‹ Pratique et doctrine de la dévotion au Sacré Cœur (volume 2)Chapitre 22 sur 102 · I. PARAPHRASE DE LA MESSE « MISEREBITUR · texte numérisé non relu

I. PARAPHRASE DE LA MESSE « MISEREBITUR

les persécutions qui Taccablent, puis s’élève à l’espérance en un Dieu qui ne saurait indéfiniment punir (t. 36).

L’Église exprime l’assurance que lui donne la pitié de son Dieu, fondée sur la miséricorde de ce même Seigneur. Miserebitur secundum multitudinem miserationum suarum! Il aura pitié selon la multitude de ses miséricordes . 32).

Elle aperçoit les noms de ses enfants inscrits dans le cœur de son Seigneur : « Car II n’a pas dédaigné ni rejeté de son cœur les enfants des hommes * (t. 33).

Cette pensée est suggérée par la traduction française. Littéralement, il faut dire, d’après l’hébreu : « Car c’est à contre-cœur que Dieu humilie et rejette les fils des hommes. »

L’assurance toutefois est subordonnée à la condition, si instamment requise par Notre-Seigneur : l’espérance en Lui : « Le Seigneur est bon à ceux qui espèrent en Lui, à l’âme qui Le cherche » (v. 25).

Il n’y a pas d’autre nom sauveur que celui de Jésus (Act. 4, 12); l’âme qui Le cherche. Le trouvera (S. Matth., 7, 8).

Le sentiment de gratitude qu’enfante cette sécurité s’exprime par un double alléluia, quand la liturgie du temps ne s’oppose pas à cette expression d’allégresse.

Recourant ensuite au Psalmiste, l’Église proclame qu’elle chantera à jamais ces miséricordes auxquelles elle doit son salut : « Je chanterai à jamais les miséricordes du Seigneur: je les chanterai de génération en génération . (Ps. 88, t. 2).

Mais que ces bontés divines et nos actions de grâces rendent « gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement et maintenant et toujours et dans la suite des siècles. Ainsi soit-il. »

Et après cette glorification de la sainte Trinité, l’Église reprend avec une confiance plus entière, les versets, déjà récités, de Jérémie.

172 PARTIE LITURGIQUE. CH. II. MESSES DU SACRÉ CŒUR LA COLLECTE OU PREMIÈRE ORAISON

La collecte s’inspire du sentiment que la dévotion au Sacré Cœur fait jaillir de notre âme. Dévots du Sacré Cœur, nous croyons à l’amour que Dieu nous porta, et parce que nous y croyons, le Cœur de Jésus fait notre gloire. Misérables et coupables par nous-mêmes, nous nous consolons par les dignes hommages que le Cœur de Jésus rend à son Père, et par les complaisances du Père pour son Fils unique fait Homme. Et tout cela est à nous par notre union avec ce divin Cœur. Voilà ce qui nous donne sujet de nous glorifier. « Dieu Tout-Puissant, nous Vous prions de nous accorder, à nous qui mettons notre gloire dans le très saint Cœur de votre Fils bien-aimé. »

Ensuite, nous commémorons, ou plutôt, nous célébrons les principaux bienfaits de l’amour que nous porte ce Fils bien-aimé; et tout spécialement, suivant la leçon de l’Office, nous nous attachons à l’Eucharistie et à la Passion. « Et célébrons les principaux bienfaits de son amour pour nous. »

Mais ces bienfaits eux-mêmes sont des avances que nous devons faire fructifier ; ils nous procurent un avantgoût de ce que Dieu prépare à ceux qui veulent L’aimer; ils nous initient à cette vie divine qui se consomme dans la vision béatifique du ciel. Nous savourerons la joie complète de ces bienfaits, quand, ressuscités avec Jésus- Christ, nous aurons cueilli ce fruit de gloire, de charité et de bonheur. Voilà pourquoi nous supplions le Dieu Tout-Puissant, par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur, d’ajouter à la joie d’avoir reçu ces inestimables faveurs, celle d’en avoir profité pour notre salut. « De nous réjouir également et de les avoir reçus et d’en avoir recueilli les fruits. Par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur, qui, étant Dieu, vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint- Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il. *

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