N° VIL
Jumeaiioc ; procidence du cordon et d'un bras ; quatrième position du vertex (B.); forceps.
Elisabeth Lapl , âgée de vingt-cinq ans, bien
portante , et enceinte pour la deuxième fois , arriva a rhospice le 3 ventôse an 12, a minuit. La dilatation de l'orifice était presque complète ; les membranes bombaient , et Fenfant offrait le vertex dans la première position. Presqu'aussitôt les
membranes se rompirent , et l'accouchement sopéra spontanément après sept heures de travail.
Cependant le ventre conservait un certain volume , et le toucher nous apprit que la matrice contenait un deuxième enfant dont on ne pouvait reconnaître la position ; après quelques douleurs , je rompis les membranes , et reconnus que le vertex s'avançait dans la quatrième position , précédé d'une anse de cordon ombilical et de Favantbras du côté gauche. Les artères du cordon puisaient d'abord avec force ; mais les douleurs étaient faibles et la femme déjà fatiguée ; bientôt même les pulsations s'affaiblirent : c'est pourquoi, trouvant la tête engagée dans le détroit supérieur, je me décidai à la saisir avec le forceps. Cet instrument fut appliqué sur les côtés delà tête, de sorte que la concavité des bords répondait au front du fœtus et au trou sous-pubien gauclic de la mère.
Les tractions ordinaires , aidées d'une légère torsion, amenèrent bientôt le front derrière l'arcade des pubis et la face derrière la symphyse : alors , élevant fortement les crochets du forceps , je parvins sans beaucoup de peine a dégager Vocciput au-devant du périnée vigoureusement soutenu. Le reste de l'opération n'offrit rien de remarquable.
L'enfant donna quelques signes de vie ; il offrait tous les symptômes de l'asphyxie apoplectique ; c'est pourquoi je me hâtai de couper le cordon
256 PRATIQUE DES ACCOUCllEMENS.
et (l'en laisser sortir du sang jusqu'à ce que la respiration commençât a se rétablir. Un bain chaud, des frictions sèches et vinaigrées , l'excitation de la membrane pituitaire contribuèrent aussi a rétablir la respiration. Moyennant ces secours , l'enfant revint complètement à la vie et k la santé. Les suites de couches furent simples.
On notera ici l'état apoplectique du fœtus , effet évident de la compression du cordon, effet tout contraire a celui que la plupart des auteurs attribuent à cet accident. Ce n'est qu'au moyen d'une abondante saignée ombilicale qu'on a pu prévenir les suites fâcheuses de cette pléthore veineuse que j'ai déjà plusieurs fois comparée a celle que produit l'asphyxie chez les adultes.
N° VÏIL
Procideiice cVune main et du cordon y Jorccps.
Une femme de vingt-quatre ans, robuste et sanguine , parvenue au terme de sa deuxième grossesse , arriva a la Maison d'Accouchement le 3o octobre a six heures du matin. L'orifice commençait a s'ouvrir ; ses bords , souples et minces, annonçaient une dilatation facile ; on sentait la tetc et une main sous elle ; mais cette circonstance ne me parut pas assez importante pour faire désespérer de la possibilité d'un accouchement naturel.
A onze heures du matin , dilatation complète , ouverliu'e spontanée des membranes , procidence du cordon ombilical au voisinage de la main. Les pulsations étaient fortes , la femme robuste , et la position de la tête favorable (première du vertex) : c'est pourquoi j'espérai d'abord que la nature suffirait a tout. Bientôt les pulsations diminuèrent et même disparurent sans que la tête eût fait beaucoup de progrès : elle était à peine engagée dans l'excavation.
Ces considérations me déterminèrent à recourir à l'application du forceps. J'y procédai suivant les règles , et j'amenai ainsi une fille du poids de six livres. D'abord sans mouvement , elle fut peu à peu rappelée à la vie. On n'a pas note quel genre de secours lui fut administré, ni quels symptômes accompagnaient son asphyxie.