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MYOPIE

et les désordres des membranes profondes de l'œil vers le pôle postérieur. Mais, d'autre part, si pour détendre l'accommodation, on laisse le malade sans- verres, la convergence devient extrême, et la tension des droits internes, aussi fatigante que celle de l'accommodation, altère l'œil dans le même sens, sans compter la flexion forcée de la tête sur la poitrine, cause active des congestions oculaires et l'un des plus fâcheux éléments du cercle vicieux oii se débat la myopie forte. On se trouve en un grand embarras au milieu de ces difficultés. On peut y remédier partiellement par l'usage de verres différents : Le verre exact qui neutralise le vice de réfraction est employé comme lorgnon pour la vision à distance ; pour le travail de près, un verre plus faible sert à pouvoir éloigner Tobjet, afin d'éviter le plus possible la flexion de la tête et de soulager les muscles de la convergence, menacés de devenir insuffisants. Le choix de ce verre, ! point capital dans la direction du myope, est une affaire de tâtonnement. Après quelque temps, on peut graduellement augmenter la force négative du verre, pour augmenter le bénéfice de l'éloignement de l'objet. Une troisième paire de lunettes devient utile en certaines circonstances spéciales, pour le pianiste, par exemple, qui doit lire sa musique à 20 ou 2Zi pouces.

On dit chaque jour que la myopie se corrige avec les années : c'est l'inverse qui malheureusement est vrai, puisque trop souvent l'altération qui cause la myopie progresse plus ou moins lentement. Reconnaissons pourtant que les myopies faibles, à partir de -{â, par exemple, sans pourtant rien préciser, bénéficient du déchet naturel de la réfraction qui pour l'œil emmétrope devient l'hypermétropie acquise ; il faut ajouter que la pupille se rétrécit même chez le myope par les progrès de l'âge, et qu'ainsi, les cercles de diffusion diminuant, le sujet perçoit des images nettes à une distance où dans sa jeunesse il ne voyait que confusément.

Un myope peut-il devenir presbyte? Évidemment, si la myopie est faible. — Comme nous appelons presbyte un homme qui ne peut voir un objet fin à une distance moindre de 9 pouces, par exemple, un| myope | ne sera jamais presbyte, puisque 9 pouces est le point le plus éloigné de sa vision distincte. Mais pour des degrés inférieurs de myopie, le sujet peut, bien plus tard que celui

MALADIES DKS YEUX.

qui est emmétrope, être obligé à un verre convexe pour les objets rapprochés.

Puisque nous parlons de la presbytie dans l'amétropie, revenons h ce qu'elle devient chez l'hypermétrope. Souvent nous reconnaissons l'hypermétrope à sa presbytie hâtive. Rien de plus simple que de la calculer : il suffit d'ajouter le verre convexe qui exprime le défaut de réfraction au verre qu'indique le tableau de Donders pour chaque âge. Ainsi un hypermétrope — ~ a cinquante-cinq ans : s'il était emmétrope, il lui faudrait le verre 3^ pour les occupations rapprochées (page 565) ; donc, il faut qu'il joigne les deux verres et ^, et les lunettes de ce presbyte deviendront len° 10, c'est-à-dire le verre du sujet normal à soixante-dix ans. On voit à quels verres dans la vieillesse l'hypermétrope est condamné, tandis qu'avec une réfraction ordinaire, on ne dépasse le n" 8 qu'après de quatre-vingts ans.

IV. — L'astigmatisme est la différence de réfraction qu'offrent les divers méridiens de l'œil, le méridien étant, on le sait, le plan qui passe par le centre de la sphère oculaire. Si les diverses parties ou sections d'un même méridien n'ont pas la même réfraction, c'est l'astigmatisme irrégulier : il ne peut être corrigé. Au contraire, l'astigmatisme régulier est celui qui peut être corrigé par les verres cylindriques. C'est le seul qui nous occupe en pratique. Dans son analyse, il suffit de mesurer la différence de réfraction des méridiens horizontal et vertical : le chiffre qui marque cette différence est le numéro du verre cylindrique. On soupçonnera l'astigmatisme si le sujet qui nous consulte pour la fatigue de ses yeux (asthénopie), déclare que, dès ses premières années, la vision est confuse et qu'aucun verre sphérique ne peut l'améliorer. On le distingue tout de suite de l'amblyopie, parce que le sujet y voit bien à travers la carte percée d'un trou. Pour en savoir davantage, on lui fait regarder successivement des lignes horizontales et des lignes verticales de même largeur et séparées par les mômes intervalles : à la distance oîi les unes paraissent nettes, les autres seront confuses, et, pour voir ces dernières, il devra s'éloigner ou se rapprocher d'une certaine distance ; cette distance indique déjà le degré approximatif de l'astigmatisme, et vous remarquerez que dans cette évaluation, le point de vision distincte des lignes horizontales dénonce la réfraction du méridien

OPIIÏHALMUSGOlJlE.

vertical, et réciproquement. Car, quel que soit l'état delà réfraction, une ligne verticale aura toujours sur la rétine une image nette dans le plan vertical, tandis que dans ce même plan vertical une ligne horizontale n'aura son image nette qu'au foyer exact.

Après avoir paralysé par l'atropine l'accommodation, qui joue quelquefois dans l'astigmatisme un plus grand rôle qu'on ne l'a primitivement pensé, pour mesurer le degré exact de l'amétropie, on ferme un œil et l'on présente à l'autre la fente verticale de la lunette sténopéique ; le malade esta vingt pieds environ de caractères d'imprimerie de dimensions connues. Il lit nettement avec un certain verre, convexe par exemple. — Même épreuve est faite avec la fente horizontale. Supposons que l'hypermétropie soit de j-^ dans le sens vertical, I dans le sens horizontal ; si l'on donne le verre convexe n" 8, ce serait bien pour le diamètre horizontal, mais le vertical recevant I au lieu de ~ qui le corrigerait, c'est-à-dire ~ de trop, prendrait une myopie ^. Donc au verre sphérique | on pourrait accoler un plan cylindrique concave — ~ dont l'axe serait perpendiculaire au diamètre vertical devenu myope, c'est-à-dire axe horizontal. — Mais on comprend qu'il vaut beaucoup mieux corriger d'abord l'hypermétropie du méridien faible par un verre sphérique ~. auquel on ajoutera, pour compléter la correction du méridien horizontal, un verre cyUndrique convexe ^, axe vertical.

OPHTHALMOSCOPIE.

I. — L'examen du fond de l'œil à l'aide de l'ophthalmoscope est fondé sur les principes suivants :

L'œil est une lentille collective, d'une inimitable perfection dans chacune de ses pièces. Or, de môme qu'un objet lumineux placé devant l'œil va peindre son image sur la rétine, de même, si la rétine est éclairée, elle devient un objet lumineux qui peindra son image hors de l'œil : rétine éclairée, objet placé devant l'œil agissent

MALADIES DES YEUX

comme les deux foyers conjugiiés (fig. 176) d'une lentille, et chaque animal porterait devant soi l'image de sa rétine, si celle-ci était éclairée.

On éclaire le fond de l'œil en projetant un faisceau lumineux de dispersion à l'aide d'un miroir concave, sur lequel se réfléchit une lampe voisine du malade ; le miroir est percé d'un trou central sur lequel s'applique l'œil de l'observateur. — La situation de l'image aérienne renversée, projetée par la rétine lumineuse, est indéterminée; elle dépend de la réfraction de l'œil observé et de son état d'accommodation : très-rapprochée chez le myope et dans le champ limité de son accommodation, elle n'existe pour ainsi dire pas venant de l'œil hypermétrope, si l'accommodation est paralysée par l'atropine, puisqu'il ne peut sortir, venant du fond de cet œil, que des rayons divergents. Mais nous avons un moyen pour fixer l'image renversée, c'est la lentille^ que nous tenons entre l'œil en observation et le miroir. La lentille, — elle a ordinairement un foyer de 2 pouces et demi, — fixe l'image, de plus elle la rapproche, la réduit et l'éclairé davantage.

Il nous est facile, même sans figure, de deviner la position qu'imprime la lentille à l'image. Vous examinez un œil emmétrope relâchant son accommodation : les rayons qui quittent l'œil sont en parallélisme, la lentille les réunira à son foyer, c'est-à-dire à 2 pouces et demi en avant d'elle. Si l'œil malade contracte le muscle

Fig. 176.

Fig. 176. Foyers conjugués d'une lentille. — L'objet placé à gauche de la lentille va peindre son image renversée à droite. Réciproquement, si l'objet était à droite, il pemdrait son image renversée à gauche. Objet et image, par rapport à une lentille, sont donc dans une relation conjuguée. C'est ce qui arrive pour la lentille oculaire. De même qu'un objet lumineux place devant l'œil peint son image renversée sur la rétine, de même la rétme éclairée peint son image de l'autre côté de l'œil, au point où était tout à l'heure l'objet lumineux.

OPHTHALMOSCOPIE.

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