‹ Pratique de la perfection chrétienne (volume 5)Chapitre 10 sur 49 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Explication des trois raisons dont se sert l apôtre , pour nous porter à l'obéissance.

Obéissez à vos supérieurs , et soyez-leur soumis , parce quils veillent continuellement , comme ayant à rendre compte de

de l'obéissance. g3

vos âmes : obéissez-leur aussi > afin quils puissent s'acquitter de cette charge avec joie , et non pas en gémissant ; car cela ne vous seroit pas avantageux (i). L'Apôtre nous marque dans ces paroles trois raisons pour nous porter a obéir à nos supérieurs en toutes choses , j'entends en toutes celles où. il n'y a point de péché , car c'est ce que nous avons déjà dit, et ce que nous supposerons toujours dans la suitedetoutcequenousavons encore à dire.Com me ces raisons sont du St. Esprit qui s'explique par labouchedel' Apôtre, il est impossible qu'elles ne soient très-bonnes et très-utiles.La première raison dont il se sert pour nous exhorter a leur obéir , c'est parce qiCils veillent continuellement, comme ayant à rendre compte de nos âmes. Et sans doute c'estlà un desgrandsbiens et une des grandes consolations de la vie religieuse, d'être assuré qu'on ne sauroit manquer en obéissant. Le supérieur peut bien faillir en vous commandant ou une chose ou une autre-, mais vous êtes assuré que vous ne sauriez faillirenfaisant ce qu'il vous commande, parce queDieuvous demandera seulementsivous avezfaitcequ'on vous aura commandé; et pourvu que vous puissiez rendre bon compte là-dessus , vous voilà entièrement quitte.Vous ne rendrezpas compte si ce que vous avez fait aura été à propos, et s'il n'yavoit rien de mieuxà faire: car

(0 Obedite prxpositis vestris , et subjacete cis. Ipsi enim pervigilant quasi ralioncm pro animabus vestris icddituri , ut cum gandio hoc faciant, et non gementes : hoc euim non «xpedit vobis. Ilcbr. i3. 17.

c'est une chose qui ne vous regarde pas , et qui n'est pas sur votre compte , mais sur le compte de votre supérieur. Dès que ce que vous faites , vous le faites par obéissance, Dieu l'efface de dessus votre compte, pour le mettre sur celui de votre supérieur ; et c'est ce qui a fait dire à saint Jérôme, en parlant des avantages de l'obéissance : 0 souveraine liberté ! ô sainte et bienheureuse assurance , par laquelle on devient presque impeccable (i) !

C'est sur-tout un grand avantage pour nous autres qui sommes employés dans les ministères de la charité envers le prochain , de savoir certainement que nous faisons en cela ce que Dieu souhaite de nous. Quelque sainte vie que nous eussions pu avoir dessein de mener dans le siècle, nous y eussions été bien embarrassés à nous déterminer lequel eût été le plus agréable a Dieu, ou que nous eussions travaillé au salut de notre prochain, ou que nous n'eussions travaillé qu'au nôtre. Mais ici nous n'avons plus de difficultés à ce sujet, parce qu'il est de l'institution de la compagnie où Dieu nous a appelés, de travailler au salut des âmes ; et comme c'est par l'ordre de Dieu même que nous y travaillons , nous sommes par conséquent assurés de lui plaire en y travaillant. Si vous étiez demeurés dans le monde , vous n'auriez peutêtre pas osé entreprendre de confesser, et si

(i) O summa libertas, quà obtentà vix possil homo peccare 1 Weron. in rcg. Mon. c. 6.

DE i/oBÉlSSANCE. g5

vous l'eussiez entrepris , vous auriez pu douter, si vous eussiez suivi en cela le choix de Dieu ou le vôtre , et si cette voie eût été celle de votre salut ou celle de votre perte. Mais si vous exercez le ministère de la confession et tous les autres avec une entière sûreté , vous ne pouvez pas douter qu'en y travaillant, vous n'accomplissiez la volonté de Dieu sur vous. Car ce n'est pas par votre choix que vous vous engagez dans la direction des âmes, ou dans la prédication, ou dans la conduite de vos frères ; c'est par le choix de vos supérieurs : que vous y soyez propre, ou non, ce n'est pas votre affaire ; c'est celle de vos supérieurs qui vous ont choisi , et qui sont chargés de veiller continuelle ment comme ayant à rendre compte de votre aine.

Saint Jean Climaque est du même sentiment, lorsqueparlant derobéissance,ildit(i) que c'est une excuse devant Dieu. En effet , lorsque Dieu vous demandera pourquoi vous avez fait telle et telle chose , et que vous répondrez : Seigneur, c'est parce que mes supérieurs me l'ont commandé , il ne vous faudra point d'autre excuse et d'autre décharge. Le même Saint dit encore, que c'est une navigation sûre, et un voyage qu'on fait en dormant: car de même qu'un passager qui est dans un bon vaisseau , et sous la conduite d'un bon pilote, n'a pas besoin de se mettre en peine de rien, et peut dormir en sûreté, parce que le pilote a soin de tout, et veille pour lui ; de

(1) CUm, grad. 4.

même un religieux qui vit sous le joug de l'obéissance , va au ciel en dormant 3 c'est-àdire , en se reposant entièrement de sa conduite sur ses supérieurs , parce que ce sont eux qui sont les pilotes du vaisseau , et qui veillent continuellement pour lui. Ce n'est pas peu sans doute, de pouvoir passer la mer orageuse de la vie sur les épaules et sur les bras d'autrui, et voilà la grâce que Dieu fait à ceux qui vivent sous le joug de l'obéissance. Le supérieur est celui qui porte toute la cbarge : pour eux il est inutile qu'ils se metten t en peine si une chose seroit plus à propos qu'une autre; ils n'ont qu'à se reposer tranquillement sur lui de leur conduite.

L'avantage qu'on a dans la religion , d'être ainsi délivré des inquiétudes et des perplexités auxquelles on se trouve ordinairement exposé dans le monde , et de savoir qu'on est infailliblement dans la voie de son salut, estime des choses qui portent le plus les personnes de piété à se ranger sous l'obéissance. Car quelque saintes que fussent leurs occupations dans le monde, ils pourroient toujours douter s'ilsyseroient appelés de Dieu , parce que tous les hommes ne sont pas également appelés à tout ce qui est bon : encore moins à un bien qui est au-dessus de leurs forces, tel qu'est le soin de l'instruction et de la conduite des autres. C'est pourquoi un grave docteur disoit , qu'il auroit mieux aimé s'exercer à ramasser de la paille par obéissance, que de s'occuper par

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son propre choix aux ministères les plus élevés de la chanté parce qu'on est assuré de faire la volonté de Dieu dans les choses qu'on fait par obéissance, et qu'on n'a pas la même assurance à l'égard de celles qu'on fait deson propre mouvement. Mais ce n'est pas seulement dans les ministères qui regardent le prochain , c'est aussi dans ce qui regarde notre avancement particulier, que l'obéissancenous met en sûreté , et nous délivre de crainte et d'inquiétude. Car si j'étois dans le monde, et que j'eusse envie d'y servir Dieu, jeserois peut-être en doute si je mange trop ou irop peu, si je dors trop ou si je ne dors pas assez , si je fais trop peu de pénitence ou non , et si ]e donne trop peu de temps a la prière, ou si j'y en donne autant que je dois. Mais, dans la religion , je suis exempt de ces sortes d'embarras, parce que je ne mange que ce que l'on me donne, je ne dors qu'autant que la règle le porte , je fais la pénitence qu'on me prescrit, et j'emploie à la prière tout le temps qui y est destiné. Toutes choses y sont si bien pesées et si bien réglées par les supérieurs , que je suis assuré qu'en suivant la voie de l'obéissance, j'accomplis la volonté de Dieu. Ce n'est pas encore tout, et la tranquillité de la vie religieuse ne se borne pas a ce qui regarde l'ame; elle s'étend aussi à ce qui regarde le corps et les besoins temporels : de sorte qu'un religieux n'a non plus besoin de se mettre en peine de ce côté-là , qu'un homme t. m. o

g8 PART. III. TRAITÉ V. CHAP. X.

qui seroit embarqué sur un vaisseau bien fourni de toutes sortes de provisions .Le supérieur veille en effelsur lesbesoiusdenoscorps, comme sur la conduite de nos âmes: il prend soin de votre nourriture et de votre habillement, afin que vous soyez pi us en état de vous employer tout entier h servir Dieu; et c'estun avantage si considérable, queCassiendil(T)que c'est ce qui fit que l'abbé Jean , après une solitude de vingt ans , se rengagea de nouveau sous le joug de l'obéissance. Ce saint homme ayant vécu trente ans en communauté dans un monastère , se relira dans le désert, selon que l'usage d'alors le permet toit; et il y demeura vingt aussi absorbé dans la contemplation, et si favorisé des consolations célestes , que ses sens ne faisant presque plus leur office, il oublioit souvent de donner quelque nourriture à son corps. Cependant , ni les grâces extraordinaires que Dieu lui faisoit dans la solitude, ni la sublimité de ses contemplations , n'empêchèrent qu'au bout de vingt ans il ne prît la résolution de retourner dans le monastère, pour y vivre comme auparavant en communauté sous le joug del'obéissance. Et la raison qui l'y porta, fut que , quoique les avantages de la vie contemplative fussent moindres dans le monastère que dans la solitude, il trouvoit cette inégalité bien récompensée par la douceur qu'on avoitdans le monastère , de nêtre point en peine du

j(i) Cassian. collât. 9. ci 3.

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lendemain (i). C'est un grand bien , en effet, que le repos et la tranquillité dont jouit un religieux, exempt de toute sorte de soins temporels; mais ce qui en est un incomparablement plus grand , c'est l'assurance qu'on a en vivant sous l'obéissance religieuse , que ce qu'on fait plaît à Dieu, et qu'on ne sauroit rien faire alors qui lui soit plus agréable.

Tons les religieux ont , comme les enfans d'Israël, un Moïse qui monte pour eux sur la montagne , et qui leur déclare la volonté de Dieu ; ils ont comme eux un prophète qui les éclaircit de leurs doutes ; ainsi lorsque nous avons quelque difficulté , nous pouvons dire ce que les Israélites disoient en pareille rencontre : AUoîis consulter celui qui voit (2). Ilsappeloient leur prophète, celui qui voit, parce qu'il voyoit la volonté de Dieu, et la déclaroit ensuite au peuple. Or, nous avons le même avantage qu'eux en cela; et dans tous nos doutes, dans toutes nos difficultés nous pouvons dire: Allons consulter celui qui voit, adressons-nous à celui que Dieu nous a donné pour prophète , a celui qu'il nous a donné pour tenir sa place, et pour nous y expliquer sa volonté. Nous pouvons encore à juste titre nous appliquer ces paroles du prophète Baruch : Nous sommes heureux nous autres enfans d'Israël , parce que nous sommes instruits des choses qui sont agréables àDieu(5)>

(1) Nolite lolliciti esse in crastinum, Matth. 6. 54- (s) Eamus ad videntem. 1. Reg. 9. 9.

(3) Btati sumus Israël , quia qux Deo placent manifesta SUnt nobis. Baruch. \. 4*

En effet, tous les religieux ne jouissent-ils pas du même bonheur? Et ne savent-ils pas assurément ce que Dieu demande d'eux, et ce qui peut les rendre plus agréables à ses yeux ]

La seconde raison dont se sert l'Apôtre pour nous porter à obéir à nos supérieurs , c'est afin quils s' 'acquittent de leur charge avec joie , et jwn pas en gémissant (i). L'Apôtre a compassion des supérieurs , voyant qu'ils ont le fardeau de tout j et, pour leur rendre celte charge plus légère, il nous recommande d'être prompts et faciles à obéir. Entrons dans cette considération avec lui ; et puisqu'ils ont déjà une charge si pesante que celle de devoir rendre compte à Dieu de ce qu'ils font et de ce que vous faites , n'ajoutez point une nouvelle charge à la première par votre répugnance a obéir , et par votre indocilité d'esprit. La condition d'un supérieur est assurément à plaindre, quand il a affaire à des gens difficiles a conduire , dont il ne peut pas faire ce qu'il veut , et a qui il n'oseroit commander ce qu'il jugeroit le plus à propos; et quand il faut qu'il soit continuellement a songer si ce qu'il commande sera bien reçu, si on n'alléguera point de difficultés et d'obstacles pour s'en dispenser , et comment il faudra qu'il s'y prenne pour quJon se porte agréablement à ce qu'il souhaite. On a autant de peine h gouverner ces sortes de gens, qu'on en a a se servir d'un bras

r"T """dio hoc fucjant , et non gementcs. Vbisi/p:

ou d'un pied malade : car quelquefois la douleur qu'on aura à remuer le pied sera si grande, qu'on sera contraint de laisser perdre des affaires importantes plutôt que de faire un pas; et quelquefois on aura tant de peine à remuer le bras , que l'on n'osera pas même porter la main à la bouche pour manger. Si vous en demandez la cause, c'est que ce sont des parties malades, et par conséquent vous ne sauriez vous en aider qu'avec peine. Il en est de même des religieux indociles : chaque religieux est membre de la religion où il a plu a Dieu de l'appeler, parce que toute la religion ne fait qu'un corps non plus que l'Eglise. Or , s'il y a quelque membre malade dans la religion, s'il y a quelque esprit indocile et intraitable, il causera bien de la douleur a la religion et aux supérieurs, quand il faudra se servir de lui. Aussi quand un supérieur voit qu'on fait les choses avec répugnance et avec peine, c'est pour lui une douleur si sensible, que souvent quelque nécessaires que les choses soient , et quelque inconvénient qu'il y ait a ne pas les faire, il n'ose rien commander, a cause de la peine qu'il a- a s'aider de ce bras et de ce pied malades.

Cette considération ne sera pas inutile pour désabuser ceux qui s'imaginent qu'il est bien doux d'être le supérieur d'une maison, et d'avoir des enfans spirituels a qui commander.Rebeccaavoit extrêmement souhaité

d'avoir des enfans, et Dieu lui en donna, mais quand les douleurs de l'enfantement lui prirent , et qu'elle sentit ses enfans se disputer, dans ses flancs, le droit d'aînesse, elle commença à se repentir, et à dire : Si cela devoit m arriver, quétoit-il nécessaire que je conçusse^)! Il en eh à peu près de même des supérieurs. Lorsqu'un supérieur voit qu'on fait les choses à regret, qu'on réplique, qu'on se plaint, qu'on murmure, c'est alors qu'il sent les douleurs que donnent les enfans spirituels, et que gémissant sous la pesanteur de sa charge, il dit en lui-même : Que ne suis-je maintenant dans une situation où je n'eusse autre chose a faire qu'a obéir a ce qu'on me commauderoil? Est-ce là l'avantage qu'il y ah être supérieur, età commander aux autres? Est-ce là la satisfaction que donnent les enfans spirituels? S'il coûte tant d'en avoir, il vaudroitbien mieuxn'en avoir point. Il n'y a que ceux qui ont passé par cetle épreuve, qui puissent savoir toute la peine que donne la conduite des inférieurs. On dit ordinairement que pour savoir bien commander , il faut avoir bien su obéir/ et sans doute il est nécessaire qu'un supérieur ait porté le joug de l'obéissance, pour pouvoir lui appliquer ces paroles de l'Apôtre : Nous n avons pas un pontife qui ne puisse pas compatir à nos in~ firmités, puisquil a été mis à toutes sortes

(1) Si sic mihi futurum erat , quid necesse fuit concipcre ? Gen. 25. 22.

d' épreuves (i). Mais je dis une autre chose, et je crois qu'on trouvera qu'elle n'est pasmoins fondée en raison. C'est que comme pour savoir bien commander aux autres . il est trèsavantageux d'avoir su par expérience ce que c'est d'obéir; aussi pour savoir bien obéir, il est bon d'avoir su par expérience ce que c'est que de commander, et ce que l'on souffre quand ceux a qui on commande n'obéissent pas volontiers-, car on n'aura garde de vouloir donner un déplaisir si sensible à son supérieur. 11 n'est pas besoin, au reste, pour avoir cetle expérience , d'avoir été effectivement supérieur, il suffit de s'êtretrouvé quelquefois en état décommander à quelqu'un : car combien de fois avez-vous évité de commander une chose de peur d'être refusé ? Et combien de fois vous est-il arrivé d'avoir plus de peine h la commander, que vous n'en auriez eu à. la faire? Chacun peut juger aisément par-la de la peine que souffre un supérieur quand on apporte des difficultés à ce qu'il commande , et qu'on y témoigne de la répugnance. Ceux qui en usent delà sorte le réduisent h cette extrémité, qu'il aimeroit mieux faire toutes choses lui-même, s'il pou voit, que de leur rien commander; ainsi, ils font qu'il gémit continuellement sous le faix. Encore n'est-ce pas la sa plus grande peine :leur propre foiblesse est ce qui l'afflige le plus -, car étant père , il

(0 Non enim habemuspontificem'qui non posait compati in infirmitatibusnostris, tentatum autem per omnia. Hebr.^. i5.

ne sauroit s'empêcher d'avoir beaucoup de douleur des infirmités de ses en fans. Il est pénétré jusqu'au vif quand il voit leur peu d'amour pour la mortification et pour la vertu, et qu'au lieu que les choses les plus humiliantes , et pour lesquelles ils ont le plus de répugnance, devroient être celles où ils témoignassent plus de promptitude h obéir, ce sont celles justement sur lesquelles ils ont toujours des répliques à faire, des excuses à alléguer, et des inconvéniens à représenter. Thomas à Kempis dit qu'un religieux tiède est toujours malade pour les choses qui ne lui plaisent pas, et que jamais il ne manque de prétexte pour se dispenser des choses qu'il n'a pas envie de faire. Nous manquons toujours de forces pour les choses que nous ne voulons pas; mais pour celles que nous voulons, nous en avons toujours de reste , quelque pénibles qu'elles soient ; c'est ce qui fait dire a saint Chrysostôme, que la force delà volonté est grande, puisqu'elle nous fait pouvoir ce que nous voulons , et ne pas pouvoir ce que nous ne voulons pas (i).

Cette infirmité spirituelle des inférieurs, et leur peu de docilité et de mortification, est ce qui fait la plus grande peine des supérieurs, et ce qui les pénètre jusque dans l'ame. C'est pourquoi obéissez-leur avec soumission , pour leur épargner cette peine , et

(1) Magna vis est voluntatis, quxnos efficitposse quod volu* mus , et non posse illa quœ nolumus. Chrys, serm, de Zach.

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pour empêcher qu'ils ne gémissent sons le faix: Car après tout , cela ne vous sert de rien ( i) : et voila la troisième raison dont se sert l'Apôtre pour exhorter à la soumission dans l'obéissance. Songez que votre indocilité d'esprit ne peut vous être d'aucun avantage; que vous en souffrez le premier , comme l'éprouvent tous les jours les gens indociles et intraitables, que vous gémirez vous-même sous le faix aussi bien que votre supérieur , et que vous mènerez enfin une vie pleine de chagrin et d'amertume. Songez qu'on vous laissera comme un membre malade , et qu'on ne se servira de vous en rien ; et ce n'est point assurément une chose qui convienne à. votre salut. Songez encore que,, par condescendance pour votre humeur,on vous laissera faire ce que vous voudrez, et qu'ainsi au lieu de faire la volonté de Dieu, vous ferez la vôtre : ce qui est une chose très-dangereuse et très a craindre , comme nous l'avons déjà dit ailleurs (2).

(1) Hoc enim non expedit vobis. Ubi sup.

(2) Ch, 4.

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