IL MÉDITATION
1 Prélude. Représentons-nous affectueusement l’Enfant Jésus, dans sa crèche, comme venu pour réconcilier le ciel et la terre.
2e Prélude. Demandons instamment la lumière et la force requises, pour mieux saisir l’immense amour que Notre-Seigneur manifeste par sa médiation, et pour y répondre en même temps par une vie qui réellement soit toute à Lui.
(2) Ép. aux Col., i, 20.
Ier point. La médiation de Notre- Seigneur.
1. Tâchons de pénétrer ce qu'avait & affreux l’aversion réciproque de Dieu et de l’homme, telle qu'elle résultait du péché l.
a) Du côté de Dieu , nous voyons une infinie Bonté méconnue par la créature qui est faite pour Lui rendre hommage.
Toute la création manifeste les merveilles de cette bonté. « Seigneur des seigneurs, que votre Nom est admirable par toute la terre !» — Ce cri du Psalmiste 2 est celui de notre cœur. Mais au moment où l’admiration nous l’arrache, au moment d’exercer en louant Dieu notre principale mission, nous nous sentons comme invinciblement retenus, et forcés de refouler notre adoration au fond de notre âme. Ennemis de Dieu, notre louange ne peut Lui plaire.
O Dieu, quel supplice, quand nous en appelons au sentiment de justice et de reconnaissance que nous portons en nous-mêmes; supplice qui s’augmente dans la mesure où les nouvelles perfections que nous découvrons en Vous, Vous font apparaître de plus en plus digne d’être exalté !
Concevons une profonde tristesse de ce que la suprême Bonté soit privée des justes louanges qui Lui reviennent, et cela par la faute de l’homme, pour qui tout le monde visible avait été fait.
b) Du côté de l’homme, quel désordre monstueux ! Il est hors de sa fin, de son unique fin, fin sublime, heureuse au delà de toute conception, fin pour laquelle il a été créé, que cependant il n’atteindra jamais. Il marche dévoyé, comme au hasard, sûr de ne pas arriver au terme magnifique vers lequel tous ses pas le devraient porter : tel un
(1) Déjà la vertu de la Rédemption avait par avance remédié à ce triste état pour les justes de l’Ancienne Loi.
(2) Ps. 8, 2.
ART. I. L’OFFICE DE MÉDIATEUR, 2e MED. 59
navire, lancé sur les flots, avec la certitude de se briser contre un écueil, sans espoir de toucher au port. Et cependant il marche, il vit par le bienfait de Celui-là même dont il s’est détourné et mérite l’aversion. C’est d’un Dieu justement courroucé, d’un Dieu qu’il a quitté, trahi, qu’il doit attendre et recevoir le pain qu’il mange, l’eau qui le désaltère, et jusqu’à la vie, l’existence qui lui est continuée ! Et ses obligations vont croissant chaque jour... Quelle ingratitude, quelle honte, quel sujet de confusion !
Remplissons-nous d’une sainte horreur pour le péché mortel, cause de cet état contre nature.