‹ Pratique et doctrine de la dévotion au Sacré CœurChapitre 40 sur 334 · C. DE JÉSUS. I · texte numérisé non relu

C. DE JÉSUS. I

schismatiques s’obstinaient à offrir des sacrifices hors du seul temple agréé de Dieu. Ils alléguaient le caractère sacré du lieu qu’ils avaient choisi pour leurs adorations. Les anciens patriarches y avaient adoré Dieu. La femme interroge Notre-Seigneur sur cette controverse. Il lui répond brièvement en condamnant le schisme ; mais aussitôt, élevant le point de vue, Il appelle toute l’attention de la Samaritaine sur la nécessité d’être avant tout préoccupé de la vérité et de la perfection intérieure des adorations ; Il lui annonce un culte où la réalité sera substituée à la figure; un culte spirituel, affranchi des rigueurs cérémoniales du culte figuratif. Insistons surtout sur les paroles où Notre-Seigneur déclare que Dieu désire être adoré en esprit et en vérité.

2. M’adressant à Notre-Seigneur, je Le supplierai qu’il me donne de comprendre cette grande leçon et de la pratiquer, afin de Lui plaire entièrement.

2e point. L’adoration en esprit.

L’adoration en esprit suppose :

a) Une adoration dont la signification soit comprise, et qui parte du cœur. Il ne suffit pas d’honorer Dieu du bout des lèvres.

b) Une adoration qui s’aide, il est vrai, des moyens extérieurs, mais qui sache au besoin s’en passer. La pauvreté de l’église, sa solitude, ne doivent en rien diminuer les hommages qui vont au Dieu caché dans le tabernacle.

c) Une adoration affranchie de tout servilisme étroit. Que de personnes sont encore attachées à une formule spéciale de prière, à un nombre déterminé d’invocations ; estiment pratiquement moins la qualité que la quantité de leurs oraisons, et pour achever celles-ci s’empressent inutilement! Pour toutes les pratiques libres, évitons ces préoccupations mesquines : ne judaïsons pas.

d) Une adoration dégagée du goût intérieur, de la satis-

ART. III. l’office d’adorateur, 4e MÉD.

faction sensible que l’on éprouve parfois à honorer Dieu. Qui règle sa ferveur sur ces consolations, fait preuve d’un attachement plus grand pour celles-ci que pour le Dieu qui daigne les donner1.

e) Une adoration pure de vues temporelles. N’imitons pas ces personnes qui subordonnent à des bénédictions terrestres la constance de leurs hommages ; et qui, sous le coup d’une humiliation ou d’un revers, troublées, mécontentes, hors d’elles-mêmes, perdent toute leur piété, et semblent reprocher à Dieu de ne pas payer le prix convenu de leurs adorations.

Examinons sérieusement si nos adorations ne pèchent pas par quelqu’un de ces défauts.

3e point. L’ adoration en vérité.

1. Assistons en esprit à cette scène auguste du ciel, qu’évoque l’Apocalypse au chapitre IV, à ce concert incessant, où confondus devant la Majesté divine, Anges et

•Saints exaltent avec un respect souverain la sainteté infinie de Dieu. « Saint, Saint, Saint, est le Seigneur Tout- Puissant ! » Voilà l’adoration en vérité.

2. La vérité de l’adoration veut que celle-ci soit accompagnée d’un vrai sentiment de notre néant. Pour nous en pénétrer, élevons-nous des multiples bontés et beautés répandues dans l’univers visible, à l’homme qui les domine toutes par sa supériorité intellectuelle ; de l’homme montons jusqu’à l’ange. A l’ordre naturel superposons les perfections surnaturelles de la grâce et de la gloire. Admirons la première des 'pures créatures, la sainte Mère de Dieu. Arrivons au degré suprême occupé par l’Humanité de Notre-Seigneur. De là à la divinité, il y a toujours l’Infini.

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