‹ Pratique et doctrine de la dévotion au Sacré Cœur (volume 2)Chapitre 76 sur 102 · Cor Jesuy lancea perforatam^ miserere nohis · texte numérisé non relu

Cor Jesuy lancea perforatam^ miserere nohis

Cœur de Jésus, percé de la lance, ayez pitié de nous ! (Évang. selon saint Jean, 19, 34).

1. L’hommage du Christ parvint jusqu’à Dieu ; il posséda dès lors toute sa vertu propitiatoire. Restait à exercer cette vertu, restait à la destiner aux coupables. Cette œuvre de la charité du Christ envers nous fut figurée au Calvaire, quand le coup de lance ouvrit le côté sacré du Sauveur. De cette plaie s’échappèrent de l’eau et du sang : écoulement mystérieux, ou l’Eglise se reconnaît elle-même. Nouvelle Eve, elle sort du côté entr’ouvert du nouvel Adam, sous la figure des deux sacrements qui com-

muniquent et entretiennent la vie spirituelle. L’eau, c’est l’onde qui, au Baptême, purifie et enfante à Jésus-Christ; le sang, c’est le breuvage eucharistique : grâce à cette eau, grâce' à ce sang, l’Église peut vraiment être la mère des vivants. La verge de Moïse frappa la pierre, il en jaillit l’eau qui désaltéra Israël au désert. Le coup de lance frappe le Christ représenté par la pierre ^ ; l’eau et le sang qui en découlent forment et alimentent un Israël nouveau, traversant le désert de ce monde. Faite après la mort, la blessure ne va pas se guérir. Le côté de Jésus reste ouvert; par la plaie demeurée béante, la source va continuer de jaillir, et le fleuve de grâce qui descend de la Croix, passe tout entier par le Cœur de Marie, pour, de là, arroser le monde.

Cette invocation nous montre ainsi le rôle propitiatoire de Jésus, s’achevant en une large dispensation de la grâce effectivement offerte à tous.

IL Tâchons de ressentir quelque peu la reconnaissance émue et confiante avec laquelle, dès les âges reculés, les saints ont attaché le regard sur cette ouverture du côté sacré de leur Sauveur. « Ils fixeront les yeux, avait dit le Prophète'^, sur Celui qu’ils ont transpercé. > O lance, chante l’Église^^ comment jamais assez te remercier de ton bienfait! « A ta place, ajoute saint Bonaventitre^, je n’aurais pas voulu quitter le côté du Christ, mais j’eusse dit : Voici mon repos pour les siècles, c’est ici ma demeure, car je l’ai choisie. »

III. On le voit, en perçant le Cœur, le coup de lance fournit à la dévotion au Cœur de Jésus une spéciale raison d’être. Aussi les apologistes de la dévotion, notamment

(1) !’■« épître aux Corinthiens, 10, 4.

(1) Zacharie, 12, 10.

(3) Office de la sainte Lance et des Clous. Hymne des vêpres.

(4) Siimuli divini amoris, p. 1, c. 1.

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