‹ Pratique journaliere de la chirurgieChapitre 63 sur 125 · VALVE DE SIMS · texte numérisé non relu

VALVE DE SIMS

son instrument une habileto inouïe, dont il fait preuve du reste dans tous ses actes opératoires. Je m'y suis exercé, et j'ai presque toujours été satisfait des résultats que j'obtenais. — Mais je n'ose dire que ce mode d'examen doit supplanter tous les autres, suivant les espérances de M. Sims. Il m'est arrivé deux fois de vanter avec enthousiasme devant des médecins l'emploi de cet instrument, et d'aboutir à no rien voir, à ne rien montrer. — La façon gênante

Fig. 110.

Fig. 116. Valve ou spéculum de Sims, ténaculum et dépresseuii qui aident son EMPLOI. — La valve de Sims est universellement employée pour les fislules du vagin, dont elle a transformé le traitement. — Le texte vous en donne le description. — Il faut conserver le métal bien brillant pour que le plus de lumière possible soit projeté sur le fond du vngin. — Le dépresseur figuré à gauche sert à éloigner de la valve la paroi vaginale, quand celle-ci masque le bout du spéculum. — La ténaculum est indispensable dans ce mode d'exploration ; vous voyez sa finesse, il ne f.mt pas faire attention a la blessure qu'il produit, elle est insignifiaiilc et la femme ne la sent pas. .l'ai recours sans inconvénient à une érigne simple puur accrocher plus vigoureusement le col et le porter doucement vers la vulve, c'est quand je veux faire pénétrer mon doigt dans la cavité utérine, après l'usage de l'éponge : la valve de Sims est enlevée, l'érignc abaisse •e col, et le doigt peut entrer dans le canal utérin en s'en coiffant comme d'un dé.

MALADIES DES FEMMES

dont on est obligé de disposer la femme est déjà une fâcheuse nécessité de la méthode : la malade doit s'asseoir sur une table solide, couverte d'une couverture en quatre, puis se coucher sur le côté gauche, la tête appuyée à plat sur la pommette de ce côté, l'avantbras gauche porté en arrière vers la partie postérieure du tronc ; le siège est au bord de la table et les jambes, demi-fléchies, sont soutenues par un aide. — Un autre relève la fesse gauche avec force et tiendra fixe le spéculum, après que le chirurgien l'aura introduit et bien installé. — Le chirurgien, assis sur une chaise basse, invite la malade à respirer largement, et découvre d'ordinaire toute l'ampoule vaginale et le col en sa situation normale. Si l'antéversion est très-prononcée, le col reste fixé à la paroi postérieure du vagin, caché par la paroi antérieure : à l'aide àu dépresseur , instrument que vous voyez à gauche dans la figure 116, on soulève la paroi qui cache le col, et l'on harponne légèrement la lèvre antérieure dans l'orifice avec le petit ténaculum que montre la même figure. — La patiente n'a généralement pas conscience de cette piqûre du ténaculum, qui vous permet, pour ainsi dire, de manier et d'incliner en tous sens la partie accessible de l'utérus. — Il est fâcheux que l'examen à la rnanière de M. M. Sims ait contre lui cette position si gênante et si désagréable, la nécessité de deux aides, le risque en certains cas de ne rien apercevoir. Car, par cette méthode, on peut voir le col à ciel ouvert et avec tout ce qui l'environne, et celui-là seul connaît la portion vaginale de l'utérus qui a manié la valve de Sims. Mais on est un peu victime de son éducation, et cette pratique restera longtemps exceptionnelle pour la plupart des praticiens.

Le chirurgien doit bannir de son cabinet les lits et fauteuils à spéculum dont la vue suffit pour effrayer, et qu'il faut faire escalader par des femmes souffrantes, affaiblies, souvent obèses. On fait asseoir simplement la femme sur un fauteuil de travail en cuir, après y avoir déposé une serviette. On l'invite à mettre le siège sur le bord du fauteuil, et la tête se porte ainsi en arrière sur le dossier. Les jambes et les cuisses sont fléchies. Le pied gauche repose sur une chaise de paille ou de canne qui sert également à placer les instruments, pinces utérines, cathéter utérin, pinceaux, boulettes d'ouate ou de charpie. Par terre, un bassin vide. Le pied droit appuie sur le bras d'un fauteuil, symétrique de la chaise. Le chirurgien est

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