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Trois exemples d'inertie après rupture des membranes ; première position; forceps.
Dans le premier volume , j'ai donné de nombreuses observations d'application du forceps pom' des suspensions de travail avant ou après la rupturç des membranes ; ces observations étaient destinées k donner une idée exacte du mécariiismfe des procédés de la nature et de ceux de l'art : elles exigeaient donc des détails ici inutiles. Notre but a toujours été de mettre l'exemple à côté du précepte : il nous suffira par conséquent d'exposer succinctement quelques faits du môme genre en supprimant tout ce qui est étranger a notre sujet actuel. :
DIXIÈME MÉMOIRE., 32r)
I. A. R. , femme lymphatique Ct chlorotiquc , Agée de vingt-huit ans ; deuxième grossesse , a terme. Premières douleurs le 7 août 181 1 , à six heures du soir ; orifice très en arrière , ouvert de huit a dix lignes , mince et mou ; membranes tendues, douleurs fortes et fréquentes. A onze heures, rupture spontanée des membranes ; la tête franchit l'orifice et entre dans l'excavation s'ofFrant diagonalement dans la première position. Dèslors inertie presque complète. A quatre heures du matin , l'application du forceps fut décidée et pratiquée à la manière ordinaire , c'est-a-dire , en commençant par la branche gauche, qui fut conduite en avant et a droite du bassin. Des tractions mesurées firent rouler la tête sur son axe , amenèrent l'occiput dans l'arcade pubienne , puis en produisirent l'extension et en même temps le dégagement. L'enfant, du sexe masculin, pesait sept livres et se portait bien. La délivrance fut simple*
IL S. N. , vingt-six ans , tempérament bilieux , première grossesse, a terme. Premières douleurs le i"" mars 1812 , à neuf heures du 'soir; doideurs faibles , membranes rompues , écoulement d'eau dans l'intervalle des contractioiis ; orifice ouvert de Imita dix lignes ;. tête fort haute , en première position. Peu a peu la dilatation s'achèrs e. Le 2 , à midi j la tête descend ct franchit l'orifice en occupant l'excavation pelvienne. Les contractions n'avaient pas cessé d'être très-faibles ; l'eau s'était continuellement écoulée j il y avait lièvre , soif
ardente , et parfois vomissement de matières bilieuses. La rotation de la tête s'opéra presqu'en même temps qu'elle franchit rorifice ; mais aussitôt après , inertie complète. A six heures du soir , j'appliquai le forceps plus simplement et plus facilement encore que dans le cas qui précède, c'està-dire, en plaçant les cuillers sur les côtés du bassin , et commençant par la branche droite- Beaucoup d'eau s'écoula encore au moment où le tronc du fœtus sortit de la vulve. L'enfant était un gardon de six livres , faible , mais bientôt ranimé. Suites de couches heureuses.
in. J. Z., femme sanguine, dix-neuf ans , première grossesse , neuvième mois ; travail commencé le 23 février i8.., h. huit heures du matin. Orifice utérin fort en arrière , épais , dur , et à peine ouvert; douleurs fortes, mais rares. A dix heures du soir , dix-huit lignes de dilatation , orifice mou ; on reconnaît la première position du vertex; membranes peu tendues. A minuit, rupture des membranes , douleurs plus faibles , mais plus rapprochées. Le 24, à neuf heures du matin, la tête entre dans l'excavation en franchissant l'orifice , puis elle roule sur son axe , et loge son occiput dans l'arcade des pubis ; après cela, suspension totale des contractions. A trois heures après midi, j'appliquai le forceps comme dans le cas précédent. Enfant mâle, pesant six livres et bien portant. Une hémorrhagic avec inertie utérine csxigea des lotions Iroidcs et rinlioduction de la
main. Du t'este, les suites de couches furent heureuses.
On voit que , dans le plus grand nombre des cas , l'inertie s'est déclarée après la rupture des membranes, et lorsque la tête était sur le point de sortir. Cela tient sans doute a la fatigue de l'utérus , qui s'épuise de plus en plus à mesure que le travail avance , et peut-être aussi a la résistance du vagin et de la vulve , assez ordinaire dans les premières grossesses. Dans le deuxième cas , l'inertie paraît avoir été due a la surabondance des eaux de Tamnios : ce serait donc un exemple d'inertie par torpeur plutôt que par épuisement. On voit, dans la première et la dernière observation , que l'inertie se continue souvent après l'accouchement et cause alors une hémorrhagie , même quand il n'en existait pas pendant la durée du travail.