II. 1. Béni soit le Sacré Cœur de Jésus
2. A la fin de l’action de grâces, faisons cette réflexion opportune. La malice, les persécutions des hommes, voilà les instruments du sacrifice de Jésus-Christ ! Elles ont comme naturellement mené le Sauveur à la croix. Elles ont donné à l’Innocent la sainte souffrance, qu’il a volontairement acceptée, qu’il a aimée pour en former son sacrifice.
Les torts des hommes envers nous, que nous appelons leurs injustices, et principalement leurs oppositions à notre volonté d’être vertueux ou parfaits ; en d’autres termes, ces persécutions, grandes ou petites, soulevées contre la cause glorieuse de la justice, seront aussi, si nous le voulons, les instruments de notre sacrifice, les clous de notre croix. Loin d’en faire grief au prochain, loin surtout de nous décourager à ce propos, accueillons les marques d’hostilité dans un esprit d’oblation magnanime. Complétons notre sacrifice par le support résigné, courageux, joyeux, des désagréments et des peines de la vie. Tenons même à y ajouter des renoncements et des mortifications spontanés que nous savons agréés de Dieu parce qu’elles nous sont utiles.
Grâce à rincamation du Verbe, notre humanité se trouve sanctifiée avec la sienne. Il nous est donné d’être prêtres avec Jésus-Christ pour nous offrir en holocauste à Dieu.
Aimons-nous assez Dieu et les âmes, pour assumer un rôle de victime analogue à celui du Christ?
3e point. Les fins du sacrifice de Jésus-Christ .
1. 1. Quelle ignorance, quelle méconnaissance de Dieu déshonorait toute la terre ! L’homme brûlait son encens devant les idoles, s’il ne s’adorait lui-même : c’est à peine si un grand temple était dédié au vrai Dieu. Le Christ fit de son sacrifice Y adoration parfaite de Dieu.
2. Dieu bienfaiteur n’était pas remercié. Combien peu, même parmi les Juifs, appréciaient, révéraient son amour ! Que de blasphémateurs calomniaient, maudissaient la Providence !
Le Christ s’offrit en actions de grâces sur la croix. Au Cénacle, Il préluda par l’action de grâces au premier sacrifice de l’autel. L’ Eucharistie, l’action de grâces, sera le nom propre du sacrement qui nous garde son corps sacrifié.
3. Couverte de péchés, l’humanité n’implorait pas pitié, ne faisait rien pour détourner les foudres vengeresses. Le Christ gémit pour elle sur la croix. Et II offre ses abaissements, son humiliation volontaire, en propitiation pour nos péchés.
4. Tous nos besoins émeuvent aussi son cœur. Son hommage incessant au ciel et dans le tabernacle, revêt la forme d’un z prière permanente pour nous.
II. Unissons nos intentions à celles du Sauveur. Souscrivons aux quatre fins de son sacrifice. Quand nous participons à la sainte messe, insistons tantôt sur une, tantôt sur une autre de ces quatre fins. Nos offrandes
ART. VI. L?OFFICE DE VICTIME, 2e MÉD. 147
mesquines tirent toute leur valeur de Jésus- Christ. Est-ce trop qu’elles se fassent dans le même esprit?
COLLOQUE
Agenouillés sous cette croix, devant le Dieu-Victime que nous y contemplons, pourrions-nous mieux exprimer à ce Dieu notre amour et nos aspirations, qu’en Lui répétant la belle prière attribuée par saint Alphonse1 à saint Augustin : Seigneur Jésus, gravez vos plaies dans mon coeur, afin que j’y lise l’amour et la souffrance : la souffrance pour endurer toute souffrance ; l’amour, pour dédaigner tout autre amour que le vôtre !