‹ Pratique et doctrine de la dévotion au Sacré CœurChapitre 93 sur 334 · ART. I. NEUVAINE AU SACRÉ CŒUR, 3« JOUR · texte numérisé non relu

ART. I. NEUVAINE AU SACRÉ CŒUR, 3« JOUR

immolation mystique et son immolation sanglante. « Prenez, dit-il, et mangez, ceci est mon corps... Buvez tous de ce calice, car c’est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui sera répandu pour beaucoup en rémission des péchés1. * Et le prêtre continue de se servir des mêmes paroles, pour offrir le saint Sacrifice comme ministre du Christ et délégué de l'Église.

Qui dira la gloire que ces rapports donnent à l’Eucharistie?

a) Elle nous rappelle toute la scène du Calvaire, tout ce qu’elle contient d’opprobres et de douleurs. Mais ces souffrances et ces humiliations sont la rançon du genre humain, 1 apaisement d’une justice infinie, la réconciliation du ciel et de la terre. Aucun autre sacrifice n’a pu par lui-même plaire à Dieu ; aucun n’a pu laver la honte du pêché ; aucun n’a pu compenser l’affront fait à Dieu par nos offenses. Et le spectacle terrifiant devient le plus rassurant de tous; l’anéantissement contient en germe l’exaltation suprême.

b) Elle nous rappelle encore le sacrifice de la croix dans ce qu’il a de volontaire : cette soumission spontanée, la plus sublime de toutes, qui fit accepter avec empressement, sans ordre reçu, sur un simple signe du bon plaisir divin, le comble de toutes les souffrances. « Ut cognoscat mundusy quia diligo Patrem2 * : « Afin que le monde sache que j’aime mon Père. » Rien de glorieux pour Dieu, rien de glorieux pour l’humanité du Christ, comme cet anéantissement de la volonté humaine devant la volonté divine, comme cet hommage si expressif rendu à la souveraineté absolue du Créateur.

II. 1. Ces considérations doivent nous pénétrer d’une profonde vénération pour le corps immolé du Christ,

(1) Év.S. Matth., 26 26-28.

(2) Év. S. Jean, 14, 31.

s. c. DE JÉSUS, i

chaque fois que nous assistons à la sainte Messe. Que dire, quand nous l’offrons ?

2. Elles nous apprennent aussi que la plus grande des actions humaines, le plus noble emploi de notre liberté, c’est de nous soumettre à la volonté divine. Connaître ce que Dieu sait, vouloir ce que Dieu veut, ce sont là les deux moyens pour l’homme de s’élever le plus haut; car, ce que Dieu ne connaît pas est mensonge, ce qu’il ne veut pas est néant. Vouloir ce que Dieu veut, c’est s’attacher au principe suprême de toute réalité et de tout bien. A tout honneur, à toute satisfaction propre, préférons-nous la passion de faire la sainte volonté de Dieu?

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