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3i4 PART- IT* traîté vin. chap. v.
nous pas celui qui nous a tant aimés ? et cornment ne prendrons-nous pas confiance en celui qui nous a fait tant de bien ? Que ne nous donnera point celui qui a bien voulu se donner lui-même à nous ? Quel pasteur , dit St. Cbrjsostômesurce mystère adorable (i), a jamais nourri ses ouailles de son sang? et pourquoi parler des pasteurs ? Combien de mères, après que les douleurs de l'enfantement sont passées, donnent-elles leurs enfans à nourrir a d'autres femmes? Jésus-Cbrist n'a pas souffert qu'on nous donnât a nourrir à d'autres; il nous nourrit lui-même de son propre sang , et nous attacbe et nous unit à lui par toutes sortes de voies.
La troisième cbose que Dieu demande de nous en cet auguste sacrement, c'est que nous en approcbions avec un désir ardent. Ce pain, dit saint Augustin (3) , veut être mangé avec une grande faim , de la part de l'homme intérieur , et de même que les choses qu'on mange avec appétit font d'ordinaire du bien au corps , ainsi ce pain céleste fera un bien merveilleux a notre ame, si elle le mange avec une grande faim , avec une extrême impatience de s'unir à Dieu , et avec un ardent désir d'en obtenir quelque grâce parti-
(0 Quis pastor oves proprio pascit crurore ?Et quid dico, pastor? matres multae sunt, qnae post partùs dolores filios aliis tradunt nutricibus : hoc autem non ipse e8t passus : sed ipse nos proprio sanguine pascit . et per omnia nos sibi coagxnentat. Chrys. h omit. 83. in Matth.
(2) Panis iste esuriem quaerithomioisinterioris. 4ug, eonc, 3. in Ps. 10. et serm. 2. de vcrbis Jposit:
DE LA COMM. ET DE LA MESSE. 3l5
culière. Car le Prophète nous assure qu il rassasiera de biens famé affamée (i) ; et la sainte Vierge ne nous apprend-elle pas qu'il a rempli de biens ceux qui avoientfaim (2) ? Le moyen d'exciter en nous cette faim du pain céleste, c'est de regarder d'un côté l'extrême besoin que nous en avons , et de considérer de l'autre les effets admirables qu'il produit. On ne lit point que quand Jésus- Christ con versoit parmi les hommes, personne ait imploré inutilement son assistance. La Ca* nanéenne ne fit que toucher le bord de son vêtement, et elle fut guérie (3); la pécheresse publique se jeta à ses pieds, et y reçut le pardon de ses péchés (4) ; les lépreux , les possédés , les paralytiques, les aveugles , les boiteux , les muets trouvoient la guérison de tous leurs maux , dès qu'ils avoient recours à \u\j parce quil sorloit de lui une vertu qui les guérissoit tous (5). Or, il est le même ici qu'il étoit alors ; il a la même volonté et le même pouvoir. De sorte que si nous nous approchons de ce divin sacrement avec un ardent désir d'être guéris , nous y trouverons le remède à toutes les maladies de notre ame.
(1) Animam esurientem satiavit bonis. Ps . 106. 9.
(a) Esurientes implevit bonis. Luc. 1. 55.
(3) Matth. q. 20.
U) Luc. 7. 48.
(5) Quia virtus de illo exibat, et sanabat orna es . Luc. G. ig.
3l6 PART. Ht. TRAITÉ VIII. CHAP. VI.