‹ Pratique journaliere de la chirurgieChapitre 54 sur 125 · PIERRE VÉSIGALE. — CHOIX DE LA MÉTHODE · texte numérisé non relu

PIERRE VÉSIGALE. — CHOIX DE LA MÉTHODE

nœiivre , et qu'on leur eût montré quelques calculeux rendant en quinze jours leur pierre sous forme de poussière, grâce à trois ou quatre séances de quelques minutes, nul doute que ces praticiens éminents, si bien familiarisés pourtant avec les délicatesses de la pathologie urinaire, n'eussent déclaré dès l'abord' que le rôle de la taille était terminé. Mais que de déboires après cela ! De leur temps , les accidents graves du cathétérisme et de l'empoisonnement par l'urine n'avaient pas fixé l'attention : la lithotritie leur aurait à cet égard promptement ouvei't les yeux. Ils auraient vu les manœuvres les plus simples et les plus douces suivies en vingt-quatre heures d'accidents terribles et incompréhensibles, et la mort en être souvent le résulat. Ils auraient vu qu'aucun âge n'échappe à la possibilité de ces accidents, et que, si l'action violente et malhabile du chirurgien les provoque de préférence, nulle habileté, nulle précaution n'en met complètement à l'abri.

Voici encore deux autres circonstances où il faut songer d'emblée à la taille: premièrement, quand l'existence d'un calcul coïncide avec celle d'une barrière prostatique très-prononcée ; en deuxième lieu, lorsque chez un malade calculeux, quel que soit son âge, les manœuvres préparatoires et d'exploration ont été suivies d'accès de fièvre tenaces et d'une atteinte grave à la santé. Après l'épreuve que vous avez faite, ce serait une grande imprudence d'affronter la lithotritie. Ce n'est pas à dire qu'elle n'ait souvent réussi chez les sujets éprouvés par plusieurs attaques graves de fièvre dite uréthrale, aussi bien que chez ceux qui offrent une barrière prostatique très-saillante, aussi bien enfin que chez les jeunes sujets avant la vingtième année. Seulement la taille est moins dangereuse, et en vous y décidant tout de suite, vous avez plus de chances de sauver votre malade.

Si nous ajoutons qu'à la taille appartiennent les pierres volumineuses, celles que leur dureté empêche d'être attaquées par le lithoclasle ordinaire, nous entendons le lecteur s'écrier que nous attribuons presque tous les cas à l'opération sanglante !

Ce qui n'est pas, — car,en dehors de ces conditions particulières que nous avons spécifiées , la lithotritie a un champ d'application très-vaste, et les occasions se présentent en nombre à peu près égal pour l'une et pourl'autre opération. Par exemple, un homme dans la période moyenne de la vie et en ];)leine santé présente des sym-

CHIRURGIE DES VOIES URINAIRES

plômes dysiiriques : il supporte bien les bougies, puis les sondes de gomme, les injections, etc. , et le petit cathéter a constaté la pierre presque sans provoquer de douleurs. On peut tenter chez lui avec confiance l'introduction du lithoclaste et l'cclatement du calcul. En quelques séances courtes, espacées et menées avec douceur, la lithotritiele débarrassera complètement. C'est une des plus belles œuvres chirurgicales qu'il soit permis d'accomplir, et ces cas sont nombreux dans la pratique.

Autre exemple : un vieillard qui se sonde depuis longtemps, et dont les organes sont par conséquent habitués aux instruments, ne présente que l'aggravation de quelques symptômes. Sous le prétexte de l'explorer, on introduit le brise-pierre ; un calcul est saisi et broyé, sans que le patient en ait presque conscience. Si la saillie prostatique est nulle ou peu marquée, les choses se continueront très-simplement, et l'on arrivera plus ou moins vite à la complète destruction du corps étranger. C'est encore là un fait très-ordinaire.

En résumé, ce sont les cas simples qui conviennent à la lithotritie. Mais ils sont heureusement en grand nombre, et c'est un immense bienfait de les pouvoir mener à bonne fin sans la nécessité d'une opération qui laisse une plaie profonde exposée pendant quelques jours à tous les accidents des plaies. Certaines statistiques, sur lesquelles M. Civiale a voulu établir le pronostic de la nouvelle méthode au grand détriment de l'art et de la vérité, ne comprenaient guère en effet que des cas simples, reléguant, sous le titre de cas inapplicables, ceux dans lesquels une première séance de lithotritie avait révélé un calcul trop gros, trop dur, une vessie intolérante, des. saillies prostatiques trop considérables , et surtout dans lesquels l'instrument avait promptement provoqué des accidents graves. En allant au fond des choses, on vit aisément ce qui était advenu des malades exclus de la liste et déclarés inopérables après une première opération, et l'on peut dire que, pratiquée de cette façon, la lithotritie est cruellement meurtrière.

Aussi n'usez jamais du lithoclaste comme moyen d'exploration, que quand la tolérance des organes et d'autres' circonstances vous font espérer presque sûrement de terminer par la lithotritie ; et dans les cas douteux, faites plutôt la taille.

MALADIES DES FEMMES

MCIIARD.

MALADIES DES FEMMES

Depuis vingt ans seulement, grâce aux recherches successives de MM. Gendrin, Nonat, Bernutz, l'histoire d'une affection méconnue jusque-là, phlegmon des ligaments larges^ phlegmon péri-utérin, inflammation péi'i-utérine^pelm-péritonite^péri-métrite, etc., etc. , est venue modifier de fond en comble nos idées sur la nature des maladies les plus ordinaires de l'appareil génital interne chez la femme, sur le pronostic qu'on en doit porter, aussi bien que sur l'action qu'il est permis d'y appliquer. Le chirurgien surtout, au moment de diriger vers la partie accessible de l'utérus l'instrument même le plus inoffensif, doit toujours songer à l'existence possible de cette péri-métrite. Elle est l'écueil constant de la chirurgie utérine. — Or, une découverte aussi récente demande un long temps pour se répandre ; la plupart des médecins n'en ont qu'une idée confuse, et, pour ce motif, avant d'esquisser les traits principaux de la pratique courante des maladies des femmes, il convient d'aborder cet important sujet.

.\BCÈS PELVIEiNS, SUITE DE COUCHES.

La meilleure manière de fixer l'attention du praticien sur la périmétrite est de placer sous ses yeux le tableau d'un accident qui lui est déjà familier , et qui représente le type le plus accusé de cette affection, nous voulons parler des abcès pelviens qui s'observent chez les accouchées.

Ils étaient connus des anciens accoucheurs sous le nom de dépôts

MALADIES DES FEMMES

Fig. m.

Fig. 111. Appareil gknitai- interne delà, femme dans son ensemble. — L'utérus ast vu par sa face antérieure. Sur la moitié droite, ou voit l'insertion coupée du vagin au coi; on juge par là de la brièveté de la portion sous-vaginale du col en avant, et vous constaterez de nouveau celte particularité dans la figure 113, qui l'exagère Le ligament

Page 1