‹ Pratique journaliere de la chirurgieChapitre 62 sur 125 · EXPLORATION DU COL. — SPÉCULUMS · texte numérisé non relu

EXPLORATION DU COL. — SPÉCULUMS

valves, et les tâtonnements auxquels il expose sont douloureusement ressentis par les femmes. Il mérite pourtant de rester dans la main du chirurgien pour quelques usages spéciaux, examiner certains points du vagin, retirer des tampons tassés dans ce conduit, etc.; — mais, comme instrument ordinaire, propre à l'examen du col, il est tout h fait ?i rejeter. Le spéculum plein doit être toujours préféré. Vous en aurez de plusieurs sortes, les spéculums d'étain de divers calibres, le gros spéculum de buis pour l'application du feu ; mais surtout, comme instrument de chaque jour, le spéculum de Fergusson que vous voyez ici représenté (fîg. iih). Le spéculum de Fergusson est de glace recouverte de gutta-percha. Pour moi, je le

Fig. dis.

Fig. 115. Spéculum bivalve a grand développement. — Il était employé naguère pour les fistules vésico-vaginales. 11 faut en avoir non de plusieurs calibres, mais de diverses longueurs. — Il serait détestable et violent pour les examens ordinaires; mais un chirurgien qui en serait réduit à un seul spéculum devrait avoir celui-là.

MALADIES DES FEMMES

fais construire en maillechort, tenu bien brillant et poli à l'intérieur. Vous voyez qu'il est cylindrique, terminé en vaste entonnoir du côté vulvaire, pour livrer passage à une masse considérable de lumière qui se projette sur le fond. L'extrémité utérine est taillée en biseau dans le but de s'accommoder à la direction du col qui regarde presque toujours en arrière ; la demi-circonférence saillante s'engage dans le cul-de-sac postérieur et redresse le col. Avec ce spéculum, aucune hésitation : on est toujours certain de trouver le col au bout du cylindre, et avec une netteté, un éclat inconnus avant son emploi. — 11 est beaucoup de médecins brouillés avec l'usage du spéculum, à cause des difficultés qui les ont arrêtés : s'ils mettent la main sur celui-là, ils arrivent du premier coup au but. Deux calibres sont encore ici de rigueur, pourvus chacun de leur embout, annexe indispensable de tous les spéculums.

Pour embrasser les cols utérins volumineux, déformés, surtout quand on peut être obligé d'y pratiquer une opération, il faut être muni du spéculum bivalve à grand développement (fîg. 115). Il • diffère du bivalve ordinaire non-seulement par sa longueur, son volume, la direction rectiligne de ses valves, mais surtout par le point de son articulation : dans le spéculum bivalve l'articulation est aux valves ; elle est ici aux branches, d'où l'énorme diduction que peut acquérir l'extrémité utérine. C'est le spéculum opératoire par excellence, qu'il faut toujours avoir comme en cas , non dans le cabinet, mais en consultation, en voyage.

Enfin on ne saurait se passer du spéculum univalve de M. Marion Sims (fig. 116). Celui-ci est plus qu'un excellent instrument : c'est une sérieuse découverte. M. Sims a montré que, la femme étant placée sur les genoux ou sur le côté, si, avec un manche métallique ou simplement deux doigts, on vient à tendre le périnée du côté de l'anus et à soulever le bas de la face inférieure du vagin, l'air pénètre dans cette cavité, qui normalement n'est qu'une cavité virtuelle à parois accolées, et tout le contour de l'ampoule vaginale se dévoile à l'œil de l'observateur. La même pièce, ainsi que le montre la figure, porte deux valves de manière à offrir deux calibres différents; la valve qui n'est pas introduite sert de manche, car il faut un effort soutenu et quelquefois vigoureux pour bien tendre et soulever la commissure postérieure. M. Sims a acquis dans le maniement de

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