‹ Pratique journaliere de la chirurgieChapitre 55 sur 125 · ABCÈS PELVIENS, SUITE DE COUCHES · texte numérisé non relu

ABCÈS PELVIENS, SUITE DE COUCHES

laiteux. Il y a un petit côté de vrai dans cette expression surannée, prise eiicore par le vulgaire en son sens littéral, c'est que ces abcès sont plus communs chez les femmes qui ne nourrissent pas. — Ils peuvent suivre l'accouchement le plus simple et le plus naturel ; il n'en est pas moins vrai que la longueur, les difficultés et les complications du travail y prédisposent singulièrement. iVussi les voit-on surtout chez les primipares. Ils semblent souvent être la suite d'un refroidissement, et surtout delà déplorable coutume qu'ont une foule de femmes de quitter trop tôt leur lit après les couches. En effet, si c'est après les quarante-huit premières heures qu'éclatent les terribles symptômes de l'infection puerpérale, les abcès pelviens que nous envisageons ici débutent d'habitude bien plus tardivement, du huitième au quinzième jour par exemple, juste au moment oîi la femme compte se lever, ou même quand eUe a déjà quitté le lit. Telle est la règle ; vous verrez pourtant de ces abcès débuter vers le troisième jour, ou au contraire dans le deuxième ou le troisième mois après l'accouchement : vous avez lieu de penser que vous assistez, dans le premier cas, à une péritonite puerpérale qui s'est concentrée en un ou plusieurs dépôts ; dans le second, à une elvi-péritonite chronique, existant peut-être depuis longtemps, et "ouettée par quelque cause accidentelle.

Un frisson signale le début, suivi de fièvre et de vomissements ou e simples nausées. Dès ce moment, un point douloureux est indiué dans le bas-ventre ; la douleur est surtout provoquée par la

arge nous monlie, parlant des côtés du Ibiid de l'utérus, en avant le ligament rond, au milieu la trompe, en arrière el en haut le ligament de l'ovaire et l'ovaire lui-même, Centre et foyer de tout l'appareil. — Le tout représenté dans ses rapports et avec ses ilimensions bien exacts. Ainsi l'ovaire et le pavillon de la trompe occupent le faîte, our ainsi dire, du ligament large, c'est-à-dire la partie la jilus élevée de l'excavation eclo- utérine ; c'est pour cela que le sang coulant de l'ovaire, et beaucoup plus rareent du pavillon tubaire, se déverse naturellement dans cette excavation : lièmatocèlc étro-utérine . Le pavillon offre une délicatesse de contours dont les figures anatomiques ordinaires ne donnent aucune idée. Pour l'avoir ainsi dans sa réalité, il faut, d'après le conseil di'jà bien ancien de deGraaf, l'observer sous l'eau.

■ A gauche, vous voyez le canal de la trompe ouvert, son abouchement dans l'angle de la cavité utérine, son étroitesse au point qui louclie l'oiifice ulérin, et, ;\ partir de là, son élargissement graduel ; les plis longitudinaux de la muqueuse, si nombreux, a dit justement Gustave Richard, qu'ils transforment le conduit total en plusieurs petits canaux capillaires, propres à faire migrer le sperme ; l'épanouissement de ces plis autour de l'orifice abdominal en les franges du pavillon, dont une plus large va jusqu'à l'ovaire pour former le ligament ou sillon tubo-ovarien. A gauche encore, la coupe de l'utérus vous montre l'épaisseur relative de la couche musculaire et de la couche muqueuse, cette dernière formant un tiers ou un quart de l'épaisseur de tout l'organe.

MALADIES DES FEMMES

main du chirurgien au-dessus du ligament de Fallope, soit un peu en dehors vers la fosse iliaque, soit plus en dedans du côté de l'hypogastre et de préférence à gauche. Pâleur et altération de la face, crainte de tout mouvement et de tout contact. — Trois ou quatre jours après le début, la sensibilité et le ballonnement du ventre ont diminué, et l'exploration peut être faite : on perçoit la tumeur, du volume du poing ou moitié moindre, ronde ou au contraire plate et inégale, tantôt facile à limiter sur un des côtés de l'hypogastre, tantôt vague et échappant à la main pour plonger dans le bassin. Mais, par le vagin, le doigt la rencontre toujours, soit qu'elle remplisse l'un des culs-de-sac , soit que, située plus haut et comme au bout du doigt, elle ne permette d'apprécier que l'immobilité et le déplacement variable de l'utérus, ainsi que le sillon qui sépare celui-ci de la tumeur. Dans cet examen, il ne faut s'attendre qu'exceptionnellement à trouver de la fluctuation : c'est une sensation pâteuse, et l'empâtement peut être d'une grande dureté.

Au lieu d'éclater subitement, le mal peut naître d'une façon sourde et insidieuse : La convalescence de l'accouchement, jusque-là franche et naturelle, fait place à du malaise , au milieu duquel la femme se plaint d'une douleur fixe ou vague dans l'abdomen, qui lui permet pourtant d'abord de quitter le lit. Mais l'appétit se perd, un peu de fièvre et de frissonnement se montre vers le soir et agite les nuits ; au bout d'un temps variable, l'alitement devient obligé, et l'état de ces malades est à peu près le même que si des symptômes aigus avaient éclaté, mais arrivés déjà à leur déclin.

Quoi qu'il en soit du début, le pus finit par se faire jour, mais d'une façon lente : un mois au moins est nécessaire avant qu'on puisse espérer cette terminaison , et trop souvent les choses languissent plus longtemps encore. L'ouverture se fait par l'intestin, c'est la règle , ou parle vagin, ou par la paroi abdominale, ou enfin, chose rare, par la vessie. Vingt jours étant écoulés depuis qu'on a constaté une tumeur pelvienne suite de couches, il faut faire examiner chaque jour les évacuations alvines : la probabilité est qu'on y découvrira tôt ou tard du pus. La malade peut elle-même être avertie de l'événement, d'abord les jours précédents par une recrudescence des douleurs et de la fièvre, puis, au moment même, par

Page 1