‹ Pratique de l'art de construire; maçonnerie, terrasse et platrerieChapitre 44 sur 145 · xi · texte numérisé non relu

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Pour manœuvrer une telle machine, il faut trois hommes : un pour remplir le panier, et les deux autres pour tourner la manivelle, décrocher le papier et le vider. La journée de chaque ouvrier étant payé 3 francs, par exemple, on a pour une heure des trois ouvriers 0%90; chaque mètre cube de déblai élevé à la hauteur de trois banquettes ou de 6 mètres coûte alors 0',90 x 0,732 = 0',659.

Partant de Fhypothèse qu*un ouvrier jette a la pelle, dans une journée, 45 métrés cubes de terre d'une banquette sur Tautre, il sera facile de déterminer l'avantage d*un procédé' sur Fautre pour une hauteur d'élévation déterminée.

. A la percée du tunnel de Saint-Gloud (chemin de fer de Paris à Versailles), pour des profondeurs moyennes de puits de 24 "',50, on a obtenu, en dix heures de travail, les résultats suivants, les prix ne comprenant ni les frais de matériel ni les frais généraux :

1* Un treuil mû à bras d'homme montait moyennement à chaque puits, à l'aide de baquets cubant 0~«,053, un volume de 9"%56 de déblai compacte, ou 16^,67, foisonnement compris, et la dépense était :

Pour quatre bommeç k la manœuvre du treuil, à 3 francs par jour. 12',000 Soit, par mètre cube de déblai compacte et par mètre de hauteur d'élévation 0 ,051

2* Un treuil à manège (tambour de 1",40 de» diamètre et levier d'attelage de S^jSO), mû par un cheval, montait moyennement à chaque puits, avec des paniers coniques cubant 0"*s071, un volume de 12"*,24 de déblai compacte, ou 21 "«,30 de terre fouillée, et la dépense se divisait comme il suit :

Pour deux chevaux et un conducteur 13',000

Pour deux hommes recevant les paniers, à 3 francs 6 ,000

Total 19,000

Soit par mètre cube de déblai compacte et par mètre de hauteur d'élévation 0 ,063

3* Un treuil à manège (diamètre du tambour 2", 50, levier d'attelage 3",50), mû par deux chevaux, montait moyennement à chaque puits, avec des camions cubant chacun 0"*,30, un volume de 29"«,30 de déblai compacte, ou 51 mètres cubes de terre fouillée, et la dépense était :

Pour quatre chevaux et deux conducteurs 26^000

Pour trois hommes recevant et déchargeant les camions 9 ,000

Total 35,000

Soit par mètre cube de déblai compacte et par mètre de hauteur. . . 0 ,049

Dans les trois expériences précédentes , les cordes s'enroulaient sur les treuils de manière à permettre la descente des baquets vides * pendant la montée des baquets pleins.

Pour élever les terres par des puits pour le percement de tunnels,, on fait encore usage de treuils dont Tarbre a 0"»,30 de diamètre et environ 2°', 70 de longueur, qui sont mus à Taide d'une roue k chevilles de 4*,40 de diamètre, et armés d'un frein puissant dont

la poulie doit avoir 0",80 environ , afin que l'ouvrier le manœuvre facilement d'une seule main. A chaque extrémité de la corde est suspendue une benne ou hourriquet cubant 0"*,25. Pour monter les terres et descendre le mortier, le bourriquet est une caisse carrée, en bois, dont une paroi latérale s'ouvre comme une porte a loquet, ce qui permet -de vider la caisse sans la renverser. Pour la descente des moellons, le bourriquet est simplement une caisse en bois dont les parois sont a claire-voie ; elle cube encore 0"%25.

Dans quelques cas, on obtient des résultats assez avantageux en faisant usage de la hotte pour élever les terres. Par ce moyen, nous avons observé qu'un manœuvre pouvait effectuer moyennement, en une heure, soit par une échelle, soit par un escalier, à une hauteur moyenne de 3 mètres, vingt-sept voyages, la hotte cubant O^^jOS. Il en résulte que le volume élevé en dix heures est environ de 0,03x27xl0 = 8"%10.

L^ prix dû la journée de manœuvre étant de 3 francs, chaque mètre cube élevé à la hauteur de 1 mètre revient à 0',124.

165. Remblais^ leur foisonnement et leur compression. Le degré de compressibilité des remblais dépend en grande partie de la manière d'amonceler les terres.

Lorsqu'on a des remblaie assez considérables k exécuter, il faut, autant que possible, faire rouler les brouettes, camions ou tombereaux qui amènent de la nouvelle terre sur celle qui est déjà en place, en ayant soin de régaler les remblais au fur et a mesure qu'ils arrivent, de manière à en dresser la surface; ce que l'on lait en les poussant simplement à la pelle sur le devant de la masse, où ils prennent leur talus naturel.

Quand les remblais sont faits derrière des maçonneries ou pour remplir une tranchée, il faut les régaler et les pilonner par couches successives de 0",2;0 a 0",25 d'épaisseur. S'il y a possibilité de faire arriver de Teau sur les terres rapportées, c'est le moyen le plus sûr et le plus expéditif pour en obtenir immédiatement le tassement complet; les terres végétales ou rapportées qui proviennent des tranchées faites dans les rues de Paris, pour la pose des tuyaux de conduite d'eau ou de gaz, sont ordinairement remblayées en employant ce moyen de compression , et , malgré le volume occupé dans la tranchée par les tuyaux, il arrive quelquefois, quand le diamètre des tuyaux n'excède pas 0",20, que toutes les terres provenant de la fouille peuvent y entrer comme remblais, sans qu'on soit obligé d'en conduire aux décharges. Il serait très-difficile d'obtenir un semblable degré de compression par tout autre moyen; même en pilonnant les terres , il en reste toujours un excès à peu près égal au foisonnement qui est résulté de l'ameublissement des terres en sortant de la fouille, à moins cependant que la fouille ne soit faite

TEMUfltSMBNTS. t47

^ans un terrain compressible ou mouvant. Pour les tranchées de tuyaux, on se contente souvent de bomber le remblai de 0",10 II 0*,i5 au-dessus de la tranchée; au bout de quelques jours la compression est complète, et la quantité de terre à enlever est nulle ou très-petite.

Le foisonnement des terres a une notable importance dans Testimation des travaux de terrassement, car si le poids à transporter est égal à celui des terres fouillées, le volume à charger en panier, brouettes, camions, etc., et k mettre en cavalier est supérieur à cplui de Texcavation.

Il n'y a guère que des expériences directes quj peuvent donner le foisonnement, qui peut varier de 0",05 a 0",75 pour i mètre cube de fouille, selon que la terre est maigre et légère, ou qu'elle est argileuse, dure et compacte ou d'une nature qi^êlconque susceptible de se tenir en grosses mottes ou en moellons- Au souterrain) du consulat de Suède a Alger, qui est percé dans une argile plastique très-ferme, le volume des déblais, après cinq jours d'exposition à Fair, était de 1*^,50 par mètre cube d'excavation. Au tunnel de Saint-Cloud, qui est percé dans une marne très-compacte, plusieurs observations ont montré que le volume des déblais était de i"*,74 par mètre cube d'excavation. Au souterrain de Han, percé à la mine dans un calcaire grossier, le volume des déblais a été de i*%fi5 par mètre cube de fouille. Enfin, au souterrain de Revin, parce dans une roche schisteuse, les déblais se sont élevés à i"*,75 par mètre cube de fouille. Il est à remarquer que, pour le terrain de rocher non susceptible de se fendiller ou de se gonfler par Texpesilton à l'air, comme la marne et les schistes, par exemple, le foisonnement est dû presque entièrement aux vides qui se forment entre les blocs.

De nos observations, il résulte qu'un mètre cube d'excavation donne, à très«^eu près, les volumes de déblais consignés au tableau suivant :

KATUBE DES TERRES.

CUBE DU DiSLAI

■B&QS compression et mesoré

cinq jours après la fouille.

comprimé

au mazlmam

ayec le ptloa

on avec de Teau.

Terre végétale de diverses espèces (alluvions, sables) .

Terre franche très -grasse

Terre marneuse et argileuse moyennement compacte

Terre marneuse et argileuse très-compacte et très-dure.

Terre crayeuse

Tuf dur ou moyennement dur

Roc à la mine réduit en moellons

164. Fouilles souterraines. Lorsque les tranchées atteignent une profondeur telle que la surface du sol est de 7 a 8 mètres au-dessus de Textrados de la voûte du passage à établir, on conçoit que la fouille de Ténorme quantité de déblais, et sa mise en cavalier, ou son transport à une grande distance, entraînent dans des frais considérables de main-d'œuvre et d'acquisition de terrain pour dépôts, et que très-souvent, au lieu d'opérer a ciel ouvert, il peut y avoir économie à procéder souterrainement , surtout si les berges des tranchées , au lieu de pouvoir être dressées suivant le talus naturel des terres, doivent être taillées à pic, disposition qui occasionne ordinairement des dépenses et des difficultés d'étayement et de soutènement considérables.

Quoiqu'il ne puisse y avoir de règle fixe pour donner la préférence à Tun ou k l'autre de ces modes d'opérer, dans les travaux de routes, de chemins de fer ou de canaux, on admet cependant généralement que lorsqu'une tranchée doit avoir 8 èi iO mètres de largeur au fond, que les berges peuvent être inclinées suivant le talus naturel des ter)*es, et que la profondeur dépasse 16 mètres, il y a avantage a établir un tunnel, quoique les difficultés d'exécution sont presque toujours beaucoup plus grandes et qu'elles exigent une attention et des soins toujours soutenus.

Pour des tranchées étroites dont les berges coupées a pic doivent être maintenues au moyen d'étayements afin de pouvoir effectuer la construction des galeries, l'économie et la prudence pour assurer la sécurité des ouvriers se réunissent pour prescrire la substitution du percement souterrain à la tranchée a ciel ouvert, dès que la profondeur de celle-ci atteint 10 k 42 mètres.

L'exécution de la fouille proprement dite s'effectue avec les mêmes

TEftRASSEMENTS. 249

outilB et a très-peu près par les mêmes moyens que pour les tranchées a ciel ouvert (143) ; seulement on doit la faire précéder de ira-* vaux préparatoires, ayant pour objet d'assurer toute sécurité aux ouvriers, et consistant notamment dans Fétayement, le blindage et le muraillement des galeries, ainsi que dans remploi des moyens de ventilation.

Les fouilles de souterrains s'attaquent ordinairement à la fois par les deux extrémités et par des puits que Ton pratique de distance en distance sur toute retendue de la percée, et autant que possible sur Tun des côtés de la galerie, afin d'assurer la sécurité des ouvriers. Les déblais des extrémités s'enlèvent le plus souvent a la brouette, au tombereau ou au wagon. Pour racheter la dififérence de niveau du sol naturel et du fond du souterrain, on établit parfois des plans automoteurs sur lesquels, a Taide de cordes passant sur des poulies, les wagons pleins descendant remontent les wagons vides. Le montage des déblais enlevés par les puits s*effectue au moyen de. treuils ou autres machines établis à Torifice de ces puits.

165. Excacaiion souterraine dans un terrain de rocher. Lorsque le terrain est assez dur pour ne pas nécessiter de revêtement en mar çonnerie, on commence le travail en entrant en très-petites galeries par les extrémités, et en perçant les puits sur Taxe ou mieux sur Fun des côtés du souterrain. La distance entre ces puits dépend de la rapidité d'exécution que Ton veut obtenir. Avec les premiers déblais, on élève de i'»,50 à i'",75 les bords des puits, afin d'éloigner les eaux pluviales et de faciliter le déchargement des bennes et le chargement des déblais en tombereau ou en wagon. Lorsque les puits sont arrivés à la profondeur voulue, on perce en avant et en arrière de chacun d'eux, dans l'axe du souterrain, une petite galerie d'axey que l'on désigne sous le nom de trou de rat, et dont les dimensions sont de 1",50 à 1*,80 de hauteur sur i mètre h. 4",50 de largeur. Parfois on attaque presque en entier le demi-cercle supérieur de la galerie, en agissant toujours sur une section suffisante pour permettre le roulage de petits wagons de terrassement sur chemin de fer. Cette partie supérieure, appelée couronne d'avance^ ment y se perce entièrement d'un puits à l'autre avant d'attaquer la partie inférieure* S'il arrive qu'on rencontre l'eau, on descend les puits à l',50 ou 2 mètres en contre-bas du sol de la petite galerie, et k la hauteur de ce sol on les recouvre d'un fort plancher, percé seulement de trous pour le passage des tuyaux des pompes d'épuisement, lesquelles sont mues par des hommes, des chevaux ou des machines à vapeur, selon le volume d'eau k épuiser.

Les eaux sont amenées dans chaque puits par une petite rigole de 0",50 de largeur environ, qui est creusée assez profondément dans le sol de la galerie, pour que les eaux s'y écoulent facilement. Cette

MMt rHEMIÈRK PARTIE. -- MÀÇQNHB&IE ET TER1U88E.

rigole se recouvre au moyen de planches, ou mieux de pierre« platea quand les déblais en fournissent.

Si Ton a commencé par une petite galerie d'axe, après Tavoir percée dans toute retendue du tunnel, afin qu'elle permette de ^er exactement la direction de celui-ci et de donner écoulement à Veau de l'amont vers Taval, on procède au déblayement complet de la couronne d'avancement. Ge travail terminé, on procède k la fouille du revanche^ c'est-à-dire de la partie inférieure comprise eqtre les pieds droits du tunnel, en ayant soin de se débarrasser des eaux par les mêmes moyens, et en prenant toutes les dispositions d'ètayement et de blindage nécessaires, ainsi que les précautions que nous avons indiquées au n* 84 pour l'extraction de la pierre à plâtre, ou au n' 461 pour l'extraction de la rocbe au moyen de la poudre.

166. Excavation souterraine dans un terrain ordinaire ^ sable ^ t^f^ moame^ etc. Dans un terrain qui n'est pas susceptible de se soutenir tans revêtement en maçonnerie, on commence par creuser les puits jusqu'à 2 mètres environ en contre-bas du sol de la petite galerie, pour faciliter l'assèchement du terrain à fouiller. Au fur et à mesure de la descente des puits, on a soin de les blinder à l'aide d'un cuvelage en planches ou en madriers retenus par des cercles en fer ou en bois. Il convient de diviser ces puits en plusieurs compartiments verticaux à l'aide de cloisons en planches ; dans l'un on dispose les échelles destinées à la descente et à la montée des ouvriers ; un second est spécial au service des treuils, et il est bon qu'il y en ait un troisième pour les pompes. Quand les puits sont creusés, on les recouvre avec soin, à la hauteur de la galerie d'axe dite trou de rat, d'un fort plancher à travers lequel passent les tuyaux de la pompe d'épuisement. On perce alors la galerie d'axe, à laquelle on donne environ ^•,80 de hauteur sur 1*,00 à 1",50 de largeur, et que Ton a soin de blinder et de soutenir à mesure qu'elle avance, si le terrain n*a pas assez de consistance pour se soutenir de lui-même. Le ciel ou plafond de cette petite galerie d'axe doit se trouver, autant que possible, à la hauteur définitive de l'extrados de la voûte du souterrain.

Le plus souvent le blindage en charpente est posé par les ouvriers mineurs, et il se compose généralement, copime le montre la figure 46 en élévation et en plan, de cadres formés de deux traverses horizontales T, de O'^jSO sur 0",20 d'équarrissage, et de deux poteaux légèrement inclinés P, d'une section de 0<",i5 sur 0",15; sur les traverses supérieures, et au besoin contre les poteaux P, on pose des madriers ou des planches. Dans le cas de sable fin ou de terre humide et coulante, ces madriers doivent être jointifs et d'une épaisseur suffisante pour résister à la pression de la terre, qui peut être assez grande. Si, au contraire, le sol a une certaine consistance, on

se contente d'étayer le ciel de la galerie au moyen de quelques madriers reposant sur les traverses supérieures.

L'espacement des cadres ne doit pas, autant que possible, excéder 1",50 d*axe en axe, si le terrain a nécessité la pose de planches ou de madriers contre les poteaux montants. On fait alors le blindage au moyen de madriers ayant au plus i*,BO de longueur, qui doit être récartement hors œuvre des cadres. D'un ensemble de deux cadres a Fensemble suivant, on laisse libre un intervalle de 0",40 à 0",50, que Ton creuse ensuite latéralement pour la pose des cadres de la moyenne traiichée Dans le cas d'un terrain de sable mouvant ou de toute autre nature susceptible de s'ébouler, cet intervalle de 0^,40 à O'fSO doit être soigneusement blindé au moyen de petites voliges jointives reposant sur les cadres voisins.

Dans les terrains de sable mouvant ou de terre jouissant d'une certaine fluidité, on doit toujours interposer une couche de paille de 0",02 à 0-,03 d'épaisseur entre les planches du blindage et le terrain ; c'est un préservatif très-puissant contre toute espèce d'éboulement.

Avant de poser les traverses inférieures T, qui sont renforcées supérieurement par une fourrure qui maintient Técartement des poteaux P, on a soin de creuser dans le fond de la galerie une rigole R, de 0",40 environ de largeur et de profondeur, pour donner écoulement à l'eau vers les puits. Des planches posées sur les traverses inférieures T couvrent cette rigole et facilitent le roulage des brouettes. Dans un terrain sablonneux, la rigole se fait en planches ou en madriers jointifs maintenus au moyen de petits étais; sans cette précaution, elle se comblerait presque immédiatement.

La galerie d'axe étant creusée d'une des extrémités du souterrain à un puits, ou d'un puits a un autre, on arrête le parfait alignement du souterrain ; puis on procède à la fouille de la moyenne galerie^ à laquelle on donne généralement en largeur le tiers environ de la largeur de la voftte du souterrain, mesurée k l'intrados, et en hau-

Fig. 47.

fafrTy-in^

teur celle comprise entre le sommet de l'extrados de la voûte et une ligne passant à 0",B0 environ en contre-bas des naissances de cette voûte.

Pour établir la moyenne galerie, fig. 46 et 47, dont Téchelle de la première est double de celle de la seconde, on creuse latéralement les intervalles de 0",40 à 0",50 laissés entre les ensembles consécutifs de deux cadres du blindage de la petite galerie, et dans ces intervalles on établit des cadres formés, k peu près comme ceux de la petite galerie, de deux traverses horizontales T' et de deux poteaux montants P'. Au fur et à mesure que Ton a posé les chevaleinents ou cadres de la seconde galerie, on enlève ceux de la petite galerie d'axe, et Ton fouille entre les deux nouveaux cadres, de manière à pouvoir placer sur les traverses supérieures T', qui sont plus élevées que celles T, les madriers qui doivent soutenir parfaitement le ciel; puis, si cela est nécessaire, les madriers s'appliquant contre les poteaux P'.

Lorsque cette seconde galerie est terminée, on creuse derrière les poteaux P' des tranchées de 0",50 de largeur environ, pour mettre en place les contre-fiches C et les pièces D qui doivent compléter les fermes d'étayement de la couronne d'avancement; des petites fourrures F, placées en dernier lieu, contrebutent les extrémités des contre-fiches. On fait alors le battage en grande c'est-k-dire qu'on exécute la fouille de manière à pouvoir placer sur les pièces D les madriers allant d'un cadre k l'autre.

Les cadres de la couronne d'avancement sont ordinairement posés par les ouvriers mineurs, qui les espacent au plus de 3 mètres d'axe en axe, et qui réduisent souvent cet intervalle k l'",50, quand le sol est peu résistant

Le blindage de la partie supérieure du souterrain étant terminé, les charpentiers procèdent a la pose du cintre G' de la voûte, en plaçant les fermes dans les intervalles des cadres d'ètayement; les mineurs étayent les madriers du blindage a l'aide de petits potelets reposant sur les fermes du cintre ; ils retirent, au fur et k mesure que la voûte avance, les diverses pièces des cadres d'ètayement, et Ton peut considérer le travail de terrasse de cette partie supérieure comme achevé..Les maçons construisent alors la voûte, en avançant par anneaux; les charpentiers leur placent les couchis au fur et à mesure de la pose des assises, et les mineurs retirent, si cela est possible, les madriers de blindage, afin de ne pas les laisser derrière

les maçonneries. Pour le grand égoût collecteur de Paris, le cintre C est a courbure elliptique de 2 mètres de petit aj^e et de 5",60 de grand axe.

La partie supérieure du tunnel étant achevée, on procède à Texécution de la partie inférieure, en fouillant d'abord une tranchée d'axe, dans le fond de laquelle on creuse une rigole d'écoulement pour les eaux; cette tranchée, k laquelle on donne de 1*,75 à 2 mètres de largeur, descend jusqu'au fond du souterrain, et on l'ètaye avec soin. On procède ensuite au déblayement complet, en opérant par longueurs alternatives de 3 a 4 mètres au plus, séparées par une longueur égale; on exécute les pieds-droits en sous-œuvre sur deux longueurs successives déblayées, et ce n'est qu'alors qu'on enlève les déblais de la partie intermédiaire aux portions maçonnées; puis, Ton construit les pieds-droits dans cette partie, et Ton continue ainsi de suite.

Dans les terrains assez consistants pour rester pendant un certain temps sans avoir besoin d'étais, on se borne à placer les cadres d'étayement et à soutenir le ciel ; à part le rocher, quoi qu'il en soit de la solidité de la terre, il serait imprudent d'agir autrement, car les terres conservent rarement leuf cohésion au contact de l'air, et de leur éboulement pourrait résulter de graves accidents.

L'étayement ordinaire dévient même parfois insuffisant dans les terrains mous et très-humides, que Ton peut rencontrer dans le percement d'un tunnel passant sous un canal ou sous une rivière; dans ce cas, on a recours h des dispositions spéciales analogues à celles adoptées par l'ingénieur Brunel pour la percée du tunnel sous la Tamise.

£67. Dispositions générales relatives aux déblais souterrains. Suivant la nature du sol, les fouilles souterraines s'exécutent à la pioche, au pic, a la pince ou k là poudre. Quant au transport des déblais, il ' se fait soit au moyen de bennes que l'on charge sur des brouettes pour les amener aux puits, soit au moyen de camions ou de iwagons qui roulent sur chemin de fer et qui sont susceptibles d'être montés par les puits. Généralement, quand les puits ne sont espacés que de 100 mètres, le transport en bennes sur brouettes fournit des résultats aussi avantageux que celui en wagons sur rail-way.

Les déblais provenant de la fouille des puits s'élèvent avec des baquets au moyen d'un treuil k bras ; mais, pour le montage des déblais de la galerie, il y a de grands avantages a employer le manège de maraîcher mû par un ou deux chevaux, si toutefois la fouille marche assez vite pour l'entretenir; on peut même remplacer les chevaux par une machine k vapeur. Au grand égout collecteur de la ville de Paris, les entrepreneurs ont obtenu de bons résultats, en faisant usage, pour monter les débais, d'une chaîne sans fin passant

sur un système de poulies, à laquelle on accrochait successivement les bennes ou baquets ; la machine motrice sur chaque puits était une locomobile de la force de quatre chevaux.

Avec les manèges ou les machines k vapeur, les bennes sont toujours plus grandes que celles mues a bras d'homme, ou bien on en élève plusieurs a la fois. On doit, du reste, autant que possible, utiliser le moteur qui monte les déblais pour faire mouvoir les pompes d'épuisement; ce qui se fait à l'aide d'une courroie passant sur une poulie ou un tambour adapté k la locomobile ou au manège, et sur une poulie dont Tarbre porte les manivelles ou les excentriques qui. impriment le mouvement de va-et-vient aux pistons des pompes.

Lorsque le percement d'un puits se fait k la poudre, le mineur doit se faire remonter hors du puits, ou au moins a une hauteur de 20 mètres, aussitôt qu'il a mis le feu k la mèche, sans quoi il pourrait être atteint par les éclats de pierre. Un système de ventilation pourra être établi k l'ouverture du puits pour faire sortir promptement les gaz produits par l'explosion de la poudre ; cette ventilation occasionne ordinairement une perte notable de temps.

Les plus grandes précautions doivent être prises pour faire partir les coups de mine sous galerie; une consigne sévère doit prescrire que les explosions aie«t régulièremet lieu k des heures déterminées, et qu^aucun ouvrier ne reste sous la galerie au moment où elles se produisent; k cet effet, un signal d'alarme avertit les ouvriers de se retirer, et la reprise des travaux n'a lieu qu'après un temps fixé par le chef d'atelier.

i68. Venlilation. Avant que la communication deis puits entre eux ne soit établie, il arrive fréquemment que l'air ne se renouvelle pas suffisamment dans la galerie ; alors on établit une ventilation convenable; ce qui peut se faire simplement k l'aide d'un soufflet de forge foulant l'air dans des tuyaux en cuir ou en toile qui le portent au fond de la galerie; un petit poêle métallique, tenu constamment allumé k la partie inférieure de chaque puits, jusqu au sommet duquel monte son tuyau, peut, dans certains cas, en appelant l'air de la galerie, produire une ventilation convenable. Ce dernier moyen a toujours parfaitement réussi dans les galeries souterraines que M. Laroque a fait exécuter pour le service municipal des égouts de la ville de Paris.

Il| n'est guère possible de fixer à priori k quelle profondeur de galerie la ventilation artificielle sera nécessaire; cette profondeur dépendant de la différence de température entre Fair de la galerie et l'air extérieur, et des fissures qui peuvent se trouver dans le sol, causes qui produisent une ventilation naturelle plus ou moins active ; il peut arriver aussi que des gaz se dégagent du terrain et

TERkAMBIEHTS. 255

exigent une ventilation artificielle plus prompte et plus active. Nous avons vu dans des terrains k très-peu semblables, et pour des puits de même profondeur, qu*à 30 mètres en galerie les ouvriers avaient quelquefois beaucoup de peine k respirer, et la chandelle ou la lampe ne brûlait que faiblement, tandis que dans d'autres cas, k 75 et même 100 mètres la respiration n'était nullement gênée.

16&. Éclairage sous galerie. Plusieurs essais ont été faits; mais réclairage par la lampe des mineurs et celui fait avec la chandelle sont encore ceux qui ont fourni les meilleurs résultats, tant sous le rapport de la simplicité que sous celui de Téconomie.

La quantité de chandelle brûlée par ouvrier varie beaucoup sui-» vant les circonstances : sur un point où il n'existe pas de courant d'air, en dix heures de travail, un ouvrier brûle trois chandelles de seize au kilogramme, ce qui fait un poids de 0^,1875; mais sur les points où Tair est en mouvement, il arrive k en brûler le double. En moyenne, on admet qu'un ouvrier occupé en galerie brûle quatre chandelles de seize au kilogramme, ou 0S25 par journée de dix heures. L'emploi de la lampe des mineurs présente une économie d'environ i/4 sur celui de la chandelle; en outre, elle est plus ma« niable et plus facile k placer. Il convient de faire fournir l'éclairage par l'ouvrier, et de lui allouer sur le prix de sa journée de dix heures une plus-value de 0',30 s'il emploie de la chandelle, et de 0',20 s'il fait usage d'huile avec la lampe des mineurs, lampe qu'il fournit luimême ; on est sûr d'obtenir ainsi un éclairage fait avec plus de soiii et plus d'économie.

170. Prix des déblais souterrains. Ces prix sont variables en rai* son de la nature du sol et de la section de la galerie. Plusieurs exemples nous ont démontré que, non compris le montage propre*^ ment dit, en tenant compte de la fouille, de la charge et du trans« port en brouette ou en camion, k une distance de 50 mètres sous galerie, le prix des excavations en tranchées k ciel ouvert était à celui des excavations souterraines, pour des sections égales de tranchées et de galeries, dans le rapport moyen de 1 k 4 pour les terres» sables, marnes et tufe piochables k la tournée, de 1 k 3 pour les marnes et tufs fouillables au pic, sans emploi de la poudre, et de 4 k 2, 5 pour les roches très-dures exigeant l'usage de la mine.

Tableau du temps employé à V excavation du mètre cube de déblai pour quelques souterrains de diverses sections^ dans différentes natures de terrain. (Les idsnitats des six premiers soutecrains ont été obtenus par H. Laroque).

!•• Tunnel du Consulat de Suède^à Alger, (Argile dure et compacte. Transport au camion à des distances de 0 à 100 mètres )

2* Galerie dégoût sous le boulevard du Cornbaty à Paris. (Gypse ou pierre à Plâtre. Transport en baquets sur brouettes à des distances de 0 à 60 mètres. Puits de 10 mètres de bauteur moyenne.).

La même galerie. (Terrain de remblai d'anciennes carrières.)

3' Galerie percée sous le canal de rOurcq, (Terrain ordinaire avec suintement d'eau. Transport à la brouette à des distances de 0 à 40 mètres.)

4' Galerie dégoût, à Passy. (Sable vert trèsfin, compacte et mêlé d'argile. Transport à la brouette à des distances de 0 à 40 mètres. Puits de 9 mètres de profondeur.)

5* Galerie souterraine percée, à PariSy sous la rue Saint-Victor, pour l exécution de tégoût collecteur de ta rive gauche. (Les puits avaient une profondeur moyenne de 12 mètres, et ils étalent espacés de 45 mètres d'axe en axe. Le terrain était formé d'environ 2/5 de marne calcaire, 2/5 de roc produisant le moellon dur de Paris, et 1/5 de sable fin et très-mouvant.)

6* Galerie souterraine percée, à Paris, sous Vavenue Trudaine et la rue de Dunkerque, pour l'exécution de l'aqueduc de ceinture, (Profondeur moyenne des puits 13 mèti*es, écartenient d'axe en axe de ces puits 40 mètres. Terrain formé d'environ 1/2 de marne calcaire et argileuse, 1/4 de gypse ou pierre à plâtre, et 1/4 de terre ordinaire.)

?• Souterrain de Saint-Cloud, chemin de fer de Paris à Versailles. (Terrain de marne verte, renfermant environ 3 pour 100 de gypse, ou pierre à plâtre compacte. D'après une notice publiée en ]846> par M. Tony- Fontenay, entrepreneur du souterrain ). .' .

!• Moyenne de tous les travaux d'excavation de la grande section du souterrain. (Fouille, charge, transport en brouette ou en camion sous galerie à des distances de 0 à 40 mètres, accrochage des camions, mais non compris montage.)

2,00 id,

Gî),50

id.

DtSiaMàTION.

2* Mùyerme de$ travaux d'excavation de dix jrtuts, avant chacun Î7",24 de profonâettr et 10 mitres environ de section, et de dix petites galeries de 10 mètres de longueur et 4 mètres de section. (Fouille, charge, transport en brouette, accrochage des baquets, montage au treuil à bras d homme, et décharge à 5 mètres de rorlfice du puits.}* •

g* Souterrain de Montretout, chemin de fer de Paris à Versailles. (Terrain mélange de couches marneuses, de sable et de grès.). .

1° Fouille des galeries d'axe. (Fouille, charge, transport sous galerie à des distances de 0 à 10 mètres, montage au treuil à bras d'homme, à une hauteur de 10 mètres, décharffe à 5 mètres de Toriflce.)

2» Fouille pour la reprise en sous-amvre des pieds-aroits. (Fouille, charge, transport sous galerie, en brouette ou camion, à des distances de 0 À 30 mètres, montage à 10 mètres de hauteur au treuil à bras, et décharge à 5 mètres du puits.)

9* Souterrain de Revin, canalisation de la Meuse. (Roche schisteuse feuilletée, avec rognons de quartz. Extraction à la mine, compris transport sous galerie, enlèvement aux extrémités et montage par des puits de 30 mètres de hauteur moyenne.}

1* Excavation de la galerie en orande section.

2* Excavation des puits, des galeries latérales ^ des galeries d'axe, etc. (Le temps du mineur a été les 0,35 du temps total.). . . .

i(f Souterrain de Han, canalisation de la Meuse. (Roche calcaire, à grain fin, d*un ffris bleu. Extraction à la mine, compris transport sous galerie, enlèvement aux extrémités et montage par des puits de 32 mètres de hauteur moyenne.)

1* Excavation de la galerie en orande section,

2? Excavation des puits, des galeries latérales, des galeries d'axe, etc. (Le temps du mineur a été les 0,40 du temps total.). . . .

moyenne

de TaxcavatioQ.

ri

P Ei ^

En outre de la dépense de main-d'œuvre proprement dite de percement, la construction des souterrains en exige d'autres qui sont proportionnelles aux nombres du tableau suivant, la dépense totale étant représentée par 1,00.

258 PREMIÈRE PARTIE. — liAÇONKERIE ET TERRASSE.

1» Pour des terrains excavés dans des terrains pour lesquels le blindage et les revêtements sont nécessaires, comme au souterrain de Saiut-aoud, par exemple.

Terrassement proprement dit (le prix de la journée du terrassier étant de 3 fr.) 0,215

Charpente (bb'ndage et cintres) 0,325

Maçonnerie 0,360

Épuisements et travaux pour Técoulement des eaux. . . . 0,036

Frais généraux 0,0W

i,oeo

2* Pour des souterrains excavés dans le rocher, n*exigeani ni blindage, ni revêtements accidentels, tels que le souterrain de Revin.

Main-d'œuvre d'excavation (prix moyen de la journée, 2',59) . 0,668

Fourniture de poudre « . 0,095

Acquisition et réparation d'outils 0,155

Matériel de roulage (planches, brouettes, etc.). . . i . . . 0,031 Charpente pour blindage et ëUyement, rigoles d'écoulement des eaux et dépensés diverses 0,058

171. Règlement des mesures de précaution prises sur le chantier du percement en souterrain de C aqueduc de ceinture sous la rue de Dunkerque et Pavenue Trudaine, à Paris,

Art. 1. A la fin de chaque journée, les chefs mineurs ou les chefs maçoDS devront faire le nécessaire pour que les abords des puits soient barrés et éclairés convenablement, et pour que chaque puits soit recouvert d'un plancher solide. Ils ne devront quitter le chantier qu'après que ces conditions auront été bien remplies sur tous les puits occupés par leurs ouvriers.

Aux heures de repas, les puits devront aussi être recouverts de manière A éviter tous accidents. Les chefs d'ateliers, lorsqu'ils en auront reQti l'ordre, derrotkt éclairer les puits au moyen de lampes réflecteurs destinées à cet usage; ils seront responsables de toute infi-action à cette disposition réglementaire.

Aussitôt que les galeries seront percées et que la communication entre éesat puits pourra être établie, le clief mineur devra faire placer dans l'emplacement Cloisonné des puits, et à des intervalles suffisants, des échelles, de manière que la descente et le montage des ouvriers puissent s'effectuer sans encombrement.

Les chefs d'ateliers mineurs ou maçons devront apporter le plus grand soin à s'assurer du bon état des échelles^ bennes, cordes, cordages et crochets, ainsi que de la bonne installation des treuils et de leur solidité. Tout engin laissant le moindre doute sur sa parfaite solidité devra être renvoyé immédiatement au magasin pour y être remplacé.

Les échelons cassés devront être remplacés de suite par les soins du chef charpentier, qui devra toujours en avoir de préparés sur l'atelier.

Aiti 2. Lorsque les galeries communiqueront avec les puits à échelles, il est expressément de'fendu aux ouvriers et à qui que ce soit du chantier, de monter et de descendre daivs le souterrain par les cordages des treuils; on devra toujours se servir des échelles, à quelque distance qu'elles se trouvent du point où l'on est dans les galeries; les infractions à cette disposition seront suivies de la mise à pied pendant un jour, pour la première fois, et du renvoi du chantier dans le cas de récidive.

Le« homroeà du trcttll qui auront prêté leur boncon'^s, laissé descendre ou monter aux cordages, seront congédies dh chantier; il eh tsera de tftëttie datls le cas où ils laisseraient descendre dans le souterrain df s ouvriers en état d'ivreasè, ou s'ils faisaient descendre eux-mêmes du vin ou de l'eau -de-vie dans les galeries. Les baquets devront être chargés de manière à ce que leur contenu s'y tienne solidement. L'accrochage devra être fait avec soin, et les cordes fitant les ctb^ chefs devront être souvent exalninées et retnpiacées. La rencontre des ba(}tiëti pouvant produire de graves accidents, il est expressément recommandé aux buvriers qui les accrocheront à la partie inférieure, de se retirer sous galerie aussitôt qu'ils auront crié aux hommes du treuil: Enlevez! CeUx-ci, lorsqu'ils des- ^ ceudront des matériaux, devront toujours avoir soin de prétenir en criant trés-lbl^t: Gare dessous !

Art. 3. Il est expressément défendu de passer sous les puits en circulant dand les galeries, sans prendre la précaution de crier aux hommes du treuil, qui doivent toujours répondre pour que l'on puisse travereer les puits. Chaque ouvrier travaillant sous galerie doit être muni d'une lampe.

Art. 4. Dans les terrains dlfilolles, les ouvriers mineur devront toujours prendre ks plus grandes précautions pour blinder au fur et à mesure des découverts; s'i rencontraient de très-grandes difficultés, ils devront toujours demander le chef mineur on le chef des travaux afin d'arrêter de cbncert les mesures à prendre pour effectuer le blindage avec sécurité. *

Lorsqu'on fera la maçonnerie sous des terrains sablonneux ou difflbllei) les blindages ne devront être enlevés que là où cette opération pourra s'effectuer sans danger d'éboulement; dans le cas contraire, les bols de blindage seront abandonnés derrière la maçonnerie.

Art. S. Les gardiens de Jour devroUt avoir soin de ne pas laisser approche!* dfei puits les personnes étrangères aux travaux; ils ne de\Tont Jamais prendre leorrf repas ensemble, ni aux mêmes heures que les ouvriers, ces heures étant celles où ils doivent le plus exercer leur vigilance.

Les gardiens ne devront jamais s'absenter ensemble du chantier; l'hn d'eux devra tot^ours y rester pendant l'absence des autres.

Les gardiens de nuit auront, en outie du même service que ceux du jour, É veiller à ce que Téclaiiage des abords des puits et des dépôts de matériaux soit toujours complet.

Paris, le 30 tnai 1862.

L'etitrepreneur, L. LAROOtti.

Vu par l'ingénieur de la 2" section, en ce qui concerne les mesures d'ordre et de sécurité. Paris, le 3 Juin 1862. •

Signé : A. Yaissière.

i72. Assèchement des terrains mouillés ou traversés par les eaiut. Lorsque les tranchées ou galeries souterraines doivent être creusées dans des terrains sablonneux traversée par les eaux, les plus grandes précautions doivent être priées pour assurer le soutènement de ces terrains, dont rasséchement complet doit précéder toute exécution de fouille.

A Paris, pour la construction de plusieui^d galeries d'égouts collecteurs dans la hauteur de la nappe d'eau des puits, M. Laroque a parfaitement réussi à assécher et à rendre ferme le terrain de sable fin, qui est excessivement mobile tant qu'il est mouillé par Teau de cette nappe, eti faisant baisser (;ette eau au-dessous du niveau du

i60 PREMIÈRK PARTIE. — MAÇONNERIE ET TERRASSE.

radier de la galerie à construire, au moyen d'épuisements très-énergiques précédés d*un creusement de puisards et de galeries d'assèchement convenablement établis.

Creusement des 'puisards â^ assèchement. Les tranchées ont d'abord été fouillées jusqu'à la rencontre du terrain mouillé. Arrivé à cette profondeur, on a commencé à creuser, dans Taxe des tranchées et à des intervalles de 60 k 80 mètres, des puisards carrés de 1°,50 de côté; opération que l'on effectuait en draguant le sable fluide a la pelle ou a la petite drague à main, et en enfonçant sur les côtés de chaque puisard des palplanches jointives que l'on soutenait à l'intérieur au moyen d'un cadre d'étayement en charpente. Dès que la profondeur le permettait, on disposait au milieu du puisard la crépine d'une pompe Letestu de 0",25 à 0",40 de diamètre, mise en mouvement par une locomobile de 3 k 4 chevaux. En faisant descendre la crépine au fur et k mesure du creusement, on parvenait k tenir toujours le puisard k peu près débarrassé d'eau, ce qui facilitait le dragage.

On descendait ainsi les puisards jusqu*k la profondeur voulue; mais si cette profondeur devait dépasser 1°,50, au-dessous de cette limite, on continuait le creusage en reirplaçant le blindage en palplanches par une cuve en tôle de 3 millimètres d'épaisseur, renforcée k son intérieur par deux cercles en fer carré de 0",02 de côté. Cette cuve avait 1°,00 de diamètre et i",10 de hauteur; elle était percée de trous pour faciliter l'arrivée de l'eau k son intérieur. On la plaçait sur le milieu du fond du puisard carré, et on l'enfonçait en frappant sur ses bords avec une masse ou en agissant par pression k l'aide d'un cric, au fur et k mesure que l'on draguait le sable de son intérieur. On faisait ainsi descendre cette cuve jusqu'k ce que son bord supérieur fût k 0",10 environ en contre-bas du dessous du radier de la galerie k construire. Si cette première cuve était insuffisante pour atteindre ce niveau, on la surmontait d'une seconde et quelquefois d'une troisième, en continuant l'enfoncement de cette réunion de cuves en opérant comme pour la première, et en ayant soin de toujours faire descendre la crépine de la pompe d'épuisement au fur et k mesure du creusement.

Le puisard étant établi, c'est-k-dire le dessus de la cuve inférieure étant arrivé k 0",i0 environ en contre-bas du dessous du radier des galeries, on faisait fonctionner fortement la pompe, k laquelle on en ajoutait une seconde et même une troisième quand la quantité d'eau amenée au puisard par les rigoles d'assèchement devenait considérable.

En laissant fonctionner énergiquement et d'une manière continue les pompes pendant 10 k 45 jours, on parvient k assécher le terrain sur une surface k très-peu près circulaire dont le puisard est le

TKBEA8AUIBNT8« t61

centre. On pourrait opérer ainsi 8*il s'agissait d'assécher sur peu d'épaisseur un terrain d'une grande longueur et d'une grande largeur; mais ce moyen ne pouvait pas s'appliquer économiquement a des travaux de galeries d'égouts, qui exigeaient seulement Tasséchement d'une zone de terrain de 4 à 7 mètres de largeur.

Aussi, pour ne pas assécher en pure perte la partie de surface circulaire excédant la largeur de la tranchée, après avoir creusé, comme il vient d'être indiqué , des puisards espacés entre eux de 60 à 80 mètres, on creusait, dans l'axe du fond de la tranchée, une rigole dans laquelle les eaux du terrain s'égouttaient pour venir aboutir aux puisards. Le moyen d'assèchement ainsi obtenu était très-énergique, et n'agissait que sur une largeur de terrain aussi faible que possible.

Creusement des rigoles â^ assèchement. Aussitôt que les puisards étaient achevés , on ouvrait dans l'axe du fond de la galerie une rigole de 0",80 environ de largeur, k laquelle on donnait une légère pente vers les puisards pour faciliter l'écoulement de l'eau. Pour ouvrir cette rigole dans un terrain de sable fin et fluide, en partant des puisards, on commençait par la creuser sur une profondeur de 0-,22, et Ton plaçait de suite des madriers de 0*,22 de largeur pour faire le coffrage sur cette profondeur. Cela fait, on continuait le creusage sur une nouvelle profondeur de 0",22, en enfonçant, à l'aide de la masse, le premier rang de plats-bords , dont le côté inférieur avait été bizeauté et ferré pour rendre l'enfoncement plus facile. On maintenait, au fur et k mesure de leur pose , les deux parois de ce coffrage au moyen de couches verticales et de petits étais placés tous les 2 mètres. Quand le deuxième rang de plats-bords était posé, on recommençait k creuser pour en placer un nouveau rang sur les deux premiers; ce qui se faisait en draguant d'abord k la pelle le sable fluide, puis en enfonçant k la fois les trois plats-bords de chaque côté de la rigole, en fi*appant fortement sur celui du dessus ; pour faciliter la descente , on desserrait légèrement les étais. On continuait ainsi a creuser, en plaçant successivement les platsbords du boisage l'un sur l'autre , jusqu'k ce que le fond de la rigole fût arrivé k 0",10 environ au-dessous d'un radier k construire.

Ordinairement, quand, en partant du puisard , on avait creusé la rigole jusqu'k environ 40 mètres sur une nouvelle profondeur de 0*,22, et posé les plats-bords, au point de départ le sol se trouvait asséché sur la hauteur des plats-bords posés. II arrivait même que le terrain se tenait sans couler sur la hauteur de un et même de plusieurs plats-bords.

On est parvenu, k l'aide de ce mode d'assèchement, k traverser plusieurs mètres de hauteur d'un terrain de sable très-fin , d'une fluidité telle , qu'on ne pouvait parvenir k le fouiller sur 0",10 sans

f^i PREMIÈRE PARTIE, -7- M4QQfi(NSRIE ET TERRASSE.

gu*il tea()e II remonter et ii sa nîyeler. f^qrsque l>&$éphement était parfait, ce ^:o]q prpuait mèm^ une fermeté telle, qu'on pouvait le fouiller sur une profondeur de plusieurs mètres, en ayant soin seulement de )e blinder pour 1^ soutenir, commQ s*il se fût agi d'mi sable ordinaire.

C'est ainsi qu'en t^aversarit f,50 et quelquefois 8^,50 de la couche de sable Qo dans laquelle coule la nappe d'eau des puits de Paris, on a construit les principaux égQuts collecteurs de c^tte ville; entre autres : le collecteur principal, depuis la place U^borde jusqu'au quai de^ Tuileries; les collecteurs de9 rues de la Pépinière, Saint-Lazare, du faubourg Montn^artre, Richer, des Petitesr pcuries,duChHteauTd'Eau et de laPQuape,et celui du quai Jemmapes. C'est aussi par ce moyen que Ton est parvenu à descendre de a",W le plan d'eau de la partie voûtée du canal Saint-Martin, depuis Urue de la Tour jusqu'à la place de la Bastille; k dpsc^ftdre k 6 piètres de profondeur dans le cable de la nappp d^eau des ppits le puisard des nouvelles pompes que 1^ ville de Paris fait installer sur le quai d'Austerlitz, près de l'ancienne barrière <ie la Gare; eufin, à établir le sQus-sol du nouvel Opéra î^ 6 ou T; mètres de profondeur d;ans le même sable.

475. Poussée des terrent. Cette pou^^ée, qu'il est nécessaire de connaître, ainsi que son point d'applics^tion, afin de proportionner 0t de disposer convenablement les murs ou ^tais qui devront soutenir les terres, dépend du ti^lus s^fifecté par ces terres lorsqu'elles swt abandonnées k elles-méi^es.

Soitjg. 4^, eg le talus naturel des terres k spvitcjnir. Suppqstint que le pxisn^e ceg sqit d'nn ^^^ luorceim, ig. 48. ^ . j ^^ maintiendra en équilibre sans exercer aucune poussée contre le mur ^^î ii^^ si nous considérons un prisme çeiy il est évident qu'il exercera contre le mur une po.ussée due k son poids, et diminuée par le frottement des terres sur le talus H et par la cohésion (cette cohésion peut être considérée comme nulle ppur les terres remuées, coname le spnt génçr^lenient celles que l'on ^apporte derrière les ^urs de soutènement, et nous allons d'abord la supposer telle dans ce QU^ suit) ; $i maintenant nous considérons un prisme très-mince Iç long du parement cç, \l est évident qu'il exercera contre le mur nn^ poussée moindre que celle du prisme cei. U existe donc, entre le prisme qui s'applique sur le talus eg et celui infiniment mince pris contre le parement ce, un prisme qui doit exercer une plus grande poussée que tous les autres que l'on peut considérer entre ces deux limites.

TXJUUMBMENTS. 263

On pponya fteilement, mais par des calculs assez longs, et que BOUS ne pouvons rapporter ici, que le prisme de pèus grande poussée est déterminé par la bissectrice de Fangle formé par la verticale ce et le talus naturel eg.

Supposant Tangle cei=i -ra^ le prisme cei est celui de plus grande

]K>u68é6, et Ton a

Q=-2-tang«ga. (a)

Q poussée des terres contre le parement vertical ce ;

«f poids du mètre cobe de terre (101);

à bauteur ce des terres derrière le mur;

« an^e de la verticale ce avec le talus naturel eg. Dans la pratique, U convient de déterminer directement la valeur de a en creusant verticalement les terres, après en avoir dressé la surface. Diverses expériences ont donné : pour le sable fln très-sec, a = SO** ; pour la terre sèche et pulvérisée, a = 4eo,50; pour la tttrre humectée, a = H% et pour les terres les plus fortes et les plus dures, 0 = 35", valeurs qui correspondent respectivement, peu des prcAffideors d'excavation rqiràentées par 1, à des bases de talus IJ8, 1,34, 1,06 et 0,60.

i^ns le cas où le frottement et la cohésion sont nuls , ce qui a

lieu pour les liquides, l'angle a étant droit, on a ta ^ a = 1, et,

ng»

par suite,

QmBd les terres eai de la cohésion , la valeur de la poussée horizontale est

Q = ^tang'ia(A-A'). (a')

ft' profondeur à laquelle on a creusé les terres à pic avant leur éboulement, la surface des terres ayant été dressée horizontalement.

Il s*agit de déterminer le point d*application de la poussée totale Q. Gomme on démontre que quand la cohésion est nulle, ce qui a lieu pour les liquides , cette poussée totale sur le parement du mur peut être représentée par la surface d'un triangle dont la hauteur est A, et dont la base et les parallèles k cette base représentent htê pressions au pîed du mur et sur les divers points respectifs de la hauteur de son paremaat, il s'ensuit que la résultante Q de toutes les pressions est appliquée au centre de gravite du triangle, c'est«»àdire k i/3 de A à partir du pied e du mur. Quand la cohésion n'est pas Bulle, le point d'applicatioA de la résultante Q se trouve un peu plus bas que dans le cas précédent.

t74. Tableau pour calculer les hauteurs et les hases des talus d'excavation^ quand on connaît le taltts naturel de la terre et la hauteur à laquelle on peut la couper à pic sans qu'elle s* éboule. (Mde-Mëmoire portatif à Tiuage des officiers du génie, par M. Laisué).

l,tt

loani.

Infini.

2,11 2,65 3,42 6,36 14,98 «2.77 Inéni.

Infini.

Infini.

Infini

Infini.

Infini.

Les nombres de la ligne horizontale supérieure de cette table indiquent la base du talus naturel des terres sur une hauteur égale k Tunité, et ceux de *la première colonne verticale indiquent , aussi pour une hauteur égale à Tunité, la base du talus d'excavation.

Soit h* la hauteur, déterminée par une expérience, à laquelle on peut couper la terre à pic sans qu'elle s'él)Oule.

On peut, avec cette table, résoudre de suite deux questions :

1* Quelle est la hauteur h qiCon pevi donner à une excavation ayant une base déterminée de 0"',40 par mètre de hauteur, le talus naturel des terres étant connu^ et égal à i°,10, par exemple?

Solution : La hauteur cherchée sera h' multipliée par le nombre 3,0â qui fait a la fois partie des colonnes verticale et horizontale dans lesquelles se trouvent respectivement la base du talus naturel des terres 0",40, et celle du talus d*excavation 1°,10. Ainsi, pour A'=: 3",00, on aura A = 3",00x3,02 = 9",06, et, par suite, la base totale du talus de l'excavation sera 0*,40 x 9,06 = 3*,624.

2* Quel est le talus le plus roide qu'on peut donner à une excavation d'une hauteur déterminée h = 9*,06, le talus naturel des terres étant connu^ et de 4 ",10, par exemple?

Solution : Divisez la hauteur 9",06 de l'excavation par A' ( soit par 3), cherchez le nombre 3,02 égal ou immédiatement supérieur au quotient obtenu 3,02 dans la colonne verticale qui contient la base du talus naturel 1,10 des terres, et la base du talus cherché sera le nombre 0"',40 qui lui correspondra horizontalement dans la colonne des bases des talus d'excavation. Le talus total de rexcavatioa sera alors 0«,40 x 9,06 = 3",624.

TillRAfi8BII£NTfl« S6&

Pour plus de sûreté « il fitudra toujours prendre h moindre que la valeur donnée par Texpérience, quand môme celle-ci aurait duré plusieurs mois.

178. Nivellement. La connaissance des principaux détails de cette opération est nécessaire aux chefs de chantiers et même aux ouvriers, surtout sur les ateliers de travaux publics, où presque toutes les hauteurs cotées sur les plans d*exécution sont ordinairement in^ diquées par leur distance en contre -bas d'un plan horizontal de comparaison, c*est-à-dire d*un plan horizontal fictif que Ton prend li une hauteur quelconque, 100 mètres, par exemple, au-dessus de» points a niveler les plus élevés, monuments ou montagnes. C'est ainsi que le nivellement de la ville de Paris est rattaché à un plan horiaontal de comparaison situé à 50 mètres au-dessus du niveau légal de Teau dans le bassin de la Yillette.

Gela posé , on conçoit que , commençant une construction quelconque , un bâtiment d'habitation , par exemple , dans les environs d'un repère coté 60 mètres, qui se trouve par conséquent à iO mètres en contre-bas du niveau légal de Feau dans le bassin de la Yillette , si la cote de la fouille des caves est 65 mètres, et celles des appuis du premier étage et du dessus de la corniche respectivement 58 mè^ très et 51 mètres, c'est que le sol des caves doit être a 5 mètres en contre-bas du repère, tandis que les appuis du premier étage et le dessus de la corniche seront à 2 mètres et 9 mètres au-dessus de ce repère.

Nous allons indiquer la manière de s'y prendre pour faire un nivellement, c'est-à-dire pour déterminer les cotes des différents points que l'on veut relever par rapport à un plan de comparaison, ce qui donnera le» dififérences de niveau de ces différents points, soit entre eux, soit par rapport k un repère, s'il y en a un de déterminé. Nous allons supposer qu'il s'agisse d'établir une route , et que l'on veuille déterminer la hauteur des terrains aux différents points par lesquels on a l'intention de faire passer Taxe de la route projetée, afin de se rendre compte des quantités de déblais et de remblais à effectuer, et des distances de transport Les détails suivants feront voir comment on opérerait si l'on voulait simplement déterminer la position verticale du sol , sur lequel on veut établir un bâtiment, par rapport à un point de repère, pour avoir la profondeur de la fouille des caves.

On commence par placer des piquets de distance en distance, sur toute la ligne h relever, et de manière qu'entre deux piquets consécutifs quelconques il y ait toujours un point duquel on puisse voir ces deux piquets. Gela fait, pour éviter la confusion, à mesure que l'on opère sur le terrain, on inscrit les résultats obtenus sur un tableau analogue au suivant, que Ton a soin de tracer à l'avance*

PREHiiKE PAHTIfc, — MAQOHMUE ET TERRASSE.

JMMÉBOB

des (ôqnets.

BiaTAVCS

des piqueU.

C0UP4 arrière. aTaot.

COTW.

OB8Z&l(ilI0aS.

mètres.

mètres.

mèt(«s.

^oo!eû

* Indigner la nature du ternln, les dtllleiiltds d^xéeutioo, les ooina ^ propriétaire», etc.

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