‹ Pratique journaliere de la chirurgieChapitre 74 sur 125 · HÉMAÏOCÈLE DE LA TUNIQUE VAGINALE · texte numérisé non relu

HÉMAÏOCÈLE DE LA TUNIQUE VAGINALE

CUniquement, l'étude de l'hématocèle doit suivre celle du cancer du testicule. Il n'existe pas deux maladies qu'on soit plus exposé k confondre, et, dans un tiers des cas au moins, l'opérateur, même au moment où il prend le bistouri, n'est pas fixé sur le diagnostic et doit attendre l'incision des premières couches pour prendre son parti.

L'histoire de l'hématocèle n'a été éclairée que dans ces derniers temps, grâce surtout aux recherches de M. Gosselin (Archives, 1851). Cette affection est constamraentle résultat d'une phlegmasie chronique sourde de la tunique vaginale : sous cette influence, une néomembrane se développe à la face interne de la séreuse ; elle est d'abord mince, souple, puis elle s'épaissit graduellement et devient alors ferme et inflexible. Elle ne tient que faiblement à la surface séreuse et peut en être détachée par des tractions môme médiocres, mais, en approchant du testicule, son adhérence augmente ; elle ne règne du reste que sur la Vciginale pariétale, et cesse presque entièrement à la surface du testicule. Son organisation est celle de toutes les néomembranes : tissu fibreux élémentaire noyé dans une gangue amorphe et parsemée de vaisseaux, lesquels sont surtout des capillaires larges à parois minces et molles. Plus tard le tissu

MALADIES DU TESTICULE

s'épaissit, des concrétions calcaires y naissent, et la cavité de la vaginale se trouve remplie par une coque dure, fibro-cartilagineuse , fibro-calcaire. La face interne de la poche néomembraneuse, inégale, rugueuse (ûg. 130), souvent tapissée de quelques exsudations plastiques récentes ou de couches fîbrineuses blanches ou rouges, est en contact avec le liquide de l'hématocèle. Ce liquide est habituellement du sang défiguré, analogue à du chocolat, à du marc de café, renfermant ou non des caillots ; ce peut être, mais plus rarement, la sérosité ordinaire de l'hydrocèle. Malgré ce nom d'hématocèle, la spécialité de l'affection n'est point dans la nature du liquide, elle est tout entière dans l'existence de la néomembrane. L'origine, le développement, la malignité particulière de la maladie, enfin le traitement qui lui convient, tout est sous

Fig. 130.

Fig. 130. IIÉMATOCÈLE VAGINALE A SA pÉriodé MOYENNE, d'îiprès uii dessiii Communiqué par M. Gosselin. — Sur les parois de la poche fendue, la tunique la plus interne sur laquelle se dessinent les vaisseaux n'est autre que la néo-niembranc, facilement isolable, ainsi qu'on le voit, de la vaginale sous-jacente ; sa surface rugueuse et chagrinée est toute îpiiciale. Le corps du testicule n'est qu'à peine voilé par une mince pellicule; à sa droite, on devine l'épididyme, qui en est trcs-écarté : il est facile de comprendre combien on serait exposé à couper l'cpididyme, si l'on excisait, même à une certaine dislance de ia circonférence testiculairc.

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