Commencement de l'engorgement ganglionnaire
22-23. — L'induration devient très-prononcée, et les ganglions engorgés sont fort augmentés de volume.
Le — Les ulcérations, recouvertes de croûtes sèches, ont paru cesser de faire des progrès. L'érythème papuleux commence sur le cou et la poitrine.
10. — Quatre inoculés à l'hôpital Saint-Louis (J859) : deux dans le service de M. Bazin, deux dans celui de M. Gibert.
Le premier malade de M. Bazin, inoculé par M. Âuzias avec du pus de plaques muqueuses de l'anus. Le dix-huitième jour de l'ino-
INOCULATIONS ARTIFICIELLES
culation, plaque cuivrée saillante. Le vingt-deuxième jour, la papule s'exulcère, grossit, s'étale et se couvre d'une croûte légère. Le vingt-neuvième jour, on découvre un ganglion dans l'aisselle. Le cinquante-cinquième jour, l'ulcération, toujours superficielle, s'est un peu creusée dans le centre de la papule devenue de plus en plus saillante , indurée et constituant un véritable tubercule. Quelques taches et quelques papules rougeâtres se sont montrées sur le tronc, etc.
Deuxième malade de M. Bazin, inoculé par M. Auzias. — Le vingt-cinquième jour, tache rouge, puis papule sèche d'abord, puis humide, excoriée, croûteuse, indurée. Engorgement ganglionnaire. Le trente-septième jour, roséole.
Le premier inoculé de M. Gibert l'a été avec l'espèce de lymphe demi-purulente sécrétée par la papule initiale du premier malade de M. Bazin, donc par un accident dit primitif. Le deuxième, par du sang et de la sérosité puisées dans la circonférence d'une papule sèche d'un syphilitique.
Pour le dernier on ne comptait guère sur un résultat positif, et il avait quitté l'hôpital , quand cinquante jours après Finoculation il entra dans le service de M. Bazin. On vit qu'au point inoculé s'était développée une papule rougeâtre, étalée, irrégulière, légèrement squameuse, tout à fait sèche. Au dire du malade, cette papule remontait à quinze jours environ ; elle n'aurait donc apparu que trente-cinq jours après l'inoculation. Au-dessus et autour de cette plaque, on découvrit quelques taches cuivrées un peu saillantes. Un ganglion douloureux, plus gros qu'une noisette, s'était développé dans l'aisselle.
Quant au premier malade de M. Gibert, tout se comporta chez lui comme chez les deux malades de M. Bazin. Seulement la papule initiale a été moins étendue , l'induration tuberculeuse moins prononcée, et un traitement mercuriel institué dès le principe prévint la syphilide.
11. Récemment enfin, en mai 1802, M. Pellizzari (de Florence) inocule trois confrères avec du sang syphilitique. Deux n'ont rien. Le troisième, au vingt-cinquième jour qui suit l'inoculation, voit paraître une papule qui durcit, etc.
SYPHILIS
Tel est le tableau des inoculations syphilitiques faites à dessein sur des sujets vierges de syphilis. La vaccination, d'une part, et, de l'autre, ces cas si nombreux d'infection de nourrices par les nourrissons, fournissent assez souvent des résultats aussi précis. Ainsi, pour le dernier ordre de faits, la septième observation de M. RoUet montre l'accident ' initial du sein se montrant trois semaines après la mort du petit enfant infecté ; dans la huitième, quinze jours après la mort du nourrisson ; quinze jours encore après, dans la quatorzième.
Le minimum de l'inoculation est ici bien certain.
L'observation suivante de M. Rollet demande à être citée :
Le 2 janvier 1859, une femme prend un nourrisson à Saint- Étienne, Cet enfant, qui ressemblait à un petit vieillard, eut un mois après une roséole et des plaques muqueuses aux lèvres. Il mourut le 1" mars. Le 15 mars, l'accident initial se déclare au mamelon, etc. Cette femme, dont les seins s'eng'orgentà la mort de l'enfant, se fait teterpar sa fille de dix ans. Quatorze jours après l'accident de la mère au mamelon , l'enfant présente un bouton" syphilitique à la lèvre.
Ainsi se trouvent posées avec un accord unanime les lois du développement de la syphilis : quelle que soit la porte d'entrée du poison, la plaie se ferme immédiatement ; rien n'apparaît jusqu'à un certain jour au point contaminé : la peau, la muqueuse y est aussi saine que dans tout autre endroit, et le travail reste ignoré jusqu'au moment où. éclate l'accident initial. Il peut y avoir de grandes différences dans cette incubation ! Quinze jours et quarante ont été les termes extrêmes, mais presque constamment elle oscille entre le vingtième et le trentième jour, et en moyenne on peut la fixer à vingt-quatre jours. — A ce moment, se montre l'accident initial, le bouton syphilitique : la peau prend cette teinte rouge sombre, cuivrée, qui signale la vérole ; elle se soulève en papule, et au bout d'une semaine revêt tous les caractères de ce qu'on appelle chancre induré, chancre infectant. C'est là une fâcheuse expression qui rapproche ainsi du chancre ordinaire, du chancre simple, une maladie qui n'a avec lui aucun rapport, et, de plus, le caractère chancreux est un des traits les moins saillants delà physionomie du prétendu chancre induré. Si le bouton initial est presque