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Procidence du cordon ; première position frontale ; version.
La femme qui fait le sujet de cette observation, âgée de vingt-sept ans , était forte et d'un tempérament sanguin : c'était sa première grossesse.
Le 4 février, a six heures du soir, on ti'ouve l'orifice ouvert de quinze a dix-huit lignes , les douleurs fortes et fréquentes. La tension des membranes empêche de reconnaître quelle partie l'en- T. iT[. ~ 17
aSS PRATIQUE DES ACGOUCHEMENS.
faut présente. A'iieuf heures , dilatation complète, rupture des membranes , évacuation d'eaux bourbeuses et verdâtres (méconium). On reconnaît que la tête appuie vers la fosse iliaque gauche et que le front, dirigé à droite et en arrière (première du vertex), en est la partie la plus basse. L'utérus était fortement incliné a droite; on le redresse, et, de la main droite, on cherche à abaisser l'occiput du fœtus ; mais rencontrant dans ces tentatives une anse de cordon glissée sous la tête , on s'empresse d'aller h la recherche des pieds. Pour cela on retire la main introduite : la gauche en prend la place et amène bientôt le pied gauche ; le droit, amené dans le vagin , n'a pu être tiré au dehors. En tirant sur le premier de ces membres on opéra le pelotonnement , et l'on réduisit la position à la deuxième des pieds.' Ce ne fut point sans difficultés qu'on dégagea les hanches d'abord et ensuite les épaules. Le cordon , passé entre les cuisses , était tendu au point qu'il fallut en faire la section , et le bras gauche se trouvait serré entre la tête et les pubis : on parvint cependant a le dégager en le faisant passer sur le côté de la tête et vers la partie postérieure du bassin. La tête sortit offrant la face en arrière et a gauche ; il fallut , pour l'extraire , employer d'assez grands efforts ; elle offrait au pariétal gauche une dépression qui indiquait que le bassin était rétréci. Cette particularité nous rendit raison des difficultés que l'accouchement nous avait offertes.
NEUVIÈME MÉMOIRE. 25q
L'enfant était un garçon du poids de six livres; il était probablement mort avant l'ouverture des membranes , puisqu'il avait sali les eaux de son méconium.
Pendant raccouchement , le sang coulait assez abondamment du vagin, et le placenta sortit avec le fœtus. Ce décollement prématuré fut peut-êti-e la cause de sa mort. La mère fut prise , après son accouchement , d'un frisson spasmodique de peu de durée , et qui n'eut aucune suite fâcheuse.
Plusieurs observations de version du fœtus pour procidence du .cordon sous la tête.
L Femme de vingt ans, lymphatique, mais bien portante, enceinte pour la première fois et à terme. Travail commencé le i8 mai, à deux heures du matin; douleurs faibles. A huit heures, dilatation de quinze lignes; on sent, a travers les membranes, la tête en première position, et sous elle une anse de cordon puisant avec force; A six heures du soir, dilatation complète; l'anse du cordon a multiplié ses replis , et par conséquent sa longueur. La version est décidée et pratiquée a l'instant par mademoiselle Saintilant, élève ancienne ; elle j employa la main gauche , et ne rompit les membranes qu'après avoir pénétré dans l'utérus. Le pied droit fut amené au dehors ,
sGo PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS.
et en tirant sur ce seul membre, on termina Taccouclîcment, comme dans la deuxième pc^ition des pieds. L'enfant pesait sept livres; il a eu besoin de quelques secours.
II. Yingt-six ans, tempérament sanguin, santé mauvaise, deuxième grossesse. Travail commencé le 9 janvier 1810, a neuf heures du soir ; douleurs i'aibles. A onze heures, douleurs plus fortes ; on vieconnaît la première position du vertex encore fort élevé. A deux heures, on sent, h travers ^cs membranes , une anse de cordon ; dilatation suflisante. La version est tentée par madame Legrand (aujourd'hui sage-femme en chef de l'hospice ). La main gauche pénètre dans l'utérus en ouvrant les membranes; elle arrive jusqu'aux pieds , qui sont croisés l'un sur l'autre ; le droit est amené k la vulve et suffit pour terminer régulièrement l'opération. L'enfant était du sexe féminin, du poids de six livres, et fort bien portant. La mère a peu souffert et s'est aisément l'établie.
in. Trente ans, troisième grossesse troublée, vers le sixième mois, par une fièvre tierce, et par une pleurésie dans \c neuvième ; travail déclaré le 28 avril 1810, a huit heures du matin, civec accroissement de la fièvre et de l'oppression. Douîevu's faibles. Le 25 avril seulement, la dilatation est entière; on sent le cordon sous la tête du fœtus , qui présente le vertex en deuxième ncsition: il exécute encore des mouvemens sen-
siblcs; les artères battent, mais faiblement. La version est pratiquée ; la main droite est introduite , les membranes rompues, et le pied gauche amené; il croisait le droit, qui fut ensuite attiré avec facilité. Le reste de l'opération fut régulier et facile. L'enfant, du sexe masculin, pesait sept livres; il était faible. Une violente hémorrliagie a suivi Taccouchement et a nécessité l'introduction de la main dans l'utérus. Le neuvième jour, nouvelle hémorrliagie; tamponnement. Le onzième, à quatre heures du matin, même accident, même traitement; enfin rétablissement complet.
IV. Trente ans, tempérament lymphatique, constitution faible. Travail commencé le i " septembre 1812, à 10 heures du matin; tête fort haute, position inconnue. A cinq heures du soir, dilatation complète , membranes descendues dans le vagin et jusqu'à la vulve ; on reconnaît dans cette poche une anse de cordon puisant avec force . La version est décidée ; mademoiselle Lamarque y procède ; elle introduitla main gauche , reconnaît, en passant , la première position du vertex, et rompt les membranes en saisissant le pied gauche vers le fond de la matrice ; le droit fut amené ensuite , et l'accouchement terminé comme dans la deuxième position des pieds. L'enfant pesait sept livres; il fut aisément ranimé : c'était un garçon. ,La mère eut une fièvre bilieuse, guérie par l'emploi des évacuans.
\. Trente-deux ans, tempérament lymphatique,
huitième grossesse ; commencement du travail le 25 juin au soir; douleurs faibles; position inconnue. Le 24 juin i8i3 à midi , douleurs plus vives; on croit reconnaître une main flottant dans les eaux. A huit heures du soir, nouvelles douleurs, dilatation complète. On rompt les membranes, et l'on s'assure que la tête offre le vertex dans la première position, et que le cordon a glisse sous elle : aussitôt on procède à la version. Madame Bergougnoux, élève ancienne , introduit la main gauche , saisit les deux pieds à la fois , et termine l'accouchement comme dans la deuxième position de ces parties. Garçon de sept livres , faible , mais facilement ranimé. Le placenta pesait une livre. La mère s'est bientôt rétablie.
VL Vingt-deux ans , tempérament sanguin , bonne constitution, troisième grossesse; travail commencé le 9 avril i8i4 à minuit. Rupture spontanée des membranes. On reconnaît la première position du vertex précédé du cordon. Les douleurs étaient fortes, la dilatation presque faite. J'espérais que la tête descendrait promptement et pourrait être aisément saisie avec le forceps. Après une heure d'attente inutile, je préférai la version. Mademoiselle Briard y procéda a la manière ordinaire. Le pied gauche fut seul dégagé, et servit à terminer l'extraction d'un garçon mort et du poids de cinq livres. La mère a été prise d'une péritonite avec fièvre gastrique, qu'ont guéries l'ipécacuanha et les bai^is.
Oii- voit par tous ces exemples , comme on verra dans ceux qui suivent, que c'est à la lenteur du travail et h l'élévation de la tête au-dessus du détroit qu'il faut attribuer la procidence du cordon, quand elle a lieu avant la rupture des membranes. Plusieurs des enfahs dont il a été parlé sont nés faibles ; mais on n'a pas déterminé , dans les notes qui me restent , si cette faiblesse était accompagnée d'anœmie ou de pléthore. .'^ .^
N° XL j
Deux exemples de procidence du membjre supérieur; ^version. .
I. Une femme agé'e de quarantè-tîh *a&s7ï>îen portante quoique peu robuste, était enteinte de son neuvième enfant et a terme. Le 19' ^novembre 1810, a quatre heures du i'rtatiii , 'prémièll'es douleurs j on sent la tête 'à'il''dëtr'ôît''sii^érieur dans la première positionjelPc pàr'aît* peu volumineuse ; la main droite a gîiâsé $blis elle. Les membranes ne tardèretit pïts -'al 's' ouvrir, et les eaux s'écoulèrent lentement et presque sans douleurs pendant totit le jour et la -^nuit suivante. Le 20, fièvre, diiârrhée, voniissemëns, céphalalgièy accablement, douleurs presque nulles, dilatatio% complète. La tête semblait avoir remonté, et le bras s'allongeait de plus en plus dans le vagin : c'est pourquoi la version fut décidée
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mademoiselle Denans en fut chargée. De la main gauche elle alla saisir le pied gauche de Tenfant; puis , éprouvant de trop grandes difficultés pour atteindre rautre , elle se contenta , par mon ordre ^ de tirer sur celui qu'elle avait fait descendre. Tout le reste fut exécuté suivant les récries , et l'on amena ainsi un garçon du poids de six livres , vivant, mais qui eut besoin de secours. Une hémorrhagie in- , terne exi£;ea l'introduction de la main dans l'utérus : elle n'eut aucune conséquence fâcheuse.
II. Une femme de vingt-huit ans, faible et lymphatique, arrivée à la fin du huitième mois de sa cinquième grossesse, commença à souffi'ir le 18 décembre 181 2, a trois heures du matin. A huit heures, orifice entièrement dilaté, mem- ,,j3rane^ tendues,, tête fort,é,le;yée.j,;a peine sentie . ; par le, 4p|g^ à ; i^.'^ .pï'^Géd^e d'un^i , partie fort mo- .Ijiïle ,,ma^s'indéter-|ninée. Cps .^^^ertitudes mQ dé-; cidèrent à:fai^e,jpfatiquer la veirsiQn. L'opération I fut confiée à' mademoiselle MarchaL La main gauche de cette élève , après avoir reconnu que la tête, s'offrait ^ans la première position, pénétra, sans, rompre Jes membranes, jusqu'au fond de l'utérus ^sentit les pieds, amena le gauche ,^'abord, et le d^'pit ensuite. Le tronc fut en par- 1 tie extrait comme dans la deuxième position des pieds ; mais le thorax tourna, par un mouvement spontané, le sternum sous les pubis, de sorte qu'il fallut dégager les bras en les attirant en avant par rapport a la mère comme par rapport
h l'enfant. La tête avait conservé une direction transversale , telle que le front était k gauche et l'occiput à droite. On l'epoussa x:e ; dernier pour faciliter la flexion; mais cette flexion fut surtout opérée par^.deux dojigts de la main gauche, (jui, placés dans la bouche, aj^aissièrent la face et la tournèrent vers le sacrum., puis l'attirèrent a l'extérieur, L'eniant était faible; on l'a ranimé : c'était un. Earçon du poicjls de sept livras. La Aière s'est bien portée. • orfphr/ia
N' XII. '""1^''
Plusieurs exemples de version pour procidence d'un membre supérieur et du cordon sous la tête.