‹ Pratique et doctrine de la dévotion au Sacré Cœur (volume 2)Chapitre 52 sur 102 · ARTICLE II. INVOCAT. 3. SUBSTANTIELLEMENT UNI · texte numérisé non relu

ARTICLE II. INVOCAT. 3. SUBSTANTIELLEMENT UNI

taines unions s'arrêtent donc comme à la surface de rêtre : on les nomme accidentelles. D’autres atteignent l’intime de l’être, ce qui demeure sous de multiples variations, le fond permanent qui supporte, soutient des qualités moins essentielles, soit stables, soit passagères : ce sont les unions substantielles . Elles sont de deux espèces, dont l’une relie les parties essentielles qui forment une seule nature composée, tandis que l’autre fait de cette nature un être subsistant, une personne^ quand il s’agit d’une nature rationnelle.

L’union substantielle du Cœur de Jésus avec le Verbe exclut l’idée d’une conjonction accidentelle, manifestement impossible, qui ferait de la nature humaine une sorte de qualité ajoutée à un Dieu; et elle implique beaucoup plus que l’union, accidentelle également, établie par le don créé de la grâce sanctifiante entre les justes et Dieu.

L’union substantielle n’est pas la simple habitation du Verbe dans un homme complet sans Lui.

• Elle satisfait une exigence essentielle de toute nature humaine, celle de subsister dans une personne. Je n’ai un tout complet sous mes yeux qu’en ayant devant moi un homme. Ce complément essentiel qui s’ajoute à l’humanité pour former un homme, la nature humaine du Christ le reçoit de la personne du Verbe. Partout ailleurs, l’être humain est créé tout entier ; ici son* dernier complément substantiel est incréé. Par elle-même, la Personnalité du Verbe, sans absorber la nature humaine, sans subir ellemême aucune modification, s’unit à cette nature pour former avec elle un homme qui est Dieu. La nature humaine du Christ n’est pas Dieu, ne compose pas avec la nature divine une nature nouvelle : les deux natures restent distinctes. La Personne toutefois qui subsiste dans cette nature n’a pas commencé avec elle; elle subsiste éternellement dans la nature divine; mais, depuis

rincarnation, en s’unissant immédiatement une nature humaine, elle est devenue Tiomme, et cet homme est Dieu.

Substantiellement uni au Verbe, le Cœur de Jésus est le Cœur du Fils de Dieu, comme d’autres cœurs sont le cœur de la sainte Vierge, de quelque saint, de nousmêmes : « Il fait partie d’un tout qui est Dieul. >

Tandis que l’union accidentelle ou morale n’est pas, de soi, indestructible, l’union substantielle est perpétuelle et définitive.

III. Cette invocation réfute donc expressément diverses hérésies, qui distinguaient deux personnes en Jésus-Christ, n’admettaient qu’une union morale entre Jésus et le Verbe de Dieu, qui encore confondaient les natures.

Si le Cœur de Jésus est substantiellement uni au Verbe de Dieu, il s’ensuit également que Jésus est le Fils de Dieu par nature, et non pas comme nous, par simple adoption. En ce sens encore, l’invocation substantiellement uni au Verbe de Dieu explique et précise, par l’exclusion de la filiation adoptive, l’invocation : Cœur • du Fils de Dieu.

IV. Au point de vue pratique, elle nous démontre que le Cœur de Jésus est adorable en Lui-même^ non pas à cause de Lui-même, mais comme faisant un tout avec Dieu.

V. Ayez pitié de nous! Bien que notre union avec votre divinité ne soit pas substantielle, mais résulte d’un don créé, elle confère à nos actes et à nous -mêmes leur suprême valeur. Donnez-nous de la priser assez haut. Augmentez notre vénération pour la dignité de votre Cœur. Puissions-nous mettre un filial empressement à Vous offrir les adorations qui Vous sont dues! Puisse,

(1) Expression empruntée à Botjrdaloue, sermon pour la fête du Très Saint Sacrement, première partie.

Page 1