‹ Pratique journaliere de la chirurgieChapitre 81 sur 125 · TESTICULE SYPHILITIQUE · texte numérisé non relu

TESTICULE SYPHILITIQUE

traire, l'encéphaloïde reste toujours limité à un seul côté. Par cela seul que les deux testicules sont pris, et pris de la môme manière, vous pouvez repousser toute idée de cancer.

La surface. — La forme régulière se conserve du commencement à la fin du sarcocèle encéphaloïde. Dans les deux autres, il y a des bosselures ; mais à mesure que l'affection marche, ces bosselures disparaissent et se fondent dans le syphilitique; elles s'accentuent dans le tubercule. Dans celui-ci, les bosselures occupent presque toujours l'épididyme ; dans celui-là tantôt c'est le corps qui est pris, tantôt l'épididyme et de préférence , comme foyer , le corps d'Highmore.

La douleur. — La douleur initiale, comme prodromique, lombaire, nocturne, n'appartient qu'au sarcocèle syphilitique, et encore elle est pour lui très-exceptionnelle. Ce qui lui est propre, c'est peu à peu, dès le début, une sensibilité exagérée de l'organe sous la pression des doigts, le frottement des vêtements, les secousses de la voiture et du cheval ; puis le symptôme s'éteint graduellement, et quand la maladie s'est complétée, on ne développe que d'une façon obtuse la sensibilité naturelle de la glande spermatique. Au contraire, dans le cancer, la douleur est nulle au début; elle ne s'accentue qu'à la fin, pour prendre le caractère sinistre de traits lancinants, ou cette forme d'horribles névralgies intermittentes qui ôtent tout repos au malade. Le sarcocèle tuberculeux reste absolument froid ; il ne connaît la douleur qu'au moment de la suppuration : La douleur est le fait d'un accident de la maladie.

Le retentissement, l'aboutissant. — En négligeant les manifestations spécifiques qui peuvent l'accompagner, le sarcocèle syphihtique reste limité au testicule; les deux autres en sortent. Cherchez l'aboutissant et souvent l'origine du testicule tuberculeux dans la partie courbe de l'urèthre, à la prostate, aux vésicules séminales; celui du cancer, sous le rein, le long du rachis, dans les ganglions lombaires. Le canal déférent n'est pris que dans l'affection tuberculeuse, et il l'est presque fatalement.

Uhydrocèle concomitante. — Elle est la règle pour le sarcocèle vénérien, et masque môme souvent la tumeur par le développement qu'elle peut prendre. Rare dans le sarcocèle tuberculeux, elle peut se localiser en des sortes de kystes. Quoi qu'on en ait dit, elle est si

MALADIES DU TESTICULE

insignifiante, quand elle existe dans l'encéphaloïde, qu'elle ne peut devenir cause d'erreur.

Enfin le sujet lui-même, le terrain, l'hérédité. — Le sarcocèle tuberculeux peut être un instant isolé chez le sujet qui le porte; mais interrogez les poumons : souvent vous y découvrirez déjà quelque chose; mais toujours l'hérédité vous fournira des renseignements irrécusables. De même généralement pour le cancer. Rien de pareil dans le sarcocèle spécifique, pour lequel c'est le passé du malade qu'il faut scruter; et si jamais votre jugement ne doit s'établir sur les dires du malade, au moins la constatation bien authentique d'une infection, remontant à quelques mois ou à un grand nombre d'années, devient un élément capital de diagnostic.

V ARICOGÈLE.

Je ne veux parler du varicocèle que pour m'élever contre les opérations dont il est l'objet. Elles ne servent à rien, car la dilatation veineuse ne tarde pas à reparaître, quel que soit le procédé dont on ait usé; elles ne sont pas exemptes de danger, puisqu'on peut citer chez nous une dizaine de cas de mort bien avérés. Enfin, le varicocèle n'est pas une vraie maladie ; beaucoup d'hommes jeunes en portent sans en soulîrir, sans s'en douter: résultat de l'activité génitale de la jeunesse, il disparaît avec elle. S'il est vrai, chose fort contestable, que l'atrophie du testicule puisse en résulter, il est stir du moins qu'en détruisant du même coup, et dans une portion de leur trajet, les veines et les artères spermatiques, ce que font toutes les méthodes, c'est un singulier moyen de prévenir cette atrophie. On ne peut nier que, dans quelques circonstances, ce n'est plus de la gêne et de la pesanteur qu'accusent simplement les malades, mais une douleur vive, continue ou intermittente; c'est qu'alors il existe une névralgie testiculaire, et c'est contre elles que doivent être dirigés les efforts du traitement.

ANOMALIES DE POSITION

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