II. Développements
1er point. La liberté de cœur.
1. 1. Un cœur libre n’est pas un cœur sans amour. L’homme qui n’aime pas s’appelle justement un homme sans cœur. Mais un cœur libre est un cœur dont la flamme est si pure, qu’elle n’enlève aucune force au bien.
Tendre et ardente était 1 affection de Notre-Seigneur pour sa Mère, pour saint Joseph. Pourtant, quand la gloire de Dieu le demande, Il n’hésite pas à les contrister.
2. Et pourquoi la gloire de Dieu le demandait-elle? A cause de nous. Jésus aurait pu demeurer dans le temple sans affliger ses chers parents : il lui eût su fl de les prévenir. Mais alors la leçon de détachement n'était pas donnée; et les larmes versées par la Mère de Jésus n’auraient pas fortifié ses disciples pour résister à d’autres larmes, que la gloire de Dieu, les intérêts du Christ et des âmes provoquent chez de3 personnes justement chères.
IL Touchés de cette attention de Notre-Seigneur, vérifions notre liberté de cœur, et offrons-nous à Lui pour tout sacrifice qu’il désire de nous, malgré qu’il nou3 en puisse coûter à nous-mêmes ou à nos proches les plus aimants et les plus dignes d’être aimés.
2e JOUR- JÉSUS DEMEURE AU TEMPLE
2e point. L’obéissance d’un cœur libre.
1. 1. Durant sa vie cachée, Jésus pratiquera à la perfection envers Joseph et Marie l'obéissance que les parents sont en droit d’attendre du fils commis à leurs soins. Mais cette obéissance n’implique vis-à-vis des hommes aucune servitude. Totale, intérieure et extérieure, parce qu’elle est sincère et délibérée, cette obéissance est rendue à Dieu, car elle ne reconnaît que le titre de l’autorité légitime divinement mis en saint Joseph et en Marie.
Respectant l’ordre alors établi, saint Paul a pu recommander aux esclaves mêmes une docilité qui faisait d’eux des serviteurs fidèles du Christ. « Obéissez en toutes choses à vos maîtres, non pas sous la peur du regard des hommes ou pour leur plaire, mais dans la simplicité de votre cœur, par crainte de Dieu... Servez le Christ, votre Seigneur.1 >
2. A cette obéissance si réelle et si noble, opposons la servilité mécontente et impatiente de ceux qu’un intérêt ou une menace terrestre abaisse devant d’autres hommes. Comme leur cœur est peu libre de suivre Dieu et de répondre à ses appels ! Leur dépendance les entraîne souvent à de viles complicités.
II. Notre obéissance est-elle la conséquence d’une soumission réfléchie, convaincue, fondée sur l’ordre divin, nullement sur une qualité humaine, sur un ascendant ou un prestige de créature?
3e point. Le dévouement d’un cœur libre.
I. 1. Le cœur de Notre-Seigneur n’était affranchi que pour donner sa liberté à Dieu, pour la donner avec un empressement qui ignore l’hésitation et le retard. « Je me
(1) Col. 3, 22. 24.
dois aux affaires de mon Père1. » Cette parole de Notre- Seigneur nous livre tout le plan de sa vie.
2. Heureux serons-nous, si notre programme de vie peut aussi se ramener à cet article unique. Nos devoirs d’état nous instruisent des affaires à soigner et aussi des affaires à exclure. Sommes-nous ainsi tout entiers dans notre vocation?
COLLOQUE
Attachons notre regard sur le Cœur si noble, si soumis, si ardent de Jésus. Rapprochant du sien notre cœur, supplions-Le : « Jésus doux et humble de cœur, rendez mon cœur semblable au vôtre. »