II. L’expression est tirée de l’épître aux Colossiens
c. 2, 9, où elle n’est séparée que par cinq versets du
texte qui a fourni la matière à l’invocation précédente. A notre sens, saint Paul, dans cette épître, et notamment au verset 9, revendique pour le Christ, en tant qu’il est homme, une possession de Dieu plus parfaite que celle dont d’autres épîtres ont félicité les fidèles. En ceux-ci. Dieu habite par sa grâce; dans le Christ, Dieu habite aussi par l’union substantielle de la nature humaine à la Personne du Verbe. La première possession de Dieu nous fait participer plus ou moins largement à la vie divine : c’est l’habitation du Saint-Esprit, auquel, par appropriation, elle est- attribuée; la seconde se vérifie dans une intime communion d’existence entre la nature humaine et toute la Personne du Verbe; cette Personne est elle-même identifiée avec toute la divinité ; la plénitude de celle-ci habite très réellement en Jésus-Christ l.
(1) Voy. saint Thomas sur ce verset de l’épître aux Colossiens. Les interprètes catholiques sont divisés sur le sens du mot aü){jLa':txâ3c; corporellement, qui termine le verset 9. Les uns en font un synonyme de réellement, et non par simple figure ou analogie ;