TESTICULE TUBERCULEUX
par la pensée le canal déférent, vous arrivez à interroger la partie courbe do l'urètlire, véritable aboutissant du sarcocèle tuberculeux. La base de la vessie, les vésicules séminales, la prostate, sont souvent envahies : c'est ce que vous apprennent les symptômes dysuriques accusés par le malade, la blennorrhagie tuberculeuse dont il peut être atteint, et l'exploration parle rectum. Le toucher rectal ne trouve pas une prostate grosse, mais il reconnaît des saiUies rondes, des indurations partielles. — Ainsi, l'affection tuberculeuse tend à englober dans son développement tout l'appareil séminal; le corps du testicule résiste souvent très-longtemps à l'envahissement phyraique, mais il finit par se prendre et peut arriver à ne former qu'une masse avec l'épididyme.
II. — Le SARCOCÈLE SYPmLrriQUE est, comme l'a bien dit M. Ricord, une albuginite analogue à la périostite syphilitique. Au début, vous pouvez ne constater qu'une portion très-discrète de la glande séminale indurée, soit dans le corps, soit dans l'épididyme, puis deux, trois duretés; le plus souvent ce sont des zones, des plaques, que le toucher, rarement la vue, vous fait apprécier : l'organe est augmenté de volume, plus sensible à la pression, et le palper bien doux de sa surface vous fait découvrir ici les caractères ordinaires d'élasticité et de demi-fluctuation ; là, au contraire, une résistance dure, comme cartilagineuse; plus bas cnûn, vous tombez de nouveau sur le tissu sain. Quelquefois vous ne percevez le noyau dur que dans la pulpe, dans la profondeur, car les cloisons de la coque testiculaire peuvent servir d'assise aux productions fîbro-plastiques comme l'albuginée elle-même, dont elles sont une dépendance. Mais plus la maladie s'accentue, plus elle tend à s'harmoniser, et, au bout d'un certain temps, le testicule est pris dans toute son étendue. C'est une tumeur piriforme, à grosse extrémité en bas, à sommet perdu vers le cordon ; sa surface est égale ; elle est au toucher dure et résistante ; la douleur h la pression a disparu.
L'iodure potassique et le mercure doivent être associés dans le traitement du testicule syphilitique. L'action de l'iodure (de 2 à h grammes par jour) est ordinairement manifestée dès le dixième jour, mais elle peut se faire attendre davantage, et il est bon alors de faire prendre en môme temps au malade 1 ou 2 centigrammes de sublimé par jour, lequel sera continué seul pendant plusieurs mois.
MALADIES DU TESTICULE
Pour les tubercules de l'appareil séminal, la thérapeutique est presque aussi désarmée qu'elle est puissante dans le sarcocèle \énérien. On voit des sarcocèles tubercideux persister de longues années avec l'intégrité de la santé générale, mais c'est l'exception : tôt ou tard, la phthisie pulmonaire vient dominer et trop souvent terminer la scène. C'est donc surtout la cure préventive de la phthisie qu'il faut installer. Ce n'est pas que des soins locaux ne soient utiles ; les badigeonnages et les injections iodés sont les principaux. Quant aux retranchements partiels, à la castration même, pratiqués par plusieurs chirurgiens, je pense qu'on les peut éviter toujours. Si le décollement, la suppuration interminable, forcent à agir, une cautérisation destructive avec la pâte de zinc remplacera l'opération sanglante. On n'a rien à regretter de détruire une portion d'un organe devenu entièrement inutile, mais en môme temps on conserve des restes de la glande, au grand avantage du moral et de la virilité même du sujet.
Si, devant une tumeur du testicule, l'hésitation de beaucoup de médecins n'est que trop souvent la conséquence de notions inexactes et incomplètes, les hommes les plus expérimentés sont pourtant obligés, dans certaines circonstances, de suspendre leur jugement; non que je veuille faire allusion aux erreurs célèbres de quelques chirurgiens éminents du commencement de ce siècle : l'histoire des sarcocèles n'était alors qu'ébauchée. Mais si j'ai pu voir de nos maîtres contemporains demeurer dans le doute, ou même reconnaître une erreur, on comprendra qu'avant de se prononcer il faut interroger et retourner de toutes les manières les cas, encore assez communs, 011 la vérité n'éclate pas du premier coup.
C'est pénétré de cette vérité que Ricord développait souvent au lit du malade le parallèle des trois sarcocèles, l'accentuant de ces traits pittoresques, impossibles à reproduire dans un travail écrit, et par lesquels ce grand praticien entrait si profondément dans l'esprit de ses auditeurs. Il insistait surtout sur:
Le nombre. — Les tubercules envahissent tôt ou tard les deux organes; le testicule syphilitique tend aussi à devenir double; au con-