‹ Pratique et doctrine de la dévotion au Sacré Cœur (volume 2)Chapitre 51 sur 102 · ARTICLE II. INVOCAT. 3. SUBSTANTIELLEMENT UNI · texte numérisé non relu

ARTICLE II. INVOCAT. 3. SUBSTANTIELLEMENT UNI

anciens, annoncée comme la vierge qui allait enfanter t. Voilà pourquoi, au lieu de dire « d’une Vierge-Mère, » nous préférons traduire ainsi l’invocation : « Cœur de Jésus, formé par l’Esprit-Saint dans le sein de la Vierge-Mère * .

II. N'eus résumons l’excellence de cette origine, en disant que le Cœur de Jésus est le fruit de l’action la plus forte et la plus pure qui soit au ciel et sur la terre. Rien de plus fort au ciel que la vertu de Dieu ; rien de plus fort sur la terre que l’humilité de la Mère de Dieu; rien de plus pur au ciel que l’Esprit-Saint ; rien de plus pur sur la terre que la Virginité de la Mère de Dieu.

III. Ces considérations nous engagent à honorer la sainte Vierge, elles nous pressent également de nous mettre sous l’influence si haute et si sainte de l’Esprit de Dieu, et de cultiver, avec tout le soin possible, l’humilité et la pureté.

IV. Ayez pitié de nous! Souvenez- Vous de cette fraternité qui, grâce à votre nature humaine, nous relie à Vous. Fils de Marie, accordez-nous d’aimer tendrement votre Mère qui est aussi la nôtre, et de lui plaire en reproduisant ses vertus.

3.* Cor JesUj Verho Dei substantialiter unitum, miserere nobisf

* Cœur de JésuSy substantiellement uni au Verbe de Dieuj ayez pitié de nous! (Evang. selon saint Jean, 1, 14; épître aux Colossiens, 2, 9).

I. Les deux premières invocations des Litanies résument toutes les autres, qui ne font que les expliquer, les préciser, en montrer les divers aspects ou les grandes et consolantes conséquences.

Cœur de Jésus, Cœur du Fils de DieUj disions-nous en commençant. De quelle façon l’est-il?

(1) Isaïe, 7, 14.

La troisième invocation nous répond : Il Test, non pas par une figure de langage, ni ensuite d’une sorte d’attribution morale, mais parce que, avec l’humanité tout entière, le Cœur de Jésus est substantiellement uni au Verbe.

Un saint, prenons la sainte Vierge, dont toutes les affections auraient pour règle irrévocable le bon plaisir divin, pourrait, dans le ravissement de l’extase, recevoir cet éloge de son Créateur : c Vous m’appartenez à jamais. Votre cœur est mien ». Appropriation consolante, à coup sûr, mais poui’tant métaphorique : ce n’est pas de cette manière seulement que le Cœur de Jésus est le Cœur du Fils de Dieu.

La puissance ne manque pas à l’Esprit de Dieu pour s’emparer définitivement d’un homme, comme II le fait dans les courts intervalles de certaines illuminations prophétiques. Cet homme, constamment gouverné et régi par le Tout-Puissant, pourrait se dire moralement un avec Dieu, qui assumerait la responsabilité de tous les actes faits sous son irrésistible impulsion. Les attaches du Cœur de Jésus au Verbe de Dieu ne se réduisent pas à une union morale'^.

L’union est donc physique et réelle, et l’invocation ajoute qu’elle est substantielle.

II. Ne saisissons-nous pas que, même en laissant de côté les unions purement extérieures qui se réduisent à des juxtapositions, les unions intimes elles-mêmes sont de deux genres? Ma pensée, comme elle est une avec mon intelligence! Qu’elle disparaisse cependant, je conserve l’intégrité de mon être et de mon esprit. Tout autre est l’union de l’âme et du corps. Quand elle se brise, l’âme ne périt pas, il est vrai, mais l’homme n’est plus entier, n’est plus complet : cette âme appelle par elle-même un corps qui la complète pour former avec elle une nature humaine. Cer-

(1)’Y. Fbanzelin, th. 21.

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