‹ Pratique de la perfection chrétienne (volume 3)Chapitre 44 sur 68 · CHAPITRE XI1L · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI1L

De ce que nous devons faire pour acquérir tous les jours une plus grande pureté d'intention.

Saint Ignace expliquant clans ses Constitutions (i) de quelle manière il faut que nous augmentions tous les jours en droiture et en pureté d'intention : Que tous , dit-il , s'étudient à avoir une intention droite , non-seulement en ce qui concerne l'état de leur vie en général, mais aussi dans toutes leurs actions en particulier, ne se proposant en toutes choses que de servir Dieu et de lui plaire , et se portant à cela , plutôt pour l'amour de lui-même, et en reconnoissance des bienfaits qu'on a reçus , que parla crainte du châtiment ou par l'espoir de la récompense ; quoique cependant ces deux motifs ne laissent pas d'être bons, et de pouvoir être employés utilement. Il y a plusieurs manières de chercher Dieu , et de le servir. Le servir par la crainte des peines , c'est toujours le chercher et faire une bonne action ; Ï)arce que la crainte , quoique servile , ne aisse pas d'être bonne, et d'être un don de Dieu. C'est pourquoi le Prophète royal la demandoit en s'écriant : Seigneur , pé-

(1) 3. Part. Const. c.i.% 16. Reg. 17. Summarii.

2g6 VAUT. I. TRAITÉ III. CIIAP. XIII.

nétrcz ma chair de votre crainte (i). Que si véritablement on se disoit à soi-même , et qu'en effet on eût ce sentiment clans le cœur : S'il n'y avoit point d'enfer, et que je n'eusse point peur du châtiment, j'offenserois Dieu , les théologiens tiennent que ce seroit pécher , parce que ce seroit avoir actuellement une volonté mal disposée. Mais de nous servir de la crainte des peines , de l'appréhension de la mort , et de la frayeur des jugemens de Dieu , pour nous exciter à servir Dieu , et pour nous abstenir de l'offenser ; cela ne peut être que louable, puisque c'est pour ce sujet que la sainte Ecriture nous représente si souvent ces mêmes choses, et nous en fait des menaces si terribles.

C'est encore chercher Dieu , que de le servir pour la récompense que nous en espérons dans la gloire; et c'est même le chercher d'une manière plus parfaite que la première, parce qu'il y a plus de perfection à faire les choses dans la vue de la récompense , qu'à les faire par le motif de la crainte. Moïse agissoit dans cette vue; et saint Paul nous l'apprend , lorsqu'il dit : Ce fut par la foi que Moïse , dès qu il fut devenu grand , renonça au titre de fils de la fille de Pharaon : aimant mieux d'être affligé avec le peuple de Dieu , que de jouir des avantages passagers du péché , et préférant l'ignominie de Jésus-

(1) ConGge timoré tuo carnes meas. Psal. n3. 120.

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Christ à toutes les richesses des Egyptiens ; car il envisageoit la récompense à venir 1 1). C'est aussi clans cette même vue et clans ce même esprit crue le Psalmiste disoit : J'ai disposé mon cœur à observer toujours vos commandement } à cause de la récompense que j'en espère (aiï.

Ces deux motifs de la crainte et de l'espérance sont clone bons , et nous pouvons nous en servir pour nous exciter au bien, et pour nous détourner du mal. Mais saint Ignace vent que Ton passe outre, que l'on s'élève davantage le cœur, et que l'on ait de plus liantes pensées. Aspirez h de plus grands dons , et je vais vous montrer une voie plus excellente ^3. Il ne se contente pas que l'on cherche et que l'on serve Dieu de quelque façon que ce soit; mais il enseigne un chemin encore plus parfait ; il veut qu'on le cherche et qu'on le serve purement à cause de luimême , à cause de sa bonté infinie, enfin a cause que Dieu est Dieu; et en cela est compris tout ce que l'on peut s'en figurer de plus grand et de plus sublime.

Les Pères de l'Eglise, saint Basile, saint

(1) Fide Moyses grandis Fa cl os , negavit se esse filium filix Pharaonis, magis eligens affligi cum populo Dei, quàm temporalis peccati habere jucunditatem , majores diviiias sestimans thesauro jEgyptiorum improperium Christi; aspiciebatenim inreinunerationeai. Adllœb. u. i\. ib et 26.

(2) lnclinavi cor meum ad faciendas justificationes tuas in aeternum, propter retribulionem. Ps. 118. 112.

(3) yEmulamini charismata meliora , et adbùc excellentioreru viam vobis demonstro. 1. Cor. 12. 3i.

Chrysostôme et saint Grégoire (i), traitent parfaitement bien cette matière. Ils font une comparaison de ceux qui servent Dieu pour la recompense qu'ils en attendent, et disent que ces gens-la sont semblables à Simon le Cyrénéen , qui portoit la croix de Jésus- Christ pour un certain prix dont il étoit convenu. Ils ne veulent pas que ce soit là ce qui nous fasse agir ; et il ne faut pas , disentils , que comme des serviteurs peu affectionnés , nous regardions quelle récompense on doit nous donner ; car c'est plutôt le fait d'un mercenaire , qui ne songe qu'à son intérêt , que d'un serviteur qui aime bien son maître ,2). Ils veulent que nous soyons portés par un plus noble motif , que nous servions Dieu comme ses enfans , et purement pour l'amour de lui. Il y a beaucoup de différence, ajoutent-ils , entre le service d'un esclave , celui d'un mercenaire, et celui d'un fils. L'esclave ne sert son maître que par la crainte du châtiment ; le mercenaire se propose la récompense , et s'il est soigneux de bien servir , c'est qu'il croit qu'en servant bien il en sera mieux récompensé ; mais le fils en use autrement , cest par pur amour qu'il sert son père ; et lorsqu'il a un extrême soin de ne rien faire qui puisse l'offenser, ce n'est

(0 Basil, in Regul. fus. disputalis , in Proœmio. Chrys, hom. 2. su/), ep. ad Rom. Greg. I. S. Moral, c. 5o.

(2) More ingratorum servorutii , supputaudo mercedem : hoc enim xuercenarii potiùs quàm grati servi est. Basil, ubi, sup.

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point qu'il en appréhende aucun châtiment , ou qu'il en espère aucune récompense ; mais c'est que l'amour lui donne naturellement cette délicatesse et cette attention. Ainsi , quoique son père soit pauvre, et qu'il ne puisse rien lui laisser , il le sert et l'honore ; parce que la qualité de père l'y oblige, et pourvu qu'il le contente , il se croit assez payé de son service et de sa peine. Nous devons servir Dieu de la même sorte, disent ces grands Saints ; non pas comme des esclaves , par l'appréhension d'en être châtiés, ni comme des mercenaires qui n'envisagent que la récompense et le gain; mais comme ses véritables enfans , puisqu'il nous a fait la grâce de vouloir que nous le fussions. Regardez quel amour le Père a eu pour nous , dit saint Jean , de vouloir quon nous appelle enfans de Dieu , et qw nous le soyons en effet (i). Puisque nous le sommes donc véritablement , puisque c'est avec raison que nous appelons Dieu notre père , et Jésus-Christ notre frère, aimons et servons Dieu comme ses enfans, honorons -le et respectons - le comme un père , et comme un père si digne de notre obéissance et de nos respects. Que ce soit purement pour l'amour de lui que nous agissions ; que ce soit pour lui plaire , que ce soit parce qu'il le mérite , étant ce qu'il est , et parce que sa bonté infinie mériteroit

(1) Videte qualem caritatem dédit nobis Pater, ut filii Dei nominemur et simus. 1. Joan. 5. 1.

300 PART. I. TRAITÉ III. CHÀP. XIU.

encore mille fois davantage , quand nous aurions mille cœurs et mille vies pour Les employer a l'aimer et a le servir.

Si vous avez été digne de faire quelque chose qui plaise à Dieu , dit saint Clirysostôme , et que vous cherchiez quelque autre récompense , que celle d'avoir mérité de lui plaire, vous ignorez, sans doute, quel grand bien c'est de plaire à Dieu : car si vous le saviez, vous ne désireriez jamais aucune autre récompense (i). En effet , quel plus grand bien pouvons-nous souliaiter , que de lui plaire ? Soyez imitateurs de Dieu , dit saint Paul , comme ses très-chers enfanSj et attachez-vous à l'aimer , comme Jésus - Christ nous a aimés (2V Ajoutons encorelaréilexion que fait saint Bonaventure, quand il dit : Considérez que Dieu votre bienfaiteur vous accorde ses biens de telle sorte , qu'il n'exige rien de vous , et n'a besoin ni de vous , ni de quelque créature que ce soit (3) : et non-seulement il n'exige rien de nous, non-seulement c'est sans aucun intérêt qu'il nous aime et qu'il nous a comblés

(1) Si omninô dignus fueris agere aliquid quod Deo placeat , et adhiic prêter hoc ipsum , quod placere rneiuisti , niercedem req.iris, verè ignoras quantum boni sit placere Deo : si enim scires, nnnqoàm alkid quid extrinsecùs mercedis aut muneris expeleres. Chrysost. lib. de compunct. cord.

(2) Estote imitatores Dei sicut Glii carissimi, et arubukte in dilectione sicut et Christus dilexil dos. Ephes. 5. i et 2.

(5) Considéra quod ipse beoefactor tuus Deus ità tibi benefaciat , ut nihil à te répétât, nec te, nec aliquâ creaturâ jndigeat. Bcnav. iom. 2. opus in fascls, c. 6.

PURETÉ D'iNT.'DANS LES ACTIONS. 3oi

de tant de grâces ; mais il lui en a même coûté son sang et sa vie. Voilà de quelle manière nous devons aimer Dieu purement pour lui, et sans aucun mélange de notre intérêt particulier : les vertus mêmes et les dons surnaturels, nous devons les souhaiter, non pas pour notre avantage et pour notre satisfaction , mais pour lui seul, pour sa plus grande gloire , et pour avoir de quoi lui être plus agréables, et mieux le servir.il faut même aller plus loin , ne désirer la gloire éternelle que dans cette vue : tellement que lorsque pour nous exciter à la vertu, nous nous représentons à nous-mêmes la récompense qui est attachée aux bonnes œuvre? ,ce n'est pas 1k ce que nous devons nous proposer pour notre but principal ; mais notre dernière fin doit être d'aimer et de louer Dieu à jamais, et de songer que plus nous serons élevés dans la gloire , plus nous pourrons le glorifier et le bénir.

C'est la ce qui s'appelle un véritable amour de charité et de zèle , un véritable et parfait amour de Dieu ; et c'est là proprement ne chercher que Dieu et sa plus grande gloire. Tout le reste n'est, à proprement parler, que nous chercher et nous aimer nous-mêmes ; ce qui se comioîtra encore aisément par la différence que les théologiens et les philosophes mettent entre l'amour parfait, qu'ils appellent amour d'amitié, et l'amour de la concupiscence.

L'un porteà aimer pourle bien de celui qu'on aime, et pour l'amour de la vertu, sans avoir aucun égard à son intérêt proprej'autre fait aimer, non pas tant pour l'amour de ce qu'on aime, que pour l'avantage qu'on espère d'en retirer. C'est ainsi que l'on aime d'ordinaire les gens ricîies et puissans, et que l'on s'attache à eux par le seul motif de Futilité, et il est aisé de voir que cette espèce d'amour, bien loin d'être parfaite , n'est pleine que d'amour-propre ; puisque c'est moins aimer son ami , que s'aimer soi-même , et chercher ses commodités particulières. Ceux qui servent Dieu ou par la crainte des peines, ou par l'espérance de la gloire, font la même chose : tous leurs sentimens sont mêlés d'amour-propre , et ils ne cherchent point Dieu d'une façon pnre et désintéressée. C'est ce que Jésus-Christ nous apprend dans saint Jean , lorsqu'après avoir fait ce fameux miracle de rassasier cinq mille hommes avec cinq pains et deux poissons , il se tourna vers le peuple qui le suivoit en foule, et leur dit : En vérité, en vérité , je vous dis , vous me cherchez, non pas à cause des signes que vous avez vusy mais à cause des pains que vous avez mangés > et parce que vous avez été rasssasiés : travaillez } non pas pour avoir une nourriture périssable , mais pour en avoir une qui dure éternellement (i). Or, cette

d) Amen, amen dico vobis : quaeritis me , non qnia vidi* tis signa, sed quia manducâstis ex panibus, et saturatiestis.

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nourriture , c'est Jésus-Christ lui-même , c'est de faire purement la volonté de Dieu. Ce fut une réponse très-judicieuse et trèssainte, que celle que fit, selon Gerson (i), un serviteur de Dieu , qui faisoit une pénitence très-austère , et qui étoit continuellement en oraison. Le démon, jaloux des progrès qu'il faisoit dans la perfection , et voulant l'en détourner, l'attaqua un jour trèsvivement sur le sujet de la prédestination , faisant retentir souvent ces paroles a son imagination : Pourquoi te tourmentes-tu de la sorte ] Pourquoi prends-tu tant de peine] Tu as beau faire, jamais tu ne seras sauvé ! Ce n'est point à cause de la récompense que je sers Dieu, répondit ce saint personnage, mais c'est à cause de lui-même, et par cette seule réponse , il se délivra de la tentation qui le pressoit , et rendit le démon confus. Mais saint Bernard passe encore plus avant , et veut que dans toutes nos actions nous nous souvenions si peu de nous-mêmes , et que nous soyons tellement détachés de toute sorte d'intérêt particulier , qu'il n'estime pas que ce soit encore assez d'aimer et de servir Dieu , comme les enfans aiment et servent leurs pères. Il demande quelque chose de plus pur, de plus parfait et de plus élevé. Car enfin , dit-il , il est vrai que

Operamini non cibum qui périt , sed qui permanet in vitam seternam. Joan.6. 26 et 27.

(1) Gerson.

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les enfaris aiment leurs pères; mais ils songent à leur succession, et tant qu'ils appréhendent de la perdre de quelque façon que ce soit, peut-être rendent-ils plus de respect a celui de qui ils doivent l'attendre, mais peutêtre aussi l'en aiment-ils moins. L'amour m'est suspect, lorsqu'il paroît entretenu par l'espérance d'acquérir quelqu'autre chose; il est foible, lorsqu'il peut se ralentir, ou s'éteindre , si l'espérance en étoit ôtée; et il est impur, lorsqu'il est capable de désirer quelque autre chose que lui-même. Le pur amour n'est point mercenaire : le pur amour ne doit point a l'espérance ce qu'il a de force et de tendresse, et il ne diminue point , pour n'espérer rien (i). Il veut dire que le pur amour n'a pas besoin d'être excité par l'espoir de la récompense , pour se portera servir Dieu et à travailler ; et que quand même il sauroit qu'on ne lui en devrait donner aucune , il ne perdrait pas courage, et ne laisserait pas toujours d'agir, parce que ce n'est pas l'intérêt, mais la seule tendresse qui est la règle et le motif de tout ce qu'il fait. Mais quel est donc cet amour si parfait et si élevé , qui surpasse celui des en*

(1) Amant enim fîlii, srd de hrereditale cogitant, quam dùm verenlur qnoquo modo amittcre , ipsam à quo' expectatur ha-reditas pins reverenti:r, minus amant. Suspectas est mihiamor, cui aliud quid adipiscendi spessulTragaii videtur: infirmas est qui forte spe subtractâ aut exlinguitur aut minuitur : impunis est, qui et aliud cupit. Purus amor merceuarîus non est. Purus amor de ?pe vires non sumit, nec tarnen diffidentiae damna sentit. Bern. scrm. 85. sup. Cant.

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fans envers leurs pères? "Voulez-vous le savoir , dit ce grand Saint ? c'est l'amour que l'épouse a pour l'époux ; car le véritable amour est content de lui seul (i), et il borne ses désirs et sa récompense à ce qu'il aime. Enfin, cet amour de l'épouse et de l'époux est tel, que se renfermant entièrement dans l'objet aimé , l'on ne cherche rien au-delà , et l'autre n'a rien d'ailleurs a souhaiter , C'est là toute leur affaire , et c'est ainsi , dit saint Bernard, que toute la nôtre doit être d'aimer Dieu , qui est l'époux de nos âmes. Aimons-le pour lui-même , et faisons de cet amour toute notre satisfaction et notre joie: car l'amour se suffit à lui-même ; il plaît par lui-même et pour lui-même ; il est luimême son mérite et sa récompense; et comme au-delà de lui-même , il ne cherche aucune raison pour aimer , il ne prétend aussi au-delà de lui-même aucun avantage en aimant : le fruit et l'usage de cet amour est j'aime , parce que j'aime ; j'aime pour aimer (2).

Mais ne pensez pas, dit saint Chrysostôme , que pour n'avoir pas la récompense; en vue , votre récompense en puisse être

(1) Sponsae hic amor est, amor se ipso contentas. Beru, tic ditig. Deo. e. 5.

(2) Habet praemitim , sed id quod amatur. Neç is a!iud quœrit , nec iila aliud habet. Is per te sufficit , is per se placet, et propter se. Ipse raeritum, ipse prxmium sibiest «mor. Prseler se non requirit causam , non fructum Frnetiw ejus , usu8 ejus : Amo, quia amo ; amo , ut amem. Id. 1er. Sa . sup Cant.

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moindre : au contraire , elle en sera plus grande ; et moins tous envisagerez votre utilité , plus votre avantage en sera considérable (i). Car il est certain que plus une action est dépouillée de toutes sortes d'intérêt, plus elle est pure et parfaite, et qu'elle n'est jamais si méritoire, que lorsqu'il n'y a aucun mélange d'amour-propre. Si vous détournez donc entièrement les jeux de vous-même, si dans tout ce que vous faites, vous ne vous proposez que de plaire a Dieu, et que ce ne soit point 1 espoir de la récompense qui vous fasse agir , croyez que votre récompense en sera plus grande et plus précieuse. Comme vous n'aurez point travaillé comme un mercenaire , à qui on ne donne rien au-delà du salaire qu'on lui a promis , vous serez traité comme un fils qui est héritier de tous les trésors de son père : Car si nous sommes en/ans de Dieu , nous sommes par conséquent héritiers ; héritiers de Dieu , et cohéritiers de Jésus-Christ (2) , avec lequel nous entrerons en partage dans la jouissance des Liens de notre Père céleste. La fille de Pharaon donnoit de l'argent à la mère de Moïse pour la nourriture de son propre fils ( 3) ; ce n'étoitpas cependant a cause clelarécompense

(1) Atque tibi major est merces , si modo cifrà mercedis spem feceris. Chrysost. hom 5. sup. ep . ad Rom. circa finem.

(2) Si autem filii, et baeredes : haeredes quidem Dei , cohaeredes autem Christi. Ad Rom. 8. 17.

(5j Exod. 2. 9.

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que cette mère nourrissent son fils , mais à cause de l'amour qu'elle avoit pour lui.

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