‹ Pratique journaliere de la chirurgieChapitre 72 sur 125 · OB CUITES · texte numérisé non relu

OB CUITES

est envahi presque toujours par l'inflammation un peu avant l'épididyme.

L'allure de l'orchitc blennorrliagique n'a pas cette uniformité qu'on lui a prêtée : rien de plus variable que la douleur et la réaction générale accusées par les sujets. Certains peuvent continuer leurs occupations, bien que péniblement; chez d'autres, la fièvre, l'agitation, l'insomnie, prennent un caractère vraiment sérieux. On peut dire pourtant que, dès que le malade est au lit, la bénignité des symptômes est la règle. Aussi, si la douleur et la fièvre se montrent intenses, cherchez si la glande séminale ellemême n'est pas envahie, et l'orchite parenchymateuse exige alors une intervention toute spéciale. Un malade pris d'orchite, et gardant dès le début un repos absolu, guérira presque toujours sans autre soin en vingt-cinq ou trente jours. Mais le traitement n'en a pas moins une importance considérable pour abréger cette durée, empêcher les rechutes, pour atténuer surtout les traces fâcheuses que l'organe conserve si souvent.

Appelé près d'un malade atteint d'orchite, le chirurgien doit s'enquérir si le testicule est pris pour la première fois, à quelle période en est la blennorrhagie, si l'urèthre n'offre pas d'autres désordres, quels symptômes ont été accusés du côté du col vésical, et pour ce, au besoin, il recourt au toucher rectal. — Il palpe le canal déférent, il analyse la composition de la tumeur inflammatoire des bourses , la fluctuation de l'épanchement vaginal ; il reconnaît, en avant le testicule sain, en arrière la masse formée par l'épididyme et inégalement par ses trois parties, la tête, le corps , la queue, cette dernière étant plus volumineuse et plus douloureuse. — Il pince légèrement la peau pour constater le degré de son adhérence et l'infiltration des couches superficielles.

Dans cet examen, il sera quelquefois dérouté par une disposition qui n'est pas très-rare, puisqu'on l'observe une fois sur quinze environ : il trouvera l'épididyme en avant, le testicule en arrière. C'est V inversion du testicule, simple affaire de curiosité pour les orchites et les tumeurs solides, mais d'une importance capitale en médecine opératoire, lorsqu'il s'agit de pénétrer dans la tunique vaginale distendue par un épanchement ou épaissie de fausses membranes. Chose singulière 1 jamais l'inversion n'existe que d'un seul côté,

MALADIES DU TESTICULE

Quelques orcliites sont sèches, c'est-à-dire sans épaiicliement dans la séreuse ; mais le plus grand nombre s'accompagnent de cette hydrocèle aiguë, résultat de la vaginalite, que la transparence ne dévoile pas, mais pour laquelle la fluctuation ne laisse aucun doute. Il faut alors recourir d'emblée aux mouchetures de la Vaginale conseillées par M. Velpeau, moyen aussi innocent qu'efficace : les bourses étant légèrement tendues par la main gauche, on fait, avec une lancette aiguë, des ponctions rapides, une douzaine par exemple, qui donnent issue à du sang et à de la sérosité. Si des veines volumineuses se dessinent sur le scrotum, on pique de préférence à leur niveau, pour joindre les effets d'une saignée locale à ceux de la paracentèse. Le malade est presque toujours efï'rayé à l'idée de piqûres sur les bourses enflammées ; on le rassure en lui affirmant, ce qui est vrai, que la douleur de cette petite opération est presque insignifiante, et que le soulagement qu'elle amène est rapide et certain. Les mouchetures nous dispensent presque toujours des sangsues : on peut être pourtant forcé de recourir à celles-ci, si la douleur reste persistante et très-vive ; l'inconvénient qu'il peut y avoir à les appHquer directement sur le scrotum a été exagéré, mais l'usage est d'en couvrir de préférence la région du trajet inguinal.

Il est utile que le malade tienne le bassin un peu soulevé, mais plus utile encore que les bourses soient soutenues. Le tampon placé entre les cuisses est, à cet égard, fort infidèle ; il exigerait une immobilité absolue, qui n'est jamais observée et qui ne peut l'être pendant le sommeil; le suspensoir est, dans le lit, plutôt nuisible. — Comme on a presque toujours le soin de couvrir les bourses de cataplasmes de lin, on peut soutenir le tout à l'aide d'un mouchoir en triangle partant en arrière du milieu d'une sorte de ceinture, et ramenant en avant sur l'abdomen bourses et cataplasmes : c'est un bon appareil, dont le seul inconvénient est d'être tiraillé à chaque mouvement. Aujourd'hui, pour les orcliites comme à la suite des opérations sur cette région, on emploie une sorte de tablette écliancrée, soit de bois léger, soit de gutta-perclm, soit de carton un peu épais, ou mieux de carton amidonné. Cette plaque ou tablette est rectangulaire, haute de 15 ù .18 centimètres, large de 35; son bord postérieur est largement échancré pour embrasser la racine des

ORCniTES.

bourses; ses ailes latérales s'appuient sur les cuisses ou se moulent sur elles ; un raatelassage d'ouate émousse les angles et les bords, — Cataplasmes de lin, renouvelés trois ou quatre fois dans les vingt-quatre heures, un bain tous les deux jours , de temps en temps un laxatif léger, voilà tout ce qui convient durant la période inflammatoire; à son déclin, les cataplasmes sont arrosés d'eau blanche et bientôt remplacés par des compresses résolutives. Dès que le malade se lève, une excellente précaution est de tenir, une quinzaine de jours, la bourse malade légèrement cornprimée par des bandelettes de diachylon imbriquées. Les bandelettes veulent être changées tous les deux jours, pour que la compression reste constante et aussi pour surveiller la peau, que le contact de l'emplâtre peut ulcérer rapidement chez certains sujets.

Il semble qu'une affection aiguë qui, comme celle-ci, cèdepromptement et sûrement à des moyens très-doux, et n'arrive pour ainsi dire jamais à la suppuration, ne comporte qu'un pronostic de tous points favorable. — Il n'en est rien : l'orchite est, par ses suites, une maladie des plus fâcheuses, et compromet trop souvent l'une des principales fonctions de l'homme, la fécondation. — C'est en iSli7 (Académie de médecine du 29 juin. Archives d'août) que M. Gosselin éclaira tout à coup ce point déhcat de pratique. Son travail, complété quelques mois plus tard par un autre sur les kystes épididymaires, est un des plus parfaits dont puisse se vanter la chirurgie française. M. Gosselin était alors chef des travaux anatomiques, et, comme prosecteur, j'ai assisté à ses ingénieuses recherches. Elles furent, en effet, d'abord purement anatomiques : M. Gosselin, en injectant les conduits spermatiques, avait vu, en certains cas, l'injection arrêtée; il avait reconnu qu'alors la queue de l'épididyme offrait une induration, et il se promit d'étudier de plus près cette lésion, — En mars 18/i7, il enlève sur un cadavre les deux testicules : le droit est sain , le gauche au contraire offre un noyau dur à la queue de l'épididyme; au-dessus, le canal opididymaire, dilaté et variqueux dans toute sa longueur, laisse soupçonner que le sperme est retenu entre le testicule et l'obstacle présumé. En effet, le liquide recueilli dans le canal déférent et la vésicule séminale gauches ne laisse apercevoir aucun spermatozoïde. M. Gosselin veut alors constater si la partie indurée

MALADIES DU TESTICULE

est vraiment imperméable : il adapte au canal déférent le tube à injection ; celui-ci est plein d'essence de térébenthine colorée, que pousse une colonne de mercure de hauteur et, conséquemment, de force variables. «Le robinet étant ouvert, dit M. Gosselin, je vis » que la térébenthine remplissait bien le canal déférent et le com- )) mencement de l'épididyme, mais qu'elle s'arrêtait au niveau de la » partie indurée. Au bout de deux heures, l'injection n'ayant pas » marché davantage, je portai la force de pression de 16 à 22 centi- » mètres de mercure ; la térébenthine n'avança pas davantage ; il en » fut de même en laissant les choses en place jusqu'au lendemain.» L'oblitération des voies du sperme était évidente, car l'essence franchit toujours aisément, en une ou deux minutes, le commencement de l'épididyme. Dès lors, les mêmes faits se multiplièrent : c'était toujours l'arrêt obstiné de l'injection vers le noyau d'induration, les animalcules du sperme absents dans le canal déférent et la vésicule séminale; souvent, la dilatation du conduit épididymaire entre l'obstacle et le testicule, et, chose remarquable, laglande séminale intacte, sans atrophie ou aucun autre changement anatomique, et continuant presque toujours à sécréter le liquide normal. Cette dernière particularité était fort curieuse : la fonction testiculaire continue, malgré l'impossibilité de l'excrétion, et celle-ci n'amène aucune douleur, aucun engorgement, contrairement à ce qui a lieu pour la plupart des appareils glandulaires. — Et cette oblitération du conduit excréteur n'a aucune prise sur la virilité, tout en détruisant la fécondation.

L'application de ces curieuses découvertes était évidente; mais M. Gosselin attendit quelques années avant de la présenter au public médical avec tous les développements nécessaires {Archives 1853). Il est clair qu'on ne pouvait s'attacher à rechercher les effets que de l'orchite double suivie d'induration de la queue des deux épididymes, car le sperme reste également fécond , qu'il provienne d'im seul ou de deux testicules. M. Gosselin analysa vingt orchites doubles, formant deux catégories : la première de cas récents, la seconde de cas remontant à plusieurs années. La première catégorie renfermait quinze malades : chez tous, l'affection était guérie, mais avait laissé le noyau caractéristique dans les deux épididymes. Rien ne leur paraissait changé dans leurs fonctions génitales : désirs, érec-

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tions, éjaculations, tout était vovenu comme avant la maladie. — Chez tous le sperme, examiné au microscope, ne renfermait aucune trace de spermatozoïdes. De ces 15 individus, 13 furent perdus de vue ; 2 antres furent suivis, et recouvrèrent les animalcules, dès qu'un des noyaux fut entièrement effacé. Dans la deuxième catégorie figurent cinq individus. Chez l'un d'eux, la double orchite remontait à vingt ans; le noyau droit était encore trèsprononcé, le gauche n'existait plus : le sperme fut trouvé pourvu de tous ses caractères normaux. Chez les li autres, les 2 noyaux persistaient : aucun d'eux n'a observé de changement dans les testicules non plus que dans les facultés viriles, et pourtant leur liqueur séminale examinée n'offrait point de spermatozoïdes. Ces résultats, si nouveaux et si frappants, ont été vérifiés depuis par un grand nombre d'observateurs. Les malades, les ayant connus jusqu'à un certain point, ont multiplié les occasions pour le praticien instruit d'examiner ou de faire examiner le sperme à la suite des orchites récentes ou anciennes.

On peut établir les conclusions suivantes :

L'orchite blennorrhagique et, d'une manière générale, l'orchite dont le point de départ est à l'urèthre, se fixe presque constamment à l'épididyme et surtout à sa partie inférieure, à sa queue. Quand, au bout d'un mois, le malade est guéri, la résolution n'est presque jamais complète : il reste, dans la portion déférentielle de l'épididyme, un noyau d'induration. Tant que ce noyau persiste, il constitue un obstacle à la migration du sperme, du testicule à la vésicule séminale. Dès qu'il a disparu, le sperme commence à reprendre son cours. Si l'orchite a été double, tant que les noyaux persistent, le sujet est infécond; mais sa virilité reste intacte, car les testicules conservent tous leurs caractères normaux et l'intégrité de leur fonction sécrétante ; les animalcules peuvent être reconnus dans toute la partie perméable de l'épididyme.

Une orchite double menace donc sérieusement l'aptitude à la reproduction. Mais n'allez pas croire , comme on l'a fait dire faussement à M. Gosselin , qu'il y ait là une condamnation sans appel : la plupart des noyaux d'induration se résorbent et disparaissent , et il suffit que ce travail favorable eût lieu d'un seul côté pour que le sperme recouvre son élément fécondant. Il reste, sur

MALADIES DT' TESTICULIC.

ce sujet important, plusieurs points à éclaircir : quelles chances un malade à orchite double a-t-il de voir disparaître ses indurations? Au bout de quel temps cette résorption se fait-elle naturellement? Après combien de mois doit-on perdre l'espoir de voir cette résorption s'établir?

Il est à espérer que, tôt ou tard, le praticien sera fixé sur tout cela. Mais ce qui est présentement certain, c'est l'importance du traitement contre les indurations, dans leur première période du moins, c'est-à-dire dans les semaines, les mois peut-être qui suivent l'orchite. Les frictions mercurielles , la compression bien faite, à l'intérieur le sublimé et l'iodure potassique, tels sont les moyens sur lesquels on doit le plus compter. 11 faut y joindre la guérison aussi prompte que possible de l'écoulement s'il persiste, l'exercice modéré, certaines eaux minérales, etc. — Si l'oblitération spermatique n'existe que d'un seul côté , on mettra le même soin à la faire disparaître": c'est une menace pour l'avenir, car le sujet peut reprendre une blennorrhagie et, conséquemment, une orchite sur l'un ou l'autre testicule.

Ainsi, la limitation de l'orchite uréthrule à l'épididyme, tout en imprimant une certaine bénignité à la période aiguë de la maladie, devient la cause de fâcheuses conséquences, dont elle n'est que trop souvent suivie. — Ne croyez pas pourtant que le testicule lui-même soit complètement indemne dans la plupart des orchites ; non, il est souvent un peu plus gros, plus tendu, plus sensible qu'à l'état normal. Quand la douleur est très-prononcée dans l'orchite et exige l'emploi des sangsues, c'est que le corps du testicule est plus envahi par l'inflammation que d'habitude. Si les choses vont à l'extrême, la douleur en vingt-quatre heures devient atroce; vous sentez, à peine isolable de son épididyme, le testicule grossi du double , dur et tendu outre mesure; c'est l'oRcurrE parenchymateuse. Vous avez alors le pouvoir de faire cesser en quelques instants l'angoisse du malade, comme aussi la fièvre, le délire, les vomissements qui peuvent parfois l'accompagner: c'est par le débridement de la tunique albuginée. Sur le milieu du corps du testicule, couvert d'une peau lisse, plaquée, rouge, on enfonce un bistouri aigu , et, quand la pointe a pénétré dans la substance de l'organe, on la porte en

IIYJ)UOCKLES.

haut ou en bas pour faire une plaie d'un centimètre et demi environ à la coque fibreuse. L'opération dure à peine une seconde: son effet est immédiat et constant. — Je l'ai pratiquée à tous les âges, et toujours avec succès. — Si le malade en est très-effrayé, on peut consentir àle cliloroformiser. Cette excellente opération, outre qu'elle éteint la douleur, a d'autres avantages: l'orchitc parcnchymateuse est un accident rare, mais redoutable. Quand on la laisse à ellenriême, elle se termine rarement par une résolution franche et légitime, mais de préférence par la suppuration, l'atrophie, la hernie de la substance testiculaire : hé bien, ces suites fâcheuses sont prévenues par le débridement, à la condition qu'il soit fait en temps opportun.

Les épididyraites que provoque le passage des sondes et des bougies, celles qu'entretient une affection chronique du col delà vessie, hypertrophie prostatique, calculs vésicaux, etc., ont une marche moins régulière que celle qui vient de nous servir de type. Elles peuvent se prolonger plus longtemps et prendre une sorte d'allure chronique; elles exposent davantage à la récidive, h la suppuration. Mais ces différences tiennent surtout à l'âge et à l'état général du sujet, et le traitement local demeure le même.

HYDROCÊLES.

Lorsque vous avez reconnu la fluctuation et la transparence d'une tumeur des bourses, vous pouvez être assuré qu'il s'agit d'une hydrocèle. — Recherchez tout de suite si le testicule peut être plus ou moins séparé de la tumeur : c'est alors une hydrocèle du cordon ; dans le cas contraire, c'est l'hydrocèle ordinaire, c'est-à-dire siégeant dans la tunique vaginale.

L En effet, dans I'hydrocèle vaginale, le testicule forme une partie des parois de la poche, dont il occupe le côté postérieur et interne à un point un peu variable de la hauteur. C'est une consé-

MALADlliS DU TESTICULE.

quence de la disposition de la tunique vaginale que vous pouvez bien voir dans la figure 128. La paroi de la poche séreuse est sans doute plus épaisse au niveau du testicule ; mais, en ce point, elle ne fait saillie qu'à l'intérieur et ne peut guère être appréciée au doigt que par la sensibilité spéciale que la pression y provoque. — L'étude do la transparence permet, au reste, de reconnaître le lieu du testicule : le malade est couché dans un heu obscur, les bourses sont embrassées par la main gauche du chirurgien, qui, sans causer de douleur, soulève et tend la tumeur ; un petit bout de bougie allumée est confié à un aide ou au malade, et tenu aussi rapproché que possible du milieu de l'hydrocèle; juste en face, le chirurgien, cachant avec sa main droite le bord supérieur de la tumeur, cherche à apercevoir à travers elle la lueur

Fig. un. - ^

Fig. 128. Enveloppes DES bourses et tunique vaginale. — Voyez la cloison formée par l'adossement des darlos. A droite, est dans son entier ce qu'on a justement nommé pérididyme, c'est-à-dire l'étui fibreux du cordon et du testicule revelu de la tunique crj'lhroïde ou crémaster. A gauche, cette gaîne fibro-musculaire est ouverte pour montrer en haut les éléments du cordon, en bas la poche vaginale soulevée en arrière et en dedans par le testicule. Vous voyez la Iclc de l'cpididyme qui forme le cimier du casque. Rendez-vous compte de la disposition de la séreuse, pour bien comprendre la position du testicule dans l'hydrocèle et l'hématocèle. 11 sera toujours en dedans et en arrière de la tumeur, mais il ne faut pas ajouter en haut ou en bas, car la chose est très-variable, suivant l'amplialion des culs-de-sac sus- et sous-testiculaires.

HYDllOCÈLES.

de la bougie, et reconnaît la présence du testicule à un point opaque. L'épreuve de la lumière peut être négligée dans les cas assez fréquents oi!i la minceur des couches permet d'apercevoir au jour la translucidité de l'iiydrocèle. — En dehors de cela, il est d'un mauvais exemple de n'y pas recourir au moment où l'on se propose d'opérer.

On excuse difficilement les opérateurs qui, devant la méthode simple, sûre et innocente de I'injection, recourent encore à des procédés rigoureux qui n'ont plus à figurer que dans l'histoire de l'art.

Pour l'opération de l'hydrocèle, le malade est au lit, garni sous le siège d'un drap phé en quatre ; il aura été à la garderobe la veille ou le matin, et n'aura mangé que très-légèrement trois heures avant l'heure fixée; quel que puisse être son émoi, le chloroforme lui sera refusé. Le chirurgien tient prêts le trocart, la seringue et le liquide à injecter.

Le trocart doit avoir sa pointe fraîchement acérée et parfaitement nette, condition trop souvent négligée pour les instruments de ce genre. On s'est assuré que la canule glisse facilement sur lui, et qu'une fois dans la poche elle sera délivrée du trocart sans aucun effort; que, d'autre part, le bec de la seringue s'y adapte d'une manière parfaite. La seringue est de maillechort, du modèle de celles qui servent aux injections vésicales ; c'est l'excellente seringue de Charrière, avec son piston garni de ses deux cuirs en parachute. — Une attention particulière est donnée à son entretien; la garniture du piston , essuyée et graissée de suif ou d'axonge bouillie à chaque fois qu'on en fait usage, doit glisser presque sans aucune force. Les fabricants continuent à vendre de détestables seringues à hydrocèle, de corne, d'ivoire noirci, afin de prévenir, dit-on, l'altération de l'instrument par l'iode : elles sont bien vite hors d'usage. — Pendant sept ans , une seule seringue de maillechort m'a servi pour toutes mes injections, et je ne l'ai pas une fois trouvée en défaut. Le maniement de la seringue dans l'opération de l'hydrocèle doit d'autant moins laisser à désirer que c'est à un aide qu'il va être confié, et que le moment scabreux de l'acte opératoire est juste celui où commence le jeu de l'instrument.

MALADIES DU TESTICULE

Le liquide que, dans tous les cas, vous aurez fait demander, est le suivant :

80 grammes de liquide est la dose qui vous suffira pour les hydrocèles les plus volumineuses, comme aussi pour les autres kystes et les abcès froids. — L'iodure potassique, destiné à dissoudre l'iode précipité par l'eau, est utile parce qu'une portion du liquide irritant sera laissée dans la poche, et qu'ainsi son absorption est facilitée.

La seringue est chargée par aspiration, puis retournée verticalement la pointe en haut ; le piston est lentement poussé jusqu'à faire baver le liquide vers le bec et chasser tout l'air. On fait exécuter cette dernière manœuvre par l'aide, pour qu'il connaisse bien le degré de résistance du piston.

Dès lors commence l'opération : on explique au malade ce qui va se passer : il sentira un coup sec et entendra couler le liquide presque sans en avoir conscience, puis commencera l'injection, qui finira par lui causer une douleur assez vive, surtout vers le cordon et le côté correspondant du ventre ; on l'engage à une immobilité absolue, et un ou deux assistants sont chargés de surveiller les mouvements subits et involontaires des mains.

Le trocart est enfoncé hardiment au milieu de la tumeur tendue et comme amincie par la main gauche ; on donne à cette pénétration un peu d'obliquité en arrière et en haut. La main gauche abandonne les bourses, saisit la canule au milieu de sa portion libre, le trocart est retiré par la main droite, et le liquide s'écoule en un vase — un bol de préférence — préalablement placé entre les cuisses du sujet. — A mesure que la poche se désemplit, la main gauche tient de plus en plus légèrement, de plus en plus mollement, la canule, et finit par simplement la soutenir ; c'est la meilleure précaution pour que rien ne change dans les rapports de la canule avec les couches des bourses ; aussi se garde-t-on bien de suivre le précepte, quasi-classique pourtant, qui veut que le tube soit fixé par deux doigts embrassant et pinçant le scrotum au point oii il est traversé; de cette' façon, au contraire, on risque de faire glisser l'instrument dont on redoute le déplacement.

Teinture d'iode. .

Eau distillée. ...

lodure potassique

hO grammes. UO grammes.

1 gramme 50 centigrammes.

HYDROCÈLES. — MANUEI. DE L'OPERATION.

La main droite du chirurgien est donc restée libre pendant l'écoulement de la sérosité, et n'a pu servir à ce moment qu'à maintenir le bol ou à déprimer le plan du lit, pour que le vase reste déclive par rapport au pavillon de la canule; à la fin, cette main sert à malaxer les bourses pour chasser les dernières gouttes. Gela fait, le chirurgien saisit la seringue, dont il engage le bec dans le pavillon de la canule, bien avant, bien soUdement ; la canule et la seringue, ne formant plus qu'un seul système, sont tenues très-ferme parles deux mains de l'opérateur, pour que l'aide n'ait qu'à pousser son piston, sans se préoccuper du point d'appui. L'aide procède lente-: ment, et s'arrête s'il éprouve un peu de résistance ; mais le moindre tact l'avertit que l'injection distend naturellement la poche. On lui ordonne de s'arrêter avant que celle-ci ait repris le volume que lui donnait l'hydrocèle. — La seringue est maintenue dans la canule rien que pour la boucher, et le chirurgien masse et malaxe la tumeur pour mettre en contact avec l'injection tous les points de la séreuse, laquelle est assez souvent pourvue de certains diverticulums. — Trois ou quatre minutes suffisent au maintien de l'injection, qu'on laisse, après ce temps, s'écouler librement; quand on estime qu'il en reste un quart environ, le pouce et l'index gauche pressant sur l'endroit blessé du scrotum, la canule est retirée par un mouvement brusque, et l'opération s'achève ainsi.

Le liquide évacué par la paracentèse de l'hydrocèle vaginale est presque toujours du sérum d'une couleur analogue à celle de l'urine claire. Mais une fois sur quinze environ, on tombe sur un liquide d'un caractère tout différent, jaune brunâtre, et en tout semblable à du bouillon gras. En examinant à quoi est dû cet aspect graisseux, on y découvre à profusion des paillettes de cholestérine. On ne saurait dire jusqu'ici à quoi tient cette composition particulière des hydrocèles à cholestérine ; leur pronostic et leur traitement n'en sont pas modifiés. Il est à remarquer seulement qu'on les observe chez les personnes assez avancées en âge. — Un liquide très-différent des deux précédents peut aussi s'offrir à l'opérateur : incolore et onctueux; mais, comme nous allons le voir, il se développe toujours hors de la vaginale, et le testicule plus ou moins isolablc de la poche montre qu'on a affaire à une hydrocèle de la base du cordon. Au sérum peut être mêlé du sang en quantité variable; s'il n'en

RICHAnD. 25

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.résulte qu'une teinte rosâtre analogue à celle de l'urine sanguinolente, on passe outre, et l'on fait l'injection, à la condition pourtant, une fois la paracentèse achevée, de bien examiner l'épaisseur des couches qui enveloppent le testicule ; mais si au contraire le sang est en qualité notable, on doit s'arrêter, retirer même le trocart, surveillant avec soin le malade pendant les jours suivants, et tout prêt à découvrir la vaginale.

On expose clairement à l'opéré d'hydrocèle et à son entourage le but recherché par l'injection, et ce qui va survenir à sa suite. « Le » scrotum est revenu à ses dimensions normales, mais, dès le soir, » il recommencera à se tuméfier, sans arriver pourtant au dévelop- )) peraent qu'il devait à l'hydropisie; en même temps il surviendra » un certain dégoût pour les aliments, un peu d'agitation, souvent )) même de la fièvre pendant la nuit, et les bourses deviendront )) douloureuses. — Après deux ou trois jours, tout symptôme géné- » rai aura disparu, l'appétit reviendra, et il ne restera aux bourses )) qu'une sensibiUté bientôt obtuse, qui s'éteindra le huitième ou » le dixième jour. » — Le malade, qui a jusque-là gardé le lit, peut alors commencer à se lever quelques heures, et bientôt toute la journée; vers le quinzième jour, muni d'un suspensoir, il sort et reprend toutes ses occupations. A ce moment, la tuméfaction a déjà beaucoup diminué, et peut, d'un moment à l'autre, disparaître ou lentement ou en quelques heures.

On peut affirmer à un sujet jeune qu'avant le vingtième jour qui suit l'opération, les bourses auront repris leur aspect normal. Mais il faut se garder de donner semblable assurance aux personnes .qui ont dépassé l'âge moyen de la vie. Assez souvent alors, pendant six semaines, deux mois, trois mois peut-être, l'hydrocèle semble avoir reparu, et malade et médecin croient à une récidive : c'est une erreur ; malgré ces apparences, la résolution est presque assurée. — Cependant on a, bien que rarement, des récidives. Dans deux cas, les seuls qui me reviennent à la mémoire, une deuxième injection, faite après quelques mois, n'aboutit qu'à un nouvel échec : après cette expérience , considérant l'excessive facilité de la guérison de l'hydrocèle, je me suis persuadé qu'une récidive ne saurait s'expliquer que par un état organique exceptionnel de la séreuse malade, et je me suis promis d'éviter la déception d'un deuxième insuccès, en rem-

HYDllOCÈLES.

— NATURE m L'INJECTION.

plaçant l'injection par une opération radicale analogue à celle de l'hématocèle. — Le pansement ordinaire, à la suite de l'injection^ consiste à couvrir les bourses de compresses trempées dans du gros vin rouge, et renouvelées de temps en temps. Tout le paquet repose sur une planchette échancrée de gutta. Dès que la douleur devient vive, on recourt aux cataplasmes de lin, qui sont promptement à leur tour remplacées par les compresses qualifiées de résolutives. Vers le douzième jour, on applique la compression à l'aide des bandelettes de diacliylon, pour permettre à l'opéré de se lever et de reprendre ses occupations avant le dégorgement complet.

Il ne faut pas attacher une grande importance à la nature du liquide injecté pour la cure del'hydrocèle, et l'on comprend très-bien les chirurgiens qui continuent à injecter du vin chaud, à l'exemple de nos devanciers. Je crois bien qu'une partie de la vogue de la teinture iodée provient du caractère en quelque sorte plus solennel et plus scientifique qu'elle imprime à l'opération. Mais elle a pourtant quelques avantages : elle n'exige pas d'apprêts, et avec elle l'opération est plus rapide ; sa composition est définie et son action uniforme ; elle paraît plus innocente, si, par malheur, on en injectait dans letissu cellulaire des bourses ; enfin, et surtout, elle agit plus doucement que le vin chaud, et donne de bonnes chances de guérir l'hydrocèle sans oblitération de la séreuse. C'est là le point capital du traitement iodé : car M. Gosselin a noté que, lorsqu'il existe des adhérences très-étendues, le testicule offre une pâleur et comme une anémie qui paraît incompatible avec la présence des spermatozoïdes.

S'il suffit, ainsi que nous l'avons déjà dit, d'une faible action pour amener la disparition de l'hydrocèle vaginale, ne doit-on pas encourager la tendance qui porte quelques chirurgiens à modérer autant que possible l'énergie de l'injection , et à sauvegarder ainsi la vie fonctionnelle du testicule? J'ai fait connaître {Gazette hebdomadaire, 185Zi) les résultats favorables d'un assez grand nombre d'opérations pratiquées par l'injection de 5 grammes d'alcool à 36 degrés de l'aréomètre laissés dans la tunique vaginale. — Depuis, j'ai bien répété ces opérations une centaine de fois, et si j'avais une hydrocèle, je voudrais en être débarrassé par ce

MALADIES DU TESTICULE

procédé. — Il permet de reprendre immédiatement, ou presque immédiatement les occupations ordinaires; il conserve certainement l'intégrité de la séreuse, et par conséquent ne peut compromettre l'avenir de la sécrétion séminale; enfin, il met à l'abri contre tout accident grave dû à l'infiltration du liquide injecté. Mais alors pourquoi ne pas avoir le courage d'en faire la seule méthode de, la euro de l'hydrocèle? C'est que le chirurgien redoute par-dessus tout de voir manquer le résultat d'une opération, et qu'on peut présumer qu'une action très-affaiblie sur la vaginale expose davantage à la récidive. Or, si la seringue n'est pas parfaite, cette dose de 5 grammes est si petite, qu'il peut s'en perdre aisément la moitié, et l'opération reste insuffisante; c'est ce que j'ai vu deux fois. Aussi, consulté par un malade qui doit subir l'opé-ration, je lui parle de l'injection iodée et de l'injection alcoolique, je lui montre la supériorité de cette dernière en lui signalant ce qu'elle peut offrir de défectueux comme sûreté du résultat, et j'obéis à la décision de l'intéressé. Malheureusement, on ne peut lui mettre sous les yeux le tableau complet de cette comparaison : il serait peu prudent de l'effrayer de l'accident possible de l'infiltration, ainsi que des dangers que court la sécrétion spermatique.

Pour I'hydrocèle congénitale des petits enfants, je conseille d'employer exclusivement l'injection alcoolique, dont j'ai usé plusieurs fois sans aucun accident et avec un résultat constamment favorable. Cette hydrocèle congénitale est une singulière afi'ection ; la communication entre le péritoine et la séreuse testiculaire paraît une condition capitale de son développement et de sa persistance, car si vous interrompez cette communication, l'hydropisie disparaît; mais on ne pourrait dire oii se sécrète le liquide, dans le péritoine ou au pourtour du testicule. La réductibilité du liquide dans le ventre .est aussi un de ses caractères, mais celui-ci peut tout d'un coup faire défaut pour reparaître bientôt après. Enfin, comme dernier trait de cette affection, il est probable qu'elle tend par elle-même à la guérison, car il est très-rare de voir chez un adulte une hydrocèle réductible. Quoi qu'il en soit, outre le souci que donne aux parents l'existence d'une tumeur des bourses, on ne saurait nier l'intérêt qu'il y a à débarrasser un enfant d'une hydrocèle congénitale : c'est une voie qui peut s'ouvrir tôt ou tard au passage de l'in-

HYDROGÈLE SPEHMAÏIQUE.

testin et avec tous les dangers attachés à la hernie vaginale tardive. On devra toujours commencer le traitement par l'application d'un petit bandage inguinal qui oblitère souvent la vaginale funiculaire, et dissipe ainsi l'iiydrocèle. Lorsque ce résultat se fait trop attendre, ou qu'à cause du très-jeune â,ge du petit sujet, ou n'arrive pas à adapter un appareil convenable, faites sans crainte l'injection alcoolique. La poche est souvent fort petite, assez difficile à bien tendre: défiez-vous du trocart explorateur ordinaire, qui est trop long ; ayez un trocart de moitié plus court et bien acéré. Il faut que vous soyez bien sûr de l'aide chargé d'appliquer les doigts sur le trajet inguinal pour prévenir l'intrusion du liquide dans le péritoine. Quatre grammes d'alcool étant injectés, la seringue est immédiatement retirée, et l'aide continue sa compression pendant un quart d'heure environ. Il sera avantageux, pour obtenir toute l'immobihté nécessaire, de soumettre l'enfant aux inhalations du chloroforme.

IL — Les liydrocèles étrangères à la tunique vaginale, et qui permettent de constater l'indépendance du testicule, peuvent encore être une variété d'hydrocèle congénitale développée dans la partie funiculaire de la séreuse et plus ou moins aisément réductible. Plus souvent ce sont des poches isolées, rondes ou ovoïdes, souvent dures et à fluctuation douteuse, mobiles, dépassant rarement un volume médiocre, et occupant tous les points possibles du cordon, plus volontiers pourtant le voisinage du canal inguinal, dans lequel on les voit parfois s'engager.

Mais parmi les kystes nés hors de la vaginale, la variété la plus curieuse est celle des hydrocèles spermatiques , c'est-à-dire qui renferment un liquide plein de spermatozoïdes et ayant toutes les qualités du sperme. A la première période de leur développement, il est facile de les reconnaître, même avant la paracentèse : c'est une tumeur ronde, indolente, translucide, coiffant la partie la plus élevée du testicule, sur lequel elle est fixée; elle semble un testicule surnuméraire grelTé sur le testicule normal. Mais quand le volume s'est accru peu àpcu, la tumeur, continuant d'embrasser étroitement Je testicule, finit pour ainsi dire par l'absorber en entier; à moins d'un examen fort minutieux, on ne peut isoler le kyste de lagland(?

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séminale elle-même, et l'on peut croire avoir sous la main une hydropisie ordinaire de la tunique vaginale. Dans tous les cas, le diagnostic jaillit avec le liquide : celui-ci paraît d'abord clair et limpide comme de l'eau, à l'instar du contenu des poches hydatiques, mais bientôt, en s'accumulant dans le vase qui le reçoit, il prend un aspect opalin, légèrement laiteux, comme si à de l'eau ordinaire on avait mélangé un peu d'empois ou de savon : en le touchant, le doigt éprouve une sensation à l'avenant, onctueuse, savonneuse. On y découvre, au microscope (hOO diamètres), des spermatozoïdes aussi nombreux que dans le sperme ordinaire et doués de tous leurs . mouvements. Et toutes les fois qu'une hydrocèle montre ce liquide lactescent et opalin, on peut être sûr d'y trouver des animalcules spermatiques.

• On a connu la présence des spermatozoïdes dans certaines hydrocèles avant de savoir le point de départ de ces kystes et le mécanisme de leur singulière composition, et les théories allaient leur train pour expliquer comment les spermatozoïdes pouvaient pénétrer dans la vaginale : M. GosseUn démontra {Archives, 18Zi8) que cette membrane demeure toujours étrangère aux kystes spermatiques, que ceux-ci naissent entre la tête de l'épididyme et le testicule (voyez fîg. 127), plus étroitement unis du reste à l'épididyme et aux canaux eiférents qui sont en arrière ; enfin que, malgré le kyste, les voies spermatiques restent perméables et injectables, et qu'on peut par le canal déférent injecter l'épididyme et le testicule sans que le kyste reçoive rien de l'injection. M. Gosselin paraît avoir donné la théorie la plus plausible de l'affection, tout en y mettant une grande réserve : il pense que la rupture d'un des conduits efférents en est l'origine ; l'enkystement du sperme épanché produit la poche, et, bien que la rupture se cicatrise, les animalcules continuent de se développer au contact les uns des autres. Dans les observations rapportées, et c'est une remarque que j'ai faite pour les cas assez nombreux qui me sont personnels, le malade a noté, à la suite d'un effort violent, une douleur vive et comme un sentiment de déchirure vers le testicule, soit au début du mal, soit au moment oii celui-ci éprouvait un développement subit. L'objection la plus puissante faite à cette manière de voir, est que des kystes spermatiques, récidivant à la suite d'une ponction, ont offert de nouveau le

SARCOGÈLES.

liquide lactescent : on peut répondre à cela que cette circonstance même devient un nouvel argument en faveur de la théorie, puisqu'il a suffi de la petite quantité de liquide qui a dû persister, pour régénérer les animalcules.

Malgré ces obscurités sur l'origine des hydrocèles spermatiques, on est d'accord sur le traitement qu'il convient de leur opposer, et franchement c'est l'essentiel. D'abord c'est une affection qui n'est pas sans conséquences fâcheuses : la tumeur, en se développant, re pousse et comprime l'épididyme, comprime surtout et peutdétruire, on en a des exemples, le nœud pour ainsi dire de l'appareil séminal, c'està-dire les canaux efférents. Donc il faut opérer, et par bonheur, malgré les craintes que pourraient inspirer les connexions de la poche, l'injection iodée est aussi innocente et aussi efficace ici que dans les autres hydrocèles. J'ai pu montrer en même temps à la Ghnique cinq malades opérés par M. Nélaton ou par moi d'hydrocèles spermatiques, et dont la guérison s'était effectuée en une moyenne de trente-six jours.

SARCOGÈLES.

Quel tableau de fantaisie se font encore certains médecins sur le cancer du testicule I Trompég par de vieilles descriptions classiques, ils se représentent une tumeur dure, bosselée, inégale. Au contraire, i'encéphaloïde du testicule, car c'est toujours la forme ramollie et médullaire du cancer qu'on observe dans la glande séminale, est une tumeur presque toujours ovoïde, régulière, élastique et demifluctuante. Son aspect n'est pas tout à fait celui de l'hydrocèle : celle-ci est piriforme ; le sarcocèle est ovoïde, sans qu'on puisse dire où est la petite, oii est la grosse extrémité. Il a la forme du testicule amplifié, d'un testicule de cheval par exemple, dont il offre à peu près les dimensions, au moins dans son développement moyen. Quelquefois, mais assez rarement encore, malgré la coque fibreuse qui le bride, il obéit à la tendance des masses encéphaloïdes, qui est de présenter une ou deux bosselures peu saillantes, arrondies.

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harmonieuses avec le reste delà masse, grand caractère de l'encéphaloïde en beaucoup de régions. Mais c'est en tâtant doucement la surface, que ces légers soulèvements sont sentis; cela n'ôte rien à l'aspect régulier général de la tumeur. — La tumeur est pesante: ce n'est pas, comme le dit souvent M. Nélaton, que la densité delà pulpe encéphaloïde soit très-supérieure à celle de l'eau; la différence est presque insignifiante, et dans la balance, des bourses distendues par unehydrocèleou par un encéphaloïde se feraient à peu près équilibre. L'expression de lourdeur peut donc être mauvaise, mais la sensation est réelle et devient un des meilleurs signes du sarcocèle ; elle dépend sans doute de l'indépendance, au milieu de ses couches, du testicule amplifié par la maladie, et du soulèvement, du soupèsement plus facile qu'on peut lui faire subir. L'encéphaloïde du testicule peut être sec ou revêtu d'une certaine couche d'hydrocèle faite pour dérouter le diagnostic, surtout quand elle est isolée par places, grâce aux adhérences de la séreuse. Les veines du scrotum, dessinées en gros cordons bleuâtres, donnent souvent l'éveil sur la nature sinistre du mal. — C'est un cancer des jeunes : de trente-cinq à quarantecinq ans est sa période de prédilection ; très-commun encore à trente, il s'observe assez fréquemment chez les adolescents et à tous les âges de l'enfance, même dans les premiers mois de la vie. — Il n'attaque qu'un seul testicule. — Il respecte les tuniques des bourses, et n'ulcère à peu près jamais les téguments, à moins qu'il n'ait été opéré.

Rien de plus variable que la douleur. — Presque aucun malade ne souffre dans le principe: quelques tiraillements vers le cordon, quelques douleurs passagères de rein, comme chez ceux qui portent une hydrocèle un peu volumineuse. II n'est pas très-rare de voir des malades s'acheminer peu à peu vers les dernières périodes de cettehorrible affection sans souffrir. Mais le plus habituellement les douleurs lancinantes, spéciales au cancer, éclatent peu à peu après les premiers mois. Elles prennent, à mesiu-e que grossit la tumeur, le caractère de névralgies de la pire espèce, irradiant vers la cuisse ou le bassin et survenant par bouffées comme périodiques. — Le cancer du testicule laisse les éléments du cordon intacts, mais il retentit presque fatalement dans le ventre et à une époque variable de son évolution. Les tumeurs secondaires abdominales se sentent au-

SARCOCÈLES.

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