CATARRHE UTÉRIN
tion profonde, parce qu'elle attaque, et sans le détruire, le réseau lymphatique superficiel du derme. Un attouchement léger est souvent inefficace et peut au contraire exaspérer le mal. Quand il ne nuit pas, si l'on ■veut en tirer quelque chose, il faut le répéter, et ces opérations qui n'en finissent pas sont pour la malade une gêne, un motif de découragement, un danger. Comme, avec l'application sérieuse du sel argentique, on n'aura qu'un très-petit nombre de séances à faire, on choisit bien son moment au milieu de la période intermenstruelle, et l'on ne risque pas de se heurter à quelque approche d'une congestion utérine naturelle ou accidentelle. S'il faut y revenir plusieurs fois, et cela ira rarement au delà de trois, les séances sont fort espacées, on sait et l'on voit ce qu'on fait, tandis que certains médecins cautérisent en aveugles pendant plusieurs mois et coup sur coup de malheureuses femmes chez lesquelles le mal est ainsi entretenu et exaspéré. Enfin, pour quelques opérations ainsi isolées, il est plus facile de faire observer les précautions de prudence : bien qu'il soit mieux de les cautériser chez elles, le médecin peut consentir à ce que la chose ait lieu chez lui, mais au moins faut-il imposer le repos pour le jour et le lendemain, avec l'obligation de prendre le lit, si la souffrance devenait vive,
II. — Le CATARRHE UTÉRIN peut être soupçonné même avant l'examen : la femme dit qu'elle perd abondamment un flux consistant, morveux, très-facile à différencier de l'hypersécrétion vaginale, qui, elle, même hors des conditions blennorrhagiques, est comme crémeuse. Au spéculum, on découvre, sortant de l'orifice et couvrant la lèvre postérieure, une traînée glaireuse, soit opaline et analogue à du blanc d'œuf, soit plus foncée, jaunâtre et semi-purulente: catarrhe muqueux, catarrhe purulent. On augmente l'issue du flux par la pression du spéculum. Si l'on cherche à en débarrasser l'orifice, ce qui ne se fait que très-difficilement à l'aide d'un petit tampon rigide que l'on fait tourner pour enrouler la petite masse, on voit un nouveau flot sortir et souvent avec une abondance qui surprend. Or, une pareille exagération et perversion dans le liquide sécrété normalement par la cavité utérine, c'est-à-dire surtout par la cavité du col, est un phénomène essentiellement morbide. Bien des médecins ont été instruits à ne tenir aucun compte du catarrhe utérin, et font pour cela tous les jours fausse route :
MALADIES DES FEMMES
Les femmes pourtant vous disent que depuis qu'elles perdent des glaires opalines ou semi-purulentes, elles sont tourmentées de pesanteurs dans la profondeur du bassin aboutissant au siège et aux aines ; elles se trouvent épuisées par l'abondance de ces pertes blanches dont l'issue leur cause des cuissons fort pénibles vers les parties externes de la génération ; les règles sont douloureuses ; de temps en temps éclatent quelques éclairs de coliques utérines qui ne cessent qu'après l'expulsion du contenu du col, les digestions deviennent pénibles, et les malades s'acheminent plus ou moins vite vers l'alanguissement utérin. Gomme pour les ulcérations du col, le contraste est réel entre de pareils désordres et la lésion qui les provoque, lésion analogue du reste à l'ulcération granuleuse du col, l'accompagnant souvent, la suivant, la précédant parfois, et dont le siège précis est aux glandes de la cavité cervico-utérine. Celles-ci, au lieu de former un tapis moelleux et épais comme font dans le corps utérin les tubes flexueux de la muqueuse, sont profondément enfoncées dans le tissu dur du col, et tellement, que si, leur orifice se bouchant, elles viennent à s'amplifier, elles peuvent faire saillie du côté du vagin à travers le muscle utérin ; c'est donc avec peine qu'on découvre leurs orifices au fond des sillons de l'arbre de vie. Or, pour guérir le catarrhe, il faut attaquer ces glandes : M. Huguier a le premier frayé la voie du traitement en scarifiant largement la cavité cervicale avant d'y appliquer le caustique. Pour moi, je préfère introduire une curette d'un petit calibre, un peu tranchante, racler sans violence la muqueuse du col et du bas du corps en n'allant pas au delà de li centimètres; après quoi, je dépose un crayon argentique d'un petit calibre et de 2 centimètres de hauteur, que j'abandonne dans la cavité : il reste distant de l'orifice d'un demi-centimètre. Le calibre, la force du crayon, car on peut le mitiger de nitre fondu, sont en proportion de la lésion supposée de la muqueuse cervicale, de l'ancienneté et de l'opiniâtreté du mal.
IIL— Enfin peut s'offrir à nous 1 'engorgement de l'utérus. Quand nous apparaît toute la portion de l'organe accessible à l'œil tuméfiée, embrassée avec peine par un spéculum volumineux, que le doigt nous décèle un développement analogue des portions sus-vaginales, et que la palpation jointe au toucher nous fournit un résultat