‹ Pratique et doctrine de la dévotion au Sacré CœurChapitre 107 sur 334 · II. L' explication du gage · texte numérisé non relu

II. L' explication du gage

I. 1. Qui nous expliquera mieux la nature de ce gage que Notre-Seigneur qui Ta promulgué? Cherchons à saisir les admirables enseignements qu’il nous donne dans le discours1 où II nous promet l’Eucharistie et en expose les infinies vertus.

Des auditeurs auxquels Notre-Seigneur s'adresse avaient assumé de grandes fatigues pour obtenir de Lui la nourriture du corps. « Vous me cherchez, dit-il, parce que vous vous êtes rassasiés de mon pain. » (t. 26). 11 commence par exciter en leur âme de plus nobles désirs. « Ne vous mettez pas en peine pour une nourri ure qui périt, mais pour cette nourriture qui demeure jusqu'à la vie éternede. Le Fils de l'homme vous la donnera. » (ÿ. 27.)

Quel est cet aliment, préparé par le Père céleste, bien préférable à la manne, et venant plus véritablement du ciel? {*. 32. 49. 59).

C’est le Christ Lui-même. « Je suis le pain de vie. (35, 48, 51)... Ma chair est vraiment une nourriture et mon sang est vraiment un breuvage. * (56).

Cette nourriture que va telle produire? Une union intime avec le Christ, et comme une compénétration réciproque du convive et du Dieu qu'il mange2, faisant

(1) Év. S. Jean, 6, 26-60. Nous mettrons entre parenthèses les chiffres des versets dont nous résumons la doctrine.

(2) Pour mieux comprendre la suite de cet admirable discours, il faut le considérer comme coupé de digressions qu’amènent les questions ou les objections des interlocuteurs de Jésus. Ainsi, la question des Galiléens sur la manière de mériter un pain meilleur que celui de cette terre L’amène à exprimer la nécessité de croire eu Lui, sur laquelle II insiste d’autant plus que ses auditeurs sont

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vivre l'homme de la vie même dont vit le Christ, de la vie qui est communiquée au Christ par son Père. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi je demeure en lui. Mon Père qui vit m’a envoyé et je vis à cause de Lui ; de même celui qui me mange vivra aussi à cause de moi. » (57. 58).

Cette union est de soi indissoluble, car le Christ est inséparable du Père et vit de Lui éternellement; et elle entraîne deux glorieuses conséquences : la parfaite satisfaction de tout désir, car le Père et le Fils sont bienheureux ; et l’immortalité corporelle par la résurrection, car le Christ, après sa mort, a repris une vie immortelle. « Celui qui vient à moi n’aura plus faim, qui croit à ma parole n’aura jamais soif. (35). Après avoir mangé la manne, vos pères sont morts; qui mange de ce pain du ciel ne mourra pas... je le ressusciterai au dernier jour. * (50. 55).

Voici donc le simple raisonnement et les magnifiques assurances de Notre-Seigneur. Tel l’aliment, telle la vie qu’il donne. Une nourriture qui périt ne. saurait communiquer ou entretenir qu’une vie périssable. J’ai, je suis la vie éternelle, et je me donne en nourriture. Mangez-moi, et la vie éternelle est en vous* 1. Elle est en vous pour garder votre âme en cette grâce qu’elle fortifie, et pour ressusciter votre corps.

peu disposés à cette foi (29. 30. 35-47). Il est aisé dès lors de garder au discours une parfaite unité. Du commencement jusqu’à la fin, 1’enseignement est eucharistique. Nous devons à l’obligeance d’un professeur d’ Écriture Sainte cette observation judicieuse, qui coupe court aux interprétations forcées que subissent parfois certains versets de ce discours.

(1) « Ceux qui mangent le Christ vivent éternellement, parce que le Christ est la vie éternelle. » (S. Augustin, sur S. Jean, tr. 26, n. 20. M. P. L. t. xxxv, col. 1615.)

Nous savons d’ailleurs que la communication de la vie du Christ se vérifie dans l’infusion de la grâce sanctifiante.

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