PUITS ET PUISARDS
EXTRAIT DE l'ORDOMNANCE DE POUCE DU 20 JUILLET 1838.
Art. 1*'. Aucun puits, soit ordinaire, soit d'absorption, ne sera percé, aucune opération d'approfondissement^ de sondage et autres ne sera entreprise, aucun puisard ne sera établi sans une déclaration préalable (1). Cette déclaration indiquera l'endroit où Ton a le projet de faire les travaux.
Art. 2. Il ne pourra être procédé à aucun curage de puits ou de puisards sans une déclaration préalable qui sera faite par écrit, quarante-huit heures à l'avance (1). Les mesures nécessaires dans l'intérêt de la salubrité et de la sûreté des ouvriers seront prescrites par suite de cette déclaration.
Art. 3. Nui ne pourra exercer la profession de cureur de puits oa de puisarda, s'il n'est pourvu d'une permission de l'Administration.
INSTRUfllORS 61£R]£RALES.
Tout appareil de fosse mobile doit reposer sur un sol imperméable et disposé en forme de cuvette.
Le caveau à cet usage sera construit et voûté en maçonnerie, étanche au pourtour, et pourvu de moyens de ventilation disposés de manière à prévenir toute cause d'incommodité pour le voisinage. Il aura au moins 2 mètres de hauteur et sera assez spacieux pour que le service des appareils y soit facile.
Lorsque ce caveau sera en sous-sol, l'ouverture en sera fermée au moyen d*nne trappe en bois suffisamment solide^ d'une manœuvre facile, et munie d'un anneau en fer. Cette fermeture sera toi^^ours en dehors du cabinet d'aisances.
Tout cabinet d'aisances sera clos et couvert, clair et aéré. — L'emplacement aura des dimensions qui permettent de s'y mouvoir aisément. — Le sol sera imperméable et disposé de manière que les liquides aient leur écoulement dans la fosse. — Le siège sera à lunette, dans les conditions d'usage, avec fermeture hermétique.
Tout puisard, qu'il soit absorbant ou étanche, doit : — être construit et voûté en maçonnerie; — avoir au moins 2 mètres de profondeur sous clef; — être pourvu d'une ouverture d'extraction de 1 mètre de longueur sur 65 centimètres de largeur; — et avoir son entrée d'eau munie d'un appareil quelconque formant siphon.
L*administration municipale prescrit les dispositions stàvantes pour Vexécution des fosses d^ aisances dans Paris :
Le radier des fosses d'aisances doit être établi à 0",10 en contrehaut de celui de Forigine du branchement d'égout, contre le mur de façade de la maison.
Les demandes en autorisation de construction de fosses d'aisances dans les anciennes maisons sont transmises à Finspecteur des égouts, qui fixe le niveau minimum du radier à S^GO en contre-bas du
(i) Les déclarations pour travaux seront faites par écrit sur fenille de papier timbré, et remises à la Direction du service monicipal des travaux publics, bureau de rinspectenr des égonts et vidanges, Hôtel-de-Yille.
GROS OUYRAGES. 533
trottoir, près de la façade de la maison, quand il n'existe pas d'égout public dans la rue.
Lorsqu'il existe un égout dans la rue, la demande est transmise par Finspecteur des égouts à Tingénieur de la section, qui indique l'altitude du radier de Tégout public, vis-a-vis les deux angles de la maison, et, s'il y a un branchement d'égout, l'altitude de son radier contre le mur de face. L'inspecteur fixe ensuite l'altitude minimum du radier de la fosse à construire a 0*,40 en contre-haut du radier de l'égout public s'il n'y a pas de branchement, et s'il en existe un, àO*,10 en contre*haut de son radier près du mur de face.
D'après le système imaginé par M. le Préfet de la Seine, les matières des fosses d'aisances doivent un jour être extraites par les égouts. Dans ce cas, les branchements d'égouts particuliers doivent être prolongés sous les maisons et recevoir les tinettes-filtres. Le tuyau de chute des matières fécales aboutit dans une ou plusieurs de ces tinettes-filtres, appareil Richer ou Dugluré, qui retient les matières solides, tandis que les liquides ou eaux vannes se déversent dans le branchement d'égout, par un tuyau dont une extrémité est fixée à la tinette et dont l'autre plonge dans une cuvette hydraulique réservée dans le fond du radier du branchement, afin d'inter^ cepter le passage des émanations des tinettes dans l'égout.
Par ces dispositions, le propriétaire est non-seulement dispensé de construire une fosse, mais encore il est débarrassé de tous les ennuis de la vidange, l'enlèvement des tinettes-filtres devant se faire par les égouts.
Les liquides s'écoulant d'une manière continue dans l'égout, le volume des matières à extraire est réduit de plus des 4/5 , et il diminue plutôt qu'il ne s'accroit lorsque la consommation d'eau augmente dans les cabinets.
554. Égouts, L'administration municipale de la ville de Paris a adopté les dispositions suivantes relativement k la construction des égouts.
V Égouts publics. Dans les rues de 20 mètres de largeur et audessus, il sera établi un égout sous chaque trottoir. La position de ces égouts devra être telle, que la distance de l'alignement des maisons au parement extérieur de la maçonnerie, à la hauteur de la naissance de la voûte de l'égout, soit au moins de 0*,60. Les rues de moins de 20 mètres de largeur seront pourvues d'un seul égout construit dans l'axe de la rue.
Les épaisseurs de maçonnerie généralement adoptées pour la construction des égouts ont été données au n* 220. Les divers types d'égouts adoptés à Paris peuvent se résumer dans les trois catégories suivantes :
1**. Les collectewrs principaux^ à cunette de 1 mètre de profondeur
au moios, dont le curage s'opère au moyea de bateaux-Tannée, al dont la section intérieure varie de ii'^yio à iS^'^tTO et la pente du radier de 0",30 à e»,5û par kilomètre.
9*. Les collecteurs ordinatre^i à cunette de 0",80 de profondeur au moins, dont le curage s'opère au moyen de wagons-vannes guidés par des rails fixés sur les bords de la cunette, et dont la section in-* térîeure varie de 4*^,95 à ii"'%40 et la pente du radier de 0",K9 à 5 mètres par kilomètre.
S*. Les é^ouU sans cunetie^ dont la section intérieure varie do 2^,45 à 3*^,30, et dont la pente du radier, qui est de 1"»,60 au moins par kilomètre pour les ègouts qui reçoivent peu d'eau, peut être portée jusqu'à 50 mètres, et même jusqu'à SO mètres par kilométra pour les gideries de peu de longueur.
Four la facilité du curage, il convient de tenir la pente du radier aussi près que possible des limites supérieures.
Les égouts doivent être établis de manière que le dessus de Textradûs de leur voûte se trouve à i mètre au moins au-dessous de la face inférieure des pavés ou du macadam formant la chaussée; dans des eas exceptionnels et sur de très-petites longueurs, ce minimum peut descendre à e<f ,40.
Les eaux sont conduites dans les égouts par les ruisseaux et eant* veaux qui aboutissent à l'entrée des bouches d^égoutsy qu'on a soin de placer aux points bas des rues. Ces bouches se composent ordi* nairement d'un couronnement en granit èvidè continuant la boiv dure du trottoir, et d'une bavette^ également en granit, que l'on pose à la hauteur des caniveaux sur la partie supérieure des murs d'une cheminée verticale de chute. Cette cheminée, dont la section a ot^ dinairement 1 mètre de longueur moyenne sur 0^45 de li^rgeur. aboutit à une galerie qui la met en communioatien avec l'égout public. Cette galerie, désignée ordiniiirement sous le nom de &ramÂement de bouche^ a i*,40 de hauteur moyenne sous clef, 6*^,80 de largeur aux naissances de la voûte, qui est en plein cintre, et 0"',&0 de laideur au radier.
Le service intérieur des égouts se fait au moyen de regards établis a 50 mètres de distance l'un de l'autre, et autant que possible soua lea trottoirs, afin de supprimer les trappes sous chaussées, qui sent si gênantes pour la circulation des voitures.
Lorsque l'égout est construit sous le trottoir, les regards se composent simplement d'une cheminée verticale établie sur Taxe de rëgout. Cette cheminée, qui a moyennement 0",90 de côté, est terminée à la surface du sol par une trappe en fonte composée d'un châssis fixe et d'un tampon mobile de O^fSO de diamètre.
Quand au contraire l'égout est construit sous la chaussée, la cheminée de regard se trouvant sous le trottoir, on établit, pour la
GHOS OUVRAGES. 535
cpmmunicatiQn avec Végout, une galerie ou branchement de regard, dont les dimeusions sont ordinairement de 2 mètres de hauteur sous clef, 1 mètre de largeur aux naissances et 0",50 de largeur au radier.
Lorsque la profondeur de la fouille le permet, on place ordinairement le châssis à trappe à û'^fôO au plus au-dessus de l'extrados de la voûte du branchement de regard , et Ton rachète par plusieurs gradins la différence de niveau existant entre le radier du branchement de regard et celui de Fégout public. Ces gradins , qui ont ordinairement O^^S à 0-,20 de hauteur; sur 0-,40 à 0",50 de largeur, sont d'une très-grande utilité pour le garage des ouvriers égoutiers dans les moments d'orag^.
Lorsque la pente est considérable, quand elle dépasse, par exemple, 10 mètres par kilomètre, les ègouts les plus petite, ceux de 2-%46 à 3 mètres carrés de section, sont presque toujours suffisants pour débiter Feau du bassin à desservir; mais la disposition qui prQscrit de poser toutes les conduites d'eau en égouts oblige, dans la plupart des cas, d'avoir recours à des dimensions plus grandes, qui permettent de recevoir une ou plusieurs conduites d'eau dont les diamètres peuvent varier de .0",iO à 1«»,10,
2" Égaals particuliers. Nous allons donner d'abord l'arrêté par lequel le préfet de la Seine, d'après l'article 6 du décret du 26 mars 1852 (page 565) et un arrêté préfectoral en date du 19 décembre 4854, autorise ou prescrit l'exécution d'un branchement d'égout particulier.
Art. 1**. Le propriétaire de la maison indiquée ci-eontre (en marge) est requis de Caire écouler seft eaux dans Tégout public, eu se conformant aux prescrip- Uons suivantes:
Un branchement préseutaut en coniieles dimensions de la figure ci-contre sera construit entre T^gout public et le mur de face de la propriété. Son radier sera disposé selon le maximum de pente disponible, de manière^ 86 raccorder avec celui de l'égout public à 0'",15 en contrehaut à la rencontre dÏB ce dernier. Ce branchement sera construit en maçonnerie de meulière avec mortier de chaux hydraulique. Le minimum d'épaisseur du radier, des piedsdroits et de la voûte sera deO^.SO. Les parements seront smillés ou recouverts d'un enduit en ciment de 0'",02 d'épaisseur ; l'enduit du radier sera fait en ciment et aura 0" 05 d'épaisseur. Si les eaux de l'intérieur sont amenées dans le branchement par un tuyau, il sera établi au droit dudit tuyau un glacis de 1 mètre de longueur sur 0"^50 de hauteur au minimum. Le radier sera construit sur toute la longueur du branchement; l'enduit en ciment sera seul supprimé dans la partie correspondante au glacis.
Les tuyaux de descente éloignés du branchement pourront être prolongés sous le trottoir jusqu'au branchement, à la condition qu'ils auront une pente de 0^,20 par mètre.
Une grille eo kr^ «tablie à Taplomb du mur de face, interceptera la commun! •
cation de la maison avec Tégout. Cette grille aura une serrure à deux clefe dissemblables, dont Tune restera entre les mains du propriétaire et l'autre sera remise à radmiuistration.
Pour la ventilation permanente du canal de dérivation, il sera pratiqué une cheminée d'appel s'ouvrant au-dessus des combles, et présentant uxie section de 3 décimètres carrés au moins.
Le branchement d'égout sera disposé de manière à recevoir les tuyaux de eoncession d'eau, qui devront être placés dès Tachèvement du branchement.
Les conduites de gaz rencontrées par le branchement serpnt isolées de la maçonnerie par 1 ou 2 demi-manchons en fonte : aux frais du propriétaire, si la conduite préexiste; aux frais de la compagnie d'éclairage, si la pose de la conduite est postérieure à l'établissement du branchement.
Un numéro, exactement semblable à celui de la maison, sera placé, aux frais du propriétaire, dans l'égout public, au dAduché du branchement. Ce numéro sera scellé dans l'emplacement désigné par f^ agents du service municipal.
Art. 2. Tous ces ouvrages seront exécutés sous la surveillance des agents du service municipal et aux frais, risques et périls du propriétaire. Celui-ci ou ses ayants droit supporteront toutes les dépenses d'entretien et de curage, et celles de réparation des dégradations faites à l'égout public par les eaux dont l'écoulé^ ment'est autorisé par le présent arrêté. Les travaux sur l'égout public et ceux de pavage, empierrement et dallage sur tranchées, seront exécutés par les soins de l'administration, et la dépense sera recouvrée sur le propriétaire, d'après les règlements.
Art. 3. Le propriétaire ou ses ayants droit ne pourront faire écouler dans le branchement dont il s'agit que des eaux pluviales, ménagères ou de lavage; il leur est expressément interdit d'y faire couler des eaux vannes de fosses d'aisances ou tout autre liquide pouvant nuire à la salubrité des égouts. Ils devront se conformer d'ailleurs à tous les règlements d'administration et de police faits et à faire sur le régime des égouts.
Art. 4. Faute par le propriétaire de pratiquer l'écoulement autorisé, on de remplir les conditions prescrites, le fait constaté sera poursuivi comme une contravention de grande voirie.
Art. 5. Dans le cas où les besoins du service public exigeraient la modification ou la suppression de l'écoulement dont il s'agit, le propriétaire ou ses ayants cause seront obligés de se soumettre aux prescriptions de l'administration^ sans avoir droit à aucune indemnité, pour quelque cause que ce soit.
Art. 6. Les travaux devront être terminés dans un délai de quinze jours, à partir de la notification du présent arrêté.
Le propriétaire devra prévenir, trois jours avant de mettre la main à VcatorCy r ingénieur ordinaire de la section^ demeurant rue
Art. 7. L'ingénieur en chef des eaux et des égouts est chargé de notifier le présent arrêté, d'en surveiller l'exécution, et de faire connaître l'époque de l'achèvement des travaux.
Fait à Paris, le 1863.
Signé : G. E. Haussmann.
Pour ampliation :
Le Secrétaire général,
En outre des dispositions types de Varrêté précédent, ^administra" tion autorise les suivantes :
Le minimum d'épaisseur fixé à 0*,30 pour le radier, les pieds-droits et la voûte des branchements particuliers peut, comme on le fait pour les égouts publics (220), être réduit à 0",20 lorsque la maçon-
GROS OBVRAGKS. 537
nerie, au lieu d'être en meulière et mortier de chaux hydraulique, est faite en meulière et en mortier de ciment romain.
La cheminée de ventilation n'est pas immédiatement exigible pour les maisons anciennes, sauf le cas de reconstruction complète de la façade.
Lorsque les dimensions de Tégout public et Taltitude de la voie ne permettent pas de donner à la galerie particulière la hauteur réglementaire de Sl",30, avec les 0",40 au moins de remblais entre l'extrados de la voûte et le dessous des pavés, on la construit néanmoins avec cette hauteur de 2",30, et l'on place son radier à 3",05 au moins en contre-bas de la surface du sol; le radier est ensuite rechargé par une couche de béton a laquelle on donne une épaisseur et une pente suffisantes. Ce faux radier est destiné à être supprimé au moment de la reconstruction de Tégout public ou de l'abaissement de son radier à l'altitude voulue pour satisfaire aux prescriptions réglementaires.
Quant il y a moins de 1 mètre de distance entre la maison et l'ègoût public, il n'y a pas lieu de faire un faux radier toutes les fois que la différence du niveau du point le plus bas de la voie publique et du radier de l'égout public est de plus de 3%05. Ce nombre doit être augmenté de % millimètres par mètre de distance de la maison à l'égout public.
Lorsque les eaux d'une maison sont amenées dans le branchement d'égout particulier par un tuyau, la prise d'eau a la hauteur des ruibseaux ou des caniveaux est ordinairement formée par une cuvette hydraulique à siphon, ayant pour but d'intercepter le passage aux émanations de l'égout. Cette cuvette s'adapte à la partie supérieure du tuyau de chute, dont l'extrémité inférieure débouche dans le branchement, sur le glacis réglementaire établi devant le mur pignon adossé au mur de la maison. Le tuyau de chute a ordinairement 0",22 de diamètre.
Bans ces dernier temps, on a fait l'application de nouvelles cuvettes composées d'un simple récipient posé sur le glacis, et dans l'eau duquel l'extrémité inférieure du tuyau de chute plonge de quelques centimètres. La fermeture hydraulique qui en résulte permet de supprimer la cuvette a siphon formant prise d'eau, en la remplaçant par un simple récipient à grille, dont on garnit l'extrémité supérieure du tuyau de chute, a la hauteur du ruisseau. L'expérience et le temps montreront si cette nouvelle disposition doit être préférée à celle suivie jusqu'alors.
En dehors des nouvelles cuvettes, imaginées par M. Belgrand, ingénieur en chef du service municipal, et établies en fonte par M. Godefroy, les systèmes de cuvettes à siphon qui paraissent donner les meilleurs résultats sont ceux avec coussin en caoutchouc de M. Rogier-Mothe, de MM. Guss et Truffât et de M. Damour.
538 DEUXIÈME PARTIE. — TRAVAUl DE BATIMENTS.
AUX termes de Farrèté préfectoral, les tuyaux de concession d'eau seront placés dans les branchements d'égouts particuliers dès que ceux-ci seront construits. Alors, les robinets d'arrêt de ces tuyaux doivent être manœuvres sous bouche et clef, et pour que la clef n'ait pas une longueur exagérée, il est nécessaire que la distance entre Textrados de la clef de voûte du branchement et le sol du trottoir ne dépasse pas de beaucoup i",30. Quand cette distance doit être dépassée, on élève le branchement particulier par un nombre suflSsant de gradins, ou, si cette disposition n*est pas possible, on élève la voûte du branchement, sur une longueur de 1 mètre contre le mur de façade, de manière a former une cheminée disposée det telle sorte que la conduite d'eau ne s'y trouve pas k plus de 1*,30 en contre^bas de la surface du sol.
55tf. Caves. Les caves doivent, autant que possible, ètre'^^^ et creusées assez profondément en terre pour que leur température se maintienne, en été comme en hiver, à très-peu de chose près invariable, et entre 48* et 14' centigrades.
Suivant Rozier, « si la cave n'a pas les qualités requises, la fermentation insensible des vins passe promptement a la fermentation acide , qui annonce la désunion des principes constituants de la liqueur, et enfin h \b, fermentation putride ^ qui est l'effet de cette désunion lorsqu'elle est complète.
« Deux causes toujours agissantes, mais singulièrement variables dans leur action , s'exercent du plus au moins sur la liqueur spiritueuse, et tendent sans cesse a la désunion de ses principes, et oonséquemment à leur décomposition. Ces deux causes sont Fair atmosphérique et la chaleur, ou plutôt l'air atmosphérique seul, dont l'influence sur les liqueurs spiritueuses est plus ou moins funeste, selon qu'il est plus ou moins chaud, plus ou moins humide.
0 Si le vent est au nord pendant quelques jours, ce qui influe nécessairement sur l'état de l'atmosphère, les vins s'édaircissent dans les tonneaux, «t c'est le moment le plus favorable pour les soutirer, ou pour les tirer en bouteilles après les avoir soutirés. Si , au contraire, le vent du sud souffle, le vin perd une partie de sa transparence , il se trouble.
« Il est donc démontré que Fair atmosphérique agit sur le vin dans les tonneaux, et que plus il est exposé à son action, plus il «st sujet à se décomposer. »
Ainsi , pour conserver les vins le plus longtemps possible , il faut les soustraire aux variations de Fatmosphère , afin d'empêcher leur fermentation insensible d'en être altérée ; car c'est de son prolongement que dépend la qualité du vin.
Les caves doivent donc avoir les formes et les dispositions qui leur fournissent cette propriété.
Loraqua ka feuilles d^uB bâtimant en construetios sent aiorîyées à la profondeur du sol dés eaYes, indiqué sur le plan , si Ton est sur un terrain solide, on se borne à fouiller, à 0",â5 pu O^^dp en oontre^ bas de ce sol « les rigoles pour la fondation des gros murs. Si , au contraire, le sol n'offre pas une résistance suffisante, qn le consolide par les moyens ordinaires, afin d'assurer la stabilité des fondationa de ces inurs (33i9).
Quand les fondations des murs sont remplies jusqu'il la bauteur du sol des cates, le chef d'atelier place les broches (SI33) pour ériger les murs de face et ceux de refend , qui servent ordinairement de pi^ds-droitsaux voûtes; il trace sur l'arase des fondatiofis les baies dft portes, et il fait commencer la pose des marches d'escalier des f^ave^^
l>ai\s cette première implantation des fondations 'd'un bâtiment , le chef d*atelier ne saurait jamais apporter trop de soin et d^apti* tude k bien observer la valeur et la position des coies indiquées sur le dessin que Tarchitecte lui a remis; il doit également revérifier la pose de ses lignes, lorsqu'elle est terminée, quelque attention qu'il ait apportée à suivre les indications du plan ; les fausses en-coches qui peuvent exister sur les broches doivent être enlevées avec soin, afin que les ouvriers, par erreur, n'y placent pas leurs lignes; sans toutes ces précautions, il pourrait arriver que les par-^ ties supérieures des murs se trouvassent en porte-k-faux sur celles inférieures, lorsqu'il faudrait les ériger suivant le plan du reanle»» chaussée.
La haiiteurdes naissances des voûtes et des pénétrations dans œs dernières, pour pertes ou couloirs, doit être parfaitement déter* minée, afin de ne pas être obligé de déraser. Surtout lorsque les maçonneries des murs pieds-droits sont en moellons piqués, Vo^* vrier doit apporter toute son attention k bien araser les naissances, et lorsque cette opération est terminée, on procède a l'établissement des voûtes.
Pour ce travail, le charpentier, et parfpis mémo le maçon, com^ mence par poser les fermes de cintres, et faire un échafaud en plaçant des planches sur les entraits de ces fermes. Ce travail préparatoire terminé, le maçon construit la voûte en ne posant les couchis qu'au fur et k mesure que le trayail avance.
Gomme nous Tavons déjà dit, le plus grand soin doit être apporté par les ouvriers dans Texécution de la voûte : tous les moellons formant voûte doivent être posés k bain de mortier et fortement affermis avec la hachette; 11 doit en être de même des contre-clefs, et surtout de la clef, que l'on a soin de bien enfoncer entre deux lits de mortier. On doit préférer pour les voûtes le hourdage en mortier a celui en plâtre , qui n'est malheureusement que trop employé à Paris.
Pour les petites voûtes d'arête ou en arc de cloître provenant de pénétrations de portes, Fouvrier commence d'abord par faire, pour servir de cintfe, un pâté en garnis posés a sec, qu'il recouvre d'une couche de plâtre sur laquelle il trace les joints des moellons , si ces derniers sont piqués; il taille et dispose ensuite les moellons de manière qu'ils remplissent les conditions d'appareil que nécessitent ces voûtes et leurs positions. Ce genre de travail présente parfois d'assez grandes difficultés d'exécution, surtout pour des ouvriers qui n'ont très-souvent aucune notion de coupe des pierres; aussi le maître compagnon a-tril soin de ne les confier qu'à ceux de ses hommes qu'il juge les plus capables et les plus habitués à cette nature d'ouvrage.
Les voûtes de caves étant fermées, on remplit leurs reins de moellonn ailles, recoupes de pierres ou autres menus matériaux qui se trouvent sur le chantier, et que l'on doit avoir soin d'enfoncer dans le mortier en les frappant avec la hachette. Ce remplissage s'arase ordinairement de niveau au-dessus de l'extrados de la voûte , afin de pouvoir poser dessus le carrelage formant le sol , oa les lambourdes sur lesquelles on veut fixer un plancher; c'est cette dernière disposition qu'indique la figure 127, qui représente la coupe verticale d'une cave dont la fondation d'un mur de face forme un pied-droit, et celle d'un mur en retour, également de face, forme un pignon.
556. Les pénétrations dans les voûtes de caves mettent parfois les ouvriers dans un assez grand embarras; mais comme les difiScultés qu'ils éprouvent proviennent plutôt de leur ignorance d'une bonne manière de s'y prendre que des difficultés propres du travail, nous allons nous en occuper d'une manière particulière.
Fig. It7.
Dans la figure 127, à l'échelle de 0",0l pour mètre, nous avons réuni les pénétrations qui se rencontrent souvent, et qui méritent quelque attention. Ce sont : 1* un soupirail S dans le pied-droit de la voûte ; 2* un soupirail S' dans le pignon ; 3* une porte de communication P de 1 mètre de largeur, voûtée en plein cintre et pénétrant dans la grande voûte.
Nous-avons indiqué ci-dessus la manière d'établir les petites
Pig «tt. voûtes de pénétration couron-
nant une porte de communication; examinons maintenant la manière de procéder pour établir un soupirail ordinaire , c'est-à-dire un de ceux de la figure 127, celui pratiqué dans le pied -droit, par exemple.
Quoique la forme des soupiraux soit très -variable, la marche à suivre pour leur exécution est toujours, à peu de chose près, celle qui va être exposée. Dans presque tous les soupiraux, il existe des plans inclinés qui nécessitent la pose de quatre lignes pour guider pendant l'exécution.
La partie de mur supérieure à la naissance c du soupirail n'étant pas construite, Jig, 127 et 128, on commence par établir cette naissance parfaitement de niveau; ensuite on place deux broches horizontales/,/, de manière que leurs arêtes intérieures supérieures se trouvent dans un même plan , et qu'elles coïncident avec les arêtes supérieures 6 et d des plans inclinés du soupirail. Deux petits montants rw, m\ fixés sur des petits piquets p, p\ enfoncés dans la berge on de la fouille, et consolidés par des patins en plâtre, maintiennent les broches dans leur position. Cela fait, on marque, par des encoches 6, 6' et d, d\ sur les broches/,/', la largeur du soupirail à sa partie supérieure, et par des clous implantés dans la maçonnerie , en c, c', la largeur k la partie inférieure. On tend deux lignes cd et c'd* ; elles guident dans la pose des moellons formant le plan incliné inférieur cd du soupirail, et elles déterminent les angles rentrants inférieurs cd, c'd'. On détermine aussi la position du plan incliné supérieur du soupirail et de ses angles rentrants par deux lignes ah et a'b\ fixées par une extrémité à la broche supérieure/, et par l'autre k des clous implantés en a et a' dans les couchis du cintre de la voûte de la cave. Les quatre lignes étant ainsi tendues, il est très-facile de réserver les quatre faces du soupirail en construisant les pieds-droits de la voûte et la voûte elle-même.
Quand les voûtes sont légères et qu'elles ont très-peu de flèche, on donne ordinairement au plafond supérieur du soupirail la forme d'une voûte conique qui vient pénétrer dans la voûte de la cave.
557. Étanchement des caves. Nous avons dit au n* 335 qu'une cave, pour être bonne, devait être sèche. Cette qualité est en effet d'une très-grande importance, non-seulement pour la conservation des
Tin«; mais encore pour celle des tonneaux. Dans une cave humide, 1b8 cercles pourrissent en très-peu de temps, ainsi que les douves; en est obligé san« isesse de relier les tonneaux pour ne pas s'exposer à éed pertes Mquentes, et cet entretien devient parfois très-dispendieux.
Une cave est presqùis toujours sèche lorsqu'elle est fouillée dans ttti bon terrain , dans lequel les eaux ne pénètrent pas; cette nature de terrain se rencontre assez communément dans les pa)rs vignobles.
Dans les localités où les eaux se trouvent à une très-fidble profondeur dans le sol ^ <Bt dans celles où les caves , sèches pendant une partie de Tanoée , se remplissent d'eau par suite des erues des rivières avoislnantes, on est obligé, pour s'opposer k renvahissement deft eaux et maintenir les caves dans un état convenable de sécheresse, d'avoir reeours à divers m(>yens que fournit l'art de construire.
Utt de ces moyens consistCi s'il s'agit d'une cave neuve k construire, k fouiller entièrement le sol, jusqu'à une profondeur de 9*,S5 ou #",30, suivant la charge d'eau, et a remplir loute l'excavation par un radier en béton hydraulique. Cela fait, on construit les murs €b boas matériaux hourdés en mortier hydraulique, et l'oo recouvre las parois intérieures de la cave d'un enduit de O'fOi a 0"|A5 d'épaisseur en mortier de ciment Oariel {$38} , composé de trois parties de ciment pour deux parties de sable. Enfin, sur le radier en béton, on établit une voûte plate renversée, ayant 0",03 ou 0",04 de flèche par mètre de corde, et une épaisseur de un ou deux rangs de briques posées à plat; cette voûte est hourdée en mortier de ciment, et on la recouvre encore d'un enduit semblable k celui des parois.
Si c'est une ancienne cave que l'on veut rendre sèche, conune dans les cas précédents^ on fouille le sol pour établir le radier en béton et la voû;te renversée. Quant aux murs, si les maçonneries en sont bonnes , il suffit de les dégrader et nettoyer partaitement, afin qui» l'enduit en ciment romain y adhère bien ; si , au coniraire, les murs sont en mauvaise maçonnerie, pourris k la surface, on est obligé de les hacher sur une certaine épaisseur, et d'ériger dessus un contremur en briques ou des parpaings posés en mortier de ciment, et c'est sur ce contre-mur, comme sur le radier, qu'on applique l'enduit en ciment.
Nous avons souvent enLècuté des travaux de ce genre pour caves, ' citernes, fosses d'aisances, etc. ; les résultats que nous avons obtenus avec le ciment Qariel ont toujours été parfaits sous le rapport du complet étanchenaent.
Dans quelques localités, on en^doie le moyen suivant pour rendre sèches les caves; mais tout en étant presque jkussi .coûteux que le précédent, il donne des résultats peu satiafaiaaots* Il consiate à
garnir le derrière des murs de la cave^ depuis le bas dés fotidàtîons jusqu'au niveau du terrain extérieur, d'un contre-massif de 0",30 à 0"',40 d'épaisseur en glaise corroyée et pilonnée ; à établii* également sur le fond de la cave un massif en glaise de é",50 d'épaisseur, Sut* lequel on pose un radier en maçonnerie de moellons hourdéë M mortier ordinaire de chaux et de ciment de tuileaux.
558. Dimensions des caves. Il est difficile de poser des règles générales pour fixer les dimensions ^ donner aux caves. Dans les bâtiments ordinaires, leur largeur est le plus souvent déterminée par celle dé ces bâtiments ; dans les pays vignobles, au contraire, c'est la largeur des caves qui détermine celle des bâtiments que l'on doit élever dessus. Dans ce dernier cas , la largeur des caves se fixe d'après les dimensions locales des tonneaux , et les intervalles qdi doivent exister entre les rangs de tonneaux pour la facilité de la Surveillance et la commodité du service , sans qu'il y ait jamais de terrain perdu.
Pour les maisons particulières, la longueur des caves est ordinairement relative k la consommation des habitants ; pour les vignobles, elle est subordonnée à l'importance cle.rexploitation.
559. Rez-de-chaussée. Les voûtes de caves étant fermées, et leurs reins remplis, on procède à l'implantation des murs du rez-dechaussée du bâtiment. Le chef d'atelier pose les broches et tend les lignes; il trace, conformément au plan, les baies des portes, ainsi que celles des croisées, dont les allèges sont montées après coup ; il doit toujours vérifier avec soin le tracé lorsque les divisions sont faites et qu'il a marqué les axes des baies , cela est d'autant plps important que ce sont ces axes qui lui servent de points de départ pour le tracé des baies des étages supérieurs ; il trace également les saillies des avant-corps et des pilastres, ainsi que les emplacements des piliers, quand il y en a; il érige les cheminées, en faisant monter-^ c'est-à-dire construire, leurs jambages en plâtras ou éû briques, quand toutefois les coffres doivent être en saillie sur les murs; car lorsque les cofires sont réservés dans l'épaisseur des murs , leurs jambages ne se construisent qu'en faisant les cheminées; on établit seulement un petit arceau pour supporter la languette de face qui affleure le mur. Les tuyaux de cheminées se réservent au fur et k mesure qu'on monte les murs dans lesquels ils se trouvent.
Pour les baies de portes et de croisées, le maître compagnon fait pig 1 jg faire sur le mur, k l'emplacement des
jambages, avec une poignée de plâtre, des petits enduits sur lesquels il fait plus facilement le tracé complet des baies, tableaux, feuillures et embrasements, >î^. 129. L'ouvrier doit ensuite ériger le mur en tenant la
maçonnerie à 0",02 ou 0*,03 du contour du tracé, afin de'Jaisser une charge ou épaisseur de plâtre nécessaire au ravalement.
Lorsque les lignes sont posées et les ouvertures tracées, les ouvriers commencent la maçonnerie des murs de face et de refend, en apportant tous leurs soins k bien liaisonner leurs matériaux, et k les hourder de manière qu'il n'existe aucun vide.
Nous ne voulons pas dire aux maçons que le stimulant qui provient souvent de Tamour-propre qu'ils ont de ne pas se laisser manger^ c'est-k-dire dépasser dans leur travail par leurs voisins, doit être mis de côté; nous avons, au contraire, toujours cherché k le provoquer, mais en leur observant que jamais ils ne doivent faire vite aux dépens de la bonne exécution du travail , et se servir de ces moyens que certains grands bâcleurs de besogne emploient au préjudice de la solidité de la construction. A ce sujet, nous croyons devoir rappeler le fait suivant :
Ayant k surveiller la construction d'un bâtiment k un étage, destiné k durer deux ou trois ans seulement, et composé de six trumeaux d'à peu près même dimension , nous avons donné k faire trois de ces trumeaux k trois de nos meilleurs et plus consciencieux ouvriers, et les trois autres k trois*nouveaux embauchés, qui paraissaient disposés k faire une quantité considérable de besogne, afin de manger les anciens du chantier. Les six trumeaux étant arasés k la hauteur des linteaux des croisées, les anciens ouvriers étaient restés en retard , et avaient fait 1/2 mètre cube de maçonnerie de moins que les nouveaux. Mais ceux-ci, pour devancer leurs camarades, posaient les moellons k sec les uns sur les autres, en se contentant de mettre seulement du plâtre k la surface pour boucher les joints ; puis, faisant gâcher du plâtre voyage sur voyage, ils en remplissaient l'intérieur du mur sans prendre le temps de mettre des garnis. Ils employaient ainsi une quantité considérable de plâtre, et, malgré cela, il restait toujours des vides, de sorte que les moellons se trouvaient posés k sec sur une partie de leur surface. De nos observations sur ce travail, il est résulté que les nouveaux ouvriers ont, d'un côté, fait de plus que les anciens 1/2 mètre cube d'une maçonnerie dont la maind'œuvre était payée de 4 fr. k 4',50le mètre cube ; mais que de l'autre, ils avaient employé de plus que ces derniers 0"%15 de plâtre, évalué k 16 francs le mètre cube; ainsi, ayant produit une économie de main-d'œuvre de 2 francs k 2',25, ils ont fait, en matière, un excès de dépense de 2', 40, et cela, tout en ne faisant qu'une maçonnerie que tout bon constructeur aurait dû faire démolir, s'il s'était agi d'une construction de durée, ou même de plusieurs étages.
Lorsque le socle d'un bâtiment est en pierre, on procède en même temps k sa construction et k la pose des parpaings destinés k supporter les pans de bois de séparation. Un chef d'atelier doit placer
tout son personnel de manière que les gros murs s'élèvent à* peu près ensemble, ainsi que les pans de bois, quand il y en a; quant aux cloisons légères, on les fait en même temps que le ravalement extérieur du bâtiment.
Quand tous les murs sont élevés k 4 •,50 environ au-dessus du sol du rez-de-cbaussée, les ouvriers établissent les échafauds (136), qu*ils chargent de matériaux, et ils continuent à monter les murs jusqu'à la hauteur du dessous des linteaux des croisées. Ils posent alors ces linteaux bien de niveau (261), et ils élèvent les murs jusqu'à la hauteur du dessous des solives du premier plancher. Pour déterminer avec exactitude la position du dessous des linteaux et celle du dessous des solives, le maître compagnon doit faire à l'intérieur du bâtiment un nivellement général, qu'il rapporte sur les murs en traçant une ligne avec la pierre noire à 1 ou 2 mètres en contre-bas de l'arase du plancher. En se guidant sur cett^ ligne, et en jaugeant avec une règle de 1 ou 2 mètres de longueur, le maçon parvient à araser les murs, sur lesquels on pose alors les linteaux ou les solives. Parfois, afin d'obtenir plus de régularité encore dans Farase des murs, et de poser les solives mieux de niveau dans tous les sens, ce qui ne contribue pas peu à diminuer la quantité de plâtre à employer pour dresser le plafond, le maçon fait une arête en plâtre à la hauteur du dessous des solives.
Lorsque les solives sont posées, on les scelle en remplissant les intervalles qui les séparent dans l'intérieur des murs, et on arase tous les murs du bâtiment à la hauteur du dessus des solives.
Quelquefois on fait de suite les augets des plafonds et les bandes des trémies, ainsi que les pigeonnages des cheminées qui sont en saillie sur les murs ; mais ces travaux n'étant ordinairement faits que lors du ravalement intérieur du bâtiment, nous ne nous en occuperons qu'en traitant cette opération.
540. Étages supérieurs. Les murs étant arasés au niveau du dessus des solives du .premier plancher, les ouvriers posent les échasses devant les parements extérieurs des murs, et placent les premiers rangs de boulins à la hauteur de l'arase; dans ce travail, ils doivent prendre toutes les précautions de solidité détaillées au n** 139. De son côté, le maître compagnon renouvelle ce qu'il a fait au rez-dechaussée pour l'implantation des murs ; ainsi il place de nouveau ses lignes, trace les baies des portes et croisées et érige les cheminées, en opérant comme à Tétage inférieur, en prenant les mêmes soins et en se conformant au plan du premier étage qui lui a été remis. Quand les baies des portes et croisées sont à l'aplomb de celles du re^e-chaussée, on détermine les positions de leurs axes au moyen du fil à plomb; puis on en fait le tracé comme il a été dit au numéro précédent.
Toutes les dispositions d'implantation et de tracé étant prises, leé ourriers continuent à élever les murs et à hourder les pans de bote jusqu'à la hauteur des linteau* des portes et croisées, et à celle do dessous des planch'ers, où ils font une arase; on pose les linteaux et les solives comme à l'étage inférieur, et on arase encore à la hauteur du dessus des solives.
Pour tous les autres étages, on opère de la même manière qu^ pour le rez-de-chaussée et le premier étage, en prenant les mêmes précautions et en suivant le même ordre d'exécution des divers travaux.
341. De quelques précautions à prendre dans texécution df> la ma-çonnerie d'un bâtiment. Lorsque les jambages des portes et croisées sont en maçonnerie de moellons, l'ouvrier doit, pour ^' *'^' obtenir une parfaite liaison entre ses matériaux, superposer successivement un carreau ou mieux un parpaing et deux boutisses, fig. 130, et les boutisses extérieures se mettent un peu en saillie pour préparer la feuillure. On prend les mêmes précautions lorsque» à un mur qu'on élève d'aplomb, doit se rattacher un autre mur que l'en construira par la suite ; c'est ce qu*on voit faire journellement aux angles des maisons que l'on élève isolées, et auxquellei on doit, par la suite, relier des constructions voisines.
Ainsi posées en saillies les boutisses prennent le nom de harpes.
En parlant de leur pose, on dit lâcher harpes.
Lorsque la construction d'une partie seulement d'un mur doit être
ajournée quelque temps, on pose les moellons de
Fig. 131. raccordement successivement en retraite^ comme Hn-
&dique la figure 434 ; c'est ce qu'on nomme déharper\ on dit encore poser en déharpement.