chftteau-Landon, et n'a pas, comme cette dernière, Finconvénient de renfermer des parties terreuses. Sa hauteur de banc varie de 0",50 à 0*,65.

Les bonnes pierres dures de Lorraine, aujourd'hui bien connues à Paris, sont tirées des carrières d'Euville, Lérouville et Mécrin, près Commercy (Meuse). Cette pierre est facile à reconnaître, parce qu'elle est pétrie de grosses entroques^ qui lui donnent une cassure miroitante.

On en a construit : l'hôtel de la préfecture, à Nancy ; la Cathédrale de Toul, le pont-canal de^Liverdun, le grand viaduc de Nogent-sur- Mame, l'hôpital militaire de Vincennes, Fasile impérial du Vésinet,

rusinia à gaz de la Chapelle, l'annexe de la Banque de France, le rezde-chaussée de la caserne Napoléon, Fhôtel du Louvre, Thôtel Fould, TégHse de Belleville, Téglise de Rosny, la Chambre des notaires, etc.

Depuis quelque temps on emploie beaucoup, à Paris, une pierre tirée de Saint-lUie (Jura). Comme cette pierre, qui est rougeâtre et prend le poli du marbre, est très-convenable à Fornementation et donne des tablettes d'une très-grande longueur, on l'emploie principalement pour les balustrades ei les parapets; c'est ce qu'on a fait pour l'entourage du square du Conservatoire des Arfs et Métiers, et les parapets des ponts Saint-l^ichcl et Louis-Philippe. Les poussoirs de têtes de ce dernier pont sont aussi de cette pierre, que Ton a encore employée pour la fontaine Saint-Michel.

A Paris on fait aussi usage maintenant de différentes roche? tiré^ de la Ferté-Milon, de Yalangoujard, Soissons, Laversipe, ptc.

Ainsi donc, on ne doit plus guère compter, sur lp§ carrières de la banlieue pour l'approvisionnement de pierre dure nécessçLireaPariç. C'est dans le Soissonnais, sur les bords du Loing, en Bourgogne et en Lorraine, qu'on (Joit aller chercher cette pierre.

Il en est de même des liais, qui, 4&ns peu d'années, proviendront tpûs du Senlissoft et du Laonnais.

Les pierres depii-dures et tendres de bonne qualité conimencept elles-mêmes à devenir rares dans les carrières de Paris; c'est sur les bords de TOise, entre Conflans et Clermont, qu'il faut aller )es chercher. (Voirie rapport de M. Belgrand sur un mémoire de M. ^ichelot, intitulé : Recherches statistiques sur les matériaux de construction employés dans le département de la Seine. — Annales des ponts et chaussées, 1855).

Le banc franc ou pierre franche est de stratification plus réceate que la roche ; il est moins dur que celle-ci, et d'ui^ grain plus fin et plus égal; on n'y rencontre jamais de parties cqquilleuses, ni d'eiftpreintes d'aucune, espèce.

On emploie ordinairement cette pierre ppur remplacer le liais quand on veut économiser; son épaisseur d^ banc varie d^ 0",30 à 0',40, et elle atteint quelquefois 0'",60; elle provient de$ carrières exploitées à Montrouge, Bagneux, Chatillon, Arcueil ; on en f ire aussi une espèce des carrières de l'Ile-Adam, et une ^utre de l'abbaye du Val, même pays.

On comprend aussi dans les pierres franches un banc de 0-,30 à 0",35 de hauteur, qui est de très-bonne qualité, et qui, par sa densité, tient le milieu entre la roche et le liais. La première assise du Panthéon français, k la hauteur du sol, aété construite avec cette pierre, que Ton tij-e des carrières de Montrouge, d'Iypr, de Yitry et de pjiarenton.

Dans presque toutes les carrières où Ton extrait dqs piefT^s ^Uf^^,

il existe des bancs de qualité trop inférieure pour ^tre employés comme pierre de taille. La position qu'ils occupent varie en raison de la nature et de répaisseur des autres bancs qu'ils accompagnent; tant6t ils forment le banc inférieur, d'autres fois une coucbe intermédiaire, mais le plus souvent le banc supérieur qui touche au ciel de la carrière. Les meilleures parties de ces bancs imparfaits sont employée^ à faire des libages pour 1^9 fondations. «

S8. Pierres calcaires tendres. Ces pierres 8ont composées des mêmes éléments que les précédentes (31), et se débitent à sec, ^ la scie à dents. Celles des enviroi^s de Paris sont la lambourde^ le vergelet, le Saint-Leu^ ^e Çonfiaris et lepormin. Toutes ces pierres s'emploient beaucoup pour la construction des édifices et des bfttiments particuliers ; elles résist^n^bien à 1^ gelée lorsqu'elles ont perdu leur eau de carrière; elles se taiUept facilement, et leur parement a l'arantage de durcir à l'air.

La lambourde la plus recherchée provient des carrières de Sainl- Haur; elle porte de 0~,^5 à O^yQS de hauteur de banc. Qn en extrait aussi à Carrières-sous-Bois, près Saint-Germain-en-Laye, de même puissance de banc que la précédente, et aussi de très-bonne qualité. Les carrières de Gentil|y, Nanterre, Carrière-Saint-Denis, Houilles, Montesson, etc., fournissent également une espèce de lambourde, mais d'une qualitéinférieure aux premières, et d'un banc moins élevé.

Le vergelet et le ^aint-Leu s'extraient des fnémes carrières situées sur les bords de l'Oise. Le vergelet provient d'un banc supérieur; il est de très-bonne qualité et pàrfaiteinent résistant. Le $aint-Leu forme la masse iiiféfieure des carrières; il est d'un grain beai^coup plus fin que le précédent; il s'écrase sous une plus faible charge, et il résiste moins bien aux influences atmosphériques. Ces pierres ont de 0*,50 à 0*,80 d'épaisseur. Les carrières de SUlv fournissent aussi une espèce de vergelet beaucoup plus grs^s, c'esi-M^re plus marneux, que le précédent; il est sujet ^ }^ gelée qviand il n'a pas été^mployé dans la bonne saison.

Les parements vus des tympans des nouveaux ponts de Paris sont en vergelet; on l'a même employé a la reconstruction des voûtes du pont de Maisons-Laffitte.

Le vergelet a été employé avec avantage pour les gares des cbe** mins de fef de Lyon et de l'Est. Dans soç Mémoire (pag. 30), parmi les monuments où le choix de la pierre a été bien fait, M. Michelot cite, outre le^ deux gares précédentes, la bibliothèque &ainte-Gena- Yiève, le Timbre et le Ministère des affaires étrangères; on aurait, au contraire, souvent employé des n^atériaux de qualité inférieure des environs de Parjs, au. P^ais-de-Justice, à la caserne îïapoléon, au Palais de l'Industrie, dans les nouveaux ))fttîiQ^K^te du Louvre, et ^ la gayç d^ yç^^fif njfi §§in|i-î.^arç»

32 MIEHIÈKE PARTIE. ^ HÂÇONNERIE ET TERRASSE.

On nomme ConJUmsy une très-belle pierre tendre que Ton extrait k Gonflans-Sainte-Honorine, sur les bords de TOîse. On en distingue de trois espèces : la première, qui se nomme banc-royal^ a le grain extrêmement fin et la masse très-haute ; on en tire des blocs de toutes grandeurs ; les angles du fronton du Panthéon sont de cette pierre, et ont été taillés dans des blocs bruts de 14 mètres cubes; la seconde espèce est prise dans la partie inférieure de la masse ; elle est plus tendre et plus fine que la précédente ; la troisième espèce, appelée lambourde^ est d'un grain aussi fin que le banc-royal, mais plus tendre' et de qualité inférieure. Les deux premières espèces sont beaucoup employées pour les travaux où l'on doit exécuter des moulures ou des sculptures.

Le pcmnin proYient d'une nouvelle carrière de TIle-Adam ; il est a peu près de même qualité que le Saint-Leu, quoique un peu plus tendre et d'un grain plus fin. Sa hauteur de banc varie de 0^,60 à 0-,70.

En général, toutes les pierres tendres soumises à l'analyse fournissent à peu près les mêmes résultats que la roche et le banc-franc; leur moindre degré de dureté doit être attribué à leur stratification, qui paraît plus récente, et à la nature des couches qui les recouvrent.

On emploie quelquefois une pierre tendre appelée tuf^ ou marne" solide; celle qui contient une trop forte proportion d'alumine ne résiste pas à la gelée, et il est toujours prudent de n'employer cette pierre que quand elle est entièrement sèche. Le tuf des environs de Paris n'est pas assez résistant pour être employé dans les constructions.

33. Marbres, Ce sont des pierres calcaires à grain fin et compacte, d'une dureté qui supporte la taille la plus finie, et susceptibles de prendre un très-beau poli. Gomme , de plus, leurs couleurs sont très-variées d'une carrière h une autre, et même les mieux assorties dans un même bloc, il en résulte que Ton en fabrique un nombre considérable d'objets d'art ou d'ornementation, pour palais, intérieurs d'habitations et meubles. Les artistes font des sculptures du plus grand fini en marbre blanc.

Les marbres sont généralement opaques; mais il y en a cependant qui sont très-cristallins et même translucides : ce sont les albâtres, qui se distinguent d'ailleurs des marbres proprement dits par une structure zonée et fibreuse, ainsi que par une durelé plus grande, ' qui rend leur travail plus difficile.

Dans plusieurs de nos départements où les marbres abondent, on les emploie aussi pour les constructions, sous forme de moellons et même en pierres de taille.

Les marbres se trouvent en bancs formés par dépôt et d'une épaisseur plus ou moins grande.

On donne le nom de marbres antiques à ceux qui sont le plus anciennement connus et qui provenaient de FÉgypte, de la Grèce et même de Tltalie, et de carrières maintenant inconnues.

ÏAs marbres dits modernes sont ceux qui proviennent des départements de la France et d'autres pays, dont les carrières sont connues et en activité d'extraction.

On nomme marbre staivaire celui qui est le plus convenable pour la sculpture, c'estrà-dire celui dont la couleur est uniforme, sans nuances ni veines, ni surtout de filandres, et le moins susceptible de s'égrener. Le marbre blanc, tel que celui qui vient de Carrare, réunit le plus parfaitement toutes ces qualités.

Le marbre antique de Paros^ d'un blanc quelquefois un peu jaune, était employé pour faire des statues, des vases, etc.

On désigne sous le nom de lumachelle un marbre formé d'un grand nombre de coquillages, que l'on distingue facilement et qui sont agglutinés ensemble par un ciment calcaire.

Les brèches sont des marbres composés de débris de marbres plus anciens, agglutinés ensemble par un ciment de même espèce. Les brocatellesy les poudings et les marbres cervelas sont des brèches.

Sous le rapport des défectuosités, on appelle :

Marbre Jier^ celui qui, par sa dureté, résiste k l'outil avec lequel on veut le travailler, et qui éclate facilement quand on veut y former des arêtes;

Filandreux, celui qui a des fils ou fissures qui nuisent à son poli, et le rendent plus sujet à casser;

Terrasseux^ celui qui a de ces fissures plus grandes, vides ou remplies de substances terreuses, auxquelles on est obligé de substituer du mastic;

Pouf, celui qui est susceptible de s'égrener et qui, par conséquent, se refuse à recevoir des arêtes vives ou d'autres parties fines de sculpture.

Nous allons passer en revue quelques marbres parmi ceux dont les noms sont les plus connus, et qui ont servi de point de départ pour désigner les marbres plus récemment exploités. Un grand nombre sont imités dans la peinture du bâtiment.

Marbres de Flandre. On désigne sous ce nom générique tous les marbres qui viennent des départements du Nord, de Jemmapes, de Sambre-eMf euse et des Ardennes.

On a donné le nom de marbre Sainle^Anne k un grand nombre de marbres^ de Flandre de diverses provenances, k deux couleurs : fond noir plus ou moins vif, avec des taches blanches plutôt que des veines. Le plus estimé est celui dont le fond est d'un noir pur portant des taches d'un beau blanc et en petit détail : tel est le vrai

Sainte-Anne. Ces marbres l'emportent sur tous les marbres en gtiné-

34 PRBVIÈRE PARTIE. — KAÇONNERIE ET TERRASSE.

rai, parce qu'ils réunissent a la finesse du grain la eontexture la plus serrée et la mieux liée ; que, même nouvellement exploités, fls ne craignent pas les intempéries de Tair ; qu*ils n'ont jamais de fils ni de terrasses; qu'ils résistent des mieux k la chaleur; qu'ils reçoivent un beau poli, et que, plus que d'autres qui réunissent ces qualités, ils sont très-faciles à travailler.

Parmi les marbres désignés sous le nom de rouge de Flandre, qui ont tous le fond rouge, mais plus ou moins vif, on distingue :

!• Le Saint'Remis, exploité près de Saint-Hubert (Sambre^- Meuse) ; trois couleurs : fond rouge foncé,'très-chargé de taches d'un gris bleu coupées d'une infinité de veines blanches jetées en tous sens, et de quelques taches de même couleur. Il est facile à travailler et très-estimé.

Sr Le cerfontaine, qui s'exploite près de Philîppeville (Ardennes). Son fond est d'un rouge pâle mêlé et chargé de gris bleuâtre ; il a quelques taches et veines blanches. Il est d'un travail facile, prend un assez beau poli et résiste k l'air et II la gelée ; mais sa eontexture est assez vicieuse, et parfois le plus petit effort cause la désunion de ses parties.

3** Le senziellej qui est de même qualité que le précédent, se tire aussi des Ardennes; il est encore à trois couleurs : fond rouge foncé, avec des taches gris blanc et bleuâtres et des veines blanches.

4' Lefranchimoni, dit royal, qui s'exploite encore dans les Ardennes, ressemble par les couleurs au senzielle, et en général au Sainte-Anne pour la qualité; il est cependant sujet aux terrasses et aux javards.

La griotte^ dite d'Italie^ exploitée a Cannes, près Garcassonne (Aude), est à fond rouge cerise, vaporé de rouge plus foncé, avec quelques taches ou veines d'un blanc pur. 11 est d'un bel effet, et fait bien réussir les bronzes qu'on y place. Son grain est très-fin, mais sa eontexture, quoique fort serrée, n'est pas très-égale et se trouve sujette aux terrasses ; il est assez difficile au travail, et reçoit un très-beau poli. Cette espèce est susceptible de beaucoup de choix, soit en raison des beautés du fond et des veines, soit à cause de sa eontexture.

Le marbre cervelas, ainsi appelé parce qu'il ressemble k du hachis de charcuterie, se tirait du département de l'Aude. Son fond est d'an rouge de chair entremêlé d'égale quantité de taches d'un rouge plus clair.

Le Campanisabelle se tire des mêmes carrières que la griotte. Son fond est d'nn rouge vif très-foncé; il a des taches transparentes d'un rouge plus clair et quelques veines et taches blanches. Ce marbre est beau et ressemble beaucoup au cervelas; son grain est fin, sa eontexture égale, quoique un peu terrasseuse, et il reçoit un beau poli.

Le Napoléon. On désigne sous ce nom un beau marbre brun rougeâtre, veiné de blanc et de gris, exploité à Schirmeck (Vosges).

A Marquises Tas-de-Calais), on exploite un marbre Napoléon k fond gris brunâtre et veines blondes, et deux autres variétés du même marbre.

Dans le département des Hautes-Pyrénées, on exploitait ;

!• Le sarrancolin^ dont le fond est rouge de sang, avec de larges taches d'un jaune sale et d'autres d'un blanc pur en forme de veines. Ce marbre est très-abondant ; son grain est fin, mais sa contexture est vicieuse ; il est rempli de fils et de petites terrasses ; son travail, surtout pour la taille, est fort difficile ; il reçoit un beau poli.

2* Le vert'Vert^ d'un fond vert d'eau foncé, avec nuances, et fondu par des blancs verdâtres ; il ressemble beaucoup au campan vert. Sa contexture n'est pas très-serrée, et il est rempli de petites terrasses ; le poli en est assez beau.

3* Le campan vert, qui est de trois couleurs : le fond d'un vert foncé, les taches en très-grand nombre et couleur de chair, d'autres vertes et transparentes ; quelquefois aussi il s'y trouve des petites taches rouges et des veines blanches très-déliées. Son grain est fin et sa contexture assez serrée, quoique un peu terrasseuse. Ce marbre reçoit un beau poli et est assez estimé.

4° Le campan rouge ^ qui est plus sujet aux terrasses que le précè* dent. Son fond est d'un rouge de sang foncé, ses veines d'un vert de bronze, et ses taches d'un blanc couleur de chair et quelquefois verdâtres. Ce marbre, inégal pour le grain, est assez dur au travail, surtout lorsqu'il s'y trouve des parties cuivrées qui ne peuvent recevoir le poli; il est en général moins estimé que le dernier.

5* Brèche des Pyrénées ou grosse brèche^ aussi nommée brèche universelle. Son fond est un amalgame de taches nuancées en forme de cailloux, tantôt rouges, tantôt gris, blonds, noirs et roux comme la pierre a fusil, quelquefois d'un jaune pâle ou d'un blanc sale, et qui se trouvent enchâssés dans une espèce de mastic. La contexture de ce marbre est mauvaise et tellement dure, que les avantages de sa beauté et de son poli n'ont pu l'emporter sur la considération de la dépense que nécessite son travail.

6* L'albâtre des Pyrénées, d'un blanc pur, et quelquefois d'un ton roux avec des ondes transparentes. Ce marbre, tendre en sortant de la carrière, durcit a l'air; on ne l'emploie que pour des vases.

L'Espagne est très-riche en albâtre^ on y trouve Yalbûtre algérien : c'est de cette matière qu'est fabriqué le service de table qui se trouve au grand Trianon, et qui a été offert à Napoléon 1" par Fejrdinand VII d'Espagne. L'albâtre de Valcamonica (Autriche) est une des plus belles variétés que Ton puisse voir; il est blanc, légèrement grisâtre, spathique et transparent.

Marbres d'Italie. 1" Blanc statuaire. Les Alpes Apuennes renferment les gisements des marbres les plus riches que Ton connaisse; c'est de leurs flancs qu'on extrait le marbre statuaire de Carrare qui est employé presque exclusivement dans le monde entier. Les couches de Carrare (duché de Modène) se prolongent, dans une direc* tion du nord-ouest au sud-est, jusque dans la Toscane et près de Serravezza, en formant TAltissimo, qui est une énorme montagne de marbre statuaire.

A Carrare, aussi bien qu'à Serravezza, on distingue trois qualités principales de marbre, comprenant chacune des variétés :

De Serravezza : De Carrare :

1* Faloovaia; l'Orestola;

2«LaPolla; 3*Betogll;

a** Ravaccione de TAltlssImo. 3* Ravaccione de Carrare.

Le marbre qu'on peut citer comme type est celui de Falcovala, et celui du Monte Corchia, mais ce dernier a été jusqu'à présent peu exploité. Ces marbres de première qualité ont une teinte blanc jaunâtre uniforme qui les fait rechercher particulièrement; ils sont compactes, homogènes et à grain fin ; ils prennent par le poli un éclat gras ou cireux. Leur prix, sur les lieux, varie de 1200 à 2400 fr. le mètre cube, et pour les blocs un peu grands, il n'y a pour ainsi dire plus de règle pour leur prix.

La première qualité de Carrare est à peine inférieure à celle de Serravezza ; on la trouve a Crestola, Poggio-Silvestro, Torano, Misiglia, etc. Son prix est également de 1200 fr.; elle forme une variété qui paraît manquer a Serravezza.

Le marbre statuaire de deuxième qualité n'a pas, comme les deux précédents, une teinte blanc jaunâtre translucide ; sa couleur est blanche, mais peu uniforme. Il s'exploite, par exemple, à Betogli, près Carrare, où il est lamelleux et peu compacte ; il présente souvent des taches, ainsi que des paillettes de mica, et il ne résiste pas très-bien à l'action de l'air.

La deuxième qualité s'exploite aussi à Polla, dans l'Altissimo. Il est k grain très-fin, et résiste très-bien a l'action de l'air. Le prix du marbre de deuxième qualité s'abaisse jusqu'à 300 fr., mais il peut s'élever jusqu'au double de cette somme.

Le marbre statuaire de troisième qualité est le plus ordinaire; on le nomme Bavaccione^ du nom de la carrière où on l'exploite, aux environs de Carrare. Plusieurs chefs-d'œuvre de nos sculpteurs perdent une grande partie de leur valeur artistique parce qu'ils ont été exécutés avec des marbres très-inférieurs.

Le ravaccione est blanc, opaque, avec quelques taches ou veines

MÀTBIllâOl E«»L0Yé8 DAITS LB3 OOHSTECCTIOllS. 37

gnsàtres. Il a de la cohésion; il résiste très-bien à Tair, qui lui demie même une teinte plus blanche. Il est à la limite des marbres statuaires ; en Italie on remploie le plus souvent dans Tarchitectare. A Serravezza, son prix s'élève encore jusqu'à 300 fr., c'est ce qui a lieu, par exemple, dans les carrières de Polla ; à Carrare, il descend à 200 fr. Ce marbre est surtout très-dépréciè lorsqu'il renferme dès cavités tapissées par ces cristaux limpides de quartz hyalin qui sont bien connus des minéralogistes.

C'est en ravaccione que sont les statues de nos principaux monuments, notamment celles de la cour d'honneur du palais de Versailles, la statue équestre de Louis XIII de la place Royale, ainsi que les colonnes intérieures du Conseil d'État et du Palais Législatif.

Les marbres statuaires de Carrare et de Serravezza s'exploitent h une petite distance de la mer. On les transporte h. peu de frais sur tous les points du globe.

En France, près de Bayonne, on trouve une espèce de marbre star tuaire, mais qui est moins estimé que celui d'Italie.'

T Blanc veiné. Il s'exploite k Monte Corclûa et près de Carrare, Il est trop inférieur pour être employé daHç k statuaire. Ses veines sont d'un ton gris bleu ; moins il est chargé; plus il est estimé ; le fond est ordinairement d'un blanc bien pur. On le trouve dans les mêmes carrières que le précédent, dans les bancs de dessous. Après le statuaire, il est le plus plein, le plus égal et le plus facile au travail; il reçoit un très-beau poli.

3* Bleu turquin. C'est un calcaire saccharoïde mélangé de matières charbonneuses. Il se trouve près de Carrare; son fond est bleu ardoise clair, et ses veines sont larges, blanches et transparentes ; il est aussi fin, aussi plein, et reçoit un aussi beau poli que les précédents; mais quelquefois il est plus difficile au travail, surtout pour la taille. Le bleu turquin s'exploite aussi près de Turin. Un autre se trouve à Serpa (Portugal).

4* Bleu antique ou bleu panaché. Il se tire des environs de Carrare; il est d'un fond bleu noir est très-chargé de taches d'un blanc azuré.

5* Portor. C'est un marbre k fond noir ou gris, traversé par des veines jaunes, rouges ou brunes, formées par un carbonate ferrifère, et souvent très-déliées et placées dans tous les sens. Le portor le plus beau, celui qu'on peut considérer comme type, s'exploite dans nie Palmaria, et surtout h Porto Venere, dans le golfe de Spezzia (Etats Sardes). 11 y en a aussi à Carrare et k Serravezza; mais il est difficile d'en avoir de beaux blocs, et il n'est pas exploité régulièrement.

A Porto Venere on en extrait des blocs de 5 k 6 mètres cubes, et le prix du mètre cube, sous voiles, est seulement de* 300 fr. Les

3S PimiIÈRE PARTIE. -« MAÇONHERIg £T TERlUâSB.

marbriers de Paris parviennent à le maintenir à un prix sextuple.

Le porter est surtout remarquable par Téclat de son poli et le contraste agréable de ses couleurs. Il s'altère assez rapidement à Tair, et sa couleur noire devient grisâtre. La variété de portor la plus estimée a le fond noir foncé traversé par des veines assez laides, inégales, ondulées, de couleur jaune d'or ou brun rouge; elle provient de Porto Venere et de Spezzia.

6* Marbres de Sienne (Toscane). Le jatute de Sienne a une belle couleur jaune, tantôt pâle, tantôt foncée ; il est d'autant plus estimé que sa couleur jaune est plus uniforme.

Le jaune de Sienne veiné est traversé par des veines de couleurs foncées, le plus giènéralement violettes. Lorsque ces veines deviennent extrêmement nombreuses et entrelacées dans tous les sens^ on a la brocatelle de Sienne.

Le plus heKu jaune de Sienne s'exploite à Honte Ârenti, dans la Montagnola de Senese; il se vend à peu près 1000 fr. le mètre cube ; on l'obtient rarement en gros blocs; on s'en sert surtout pour les pendules, les mosaïques et les petits objets d'ornement. La brocatelle et le jaune veiné de Sienne s'exploitent aussi dans la Montagnola de Senese; leur prix est de 700 fr. le mètre cube.

Aux environs de Pise, il y a aussi des marbres jaunes généralement bréchiformes ; ils £4)partiennent aux mêmes couches que ceux de Sienne^ mais leur couleur est moins belle, et leur exploitation moins régulière.

Il y a encore des marbres jaunes appartenant aux mêmes couckes à Miseglia, près de Carrare, et dans les environs de Serravezza.

Rouge de Sienne. Ce marbre diffère peu du rouge antique exploité en Grèce ; c'est un calcaire glanduleux d'un rouge vif, qui appartient an calcaire rouge ammonitifère.

T Jaune de Vérone, Le fond est jaune paille foncé, les veines d'un ton brun, et si déliées qu'elles sont presque imperceptibles. Son grain est fin, sa contexture plus parfaite que celle du précédent, comme son travail plus facile ; il reçoit un beau poli.

8" Brèche violette d'Hermitage, a Villette-en-Tarentaise (Etats Sardes). C'est un marbre remarquable à fond violet noirâtre ou brun chocolat, et contenant un grand nombre de débris de fossiles et d'encrines, ainsi que des fragments calcaires, bruns, jaunâtres, ou blancs, dont la couleur tranche d'une manière agréable avec celle du fond. Il est dur et difficile à travailler ; mais il prend très-bien le poli et il est très-recherché dans la marbrerie.

9"* Brèche dite africaine. Elle s'exploite à Stazzema, près de Serravezza; c'est un calcaire saccharoïde généralement blanc, qui est . traversé par des veines violettes. Quelquefois aussi elle est d'une couleur rose, lilas, fleur de pécher, jaune ou rouge. Elle est très-

MATÉRUUX BNPiiOVés AAII6 LES C0H8TRUGTI0HB. 39

propre à la décoration des monuments, surtout lorsque ses fragm&nis de calcaire ont une belle couleur blanche. On la retrouve seuTent au Louvre, dans le musée des Antiques; elle a été employée au chiieau de-VersiûUes, et Ton en voit de belles tables dans les appartements.

iO* Mischio. C'est une variété violette ou rouge violacé de la brétàe de Stazsema, tirée comme elle des carrières de Del Rondone et Deir Africano. Le mischio est presque entièrement pénétré par des veines de fer oligiste. La chaux carbonatée, qui est saccharoïde, s'y trouve en fragments qui ont le plus souvent une couleur violette. H est très-recherché et se vend au prix de 1200 fhincs le mètre cube. 11 est assez dur et diflScile à travailler, mais il résiste bien k l'air.

il* Africain, l\ est de quatre couleurs : fond noir sablé de blanc, et quelquefois vert clair et vif ; il a quelques larges taches blanches, transparentes et mêlées de tons gris» bleus et d'un rouge de chair; on y remarque aussi quelques taches ou cailloux d'un vert foncé et opaque. Ce marbre est très-plein, et sa contexture serrée; quoique difficile au travail, il prend un beau poli.

ii* Brèche dite de Venise. Ce marbre, qui s'exploite près de Térené, est de trois couleurs : le fond bleu, des taches d'un rougë pâle, d'autres d'un rouge cramoisi, et toutes fort grandes; il est, pour sa ^pialité, semblable au précédent.

43* Vert de Vérone. Il est de deux couleurs : fond vert foncé chargé de beaucoup de taches blanches. Son grain est lin et sa contexture très^serrée; il est difficile au travail, mais reçoit un beau poli.

44* Vert de Gênes. Fond vert noir semblable à celui de vessie, teaucoup de veines blanches très-déliées formant nuage sur ce fond, et quelques petites taches d'un rouge cerise. Ce marbre a le grain fin, la contexture serrée, et reçoit un beau poli ; c'est le meilleur après le vert de Turin, exploité en Piémont; ce dernier a le fond vert pré foncé, chaîné de beaucoup de blanc transparent et de larges taches d^un blanc pur.

iô* Vert dit d'Egypte, Il se tire des environs de Carrare; il est de trois couleurs : le fond d'un vert très-foncé, les veines blanches, transparentes et en grande quantité, quelques taches d'un rouge vif, et des parties vaporeuses couleur de sang. Ce marbre, quoique fin, est d'une contexture très-inégale et mal liée dans toutes ses parties; il est des plus difficiles au travail et reçoit un beau poli.

46* Vert de mer. II se tire des mêmes carrières que le précédent, et lui est en tout semblable, si ce n'est qu'il n'a pas de grandes masses rouges, transparentes sur le fond, et qu'il est d'un vert plus clair.

47'' Markre ruinifomie. C'est encore un des marbres remarquables de Toscl^ne. C'est une variété d'albêrèse formée par un calcaire mar*

neux et compacte. Par suite d*un grand nombre de retraits qui se sont produits dans divers sens, il s'est formé des fissures qui se sont remplies postérieurement avec un ciment ferrugineux et calcaire, d*où il est résulté des dessins assez bizarres, qui ont le plus souvent l'apparence de ruines. On le tire des environs de Florence, au pont de Rignano. On trouve une albérèse zonaire a coucbes brunes concentriques et une albérèse fleurie dans les alluvions anciennes du lit de PAmo.

Toutes ces variétés d'albarèses sont des calcaires gris, jaunes ou brunâtres, très-compactes, quelquefois même aussi compactes que la pierre lithographique; mais, comme ils sont marneux, ils prennent mal le poli.

i%'' Marbre agate. Une table rectangulaire de ce marbre trèscurieux, venant de Portugal, a figuré k Fexposition de 1855. 11 présente des fragments calcaires de couleur brun rougeâtre, jaune d« laiton, ou vert de bronze, qui sont réunis par de la chaux carbonatèe blanche et spathique; cette chaux carbonatèe est de plus transparente, ce qui donne à ce marbre un aspect tout particulier.

Marbres de la Grèce. !• le vert antique^ qui se distingue par deux verts, l'un très-foncé et l'autre transparent; parmi ces couleurs, il se trouve quelques petites taches blanches.

9!* h^ jaune antique^ qui a le fond d*un jaune pâle, et des masses vaporeuses d'un ton rosé, mais extrêmement légères; il ressemble beaucoup au jaune de Vérone, mais n'a que très-peu de veines; il ne reçoit son effet que des masses un peu plus claires les unes que les autres.

3" Rouge antique. C'est, de tous les marbres de couleur, le plus remarquable et le plus rare. On en trouve d'anciennes carrières à Cynopolis et k Damaristica. A l'exposition universelle de 4855, a figuré un bloc de rouge antique de 1 mètre de longueur, 30 centimètres de largeur et 15 d'épaisseur. Parallèlement k son lit, il présentait deux baudes blanchâtres avec des traces de fossiles indéterminables; il était d'ailleurs aussi beau que le rouge antique connu dans les musées, et il présentait comme lui une structure arénacée. 11 provenait de Lageïa.

4* Marbre de Paros, Ce marbre est connu dans le monde entier par les chefs-d'œuvre de l'antiquité. Il est blanc, ou blanc légèrement jaunâtre, lamelleux et k gros grains; il jouit d'une certaine translucidité produisant un effet très-agréable qui l'a toujours fait rechercher pour les statues. Malheureusement, il est souvent micacé. De plus, il est fort rare d'en trouver des blocs de grandes dimensions; aussi les difficultés que présente son exploitation ont-elles depuis longtemps forcé les sculpteurs k recourir aux marbres de Carrare.

M AHBRES D*ÉGTPTE, DES COTES DE BARBARIE ET D'AFRIQDE. 4» Le seV"

pentin est de trois couleurs : le fond vert très-foncé, les taches et les

veines plus claires, quelques-unes jaunâtres. 2* Varabie dorée est un marbra de deux couleurs : le fond jaitne

Tjf et foncé, les taches en grand nombre et d'un rouge pftle. 3* Le cipolin tient des côtes de Tripoli en Barbarie. Il est de deux

couleurs : le fond vert foncé, des parties ondées, les unes d*un vert couleur de mer, et les autres blanches avec quelques larges taches du même ton. Ce marbre est difficile au travail, et, quoique d*un grain serré, ne reçoit pas un beau poli.

Un cipolin blanc veiné de vert provient de Vianna, dans TAlentejo (Portugal). Dans les Algarves (Portugal), on trouve aussi une espèce de cipolin, formé par un calcaire saccharoîde rose, traversé par des veines de mica vert.

4* ValbcUre oriental, si célèbre dans Tantiquitè, s*exploite aujourd'hui dans deux localités de l'Egypte. C'est un calcaire concrétionné, formé k la manière des stalagmites qu'on trouve dans les grottes. 11 présente des veines concentriques qui sont tantôt trans» lucides et tantôt opaques. Sa couleur varie du blanc au jaune de miel et au brun clair. Les Romains estimaient surtout les variétés opaques, à concrétions arrondies ; ils leur donnaient le nom d'à/bâlre onix.

Marbres yrlaelyaax es»l«ité0 Mi Vrasee.

(Tableau extrait des matériaux de construction de l'Exposition universelle de ISbSypar M. Delesse).

Os i adopta IM prix moyeni po«r dM bloei don» l« ?oloii« n» déptne pat 1 mèl. enbta.

dans Icsquela se troarent les earriins.

Alpes CHaates-} Ariège.

Aude.

SaintrGiépiii

Âiilwrt, près Saini-Giroos.

Filine»-d'HaiitpoaL. . . .

Canoës.

là

Id

Id

Id.

Entre VUlartel et Cannes. .

Id

td

HOM comiEiaii des marbres.

Brèche porter

Grand antiipie

Griotte

Griotte œil de perdrix. .

Id. fleurie

Id. panachée. . . . .

Ronge incarnat

Incarnat turqnin

Cerrelas (rose vif}* * • •

Grisagatisé

Gris agatisé (Galifomie).

Vert monlin

Ronge fran^. ,. . . . .

Indienne

fr.

fr.

il50

PREIfitKE PARTIE. — HAÇONHEUB ET TERRASSE.

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