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DES DÉFAUTS VISUELS DÉPENDANT DE LA KÉFRACTION ET DE L'ACCOMMODATION

Pour qu'un objet soit vu nettement, il faut qu'il projette son image renversée juste sur la rétine, et sur la portion antérieure de cette rétine, oii sont les cônes et les bâtonnets. Car l'œil n'est autre qu'un système dioptrique, une sorte de lentille collective, et dans

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l'œil normal le foyer principal de cette lentille est à la rétine. On sait que la force d'une lentille se mesure par la distance à la lentille du point où convergent les rayons parallèles, point qu'on nomme foyer, et, comme la lentille est d'autant plus puissante que le foyer est plus court, la force d'une lentille, ou valeur réfringente quelconque, s'exprime par une fraction dont le numérateur est l'unité et le dénominateur la distance focale, /, distance focale, s'exprime toujours en pouces. Un verre biconvexe i réfracte les rayons parallèles à /i pouces; il a une force double du verre |, moitié moindre que le verre \.

L'œil normal (fig. 171), avons-nous dit, réunit sur la rétine les rayons qui y pénètrent en parallélisme. On appelle myope, l'œil qui, trop réfringent, réunit les rayons parallèles en avant de la rétine (fig. 172), et au contraire hypermétrope, celui qui, trop faible comme réfraction, offre le foyer des rayons parallèles (fig. 173) en

Fig. 171. Fig. 172. Fig. il3.

Fig. 171. (EiL NORMAL OU EMMÉTROPE. — Les rayons parallèles, et ceux qui viennent d'une vingtaine de pieds peuvent être considérés comme tels, se réunissent juste sur la couche antérieure de la rétine. L'œil normal est donc une lentille collective dont le foyer principal est à la rétine. Bien entendu que cette figure et ses deux voisines sont schématiques : les rapports exacts et comme mathématiques de l'œil normal se voient à la figure 155.

Fig. 172. Œil MYOPE. — C'est celui qui, par l'excès de son axe antéro-poslérieur, réunit les rayons parallèles en avant de la rétine, dans le corps vitré. Son pôle postérieur apparaît notablement éloigné de l'entrée du nerf optique : c'est que toute cette région devient le siège d'une ectasie ou staphylôme, produit et à son tour cause nouvelle de myopie.

Fig. 173. (Eih HYPERMÉTROPE. — Inverse du myope, il offre, en raison de sa brièveté, son foyer principal en arrière de l'œil lui-même. Il est donc inapte à la vision, si la contraction constante du muscle ciliaire ne vient à son aide.

PRESBYTIE.

arrière de la rétine. Ces différences qui se retrouvent à chaque instant dans la pratique sont purement anatomiques. Elles dépendent de l'excès ou du défaut de longueur de l'axe antéro-postérieur de l'œil, simple effet de la fabrication optique du système lenticulaire de l'œil ; ce sont des différences de réfraction. Au contraire, I'accoihiviodation est le pouvoir, dépendant d'un muscle intrinsèque de l'œil, que nous avons de voir à diverses distances. L'agent de l'accommodation est le muscle ciliaire, qui, par un mécanisme encore obscur, augmente par sa contraction la courbure antérieure du cristallin. L'accommodation est donc active, dynamique, et jusqu'à un certain point volontaire, et à chaque instant changeante, tandis que la réfraction est anatomique, optique, passive et fixe. — Au commencement de ce siècle, un médecin anglais, Thomas Young, plus connu comme savant et illustré par la découverte des interférences, démontra que le cristallin est, par ses changements de courbure, le siège de l'accommodation. Cette vérité resta comme ensevelie plus de cinquante années : il fallut, pour la féconder, qu'on trouvât enfin la nature musculaire du corps ciliaire, et que le génie de Helmholtz et de Donders répandît à profusion la lumière sur toutes ces belles questions. — De l'accommodation, esquissons rapidement le vice ordinaire et comme naturel, la presbytie; puis nous passerons en revue la myopie, l'hypermétropie, et enfin l'irrégularité de la réfraction, ou astigmatisme.

I. — La PRESBYTIE est le déchet que subit avec le temps la force de l'accommodation.

Pour les très-jeunes gens, la force d'accommodation peut être estimée à Déjà à vingt-cinq ans, elle est descendue à j ; à trente-^ cinq ans, à |. Entre quarante-deux et quarante-cinq ans, elle devient égale et bientôt inférieure à |, et à cinquante ans elle n'est plus que -jV- C'est-à-dire que l'homme de quarante-cinq ans ne peut plus voir distinctement des objets très-fins à une distance de 8 pouces, et qu'à cinquante ans il doit les écarterjusqu'à 12 pouces, pour que] l'image s'en forme nettement sur la rétine; car, par la définition môme de l'œil normal ou emmétrope, toute vision distincte d'un objet qui n'est pas distant à l'infini est due à l'accommodation. A cet égard, on peut dire que la presbytie réelle com-

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mence de très-bonne heure, et que l'homme de trente ans est presbyte par rapport à ce qu'était son œil quelques années auparavant. On est convenu de no s'occuper de la presbytie que lorsqu'elle dépasse 8 pouces. Et cela est naturel. C'est en effet à cette distance que nous plaçons les objets auxquels nous nous appliquons, livre, page d'écriture, travail manuel délicat et soutenu. De plus, quand les 8 pouces sont dépassés, les choses se précipitent, et, qu'on nous passe l'expression, la dégringolade s'accentue d'année en année, puisque de quarante-quatre à cinquante ans, on va de 8 pouces à 12. Remarquez aussi que l'homme dont la force d'accommodation est encore de i, et qui peut voir distinctement à 8 pouces, ne peut soutenir de travail à cette distance. Car ce serait une grande fatigue, même pour l'accommodation la plus énergique, de s'adonner à un travail soutenu et appliqué à la distance du point le plus rapproché d'accommodation. Il faut toujours le dépasser.

Tehe est la lutte qui commence pour le presbyte. Si la presbytie est méconnue, plus d'apphcation possible ; si l'on résiste, si l'on insiste, les lettres d'un livre par exemple deviennent confuses et sautillantes, la douleur ressentie dans le globe oculaire et dans la tête force à s'arrêter. Un verre convexe faible fait cesser tous ces désordres : c'est le verre qui ramène à 8 ou 9 pouces le point le plus rapproché d'accommodation. Le médecin instruit de cette loi fatale de la presbytie doit savoir y obéir à temps et y soumettre ceux qui le consultent. Vouloir lutter contre la presbytie est une sottise pour l'homme instruit et une duperie pour ceux qui ont au moins comme excuse leur ignorance. Les personnes qui veulent à toute force se passer de verre ne le font qu'en abusant de l'accommodation, et en fatiguant outre mesure un ressort qui se détend naturellement chaque jour.

Quelle peut être la cause de la décroissance si rapide de la puissance accommodatrice? Car les autres muscles de l'économie attendent bien plus longtemps pour montrer le début de leur affaiblissement. Cette cause paraît être dans le tissu même du cristallin, qui se tasse de bonne heure et devient de moins en moins élastique, de moins en moins apte à obéir aux mouvements que lui transmet le muscle ciliaire. Vers la cinquantième année, ce changement du tissu cristaUinien est devenu permanent et influe sur la réfraction

PRESBYTIE.

elle-même : dès lors commence l'hypermétropie sénile. On pourrait croire à tort qu'au début de la presbytie , l'acuité de la vision pêche autant que l'accommodation. Car on voit le sujet rechercher une lumière vive dès que l'objet est un peu petit, porter, par exemple, le livre contre la fenêtre ou la lampe ; mais le but atteint instinctivement n'est que le rétrécissement de la pupille par la vive lumière et la diminution des cercles de diffusion.

Le verre convenable du presbyte est celui qui ramène à 8 pouces le point le plus rapproché de vision, ou, si vous préférez, le verre en vertu duquel l'objet, distant de 8 pouces, fait tomber sur l'œil des rayons ayant la direction de ceux qu'émettrait cet objet, s'il était placé au point le plus rapproché de vision de l'œil non armé. C'est ce qu'indique la figure 17 li. L'expérience prouve qu'on peut et qu'on doit se contenter de moins, et qu'il y a avantage à laisser l'objet à une distance notablement inférieure à 8 pouces. On en jugera d'après la table suivante dressée par M. Donders, et qui, depuis lui, sert de règle aux praticiens et aux opticiens instruits ; il est clair qu'il s'agit de l'œil parfaitement emmétrope.

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