‹ Pratique et doctrine de la dévotion au Sacré Cœur (volume 2)Chapitre 84 sur 102 · Cor Jesu, spes in temorieniium^ miserere nohis · texte numérisé non relu

Cor Jesu, spes in temorieniium^ miserere nohis

Cæur de Jésus, espérance de ceux qui meurent en Vous, oyez pitié de nous! épître aux Thessaloniciens, 4, 15.)

(1) Épître aux Romains, 8, 35; 2® aux Corinthiens, 5, 14; aux Éphésiens, 3, 18-19.

(2) Évang. selon saint Mattliien, 21, 22; épître aux Éphésiens,

(3) Les biens ne peuvent être demandés en tant qu’indifférents ou inutiles. Voy. Suarez, De Religione^ 4, 4; disp. 17, u. 12; disp. 18, n. 11-12.

1, « Mes frères/ écrivait S. Paui. aux fidèles de Tliessaloniquet, ne vous trompez pas concernant les défunts, et n’allez pas vous affliger comme le reste des hommes qui n’ont pas d’espérance. Aussi bien, en effet, comme nous le croyons, que Jésus est mort et ressuscité. Dieu emmènera avec Jésus ceux qui se sont endormis en Lui. » Et, sur l’ordre d’une voix céleste, S. Jean écrivit dans l’Apocalypse : « Bienheureux ceux qui meurent dans le Seigneur 2! »

L’un et l’autre texte nous révèlent une espérance propre aux mourants qui s’endorment dans le Seigneur. Cette espérance en fait notre invocation et spécialement le partage de ceux qui meurent dans le Cœur de Jésus.

IL 1. Mourir en Jésus, qu’est-ce à dire? C’est, selon l’Apôtre, mourir comme « appartenant au Christ après avoir cru à son avènement 3. »

Et quelle est Vespéî^ance des mourants? C’est la reconstitution glorieuse du corps qui se dissout, c’est la splendide revanche d’une résurrection éternelle; c’est la fin d’une douloureuse séparation, une réunion perpétuelle de tout l’homme avec le Sauveur ressuscité^. Attente magnifique, fondée sur la douce assurance que les œuvres nous suivent après la mort 5.

2. Mourir dans le Cœur de Jésus, c’est mourir attaché à ce Cœur, avec la conscience du lien qu’une vraie dévotion établit entre Lui et nous.

A ceux qui sont de la sorte unis au Cœur de Jésus, est assurée une mort pleine d’espérance, cette mort tranquille, confiante et consolée que l’on appelle la mort du juste; mort si douce, si pacifique, qu’elle symbolise pour

(1) épître aux Thessalouiciens, 4, 13-14.

(2) Apocalypse, 14, 13.

(3) l*^® épître aux Corinthiens, 15, 23.

(4) épître aux Thessaloniciens, 4, 14-17.

(5) Apocalypse, 14, 13.

ARTICLE II. INVOr:..T. 33. DÉLICES DE TOUS LES SAINTS 261

les assistants la paix bienheureuse de Tâme, et qu’ell présage la résurrection. ^

Mourir, en effet, dans le Cœur de Jésus, c’est, d’une façon particulière, mourir en Jésus, c’est mourir en occupant la place privilégiée que, parmi tous les apôtres, S. Jean obtint à la dernière cène. L’humble confiance que le culte de l’amour de Jésus a imprimée au fond de l’âme s’éveille vive à ce moment suprême. La promesse de Jésus revient à la mémoire ; « Je serai leur refuge pendant la vie et surtout à l’heure de la mort ; » et l’on est porté à s’écrier, avec sainte Marguerite-Marie : « Qu’il est doux de mourir après avoir eu une dévotion constante envers, le Cœur de Celui qui doit nous juger! »

III. Pour goûter pleinement ces espérances, efforçonsnous de vivre selon l’esprit de JÉsus-CnnisT. Méditons cet enseignement de l’Apôtre : « Si l’Esprit de ce Dieu qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, l’habitation de cet Esprit fera que ce même Dieu rendra la vie à vos corps mortels L > On ne pouvait le dire plus clairement : vivre selon l’esprit de Jésus-Christ, c’est se préparer la glorieuse résurrection.

IV. Ayez pitié de nous ! Octroyez-nous la grâce, précieuse entre toutes, d’une bonne mort. Apprenez-nous à vivre en Vous, pour ne pas mourir hors de Vous.

Page 1