III. La gloire du sacrifice , second aspect
I. En même temps qu’il représente le sacrifice passé de la croix, le sacrifice de l’autel est lui-même un sacrifice véritable, agréable à Dieu, et qui fait descendre sur les hommes toutes les grâces méritées par la passion du Christ.
1. Rappelons-nous la magnifique prophétie de Malachie : « Depuis le lever du soleil jusqu’au couchant, mon nom est grand parmi les nations; et en tout lieu, l’on sacrifie et l’on offre en mon nom une oblation toute pure1. » Quelle annonce, dont l’Eucharistie est la réalité ! De l’aurore au soir, ou plutôt d’une aurore à l’autre, s’élève vers le ciel une voix qui rend incessamment hommage à Dieu. Et soit qu’elle crie : Gloire à Dieu , soit qu’elle supplie : Pitié pour les hommes , cette voix a le droit d’être entendue. La gloire est digne du Dieu qu’elle exalte; elle mérite la miséricorde qu’elle implore.
2. Efforçons-nous maintenant de suivre ce sacrifice dans ses magnifiques effets. Figurons-nous un fleuve majestueux qui prend sa source à la croix, et de là sillonne
(1) Malacbie, 1, 11.
ART. I. NEÜVA1NE AU SACRÉ CŒUR, 4e JOUR 227
toute la terre, subvenant à toutes les nécessités, apportant le ’remède, la pureté, la santé, la vie ; qui, non content de féconder la terre, arrose le purgatoire pour en tempérer, pour en éteindre les ardeurs, et remplacer une cruelle privation par la plus ineffable des joies.
N’est-ce pas la formule officiellement consacrée? « On l’offre, lisons-nous dans la 6e leçon de l’Office, on l’offre dans l’Église pour les vivants et pour les défunts, afin que tous profitent de ce qui est institué pour le salut de tous1. »
II. Après avoir béni Dieu d’avoir établi dans son Église la source de tant de biens, pensons au parti généreux et glorieux que prennent certaines âmes à la suite de Jésus-Christ. Au lieu d’aspirer à la jouissance et aux honneurs, elles acceptent d’être comme écrasées sous le pressoir sous lequel fut broyée l’humanité du Sauveur ; elles acceptent cette destinée pour rendre avec Lui gloire à Dieu et sauver les hommes. Tandis que les hommes occupés d’eux-mêmes et de leurs intérêts présents ne réussissent même pas toujours à élever l’édifice d’une grandeur nécessairement éphémère, ces magnanimes meurent, se perdent, pour donner ou rendre la vie et retrouver euxmêmes, sous une forme meilleure, tous les biens sacrifiés. Que choisir?
COLLOQUE
Avant tout, que le Cœur de Jésus reçoive nos vives actions de grâces pour sa tendresse si dévouée. Sollicitons-Le ensuite de nous faire part du sentiment qui Le porta à s’immoler pour le salut du genre humain. Puissions-nous être de ceux qui répondent à toutes ses invitations, jusqu’à faire avec Lui la montée du Calvaire! « Ame de Jésus-Christ, sanctifiez-moi, corps du Christ, sauvez-moi. »
(1) « Offertur in Eccîesia pro vivis et mortuis ; ut omnibus prosit quod est pro ealute omnium institutum. *
228 SECT. n. MÉDITATIONS, CH. II. FETE ET NEUVAINR