‹ Pratique des accouchemens; ou, Mémoires, et observations choisies, sur les points les plus importans de l'artChapitre 23 sur 52 · IV. A. Bris , feaime peu robuste , âgée de · texte numérisé non relu

IV. A. Bris , feaime peu robuste , âgée de

trente ans, arrivée a l'hospice le 21 août 1810, a une heure après midi; sixième grossesse (1). Dans l'intervalle des douleurs, on sent, à travers les membranes , une anse de cordon puisant avec vivacité , accompagnée d'un avant-bras au-dessus duquel est latcte. Dilatation complète, membranes

(i) Il esta remarquer que cet accident seiuble arriver le plus souvent à des femmes déjà plusieurs fois accouchées. Nous avons jusqu'ici observé le contraire pour tous les autres accidens que nous avons passés en revue. Cette disposition ne tiendrait-elle pas à un plus grand relàchemeiit du col de l'utérus, qui, s'eflaçant avant d'être pressé par la tète du fretus , laisserait ainsi , entre elle et lui , un espace libre avant la rupture des membranes ?

NEUVIÈME MÉMOIRE. 2Gq

lâches et descendues en forme tle poche jusqu'à la vulve. La version fut sur-le-champ opérée de la main gauche; les deux pieds furent successivement amenés , le gauche d'abord. Les épaules olfrirent seules quelques légères difficultés. La position de la tête n'avait été reconnue qu'en opérant: c'était la première. Le travail avait dure neuf heures, et l'enfant pesait environ sept livres : c'était un garçon. Il fut aisément ranimé, et les suites de couches furent simples et heureuses.

V. Femme de trent-sept ans , faible , rachitique ; cinquième grossesse. Yers le septième mois , douleur a rhjpochondre droit. Travail déclaré le 2G avril; rupture spontanée des membranes. Une sagefemme et un accoucheur sont successivement appelés. Après bien des tentatives , répétées pendant vingt-quatre heures, ils nous adressent la malade le 28 a midi. Face altérée et pâle , extrémités froides , pouls insensible ,• nausées et vomissemens de matières noirâtres , oppression , douleur intolérable et permanente vers l'ombilic, point de contractions utérines , abdomen excessivement douloureux , écoulement de sang par le vagin ( i ) ; orifice utérin a bords épais , inégaux , affaissés. La tête du fœtus était sentie vers la fosse iliaque droite ; au centre du détroit supérieur étaient la main et l'avant-bras droit, plus une anse de cordon sans pulsation aucune. Après avoir laissé rc-

(i) Signes certains de rupUue à l'utérus.

poser la malade et l'avoir réchauffée et ranimée autant que possible , je permis à une élève ancienne d'aller a la recherche des pieds avec injonction formelle de s'arrêter au moindre obstacle. De la main droite elle amena le pied droit ; mais en vain voulut-on terminer l'accouchement en tirant sur lui seul ; il fallut aller chercher l'autre. L'utérus n'était point assez resserré pour mettre a l'opération beaucoup d'obstacles ; mais quoique nous eussions les deux pieds , nous ne pûmes empêcher le tronc de tourner le sternum en devant. Cette direction vicieuse ne nous empêcha pas de dégager sans peine les deux bras en les ramenant sous les pubis. Quant a la tête , au moyen de la manœuvre décrite dans le premier volume (p. 97), je parvins a tourner la face en arrière et a l'extraire suivant les règles , en m' aidant toutefois du crochet mousse , introduit dans la bouche de l'enfant. Il était putréfié et fut immédiatement suivi du placenta. Les accidens continuèrent , et la mère ne survécut que vingt-quatre heures à l'accouchement.

Examen du cadavre.

Thorax sain , sérosité rouge dans l'abdomen , péritoine généralement brunâtre, et gangrené en plusieurs points ; utérus volumineux , de couleur brune : le col était détaché du vagin dans toute sa moitié antérieure. Le diamètre sacro-pubien du détroit abdominal n'avait que trois pouces d'étendue.

NEUVIEiWE MEMOIRE- 2" I

Ces désordres étaient évidemment dus aux fausses manœuvres exécutées avant l'arrivée de la malade à l'hospice : sans doute le resserrement du bassin avait été la première cause des difficultés et des retards du travail ; le bras et le cordon étaient probablement sortis après les tentatives infructueuses de l'accoucheur ; peut-être aussi avaientils d'abord glissé sous la tête retenue par l'angle sacro-vertébral et les pubis.

N° xm.

Procidence du cordon avec un pied sous la tête ; version.

Elisab. Cron.... , âgée de trente-huit ans , était

enceinte de son deuxième enfant , et a terme , le

ï I ventôse an 12 , à dix heures du soir, lorsqu'elle

arriva a l'hospice. L'orifice avait dix-huit à vingt

lignes de diamètre ; les douleurs étaient fortes ,

et la tension des membranes trop considérable

pour permettre une exploration facile ; un membre

flottait à une grande h auteur dans les eaux de l'am-

nios. La rupture des membranes nous mit bientôt

a même de reconnaître le pied gauche , dont les

orteils répondaient a droite du bassin et le talon

a gauche. Dès-lors les douleurs diminuèrent et

les choses restèrent en cet état jusqu'à deux heures

du matin. A cette époque, douleurs plus vives ;

la tête du fœtus s'engage dans le détroit, et pousse

au-devant d'elle une anse de cordon ombilical

272 PRATIQlJE DES ACCOUCIIEMENS.

dont les artères puisent encore, mais faiblissent beaucoup pendant la durée des contractions utérines.

Cet état de choses requérait une prompte assislance de l'art : la version fut décidée et exécutée sur-le-champ ; elle fut , comme on le pense bien , extrêmement simple ; des tractions modérées sur le pied qui s'était le premier offert a notre observation suffn-ent pour faire remonter la tête , pelotonner le fœtus et en achever l'extraction. Le membre abdominal droit s'étendit au-devant de l'abdomen et du thorax, et sortit en même temps que le tronc.

Toute cette manœuvre s'opéra avec d'autant plus de facilité que, d'une part, les organes de la mère étaient fort dilatables , et que , de l'autre , l'enfant était fort petit : il naquit vivant.

La délivrance fut naturelle ; mais une fièvre gastrique survint le neuvième jour ; elle fut traitée par les évacuans.

Nous trouvons encore ici une deuxième grossesse, et nous avons déjà vu plusieurs faits de cinquième , sixième, septième et neuvième grossesses avec de pareils accidens; particularité d'autant plus remarquable qu'elle est en opposition avec ce que nous ont appris la plupart des autres complications du travail.

On remarquera ici que le pied qui s'est présenté d'alîord était fort élevé dans le bassin , ce qui in-

diquait que le fœlus ne présentait point franchement sou extrémité pelvienne. Le petit volume du fœtus a facilité aussi le pelotonnement ; dans la plupart des cas analogues, on seraitforcé de repousser la. tête pour faciliter la version.

N° XIV

Trois exemples de version pour procidence de^ plusieurs membres sous la tête y avec ou sans le cordon ombilical.

I. Le II mai 1821 , à cinq heures du matin, ^ntra à la salle d'accouchement une femme de vingt-six ans, de constitution moyenne, et parvenue au terme naturel de sa seconde grossesse.

Les membranes s'étaient rompues la veille à trois heures du matin j mais les douleurs n'avaient commencé à être un peu fortes qu'à trois Iieures du soir.

A l'arrivée de cette femme, elle fut examinée, «t l'on trouva, dans le haut du vagin, la main, l'avant-bras et le pied droits, et, au-dessus de ces parties, la lùte, bien reconnaissable a sa dureté, a sa rondeur , a ses sutures et fontanelles : elle était peu mobile. Ces parties étaient peu tuméfiées; elles se retenaient mutuellement au détroit supérieur, et, comme on vient de le voir, le membre dioracique était le plus avancé des trois.

Mademoiselle Hucherai'd, alors première élève, T. III. 18

s'efforça de soutenir la tète pendant que j'amenais le pied a l'extérieur, ce qui ne put s'opérer qu'avec d'assez grands efforts : quand il fut a la vulve, la tête remonta, et la jambe descendit sous les pubis. Dès-lors nous achevâmes l'accouchement de la manière suivante. On tira sur la jambe en la portant en arrière et a gauche , et les fesses parurent a la vulve j l'aîne gauche , placée en arrière ., fut accrochée par un doigt qui facilita ainsi le dégagement du tronc et de la jambe du même côté. Pendant cette partie de l'opération, la main droite du fœtus s'était rapprochée du périnée ; le bras croisaitla nuque. Cette mainfut saisie, tirée en bas, et le bras se dégagea aisément en descendant sur le dos ; le gauche fut extrait par le procédé ordinaire , et il en fut de même de la tête : avant son extraction cependant il fallut débarrasser les épaules du cordon ombilical , qui les entourait toutes deux en forme de bandage étoile.

L'enfant était vivant, mais un ^en pléthorique ; on fît saigner le cordon, et il reprit toute sa vivacité : il pesait cinq livres et demie»

La mère se porta fort bien pendant toute sa couche. L'orifice inférieur du vagin , rétréci par un reste de l'hymen , avait été une des prihci-^ pales causes de la difficulté des premières tentatives : cet orifice fut ^ssez profondément échattcré en ari'ière, et au-dessus de la fourchette, qui est restée parfaitement intactç.

IL Le i5 mai de la même année , chez une

femme de quarante ans , maigi'e et petite , déjà mère de sept enjans , nous reconnûmes , a la rupture des membranes , la présence de la main et de ï avant-bras gauches au détroit supérieur ; au-dessus était la tête offrant la face en arrière , le front plus abaissé que le reste , à droite était un genou , et, au milieu, le cordon ombilical offrant de vives pulsations. L'enfant exécutait des mouvemens assez vifs et qui changeaient môme souvent les rapports des parties que nous avons énumérées. On saisit le genou, et on chercha a l'attirer, mais sans succès. Dans ces tentatives on sentit un pied qui fut amené k la vulve ; l'autre était au voisinage, £it fut extrait avec une égale facilité. L'évolution fut prompte \ la tête seule résista. La face était directement en arrière , et le front appuyait sur Fangle sacro-vertébral; il fallut porter les doigts jusque sur la racine du nez pour en faciliter la flexion, et diriger fortement en arrière nos tractions pour la plonger dans l'excavation. Dès-lors tout fut termine, car les organes extérieurs de la femme étaient largement ouverts, (i).

L'enfant était une fille du poids de sept livres et demie \ elle fit sur-le-champ quelques inspirations \ mais son état de pléthore exigea la saignée ombilicale.

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