CHOIX DE LA MÉTHODE
gies est la méthode ordinaire. Dans quels cas, la jugeant dangereuse ou insuffisante, faut-il recourir à l'incision ?
1° Dans tous les cas, sans exception, de rétrécissement siégeant à la portion pénienne, à moins que le mal ne soit très-récent. Ces indurations, souvent fort longues, sont facilement appréciées par le toucher, quand une bougie remplit le canal. Leur exploration se fait par le stylet métallique à olive. La dilatation n'a aucun effet sur elles, sinon de les exaspérer.
2" Dans tous les rétrécissements de la courbure très-anciens, souvent tourmentés, qui se révoltent contre la dilatation dès que celle-ci dépasse les petits calibres. Si, même avec tous les ménagements possibles, on insiste alors sur la dilatation, non-seulement celle-ci devient douloureuse, et le malade est exposé aux accès de fièvre et à la rétention d'urine, mais l'état local s'empire, le rétrécissement devient dur et fibreux, et, à la moindre violence, donne naissance à des abcès du périnée.
3° Quand l'obstacle n'admet qu'une très-petite bougie, à plus forte raison quand cette bougie n'a pénétré qu'après plusieurs séances de tentatives de cathétérisme , c'est-à-dire dans les rétrécissements dits infranchissables, qu'on parvient, nous le savons, presque toujours à franchir.
h" Chez tous les malades pris de rétention d'urine du fait d'un rétrécissement. Dans ces cas, une bougie capillaire passe presque certainement. Gomment n'en pas profiter pour du même coup faire cesser la rétention, prévenir toute chance de retour des accidents, et guérir la maladie principale, le tout par une opération plus innocente que les manœuvres auxquelles on serait conduit en suivant une voie différente?
L'indication de l'uréthrotomie est absolue pour les rétrécissements de la région pénienne, et aussi pour ceux de la courbure qui, par leur dureté et leur ancienneté, sont intolérants de toute dilatation. Mais les cas que nous avons envisagés à la suite comportent une certaine restriction. Oui, je conseille de recourir d'emblée à l'uréthrotomie, quand on n'a pénétré qu'avec peine avec une bougie très-fine, souvent après plusieurs séances, ou qu'on est près d'un malade pris de rétention d'urine. Mais dans ces circonstances, il ne faut pas s'avancer au point de dire que l'opération seule est capable
GHIKURGIE DES VOIES URINA.IRES
de guérir. Dès qu'une bougie capillaire a pénétré dans la vessie, vous êtes maîtres de la situation présente, même sans nréthrotomie, ainsi que l'a si bien établi M. Phillips. La bougie est fixée, et le malade, en patientant un peu, deux, trois heures au maximum, pourra uriner goutte à goutte le long de ses parois. Le plus pressé est ainsi obtenu; mais, de plus, en laissant la bougie vingt-quatre ou quarante-huit heures, trois, quatre jours même au besoin, elle dilate promptement ; vous pouvez alors glisser à sa place ou le long d'elle une petite sonde de gomme, soutenue ou non par un mandrin filiforme de laiton, et, une semaine ainsi écoulée, il vous est souvent possible de poursuivre la dilatation temporaire.
Mais pourquoi cependant proposé-jel'uréthrotomie? — C'est que je pense que c'est le moyen le plus simple, le plus prompt, le plus sûr et le plus innocent de tirer mon malade de la situation sérieuse oii il se trouve. Sans doute, il peut être hors d'affaire au bout de deux ou trois semaines, sans avoir subi l'opération. Mais cela est fort douteux : l'induration du canal peut être de celles qui ne supportent pas la dilatation, et il faudra au bout de quelque temps proposer l'uréthrotomie. Au demeurant, le nœud de ce point délicat de pratique est le suivant : le malade, délivré par l'uréthrotomie, court dans le présent et dans l'avenir de moindres risques que ceux que lui laisse la série de manœuvres auxquelles il va être nécessairement soumis. On ne résout donc le difficile problème que nous venons d'envisager que par la conviction de l'innocuité de l'uréthrotomie.
Revenons maintenant sur l'emploi des bougies.
Les BOUGIES DE GOMME A DOUX OLivAiRE présentent une telle supériorité sur toutes les autres, que bientôt elles seront les seules fabriquées. Vous ne devez jamais faire usage d'autres que de celles-là, et chaque malade qui s'offre à vous doit se munir d'une série de bougies à bout olivaire qui ne serviront qu'à lui seul. L'olive glisse doucement dans la partie rétrécie, car le pédicule qui la supporte, donnant une entière liberté de direction, lui permet de s'insinuer dans le sens le plus favorable. De plus, il est impossible de nuire en mettant de la force pour pénétrer; ce qu'on peut faire de pis, c'est de fausser et de plier le pédicule.
Dès que la bougie de gomme est arrivée aux calibres moyens, elle doit être remplacée par les bougies métalliques d'étain, main-
RÉTRÉCISSEMENTS