Cor Jesu, deliciae sanctorum omnium, miserere nohis
Cœur de Jésus, délices de tous les saints, ayez pitié de nou^! (Épître aux Hébreux, 1, 6; Apocalypse, 21, 23.)
I. 1. Cette dernière invocation nous transporte dans le royaume de félicité, où l’amour de Jésus nous donne le doux espoir de parvenir. Elle nous montre que là même subsiste la dévotion au Cœur de Jésus, sous la forme
(1) Épître aux Hébreux, 1, 6.
qu’y prennent pour toujours toutes choses, sous l’aspect d’une allégresse et d’un bonheur. Le Cœur de Jésus est ici-has notre soutien dans l’épreuve; au ciel, Il fera nos délices dans la récompense. Il sera à jamais nos délices, les délices de toute la cour céleste, des Anges et de tous les Saints.
2. En effet, outre le bonheur essentiel de la possession de Dieu, les élus goûteront encore d’ineffables jouissances puisées dans les œuvres de Dieu. Leur gloire mutuelle les réjouit tous. Mais, de toutes les œuvres de Dieu, la plus magnifique est l’humanité sainte du Sauveur ; et le Cœur, avec ses affections, forme le centre de cette humanité. En elle aussi resplendissent toutes les gloires.
« L’Agneau, dit S. JeanI, est la lumière de la cité céleste. »
Cette allégresse est commune aux Anges et aux Saints. Au ciel, tout ce qui provoque les hommages est une source de bonheur. Les Anges adorent le Verbe fait chair 2 : signe évident que ces esprits bienheureux se réjouissent en Lui. Et, l’Écriture l’affirme, leurs regards plongent avec complaisance dans ces mystères de notre salut ^ qui se réunissent en Jésus-Christ.
3. Qui dira les ravissements dont cette Humanité sainte transporte les élus? Autant elle est proche de la divinité, autant la jouissance qu’elle procure ressemble à celle de la divinité elle-même. Or, rien ne saurait se concevoir de plus divinisé, ni comme nature, ni comme cause de bonheur.
II. Mais, chez les Saints, la reconnaissance et l’espérance portent ces délices à leur comble : la reconnaissance, car toute la félicité, toute la gloire des Saints leur
(1) Apocalypse, 21, 23.
(2) Êpître aux Hébreux, 1, 6.
(3; 1^* épître selon saint Pierre, 1, 12.
ARTICLE III. CONCLUilON DES LITANIES 263
vient du Sauveur et de son amour : ils jettent leurs couronnes à ses pieds ^ ; V espérance, car le corps immortel de Jésus leur représente le corps qui va se réunir à leur propre âme pour compléter leur bonheur. Aux délices présentes de Téternité s’ajoutent les délices futures que, dans leur humanité pleinement reconstituée, ces justes tireront de la compagnie des autres justes et surtout de leur conversation cœur à cœur avec Jésus.
III. Tandis qu’elle prolonge au delà de tous les teirqis la dévotion au Cœur de Jésus, notre invocation nous fait saluer avec transport le règne éternel de ce Cœur.
IV. Ayez pitié de nous! O Cœur si riche, si tendre et si bon, soyez, dès à présent, nos délices, accordez-nous de Vous aimer en tout et par-dessus tout, pour avoir en Vous notre demeure éternelle.
ARTICLE III
Conclusion des Litanies; Verset et Répons; Oraison.