LEUR SIÈGE DANS LES LYMPHATIQUES. Z
à distance et par un traco si précis le travail de suppuration? Il n'y en a qu'une : ce sont les vaisseaux lymphatiques. A M. Sappey l'honneur d'avoir le premier montré la richesse inouïe (fîg. ihh, M5, et l'exacte distribution de ces vaisseaux dans l'intérieur et autour de la mamelle des accouchées, et indiqué le vrai siège des abcès dits glanduleux. Ses dissections de quelques cas morbides et les remarques cliniques de M. Nélaton ont achevé de mettre en un jour complet cette proposition de pathologie : Les aucès du sein sont DES ANGioLEuciTEs suppuRÉEs. On Comprend dès lors les caractères qu'ils présentent, leur siège varicible à la surface ou dans la pro-
Fig. Wi.
Fig. lllll. HÉSEAU LYMPHATIQUE SUPERFICIEL DE LA MAMELLE ET DU MAMELON. — Je
dois à rexlrôme bonté cl au (lésiiitcresscment du professeur Sappey de pouvoir reprcsenler ici les copies réduites des trois admirables planches qui commencent sa Description iconographique des vaisseaux bjmphaliques. Ce grand ouvrage est encore inédit, bien qu'on lui ait fait quelques emprunts peu déguisés ; mais il est assez avancé pour qu'on puisse espérer voir apparaître bientôt ce monument de l'anatomio française contemporaine. — On voit la richesse excessive du réseau lymphatique superficiel du derme de celte région, particulièrement du mamelon : — ce sont les radicules constamment ouvertes à l'absorption des éléments virulents ou septiqucs que peut développer une petite plaie ; c'est la source toujours prête des angioleucites suppurées, c'est-à-dire des abcès du sein.
MALADIES DU SEIN
fondeur de la glande, leur multiplicité parfois si désespérante. M. Giraldès a précisé davantage ces données par les considérations qu'il a présentées sur la région mammaire (tome II, Mémoires de la Société de chirurgie), et que nous pouvons ainsi résumer : La capsule fibreuse élastique qui limite la glande mammaire et fournit une enveloppe résistante à chaque lobe, à chaque lobule, ainsi qu'aux conduits galactophores eux-mêmes, présente, traversant la masse glandulaire, des enfoncements qu'on peut appeler loges graisseuses, car chacune d'elles est remplie d'une graisse fine, au
Fig. 145.
Fig. 145. Vaisseaux lymphatiques de la face postérieure du sein. — Une petite portion de la mamelle est comme dénudée en bas de la figure pour montrer l'origine des canaux galactophores. Tout autour de cette partie disséquée se voient les lobules de la glande figurant, par leur tassement et l'aspect un peu hexagonal qui en résulte, comme les alvéoles d'une ruche. Le lobule est le véritable élûmenl de la glande, dans le sens non histologique, mais anatomique ; c'est le groupement des culs-de-sac qui se réunissent pour former le canal galactophore primaire. Chaque lobule est enveloppé d'un réseau des vaisseaux lymphatiques richement représentés sur la figure ; les tronci qui succèdent au réseau marchent avec le lobule et se rendent en avant.
ABGl':S DU SEIN.
milieu de laquelle se voient les Vcaisseaux, et en particulier les gros troncs lymphatiques qui viennent aboutir au pourtour du mamelon. C'est dans les espaces graisseux que se développent les abcès, autour de ces derniers vaisseaux. Or, ces espaces, ces loges, sont de plusieurs ordres (fig. l/i7) ♦ tantôt elles forment une cavité en cul-de-sac ; d'autres fois elles traversent toute l'épaisseur de la glande mammaire sans toucher jamais la face postérieure, offrant des sinuosités, dilatées parfois en leur milieu et communiquant souvent avec une loge voisine ; en avant elles s'abouchent avec les aréoles dont l'ensemble constitue la masse graisseuse qui arrondit en avant la glande, et dont chacune est limitée par des brides fibreuses allant du derme à la face antérieure de la capsule élastique : le groupe-
Fig.
Fiff. 146. Vaisseaux lymphatiques de la face ANTÉRiEunE du sein. — La loi capitale (le la distribution du système lymphatique du sein, est que tout aboutit à la face antérieure et autour du mamelon. C'est de là, comme vous le voyez dans cette belle figure, que partent les gros troncs terminaux qui finalement arrivent à l'aisselle.
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ment de ces aréoles rappelle, dit M. Giraldès, une pomme de pin dont les écailles sont largement écartées.
Grâce à MM. Sappey, Nélaton, Giraldès, voilà donc enfin éclairées les conditions anatoraiques qui expliquent l'origine, la migration, le siège, la propagation tardive, la marche, en un mot, des abcès du sein. Deux ou trois détails bien précisés ont fait justice de ces classifications, toutes de fantaisie, qu'on décore du nom de classiques.
Il Y a des foyers superficiels et d'autres profonds et plus ou moins
Fig. ilil.
Fig. 147. Aréoles de h\ suuface du sein, et conduits graisseux creusés dans l'épaisseurdela glande. — Celle figure esl faite d'après deux pièces déposées par M. Giraldès au musée Orfila de la Faculté. En bas et à gauche se \oient surtout les aréoles superficielles : elles sont limitées par des cloisons fibreuses assez légères, étendues de la face profonde du derme à l'aponévrose mammaire ; elles renferment la graisse qui arrondit les contours de la mamelle et s'abouchent avec les conduits graisseux interstitiels. Ceux-ci sont des sortes de dépressions de l'aponévrose qui cloisonne tout l'arbre mammaire. Leur forme est ti ès-irrégulière ; on ne peut guère apercevoir sur la figure que leur abouchement extérieur. Ils renferment de la graisse, des vaisseaux sanguins et des vaisseaux lymphatiques, et comme ces derniers sont le point de départ des abcès, les conduits interstitiels graisseux du sein sont la loge prédestinée à limiter, à diriger ces foyers purulents. Le mémoire présenté sur cet important sujet par M. Giraldès est un peu confus, mais il a un immense mérite. Il expose modestement la vérité sans l'outrer et la mouler de force dans des classifications ridicules qui ont fait un roman des abcès du sein.