CHAPITRE V
Que le désir quon a de profiter dans la vertu, est une grande marque quon est en la grâce de Dieu.
Ce qui peut nous exciter encore davantage à désirer ardemment notre progrès dans la perfection , et a chercher sans cesse , par de nouveaux soins, à plaire toujours de plus en plus à Dieu , et ce qui nous doit être en. même temps d'une très-grande consolation » c'est qu'il n'y a point de marque plus certaine que celle-là , de la demeure de Dieu dans une ame , et du bon état où elle est. Il n'y a point, dit saint Bernard (i ), de témoignage plus assuré de la présence de Dieu dans un cœur, que le désir d'augmenter en grâce ; et il le prouve par ces paroles du Sage , que nous avons déjà rapportées : Ceux qui me mangent auront encore faim , et ceux qui me boivent auront encore soif. Si vous avez donc faim et soif des choses du ciel , ré jouissez- vous ; c'est un signe évident que Dieu fait son séjour dans votre ame : c'est lui qui vous cause cette faim et cette soif, et vous avez sans doute rencon-
( i ) Niillum omnînô pr.-esentiae ejus certius testimonium est, quàra desidcrium grotiae amplioris. Bcrn. sertn. a de S. dndreâ.