‹ Pratique et doctrine de la dévotion au Sacré Cœur (volume 2)Chapitre 73 sur 102 · Cor Jesu^ tons vitae et saiictitatis, miserere nobiti · texte numérisé non relu

Cor Jesu^ tons vitae et saiictitatis, miserere nobiti

Cœur de Jésus, source de vie et de sainteté, ayez pitié de nous ! (Isaïe, 12, 3; Évang. selon saint Jean, 7, 37.)

I. € Tandis que le voleur ne vient que pour voler, égorger et perdre, je suis venu, moi, pour que les brebis aient la vie, pour qu’elles l’aient en abondance i. » Ainsi s’exprime Jésus dans la parabole du bon Pasteur. La vie dont II parle est la vie d^ la grâce ; l’abondance de cette vie constitue la sainteté sur la terre. Assis sur la margelle du puits de Jacob, Notre-Seigneur excitait chez la Samaritaine le désir d’une eau meilleure que celle qui étanche, pour quelques instants, la soif du corps. « L’eau que je donnerai, dit-Il, deviendra, en l’homme qui s’en abreuve, la source d’une eau jaillissant jusque dans la vie éternelle 2. » Cette eau, elle aussi, c’est l’eau de la grâce. Le jaillissement dans la vie éternelle, c’est la transformation de la grâce en gloire, la sainteté des bienheureux habitants du ciel.

« Si quelqu’un a soif, dit- encore notre doux SauveuFi " qu’il vienne à moi et qu’il boive^. * C’était se comparer à une fontaine, se donner pour la source de vie.

(1) Évang, selon S. Jean, 10, 10.

(2) Évang. selon S. Jean, 4, 14.

(3; Ibid., 7,37.

Sur la croix, quand la lance Lui ouvrit le côté, il s’en échappa de l’eau et du sang', symbolisant les deux grands sacrements, dont l’un, le baptême, donne la vie, et dont l’autre, l’Eucharistie, l’entretient. Scène émouvante et pleine d’une muette éloquence, où le Cœur de Jésus nous apparaît comme la source de vie.

Nous apprenons ainsi que Xotre-Seigneur Lui-même, par ses paroles et ses plaies, que son Cœur est la source de la vie et de la sainteté.

Il est cela en réalité, parce que la même grâce fait les justes et les saints, et que cette même grâce nous vient tout entière de ses mérites ; elle a donc pour première source l’amour de son Cœur, sa volonté de se sanctifier pour nous, de nous donner le salut.

II. Cet enseignement est confirmé par l’Ancien Testament lui-même. Nous y apprenons à puiser en Dieu la vraie vie. « Apud Te est fons vüœ. En Vous se trouve la source de la vieL * Le Christ, qui est devenu la source de vie après que sa poitrine fut frappée de la lance, y est figuré par le roc d’où la baguette de Moïse fait jaillir l’onde fraîche^; et le Prophète nous réjouit par avance des consolations que nous goûterons à boire à cette source. « Vous puiserez l’eau avec joie aux sources du Sauveur *

III. Pécheurs, nous avons à désirer la vie; justes, le Seigneur nous invite à la sainteté. Le Cœur de Jésus, source de vie et de sainteté, est vraiment le centre des plus nobles inspirations de toute l’humanité.

IV. Ayez pitié de nous! Avec la Samaritaine, nous Vous supplions. Seigneur, de nous donner en abondance

Cl) Psaume, 25, 10.

(2) Exode, 17, 6; Nombres, 20, 12; l*-« épître aux Corinthieus, 10, 4 : la pierre était le Christ.

(3) Isaïe, 12, 3.

ART. ir. IKVOCAT. 22. PROPITIATION POUR NOS PÉCHÉS 241

de cette eau que Vous nous avez apportée du ciel, et dont Vous excitez en nous la soif si salutaire.

22. Cor Jesu, propitiatio pro peccatis nostriSj miserere nohis!

Cœur de Jésus y propitiation pour nos péchés y ayez pitié de nous! (l''© épître de saint Jean, 2, 2.)

I. Cette invocation est tirée de la 1'’® épître de saint Jean : * Jésus-Christ, le Juste, est propitiation pour nos péchés; non seulement pour nos péchés, mais aussi pour ceux du monde entier C > Saint Paul exprime la même idée dans son épître aux Romains, 8, 15 : « Dieu a proposé Jésüs-Christ à tous les hommes, pour être leur propitiation par la foi dans son sang. >

Ce terme de propitiation, dont Tusage est purement ecclésiastique, signifie un moyen de rendre Dieu propice, une action faite à cette fin.

L’invocation nous rappelle donc cette ineffable prévenance qui a mis au Cœur de Jésus la volonté de remédier à la situation lamentable où le péché avait plongé le genre humain. Dieu se détournait de l’homme : Il avait sa créature en aversion! Seul un Homme-Dieu était capable d’apaiser le juste courroux du Créateur offensé, de nous restituer la faveur de Celui sans lequel nous ne pouvons faire un pas. Ce que Seul II était à même d’être, Jésus Je fut en effet par son amour, par son Cœur. Il s’est offert en victime, et II s’est fait Propitiateur, non seulement pour le premier péché, dont nous avions tristement hérité en Adam, mai» encore pour les incessantes offenses que notre faiblesse et notre témérité nous font commettre, avec l’affreuse conséquence de nous exposer aux coups de la colère divine.

Le petit Office du Sacré Cœur célèbre, dans les termes

(1) l*"® épître de saint Jean, 2, 2.

242 PARTIE LITÜRGICITJE. ch. ni. LITANIES COMMENTÉES

suivants, la bienheureuse intervention du Fils de Dieu fait homme : ^

Vindex rtis irascitur Deus sed ut Te respicitj Piacatus iras abicit Et fulmen obliviscitur ,

Outré des crimes du pécheur,

Dieu va punir cette folie.

Il vous voit : sa clémence oublie La foudre armant son bras vengeur 1.

Témoignons notre reconnaissance au divin Cœur.

II. Le Cœur de Jésus est notre propitiation, c’est-àdire que Dieu nous l’offre comme tel, si nous voulons remplir la condition, formulée par TApôtre, de croire en la vertu de son sang. Il nous faut avoir foi en cette vertu, et, par conséquent, espérer, et accomplir aussi les œuvres de cette foi et de cette espérance.

III. Ayez pitié de nous! Recevez l’humble aveu de nos péchés et de notre détresse, et attirez sur nous ces bénédictions paternelles que Vous méritez et dont nous avona^ besoin.

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